Jean GIONO (France)

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Re: Jean GIONO (France)

Message  gallo le Mer 26 Aoû 2009 - 6:34

Message transféré au bon endroit

Parch a écrit:Regain de Jean Giono

Grasset, 1930
Le livre de poche, 1967, 192 p.


Regain conte la mort puis la résurrection d'un village de Haute-Provence où seules trois personnes subsistent au début du roman. Gaubert, le vieux forgeron quitte le village puis Mamèche une vieille piémontaise qui perdu fils et époux lors de son installation. Seul reste Panturle, rude gaillard qui vit de la chasse. La survie du village passe par sa rencontre avec d'Arsule, pauvre fille abusée par les hommes et recueillie par Gédémus un vieil aiguiseur de couteux.

La présence d'Arsule va bouleverser la vie de Panturle : il soigne désormais son apparence, et décide de planter du blé. Cette première récolte, survenant lors d'une période de pénurie dans la région apporte au couple une petite richesse. Cette moisson providentielle a valeur de symbole puisqu'elle suscite la venue au village d'une nouvelle famille. Le village renaît comme a été revivifiée l'existence de Panturle. Partout, c'est le « regain ».

*

Regain constitue une lecture plaisante à l'heure où (encore une fois) un désir de « retour à la terre » est d'actualité. L'histoire est simple et efficace, très touchante. Sa langue est imagée, il s'agit véritablement « d'un poème rustique qui conduit à des idées saines, à de belles doctrines sur le plus fécond des ascétismes » comme le notait un critique des années 1930. Giono restitue des dialogues particulièrement réalistes. On y trouvent régionalismes et fautes de syntaxe. Cette façon d'écrire commence toutefois à devenir insupportable lorsqu'il l'utilise en tant que narrateur. Le livre contient ainsi de superbes passages de poésie tels que Giono peut en produire et d'autres passages lourds qui gâchent notre plaisir. Un autre critique était cité dans la vieille édition que j'avais entre les mains « Ecrire une langue aussi begayante, trébucher volontairement dans toutes les difficultés de syntaxe, est-ce de l'ignorance ou de la littérature ? L'effet de surprise passé, le charme s'évanouit et à se répéter de livre en livre, cette préciosité qui semblait naturelle risque de n'être plus qu'un procédé irritant ».

Cette lecture reste tout de même un plaisir rien que par les bons sentiments qu'elle véhicule. On y retrouve les éléments naturels, personnages habituels des romans de Giono : les étoiles, le soleil, les bois, la terre, le ruisseau et bien évidemment le vent qui avec Panturle constitue l'autre protagoniste de l'histoire. Porteur de folie et éveilleur de sens, il est présent à chaque moment décisif du récit.

Je conclurai avec cet extrait de la préface de Pierre Kyria (qui je l'avoue m'a aidé à mettre un peu d'ordre dans mes idées pour cette première contribution au club des rats de biblionet) : « Regain illustre le panthéisme de Giono qui livre ici comme ailleurs un culte fervent à la nature dans laquelle l'homme, à force de courage, de ténacité et d'intégrité profonde, de fidélité à sa terre, trouve un sens à son destin ».

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Re: Jean GIONO (France)

Message  géromino le Sam 24 Oct 2009 - 11:40

" Regain"" éd Le livre de poche 175 pages (1ère parution en 1930 chez Grasset)

Petit village de Haute-Provence, Aubignane se meurt. Ne restent que le Père Gaubert, Panturle et la Mamèche. Le vieux forgeron s'en va vivre chez son fils et sa belle-fille, à la ville. La Mamèche, après avoir parlé à Panturle qu'elle allait lui chercher une femme, disparaît. Panturle se retrouve seul...
C'est une femme tombée de nulle part qui va le sauver de la noyade. Ainsi, Arsule va devenir sa compagne. A eux deux, ils vont redonner vie au village.

"Regain" est le dernier roman de la Trilogie de Pan (après Colline et Un de Baumugnes). Avec sa poësie, Giono raconte le retour à la vie d'un petit village de Haute-Provence, déserté par ses habitants(sans doute dans les premières décennies du XXe siècle). Il exalte la vie paysanne, une vie simple, saine, rustique aussi. Apre, bien sûr dans le combat contre les éléments naturels. Franche et loyale dans les rapports entre gens de la terre.
On ne penserait pas de nos jours à revenir à la vie paysanne de cette époque (très très rustique!!); il n'empêche que ce livre véhicule des valeurs humaines incontestables: l'entraide, la confiance dans les autres et le respect, la valeur du travail. Des choses que le monde a tendance à mettre de côté de nos jours, et que l'on retrouve peut-être dans le terroir profond des campagnes.

Je me rappelle avoir vu un film tiré du livre, où Fernandel jouais le rôle de Gédémus le rémouleur (certains l'ont sans doute vu aussi). Un passage m'avait bêtement ému, quand Panturle vend son blé au marché; le revoici dans le livre:

"M. Astruc se penche encore sur la belle graine.On la voit qui gonfle la toile des sacs. On la voit sans paille et sans poussière. Il ne dit rien et personne ne dit rien, même pas celui qui est derrière les sacs et qui vend. Il n'y a rien à dire. C'est du beau blé et tout le monde le sait.
_C'est pas battu à la machine?
_C'est battu avec ça, dit l'homme.
Il montre ses grandes mains qui sont blessées par le fléau et comme il les ouvre, ça fait craquer les croûtes et ça saigne. A côté de l'homme, il y a une petite femme jeune et pas mal jolie, et toute cuite de soleil comme un brique. Et elle regarde l'homme de bas en haut, toute contente. Elle lui dit:
_Ferme ta main, ça saigne.
Et il ferme sa main."

Que voulez-vous, un passage comme ça, ça m'empoigne...

Un livre qu'on n'oublie pas.
NOTE 5/5
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Re: Jean GIONO (France)

Message  Bellonzo le Sam 24 Oct 2009 - 17:26

Très belle trilogie dont Pagnol a très bien restitué le trouble et l'univers dans ses deux films Regain et Angèle(Un de Baumugnes)
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Re: Jean GIONO (France)

Message  géromino le Dim 25 Oct 2009 - 18:44

Je ne savais pas c'était Pagnol qui avait réalisé "Regain" . Pour moi c'est loin, mais je le re-verrai avec plaisir.
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Re: Jean GIONO (France)

Message  DM29 le Lun 26 Oct 2009 - 10:32

Un roi sans divertissement

résumé : En 1845, dans un petit village ou tout le monde connait tout le monde, des disparitions étranges se produisent. Un homme extérieur à ce village est appelé , il se nomme Langlois et est est chargé de l'enquête.

critique : Lecture obligatoire quand j'étais au lycée, j'ai finalement apprécié ce livre bien des années plus tard en le relisant par curiosité.
Giono, nous embarque dans ce qu'on croit être un roman policier, mais c'est tout autre chose ! Au mileu du livre l'enquête est pliée, on sait qui a fait quoi, et l'histoire se concentre sur Langlois. Sur ce qu'il devient et sur le mal qui le frappe, il n'est finalement pas si différent de l'assassin.
Un très beau livre, une ambiance particulière, de superbes descriptions, des thèmes récurrents, des personnages secondaires intéressants. Giono, nous prépare à la fin , grâce à différents stratagèmes sans que l'on s'en doute. C'est pourquoi (à mon avis) ce livre nécessite plusieurs lectures, et plus on lit ce livre plus on l'apprécie. Un livre qui nous marque.

note : 5/5
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Re: Jean GIONO (France)

Message  Bellonzo le Lun 26 Oct 2009 - 19:30

Le film adapté de ce roman ne trahit pas Giono.Réalisé par François Leterrier on y entend Jacques Brel chanter Pourquoi faut-il que les hommes s'ennuient?
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Re: Jean GIONO (France)

Message  DM29 le Lun 26 Oct 2009 - 19:58

oui le film transmet vraiment l'ambiance du livre . La scène avec la chanson de Brel ! http://www.youtube.com/watch?v=HRgM3mzGQc0
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Re: Jean GIONO (France)

Message  géromino le Jeu 31 Déc 2009 - 8:51

"Colline" Livre de poche 1960 188 pages (1e éd. Grasset 1929)

Premier roman de "La trilogie de Pan". Viendront ensuite "Un de Baumugnes" même année, puis "Regain" en 1930.

Années 1920 (?), un hameau de Haute-Provence, "un débris de hameau" dit Giono. C'est là que vivent les gens des Bastides Blanches, loin de la ville, douze personnes plus Gagou, le simplet, "qui fait le mauvais compte". La vie coule comme elle doit, comme elle peut, dans les collines.
Il a fallu faire venir le médecin pour Janet, l'ancêtre, qui depuis reste paralysé, sans plus bouger que les doigts et un bras. Mais il peut encore parler.
C'est alors que des évènements insolites et inquiètants se produisent. La source qui alimente le village tarit; la petite Marie tombe malade et aucun remède ne peut rien pour elle, et maintenant, le feu ravage les collines, menaçant les maisons. Tout ça depuis qu'un chat-noir- a été aperçu dans les environs. Il apparaît ici et là, jusque dans le lit de Janet; et le vieil homme qui tient des propos incohérents, il sait des choses. Ne serait-ce pas lui le responsable de ces calamités qui assaillent le village? Ou la Nature qui se venge des méfaits causés par les Hommes?

L'Homme et le respect de la Terre. L'Homme confronté à ses croyances. L'écriture de Giono est magique.

Note 4.5/5
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Re: Jean GIONO (France)

Message  géromino le Sam 17 Avr 2010 - 7:31

"Un de Baumugnes" Le livre de poche (1991) 188 pages (1ère éd. Grasset 1929)

Amédée est un vieux journalier; il se loue pour les travaux des fermes. A la "buvette du Piémont", il rencontre Albin; il vient de Baumugnes, dans les montagnes. Celui-ci raconte comment il est tombé amoureux d'une fille il y a quelques années. Mais séduite par un beau parleur elle s'est laissée entraînée et fait le trottoir à Marseille...
Touché par son histoire, Amédée décide d'aider Albin et se rend à la Douloire, la ferme tenue par les parents de la jeune fille.

Une bien belle histoire d'amour, dans la campagne de Haute-Provence, non loin de Manosque. C'est plein d'émotion et de tendresse, avec ce langage incomparable de Giono qui décuple la beauté des images et des sentiments. On est sous le charme.

Note: 4.5/5
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Regain de Jean GIONO

Message  nanet le Mer 28 Avr 2010 - 14:59

« Il faudra que je parle de celui-là qui était tout seul au fond du plateau et puis qui a acheté une femme avec les soixante francs d'un âne et qui, de ça, a fait revivre toute sa terre,
et qu'une herbe nouvelle a poussé et qu'on a pu faucher le regain
. »
Jean Giono.




L'auteur

Jean Giono est né à Manosque le 30 mars 1895 et est décédé à Manosque le 08 octobre 1970.


Auteur reconnu de son vivant, après le suès de Colline en 1929, il défendra les valeurs de la terre contre la montée de la grande ville... cette terre que l'on retrouve dans ce livres avec cet accent typique du sud. Il s'inspire d'une vision très personnelle de la Grèce antique et donne une version très romanesque de la "condition humaine" (son projet était d'écrire une série de livre comme l'a fait Blazac). Sa vie n'a pas pour autant été que douceur, et il a du répondre d'une accusation de collaboration avec les Nazi, surtout à cause de ses idées.

Il réalisera aussi quelques films.


Résumé du livre

Aubignane, petit village près de Manosque, se meurt. Seuls trois fidèles occupent encore ce nid de spectres. Mais l'hiver finit par chasser le vieux forgeron, et la veuve du puisatier
disparaît au printemps, avec la promesse qu'elle avait faite à Panturle de lui trouver une femme. Au village, maintenant, ne reste plus que ce chasseur qui devient peu à peu fou de solitude. Une femme viendra, par des chemins presque surnaturels. Et pour elle, Panturle rouvrira la terre jadis féconde, l'ensemencera de blé. Le blé du pain de l'amour, qui annonce au village de nouveaux enfants. Regain ou l'éclatante première manière de Giono : mystique, solaire, animale.



Le film

Ce livre a été adapté au cinéma en 1937 par Marcel Pagnol avec Orane Demazis et Fernandel.


L'histoire

La renaissance d'un village mort et délaissé par ses habitants ! Au travers l'histoire d'hommes et femmes de ce livre, c'est le village d'Aubignane qui revit, qui renait. Ce beau village sur la
colline, là-bas, où l'on arrive par un chemin que d'autres ont oublié. Ce village perdu où bien sûr les comodités de la vie d'aujourd'hui ne sont pas parvenues, et que les hommes ont fuit, préférant le confort moderne, avec l'eau et le voisinnage... plutôt que la nature, belle et parfois folle. Giono a fait de la désertification des villages son petit cheval de bataille, écrivant plusieurs essais sur le sujet.


Ici, le livre nous narre une belle romance, celle d'Arsule et de Panturle (Pan). Un vieille femme, La Mamèche, joue les marieuses et présente à ce bel homme une femme. Celle-ci va le faire changer peu à peu, et pour elle, pour son plaisir, son bonheur, et pendant qu'elle redonne vie à la maison, il va redonner à la terre sa force, sa puissance créative ! de chasseur solitaire,
vivant reclus dans sa baraque, il va devenir paysan. Il va défricher les terrains abandonnés et, avec le matériel prêté par un lointain voisin, ensemencer, moissonner, et enfin vendre sa superbe récolte à Banon. C'est la récompense de leurs efforts, d'autant plus que cette année là, la récolte est mauvaise ailleurs à cause des conseils inopportuns des ingénieurs de la ville. Ce succès attire bientôt une nouvelle famille, accueillie chaleureusement par le couple, D'autres viendront. A l'automne, Arsule est enceinte…

C'est un livre écolo avant l'heure. Le respect de la nature y est prôné. Cette nature qui nous nourrit, qui nous abreuve... Ne cherchez pas de moralisation dans ce livre, c'est plus subtil. C'est amené délicatement avec une vision d'Arsule simple et belle sur les choses. L'homme reprend son droit sur la terre, la maitrise mais sans l'abimer. Voilà une belle leçon.

Le style

C'est un très beau roman avec une prose très poétique à l'accent provençal. Le soleil se sent dans les mots de l'auteur, et je me suis surprise à lire à haute voix, pour l'entendre
chanter... (bon, certes, si vous êtes du Nord, cela en fera pas le même effet ^^ )

J'aime ces dialogues bruts et non corrigés ! Un vrai langage, vivant, fort, naturel... loin des stéréotypes que l'on trouve parfois. J'ai aimé les descriptions simple mais ravissantes.

Sans oublier le rythme, le souffle. Il n'y a pas de longs chapitres romancés mais des paragraphes courts et incisifs qui donnent l'essentiel de l'histoire et nous amène vers la vie.

Au final

C'est un petit livre, assez court, mais vraiment charmant.

Notation 3,5/5
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Re: Jean GIONO (France)

Message  géromino le Sam 11 Sep 2010 - 8:55

"Jean le bleu" éd. Le livre de poche 2009 219p. (1ère éd. Grasset 1932)

Giono rassemble ses souvenirs d'enfance à Manosque, dans la maison de ses parents. Son père cordonnier à l'étage, sa mère blanchisseuse au rez-de-chaussée. C'est là qu'il s'ouvre au monde, au contact de son entourage y apprend la vie, la mort; y découvre la sensualité.
J'aime beaucoup cette façon qu'a Giono de raconter des histoires où des anecdotes, avec son phrasé particulier, riche et coloré, avec ce parfum de Provence qui traîne une odeur de lavande et de soleil.

Les dernières pages sont plus sérieuses, voire tragiques. Il évoque sont ami Louis David, disparu à la guerre; son père, emporté par la maladie; puis la guerre elle-même où il va partir. La toute dernière page est magnifique. En quelques mots, il mêle sa passion pour la nature et les animaux, la paix, la joie: "La roue du monde tournait dans l'huile souple" et y oppose la guerre qui vient, l'inquiètude des hommes: "Les poètes n'allaient plus aux champs, ils bavaient dans des clairons", "(les hommes)...ils faisaient l'amour avec du pétrole et des phosphates, des choses sans hanches; ça leur donnait envie de sang."

J'ai pourtant été un peu déçu en découvrant ça sur internet:voir le site ICI


Jean le Bleu<A onmouseover='document.images[8].src="images/livres/jeanbleu.jpg"' onmouseout='document.images[8].src="images/livres/vignettelivre.gif"' href="javascript:void(0)">

Conception: printemps-été 1932.
Publication: Bernard Grasset, novembre 1932.

"C'est ma vie intérieure que j'ai voulu décrire dans Jean le Bleu. Cette vie qui était essentiellement magique. Je ne pouvais pas la raconter autrement qu'en créant autour de moi les personnages qui n'existaient pas dans la réalité, mais qui étaient les personnages magiques de mon enfance". (Entretiens, p.81)
Dans ce récit plus ou moins autobiographique, Giono évoque son enfance passée à Manosque, entre sa mère et son atelier de blanchisserie, et son père et son atelier de coordonnier.
Jean le Bleu est donc, pour sa genèse, au confluent de l'autobiographie et du roman, sans qu'on puisse dire que l'un a précédé l'autre. En tant qu'oeuvre achevée, il participe aussi de l'un et de l'autre genre (...) Impossible de démêler la part de réalité, celle d'invention pure, celle de transposition, celle de synthèse entre plusieurs réalités, qui donne sa forme à Jean le Bleu. (Pierre Citron. Giono. Éditions du Seuil, 1990, p.181-182)


un peu déçu, quoi..., je prenais véritablement le livre pour argent comptant, alors que finalement il y a une part d'invention.


Note 3/5








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Re: Jean GIONO (France)

Message  géromino le Jeu 30 Déc 2010 - 13:00

"Hortense ou l'eau vive" Le livre de poche 1974 221 pages (1è éd. France-empire 1958)
en collaboration avec Alain Allioux


Félix Fabre a fait fortune. Il meurt laissant à sa fille Hortense encore mineure un confortable héritage dont elle ne bénéficiera qu'à sa majorité. Mais il a laissé aussi, caché quelque part, un magot collossal de trente millions de francs. Il est persuadé que seule Hortense saura le trouver. Les oncles, tantes et cousins, jaloux et avides convoitent eux-aussi le trésor. La jeune fille va même subir des pressions physiques par son tuteur désigné: son propre oncle Bruno; qui tentera même de l'assassiner. Seul l'oncle Simon, ne se sent pas concerné, désintéressé qu'il est par l'argent. Satisfait de sa vie âpre et simple de berger, amoureux de la nature, c'est près de lui qu'Hortense trouvera refuge et affection.

L'eau vive, c'est la Durance, dont les profondes transformations (barrage de Serre-Ponçon et déviation de son lit d'origine) vont modeler l'histoire et lui servir de fil conducteur. Il en ressort un drame de campagne joliment raconté; je dis "joliment" car le langage de Giono masque la gravité du sujet derrière un ton léger et ironique pour donner une lecture agréable et pleine de cette saveur de Haute-Provence dont il sait parler avec tant de chaleur.
A part du roman lui-même, c'est l'évocation de ce qu'était et ce qu'est devenue la Durance, et l'histoire de la région drainée par cette rivière qui a enrichi ou ruiné ses riverains, au gré de ses modification.

Un film "L'eau vive" a été adapté au cinéma par François Villiers en 1958. Film commendité par l'EDF pour restituer l'ampleur du chantier qui bouleversa la Provence pendant de nombreuses années. (source Wikipédia).

Note: 4/5
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Re: Jean GIONO (France)

Message  géromino le Jeu 10 Mai 2012 - 12:38

"L'oiseau bagué" éd Le Livre de Poche 1969 232 pages

Je m'attendais à lire la suite de "L'eau vive" -dans mon esprit "Hortense où L'eau vive" (lu précédemment). En avançant dans ma lecture, je ne voyais pas du tout le rapport entre cette histoire romanesque et ce recueil de récits que constitue "L'oiseau bagué". Après avoir glané quelques renseignements sur internet, j'ai eu l'explication de ma méprise: En 1958 sort le film de François Villiers (scénario de Alain Allioux et Jean Gion); le titre du film reprend celui d'un livre de Giono publié en 1943, "L'eau vive". Une nouvelle sera tirée du film la même année (coécrite par Allioux et Giono), qui portera le titre d'"Hortense ou l'eau vive".

Ce "L'eau vive" sorti en 1943 est un recueil de textes, dont l'édition sera scindée en deux tomes postérieurement à la première publication. Tome 1: "Rondeur des jours"; Tome 2: "L'oiseau bagué".

A travers ces récits, dont certains sont inachevés, Giono parle de son pays, et de l'âme de ses habitants: Promenade de la mort et départ de l'oiseau bagué qui raconte les premiers instants de la déclaration de guerre (39/45) et la dernière promenade, émouvante et pleine de campagnarde poésie, en carriole du père Génin. Poignant et émouvant par contre, est celui où il retrouve son père malade dans "Son dernier visage" où le coeur se serre à la lecture de ces quelques pages très fortes. "La description de Marseille le 16 octobre 1939" par le biais d'un chauffeur de taxi ne semble présenter d'intérêt que pour celui qui connait la ville et m'a paru plutôt ennuyeuse... Quant à "Le poète de la famille" Giono nous livre le portrait d'une femme qu'il présente comme sa tante, constructrice de ponts et d'ouvrages d'art pour les chemins de fer et de sa petite famille italienne un tantinet farfelue! Distrayant.

Malgré la poésie de Giono qui chante toujours autant sous sa plume dans l'évocation de ce pays qu'il aime, ou quand il parle avec émotion de sa famille (et plus précisément de son père), l'ensemble de ces histoires ne m'a pas spécialement emballé...

Note: 2.5/5

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Re: Jean GIONO (France)

Message  géromino le Jeu 30 Mai 2013 - 11:27

"Angelo" Folio 1983 246 pages

Dans l'Italie de 1830, Angelo, un jeune et fougueux colonel des Hussards de Sardaigne, tue dans un duel au sabre le baron Schwartz, espion à la solde des autrichiens. Il s'enfuit et tente de trouver refuge dans le sud de la France. Dans son exil il fait la connaissance de la Marquise Céline de Théus qui, charmé par ce fier et naïf "jeune coq", lui présente son frère le Marquis de Théus. Pendant que celui-ci ourdit de sombres desseins avec le vicaire général, Angelo n'est pas insensible au charme de Pauline, la jeune épouse du Marquis... Complots politiques et amours esquissés pimentent alors la vie du bel Angelo.

Giono, dans sa préface, nous explique comment il a écrit ce livre: "Le récit intitulé "Angelo" n'est pas la suite du "Bonheur fou". C'est au contraire le début d'une première rédaction du "Hussard sur le toit" écrite en 1934. On y voit Angelo partir de Turin, s'installer à Aix-en-Provence et rencontrer Pauline avant l'épidémie de choléra. C'est un premier état des caractères". Et plus loin (...) "Angelo a été écrit en six jours. (...) Il ne s'agissait dans ces six jours que d'analyser le personnage qui venait de naître et d'éprouver les sentiments de l'analyse (...) Ce texte est donc un simple rapport de laboratoire.

Il s'agit donc d'une ébauche et d'un tout autre roman que le "Hussard sur le toit". C'est une lecture romanesque à souhait, où l'on voit se construire peu à peu le portrait et le caractère d'Angelo; mais les autres personnages ne sont pas inintéressants pour autant. Et la plume savoureuse et alerte de Giono donne une lecture agréable et attrayante. La fin laisse supposer une suite, mais je n'en sais pas plus.

Note 3.5/5

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Re: Jean GIONO (France)

Message  géromino le Jeu 10 Oct 2013 - 7:17

"Le chant du mondeFolio 1984 282 pages

Le début:
Matelot a envoyé son fils plus haut sur le fleuve pour couper des sapins. Les rondins assemblés en radeau devaient descendre par la force du courant. Mais depuis deux mois, pas de trace du fils ni des rondins. Pour aller à sa recherche, Matelot demande l'aide d'Antonio, un habitué du fleuve qui en connaît les moindres recoins. Ce n'est que loin en amont qu'ils entendent parler de "Cheveux Rouges" -le fils-. Des hommes sont à ses trousses...

Giono a composé un hymne à la Nature et à la Vie. Sur un tableau de fond, la montagne, la forêt et surtout le fleuve, prennent toute la place. Dans ce vaste ensemble tout en majesté, il incorpore une histoire d'Homme en se servant du fleuve comme fil conducteur et des quatre saisons comme sablier décompteur du temps. Tout y est cyclique: renouveau des temps scandé par les saisons, ou par les étapes de la Vie; la naissance, l'amour, la mort.

Cette nature que chante Giono sur tous les tons, tantôt docile, tantôt furieuse, il la peint dans une sorte de "tableaux harmoniques multiples" au gré des saisons, des humeurs du fleuve, des humeurs des Hommes: palette de couleurs aussi variées pour la nature que pour les sentiments; la poësie des mots, la mélodie des phrases, la musique du fleuve, le chant des oiseaux, les bruits de la forêt....

Originalité de l'histoire, enchantement des mots, aventures et émotions: un grand moment de lecture.

Note 4.5/5

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Re: Jean GIONO (France)

Message  Réaliste-romantique le Lun 25 Aoû 2014 - 18:52

Le grand troupeau

Livre sur la première guerre mondiale à laquelle a participé Giono. Le récit débute dans sa région de prédilection, près de la Durance, mais ensuite il navigue des allers-retours entre la campagne et le front, tout comme certains des personnages qui réussissent à revenir. Le livre de 250 pages couvre toute la guerre et même l’après, me faisant penser au 14 de Echenoz.
 
J’ai été déstabilisé au début, il y avait une longue allégorie d’un troupeau gigantesque, ensanglanté et épuisé, qui traverse le village à cause du début de la guerre. Mais ensuite le récit devient plus classique et on suit les soldats dans l’horreur du front, les femmes restés en arrière, les réfractaires et les blessés. On y retrouve toutefois toujours la touche poétique de Giono bien que cette fois ce n’est pas pour dépeindre la beauté des paysages et des mœurs paysannes. Le livre m’a bien fait penser à 14, car il couvre bien des éléments de cette période dans peu de page, en évoquant rapidement pour laisser le lecteur imaginer toute l’horreur de ce conflit.

4/5

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Re: Jean GIONO (France)

Message  Shan_Ze le Ven 2 Sep 2016 - 11:07

Colline de Jean Giono

En Provence, dans le hameau des Bastides Blanches, Janet, le doyen de l'endroit, a une attaque. Après cela, les malheurs se succèdent, la fontaine ne donne plus d'eau, la petite Marie tombe malade…
Premier Giono que je lis et j'ai apprécié son style dépouillé, qui fait vivre autant les hommes que la nature. L'ambiance est très sombre, personne ne sait comment arrêter ces calamités. Les hommes cherchent une explication, pas forcément rationnelle, un homme en colère, qui aime la nature... Un combat assez particulier.
Un auteur que je continuerai à découvrir, j'aime sa façon de raconter les hommes de façon poétique. le prochain sera sans doute Un de Baumugnes, le second tome de la trilogie de Pan.

Note : 4/5
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Re: Jean GIONO (France)

Message  géromino le Mar 12 Déc 2017 - 8:48

"Batailles dans la montagne"  folio 1979   630 pages


            Une catastrophe vient de se produire en haute montagne. Une poche d'eau sous-glacière s'est répandue, inondant les vallées et les villages qui s'y trouvent, noyant hommes et bêtes. Quelques rescapés ont trouvé refuge sur une butte de terre épargnée par l'eau. En s'effondrant, des pans entiers de montagne on créé un barrage constitué d'arbres, de terre, de rochers, qui accumulés par le courant, empêchent l'écoulement de ce lac artificiel, bloquant les villageois dans la montagne. On est en novembre et le froid devient de plus en plus mordant; la survie de plus en plus problématique. La possibilité de faire sauter le "bouchon" à la dynamite se profile...
            Alors que le plus souvent les romans de Giono ont pour cadre les Alpes de Haute-Provence, ici, il semble que ce soit la Haute Montagne qui serve de décor à ce drame. Nous sommes à proximité d'un glacier, dans les Alpes, mais il faudrait rechercher plus avant pour situer les lieux avec exactitude. Quoi qu'il en soit, la montagne est présente; c'est même le personnage principal. Et Giono, avec le lyrisme qui lui est propre, nous la décrit dans toute son imposante majesté. Mais cette montagne, aussi somptueuse soit-elle, peut se révéler âpre et dangereuse, hostile même. 
            Faisant face à cette catastrophe, des villageois rescapés venant de quatre villages voisins les uns des autres, recouverts en partie par les eaux. Ils se connaissent plus ou moins, ont pu se croiser, certains sont rivaux ou se haïssent; de vieilles jalousies ou discordes anciennes. Tous se retrouvent coincés sur un bout de terrain, naufragés dans la montagne, bien obligés de vivre ensemble avec leurs caractères. Par dessus ces querelles, Saint-Jean fait office de héros solitaire; il ira chercher la dynamite, mènera les hommes, tombera amoureux... 
            J'en ai déjà trop dit. 
            On pourrait reprocher à ce livre trop de longueurs, mais on est tellement porté par le souffle épique de la plume de Giono, que jamais on ne se lasse. Lyrisme, réalisme et humanisme, les maîtres mots de ce roman.


Note: 4.5/5

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