André GIDE (France)

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André GIDE (France)

Message  Lacazavent le Dim 7 Déc 2008 - 13:12

De : -Iliade- Envoyé : 09/03/2005 16:21

En avant pour ma première critique! J'avais du temps libre aujourd'hui alors j'en ai profité.
Je me suis appliquée et j'espère avoir réussit à faire ressortir ce que j'ai ressenti à la lecture de ce roman, et donner envie à d'autres rats de découvrir ce fabuleux auteur. J'ai l'impression de ne pas avoir écrit 1/3 de ce que j'aurai voulu dire, pas facile de faire une critique; et dire que vous en faites plein et des géniales, je suis impressionnée!

Les Faux-Monnayeurs, André Gide

folio n°879, 378 pages

Je l’ai lu il y a une dizaine de jours. C’est le seul roman d’André Gide et il est, je trouve, relativement différent de tout ce que j’avais pu lire auparavant de cet auteur bien qu’on y retrouve incontestablement sa patte.

En lisant les premières pages, l’histoire de Bernard, jeune garçon découvrant qu’il n’est pas le fils de celui qui l’a élevé comme un père, pourrait sembler déjà vue. Et pourtant, les destins de ses nombreux protagonistes qui s’entrecroisent font de cette oeuvre un livre à multiples facettes, exalté et passionné, mais aussi tourmenté et tragique.
C’est le roman de l’adolescence éprise de liberté, de la découverte de soi, du danger des apparences trompeuses et des faux semblants qui conduise petit à petit à la dénonciation du mensonge, thème au cœur du livre : le titre lui-même faisant allusion aux fausses apparences.
On y trouve donc Bernard, adolescent en quête d’aventure, son ami Olivier qui se laisse éblouir pas le futile comte de Passavant au détriment de celui qui lui est vraiment cher : son oncle Edouard, Strouvilhou continuellement à la recherche d’un mauvais coup, Ghéridanisol son cousin qu’il prend comme disciple et dont Georges, frère d’Olivier, subira la mauvaise influence, le vieux La Pérouse l’ancien professeur de piano qui ne vit que dans l’espoir de voir un jour ce petit fils qu’il ne connaît pas…et bien d’autres.

Roman étonnant par sa forme, puisqu’il allie le discours narratif habituel, à des lettres, des interventions directes de l’auteur qui juge ses propres personnages et surtout à des extraits du journal de l’écrivain Edouard, personnage au caractère trouble ( et on verra même un extrait du livre qu’écrit Edouard et qui a pour titre, devinez : les Faux-Monnayeurs !).
Edouard, ne serait-ce pas parfois un peu Gide lui-même, tout du moins son côté écrivain ? Préférant souvent rester à distance des évènements, il se contente d’observer et de noter scrupuleusement les attitudes des personnes qu’il rencontre, en partie pour fournir de la matière à son livre. Ainsi l’auteur dira d’Edouard :
«Chaque être agit selon sa loi, et celle d’Edouard le pousse à expérimenter sans cesse. Il a bon cœur, assurément, mais souvent je préfèrerai, pour le repos d’autrui, le voir agir par intérêt ; car la générosité qui l’entraîne n’est souvent que la compagne d’une curiosité qui pourrait devenir cruelle. »

Plus encore que l’histoire en elle-même (même si l’un ne va pas sans l’autre), c’est ce cortège de personnalités qui s’étoffent au fur à mesure de la lecture, la démarche psychologique des personnages et puis ce style à la fois précis et enivrant propre à Gide qui m’ont plu. Encore une fois, Gide était à la hauteur de mes espérances et je lui donne un bon 5/5, ce livre étant un de mes romans préférés.

Quelques extraits qui parlent mieux que moi:

« Rien n’est plus difficile à observer que les êtres en formation, il ne faudrait pouvoir les regarder que de biais, de profil. »

« Une singulière incapacité à juger son crédit dans le cœur et l’esprit d’autrui leur était commune et les paralysait tous deux ; de sorte que chacun se croyant seul ému, tout occupé par sa joie propre et comme confus de la sentir si vive, n’avait souci que de ne point trop en laisser paraître l’excès. »

"Je voudrais, tout le long de ma vie, au moindre choc, rendre un son pur, probe, authentique. Presque tous les gens que j’ai connus sonnent faux. Valoir exactement ce qu’on paraît ; ne pas chercher à paraître plus qu’on ne vaut… On veut donner le change, et l’on s’occupe tant de paraître, qu’on finit par ne plus savoir qui l’on est."

« Si on pouvait recouvrer l'intransigeance de la jeunesse, ce dont on s'indignerait le plus c'est de ce qu'on est devenu »

« Ce qui manque à chacun de mes héros, que j'ai taillés dans ma chair même, c'est ce peu de bon sens qui me retient de pousser aussi loin qu'eux leurs folies.» Journal des Faux Monnayeurs (livre à part)





De :Muriel13B Envoyé : 26/03/2005 09:06
La symphonie pastorale
André Gide

Un tout petit livre que j'ai lu d'une traite. Je n'ai jamais vu le film qui en a été adapté, donc une découverte pour moi y compris celle de l'auteur.

J'ai trouvé l'écriture très jolie, des mots simples mais qui ont une musicalité toute naturelle.
L'histoire d'amour impossible entre Gertrude et le pasteur est très joliment décrite.
Bref, un joli petit moment.

Mon avis : 4/5


De : Thomthom1293 Envoyé : 24/12/2005 11:34
"La Porte Etroite" (Mercure de France, 1909)

"La Porte Etroite" vient du sermon de ce prêtre au début du livre. C'est selon lui "...la voie qui conduit à la vie".

C'est également cette vision fugace du jeune Jérôme alors qu'il traverse la maison de son oncle et de sa tante pour se rendre dans la chambre d'Alissa, sa cousine adorée, l'amour de sa vie.

Je vois que ce livre a déjà été effleuré par d'autres ratons, dommage, j'aurais bien voulu en lire une critique...en revanche, à moins que quelqu'un ici connaisse très bien la vie de Gide je ne vois pas ce qui permet de dire qu'il s'agit d'un texte autobiographique. Pour moi c'est un roman ne fut-ce que dans son écriture : une écriture blanche, claire, neutre...comme si l'auteur désapprenait ce qu'il appris, déconstruisait son propre style. En fait, il parvient habilement à faire croire que le narrateur ne sait pas écrire (ou en tout cas n'est pas un écrivain) faisant ainsi écho à l'incipit :

"D'autres en auraient pu faire un livre ; mais l'histoire que je raconte ici, j'ai mis toute ma force à la vivre et ma vertu s'y est usée. J'écrirai donc très simplement mes souvenirs [...] je n'aurais recours à aucune invention pour les rapiécer ou les joindre..."

Cette entrée en matière, ainsi que l'usage du journal intime à la fin, jusqu'à la fausse note de l'éditeur...tout cela fait très XVIIIe, quand les auteurs s'amusaient beaucoup à essayer de faire passer leurs romans pour des histoires vraies (enfin s'amusaient...c'était pour éviter les persécutions de l'église mais je suis sûr qu'ils y prenaient aussi un peu de plaisir)...que des gens s'y soient laissés prendre me surprend mais m'amuse un peu aussi...car s'il est bien un auteur qui a prouvé qu'on se moquait éperdument de la démarcation réalité / fiction et qu'on pouvait tout simplement faire tout et n'importe quoi avec un roman, c'est bien Gide, dans la droite lignée de Diderot.

Le narrateur, Jérôme, est donc particulièrement épris de sa cousine, et il nous raconte tout cela bien gentiment, décrit sa petite famille, sa tante si inquiétante, sur qui il rejette une responsabilité un peu obscure (mais surtout jamais vraiment expliquée), et le tout baigne dans une atmosphère de mystère vraiment envoûtante...on dévore on dévore on dévore...
...sauf que l'histoire stagne très vite, et que la lassitude le cède à l'ennui. On se dit qu'à force, ce Jérôme est quand même un brin fatigant à se lamenter ainsi sans retenue et aussi sans une once de second degré (une rareté chez Gide d'ailleurs !)...depuis le début il s'acable "je ne suis qu'un enfant", "je n'avais rien compris"...ouais ok Jéjé !!! Nous on a compris que t'as pas compris, pas besoin de le répéter à chaque paragraphe...
...bref après un départ canon et enthousiasmant, le bouquin s'enlise un peu. Franchement ç'aurait été le livre d'un auteur que je ne connaissais pas je ne sais pas si je me serais acharné à le finir...

A un moment le roman devient subitement épistolaire, comme ça, pouf ! On ne sait pas trop pourquoi ni ce que ça apporte, mais pourquoi pas ? Plus que n'importe quel autre auteur, Gide est maître de son roman, maître du sens, il fait ce qu'il veut de son histoire et il le prouve. Cool. On est ravis pour lui. Et puis comme ça ça fait quelque chose à écrire dans la critique pour les ratons (visionnaire vraiment, ce Gide). Bon je ne vous cache pas qu'arrivé à la page 104 le plus grand mystère était quand même moins cet histoire de porte étroite que de savoir si j'allais (ou non) sombrer dans le désintérêt le plus total pour le sort du fâlot Jérôme.

Je me suis pourtant accroché. Comprenez -moi : pas par plaisir de démollir le livre ensuite, mais surtout parce que j'adore Gide, j'adore les autres livres que j'ai lus et je sais qu'avec lui ça peut partir en vrille à n'importe quel moment et tutoyer la grâce. Qui plus est, eut égard aux 50 premières pages vraiment fascinantes, je me suis dit : tenons bon, ça peut repartir.

En fait ça n'est jamais reparti. En fait de mystère il ne se passe plus grand chose. Pour le principe je ne vais pas raconter la fin mais franchement ça ne serait pas bien grave.
J'ai quand même rigolé vers les dernières pages avec le passage où on nous livre le journal intime - vallait mieux en rire d'ailleurs parce que ces cinq ou six dernières pages, lourdes et répétitives, sont d'un inintérêt absolu et vraiment navrant de la part d'un écrivain du calibre de Gide.

Moralité :
même les plus grands peuvent pondre des oeuvres mineures. A moins que tout cela ne fut volontaire, que le but ait été d'écrire l'histoire la plus pathétique et de créer les personnages les plus gnangnans possibles...ceci dit sans rire : une fois de plus, avec Gide on ne sait jamais ! Si tel était son but, le contrat est parfaitement rempli.

2/5 (pour les premières pages, sinon 0 pointé)
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Re: André GIDE (France)

Message  Lacazavent le Dim 7 Déc 2008 - 13:13

De : doriane99 Envoyé : 16/09/2007 15:41
L'école des femmes
Folio, 245p

Un livre en trois parties (de 1894 à 1931) :

- La première est le journal tenu par Eveline, jeune femme issue de la "bonne société", elle vient de se fiancer avec Robert pour qui elle éprouve une admiration sans faille. Mais elle le perçoit bientôt comme un opportuniste, un manipulateur et nous fait part de sa déception.
- Une seconde partie, "droit de Réponse" de Robert qui tente (sans grand succès) de se justifier et de nuancer les propos de son épouse
- Une troisième partie, écrite par leur fille Geneviève, femme qui se veut moderne, qui veut s'affranchir du carcan dans lequel la société enferme les femmes

Une première partie passionnante ! L'écriture de Gide est envoûtante et ses propos sur l'hypocrisie d'une société sclérosée, sur la religion... sont incisifs. La dernière partie se veut un réquisitoire sur la place de la femme, on y retrouve les velléités d'émancipation des femmes et, même si l'écriture semble moins fluide, le propos est intéressant. La partie centrale n'est que la tentative de justification de cet homme au caractère tiède qui tente de tirer parti de chaque situation.

Un vrai plaisir de lecture si l'on excepte les quelques parties longuettes attribuées à Geneviève.

4/5



De : Le-réaliste-romantique Envoyé : 08/10/2007 01:39
Les faux-monnayeurs - André Gide

Un roman qui offre une réflexion sur le roman. Les destins d’une poignée de personnages qui s’entremêlent : du jeune homme qui fuit son foyer lorsqu’il apprend qu’il n’a été que reconnu par son « père », de la femme qui devient enceinte à la suite d’une aventure, du collégien qui développe une relation trouble avec un homme plus vieux, du riche et populaire aristocrate écrivain, de l’écrivain moins lu mais plus respecté… Le lecteur découvre au fil des chapitres tous les liens complexes qui relient les personnages.

Cet œuvre est une superbe mise en abyme, le personnage de l’écrivain travaille à un livre qu’il compte intituler Les faux-monnayeurs, basé sur les gens de son entourage, soit les personnages du roman que le lecteur a entre les mains. Il présente d’intéressantes réflexions sur le processus de création d’un roman.

« X. soutient que le bon romancier doit, avant de commencer son livre, savoir comment ce livre finira. Pour moi, qui laisse aller le mien à l’aventure, je considère que la vie ne nous propose jamais rien qui, tout autant qu’un aboutissement, ne puisse être considéré comme un nouveau point de départ. » p.418

La narration passe d’interne, à externe, en passant par des passages épistolaires et des extraits de journaux intimes. À certaines occasions, la narration s’interrompt et « l’auteur » commente de manière amusante l’évolution de son récit, par exemple ceci à mi-chemin :

« Le voyageur parvenu au haut de la colline, s’assied, et regarde avant de reprendre sa marche, à présent déclinante; il cherche à distinguer où le conduit enfin ce chemin sinueux qu’il a pris, qui lui semble se perdre dans l’ombre et, car le soir tombe, dans la nuit. Ainsi l’auteur imprévoyant s’arrête un instant, reprend souffle, et se demande avec inquiétude où va le mener son récit.

Je crains qu’en confiant le petit Boris aux Azaïs, Édouard commette une imprudence. Comment l’en empêcher?
» p.274

Ce qui sera suivit d’un commentaire sur l’évolution des différents personnages jusqu’à ce point. La lecture en est d’autant plus intéressante, le lecteur veut savoir qu’elle prochain truc l’auteur utilisera.

« Lorsque j’étais plus jeune, je prenais des résolutions, que je m’imaginais vertueuses. Je m’inquiétais moins d’être qui j’étais que de devenir qui je prétendais être. À présent, peu s’en faut que je ne voie dans l’irrésolution le secret de ne pas vieillir. » p.422

Un excellent livre!

4,5/5



De : liza_lou55 Envoyé : 25/10/2007 21:01
La symphonie pastorale
(Le livre de poche, 120 pages)

D'après ce que j'ai pu lire, La symphonie pastorale peut être considéré comme étant le roman le moins "gidien". Par contre, ce serait le roman le plus abordable de Gide. Bref, idéal pour appréhender ce grand romancier français du XXème siècle, Prix Nobel de littérature.

Comment se fait il alors, que je n'ai pas aimé?

Bon, à ma décharge, ce n'est pas le premier roman de Gide que je lis. J'avais en effet déja lu il y a de cela plusieurs années Les caves du Vatican que j'avais adoré. On pouvait même parler d'une révélation.

Alors, quelle ne fut pas ma déception durant toute ma lecture de La symphonie pastorale! Je ne retrouvais aucune des caractéristiques qui m'avaient enthousiasmée avec Les caves du Vatican. Au contraire, je trouvais le roman long, sans intéret. Plat. Le personnage du pasteur me déplut immédiatement. Celui de Gertrude m'indiffera. L'histoire d'amour n'avait aucune nouveauté. Quant à la fin, elle me laissa de marbre.

Je n'irai pas plus loin, je laisserai à ceux qui souhaiteraient le lire se faire leur propre impression.

Je ne peux cependant pas dire que j'ai détesté le livre. Je n'ai simplement ressenti que de l'indifférence. Heureusement que le roman était court! Cela, a, à mon avis, limité les dégats...

Ma note : 3/5
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Re: André GIDE (France)

Message  lekepi le Mer 17 Fév 2010 - 11:37

Les faux-monneyeurs


L'histoire:
Le livre suit le quotidien de personnages, au destin liee. Edouard est un ecrivain, attire par les jeunes hommes, qui analyse la vie des autres. Olivier est un garcon intelligent mais fragile. Bernard, son ami fougueux, quitte le foyer familial. Le comte Passavant, egalement ecrivain, est frivole. Laura est une jeune femme perdue. Il n'y a pas vraiment de fil conducteur dans le recit, si ce n'est l'implication d'Edouard dans chacune des histoires. Le roman est une originale mise en abyme puisque le sujet est justement l'ecriture des faux-monneyeurs par Edouard.

Mon avis:
La narration est tres variee et alterne journal intime, lettres, recits, dialogues et commentaires de l'auteur. Le style est un peu maniere mais sonne juste. L'ensemble est tres psychologique, les themes abordes sont le ressenti, l'analyse de la partie enfoui de chacun, l'homosexualite... Chaque reaction est decryptee. L'ensemble des personnages couvre de nombreux profils (reserve, anarchiste, bon, en marge, superficiel...) et tous les ages de la vie (jeunesse, age mur, vieillesse). Gide semble se laisser guider par son ecriture, sans anticiper vers ou elle le mene, simulant ainsi la vie elle meme.

Note: 4/5

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Re: André GIDE (France)

Message  lalyre le Sam 29 Jan 2011 - 9:33

La porte étroite
André Gide
Folio
182 pages

4ème de couverture
La porte était close. le verrou n'opposait toutefois qu'une résistance assez faible et que d'un coup d'épaule j'allais briser... A cet instant j'entendis un bruit de pas ; je me dissimulai dans le retrait du mur.
Je ne pus voir qui sortait du
jardin; mais j'entendis, je sentis que c'était Alissa. Elle fit trois pas en avant, appela faiblement :
- Est-ce toi Jérôme?...
Mon cœur, qui battait violemment, s'arrêta, et, comme de ma gorge serrée ne pouvait sortir une parole, elle répéta plus fort
- Jérôme! Est-ce toi?
A l'entendre ainsi m'appeler, l'émotion qui m'étreignit fut si vive qu'elle me fit tomber à genoux.


Mon avis
Je ne dirai pas beaucoup sur ce livre un peu vieillot, c’est une histoire d’amour entre Jérôme, le narrateur et sa cousine Alissa. Ils sont très jeunes encore et leur couple est bien vu par leur entourage mais leur histoire me semble ne jamais aboutir. Alissa est une jeune fille difficile, capricieuse, vertueuse et très croyante, elle joue avec les sentiments de Jérôme. Tout d’abord , elle s’aperçoit que sa jeune soeur est amoureuse de Jérôme, alors elle laisse penser qu’elle-même va se sacrifier au profit de sa soeur . Et voila qu’on apprend qu’Alissa n’est pas digne d’un tel amour car sa mère accusée d’adultère, elle se sent entachée par la faute de sa mère, mais cela n’est qu’une des mauvaises excuses qu’elle se trouve. C’est comme le jeu du chat et de la souris, lorsqu’ils sont ensemble, un malaise s’installe, lorsque Jérôme est absent elle lui écrit, lui dit son amour mais lui défend de venir la voir. On peut appeler cela un amour à distance, il n’y a pas de rebondissement dans ce roman pathétique, amour malheureux, une fille égoïste que j’ai trouvée idiote, qui ne sait ce qu’elle veut, on croit toujours que tout va s’arranger entre ces deux-la mais mon sentiment à la la fin de ce livre c’est qu’ils vont continuer à se chercher sans jamais se trouver . Un roman que je n’ai guère aimé.......3/5
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.:: Les faux-monnayeurs (André GIDE) ::.

Message  joubjoub le Jeu 26 Mai 2011 - 11:12

.:: Les faux-monnayeurs (André GIDE) ::.

Si l'intrigue de base est assez simple (une sorte de chassé-croisé amoureux) et le style assez classique, la construction du roman est très complexe et loin de la narration linéaire classique. Les différentes histoires s'enchevêtrent les unes aux autres incluant une mise en abyme : un des protagonistes écrit un roman intitulé "Les faux-monnayeurs". Les genres narratifs sont variés : journal intime, lettre... Les points de vue sont multiples et variables : le narrateur lui-même change régulièrement. Il arrive même que l'auteur s'adresse directement au lecteur. La narration est ainsi fondée sur une ambiguïté constante.

À travers cette œuvre, l'auteur montre les limites du roman traditionnel et son échec dans sa prétention à décrire la complexité du monde réel. Il souhaite libérer ainsi la littérature de son carcan narratif pour faire du roman une œuvre d'art créatrice à part entière, plutôt que le simple réceptacle d'une histoire racontée.

Gide peint l'amitié et l'amour. Les hommes se cherchent et se méprennent. Chacun semble trainer sa vie. Les faux-monnayeurs est le roman de l'observation d'une jeunesse troublante. Les adolescents de ce roman ont en eux un violent désir d'amour et d'émancipation. Ce désir légitime est en fait périlleux. Ils se cherchent une place, bousculent l'ordre établi, se mettent en danger dans une totale innocence. Il y a l'errance amoureuse, intellectuelle, spirituelle. Aveuglement des uns, mensonges des autres, méchanceté enfin. Derrière ces chassés-croisés, se dessine une ligne de partage entre les êtres authentiques et les faux-jetons. Ce livre est aussi une traque, livré au mensonge et à l'hypocrisie.

" La manière dont le monde des apparences s'impose à nous et dont nous tentons d'imposer au monde extérieur notre interprétation particulière, fait le drame de notre vie. "

Sorti en 1925, ce roman aborde des thèmes aussi sulfureux à l'époque que l'homosexualité, la psychanalyse, le carcan de l'éducation bourgeoise. Gide y fait le procès des familles bien-pensantes, conformistes et étouffantes. Il pose le problème de l'engagement pour tout individu mais aussi pour l'écrivain, avec finalement le libre arbitre qui triomphe dans ce texte.

Ce roman peu conventionnel fut accueilli avec un relatif manque d'enthousiasme. Cependant, il a depuis atteint une notoriété indéniable, et est considéré comme l'un des chefs-d'œuvre de la littérature français du XXème siècle. L'auteur, récipiendaire du prix Nobel de littérature en 1947, dira de cette œuvre que c'est le seul roman qu'il n'ait jamais écrit.

Note : 4/5
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Re: André GIDE (France)

Message  dodie le Mer 19 Sep 2012 - 13:54

La porte étroite

Dans ce court roman André Gide nous raconte une histoire d'amour entre le narrateur Jérôme et sa cousine Alissa. Tout d'abord trop jeunes pour officialiser leur relation, ils vont donc patienter quelques temps. Ces deux jeunes tourtereaux sont à un âge où le cerveau et l'âme s'enflamment vite. Leur but à tous les deux est de vivre le bonheur absolu et la religion y joue un grand rôle.
Les années passent et Jérôme se sent prêt à franchir le pas des fiançailles mais Alissa semble fuir toute décision. Elle semble n'aimer Jérôme qu'à distance, lui écrivant des lettres enflammées mais lui interdisant toute rencontre.

Je ne sais pas si ce roman comporte une part d'autobiographie.
Le début du roman est intriguant: les premiers émois de nos jeunes adolescents sont racontés de manière romantique mais en avançant dans le livre le jeu que joue Alissa devient lourd voire ridicule: Je t'aime mais ne veux pas te voir......Tu es parti et je le regrette car je n'ai pas su te retenir.....
Tout cela a bien vieilli tout de même et j'ai lu ce roman comme un spectateur distant, n'arrivant pas à me rapprocher des personnages.

Une lecture intéressante pour qui veut s'immerger dans une histoire d'amour difficile du XIXème siècle!
Ma note 3/5
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Re: André GIDE (France)

Message  lalyre le Jeu 2 Juil 2015 - 16:35

La séquestrée de Poitiers           
 André Gide   Folio 1997
147 pages

Quatrième de couverture        
Le 22 mai 1901, le procureur général de Poitiers apprend par une lettre anonyme que Mlle Mélanie Bastian, cinquante-deux ans, est enfermée depuis vingt-cinq ans chez sa mère, veuve de l'ancien doyen de la faculté des lettres, dans une chambre sordide, parmi les ordures. Comment cette affaire, où la culpabilité de Mme Bastian et de son fils semble évidente, put-elle aboutir à l'acquittement des inculpés ?André Gide démonte magistralement le dossier de cette affaire devenue légendaire. Et il conclut : «Ne jugez pas.»

Mon avis
Comment est-il possible que même à cette époque ou la culpabilité de la mère et du frère semble évidente, que l’acquittement fut prononcé. Dans ce livre, l’auteur parle aussi de l’affaire Redureau ou un gamin de quinze ans tue sept personnes de la même famille à coups de hache. Il est condamné à vingt ans de réclusion. Acte de folie ?

Ce livre serait le premier d’une série intitulée « Ne jugez pas » Tout compte fait la série ne comptera que trois volumes. 4,5/5
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Re: André GIDE (France)

Message  Réaliste-romantique le Ven 3 Juil 2015 - 17:53

Lalyre, Mme RR est aussi en train de lire ce livre! Elle l'a trouvé dans une vente de notre bibliothèque. Elle croyait que c'était un livre oublié, mais non, car tu le lisais aussi en même temps. Smile

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Re: André GIDE (France)

Message  lalyre le Ven 3 Juil 2015 - 20:24

Voila qui est génial RR, je l'avais sur mes étagères et je l'ai relu avec plaisir flower
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Re: André GIDE (France)

Message  géromino le Jeu 9 Juil 2015 - 8:59

"Les caves du Vatican" Folio 19??   250 pages


          Dans un premier temps, je me suis renseigné sur ce qu'était une "sotie" (terme mentionné sous le titre). On a donc affaire ici à un roman satirique et la précision est importante: j'aurais sans doute abandonné au bout de vingt pages sans cela! Catégorisé ainsi, j'ai pensé que cela valait peut-être la peine de poursuivre, bien que l'intrigue soit assez embrouillée. 


          L'histoire:    Des crapules profitent de la naïveté et de la crédulité de quelques riches et fervents chrétiens pour les déposséder de grosses sommes d'argent, en leur faisant croire que le Pape est retenu prisonnier (dans le plus grand secret) par les Francs-Maçons et que cet argent aidera à sa libération. Autour de cette intrigue bouffonne viennent se greffer des personnages: Anthime Armand-Dubois, franc-maçon qui se convertit à la religion catholique suite à une guérison miraculeuse; son beau-frère, Julius de Baraglioul, un romancier raté qui espère entrer à l'Académie; Amédée Fleurissoire, beau-frère de Julius, il va tenter de délivrer le Pape; Lafcadio Wluiki, fils caché de feu (il décède juste après avoir rencontré son fils) le Comte Juste-Agénor de Baraglioul; Protos, escroc malfaisant et dangereux, ami d'école de Lafcadio.


          Intrigue assez embrouillée, donc; avec des personnages caricaturés à l'extrème, que décrit avec férocité et humour grinçant André Gide, qu'on imagine tout à fait s'amusant à écrire cette farce absurde et décousue! Dans l'ensemble, ça se lit bien, mais quand même, pas de quoi fouetter un chat!


Note:  3/5

_________________
                                                                                                                                                                              

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Re: André GIDE (France)

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