Fritz ZORN (Suisse)

Aller en bas

Fritz ZORN (Suisse)

Message  gallo le Sam 6 Déc 2008 - 20:21

De : lorelei-5 (Message d'origine) Envoyé : 18/12/2006 00:19
Fritz ZORN : "mars"

ce livre présente le récit de la vie d'un homme, introverti, solitaire et blessé, et atteint du cancer. Il nous plonge dans une critique d'une certaine société bourgeoise, de méthodes d'éducation qualifiées de "camp de concentration" et des blessures psychiques qu'elle engendre, ainsi que dans une quête qui est surtout recherche de soi-même... livre intimiste qui vous touche des plus profondément et vous fait réfléchir sur tant de sujets... l'analyse est magnifique, et emplie d'une ironie noire très fine.
5/5

petite citation : parlant de la bienséance absolue qui par conséquent vous empêche d'être vous-même : "cela veut dire être contre le fait que la fourmi se balade dans la forêt parce que le sentier sur lequel elle se balade est peut-être un chemin privé où il est interdit de passer sous peine d'amende"
(je sais pas si c'est le plus représentatif, c'est juste un passage que j'aime bien!)
avatar
gallo

Nombre de messages : 2598
Location : Pays-Bas
Date d'inscription : 29/10/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Fritz ZORN (Suisse)

Message  DKOIS le Lun 25 Juin 2018 - 16:02

MARS
Fritz ZORN
FOLIO 315 Pages

Résumé (4° de couverture):

Fils d'une famille patricienne de Zurich, celui qui a écrit ce livre sous un pseudonyme fut ce qu'on appelle un enfant bien élevé. Dans la somptueuse villa, au bord du lac, régnait l'entente parfaite. Un certain ennui aussi, qui tient à la bienséance. Non sans humour, Zorn nous décrit les petits travers de ses parents. Humour ? Le mot est faible. Disons plutôt une noire ironie, celle du jeune homme qui, découvrant qu'il est atteint du cancer, pense aussitôt : naturellement. Jamais les contraintes et les tabous qui pèsent, aujourd'hui encore, sur les esprits soi-disant libres n'ont été analysés avec une telle pénétration ; jamais la fragilité de la personne, le rapport, toujours précaire et menacé, entre le corps et l'âme, qu'escamote souvent l'usage commode du terme « psychosomatique », n'a été décrite avec une telle lucidité, dans une écriture volontairement neutre, par celui qui constate ici, très simplement, qu'il a été « éduqué à mort ». Il avait trente-deux ans.


Mon avis :


   Lors de ma lecture de "D'autres vies que la mienne", l'auteur, Emmanuel CARRERE, faisait référence à ce livre. Les références d'auteur font parti des bonnes pistes pour de nouvelles découvertes. Et celle-ci en fut une bonne.


Il y a beaucoup à dire sur ce livre. 


C'est tout d'abord un essai autobiographique qui se lit comme un roman, assez facilement. il requière malgré tout une attention de tous les instants tellement il est riche en réflexion. Ecrit sous l'ultimatum de la mort, il ne laisse pas la place ni le temps pour des détails romanesques. 
Le narrateur nous expose sa conviction que son cancer est dû à sa névrose récurrente développée à sa sortie d'adolescence  , elle même due à son éducation bourgeoise et ennuyeuse de ses parents et à une jeunesse trop facile d'où était exclus tout combat. Il tente de nous démontrer les liens qui existent entre le corps et l'esprit et qu'au final sa maladie était programmée, comme une suite logique imposée par les événements de sa vie.


On passe à côté de toute compassion et d'émotion. Son but n'étant pas la recherche d'un apitoiement sur son sort mais d'un exposé des faits et des conséquences. Pas de mélo, pas de larmes mais de la surprise au départ, de la réflexion, et un débat avec soi-même par la suite. D'ailleurs, lui-même, malade, ne peine  personne de son vivant. Il vit seul, reclus dans la dépression. Il n'a rien d'autre à partager, par l'intermédiaire de ses écrits, que  l'exaspération de son lien familiale qui le poursuit, de son éducation et de ses propres faiblesse et lâcheté de n'avoir rien fait pour changer les choses. 


Il est toujours difficile d'aborder le sujet de la mort. C'est tabou et c'est normal que ce le soit. C'est un débat à ouvrir avec ceux qu’on sait prêts à le faire. Dans le cas contraire, il y a toujours le risque de rouvrir des cicatrices, de provoquer des discussions douloureuses... 
Pour ne pas rentrer, donc, dans la précision et le détail, j'ai ma propre philosophie de ce que je voudrai que ma mort soit. Ce livre "testament", m'a permis de me situer par rapport à cela de manière plus catégorique que d'autres livres abordant ce sujet.


   Inutile de vous dire que je vous conseille vivement cette lecture. c'est un livre qui aborde un sujet, comme aucun autre livre ne l'aborde. 

Ma note 4/5

DKOIS

Nombre de messages : 145
Age : 55
Location : Nord France
Date d'inscription : 10/01/2015

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum