Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

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Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

Message  Lacazavent le Jeu 4 Déc 2008 - 16:54

De : sereinejulie1 Envoyé : 24/08/2004 19:14
Les enfants de minuit Édition Stock 675 pages

Résumé:
Ce roman est le récit, fait par Saleem Sinai - double de Rushdie - de l'histoire de sa famille, puis de sa vie. Né à minuit, la nuit de l'indépendance de l'Inde, Saleem voit son destin irrémédiablement lié à celui de son pays: tous les événements de la vie politique indienne trouvent leurs origines, lointaines mais constantes, dans les incidents qui parsèment son enfance et son adolescence. D'autre part, tous les enfants (ils sont mille et un) nés en Inde cette nuit-là entre minuit et une heure ont reçu de la nature chacun un don surnaturel et merveilleux. Saleem, né exactement avec son pays, a reçu le plus beau: le pouvoir de joindre par la pensée tous les autres enfants de minuit, et de les rassembler en congrès dans sa tête. Mais ce don va lui attirer des ennuis.

Mon avis:
La narration de Saleem est sous le signe constant des Milles et Une Nuits, tout en se réclamant de la plus stricte exactitude. Si la conciliation entre les deux extrêmes paraît impossible, Rushdie pourtant parvient habilement à les faire se joindre: la logique des faits et la minutie des détails dispensent le récit de toute vraisemblance et donnent au merveilleux une réalité indiscutable. Le roman se tient bien, que l'Inde nous concerne ou non, écrit avec vigueur qui ne se relâche pas et d'une verve et un indispensable humour à la frange du loufoque, sans pareil dans un style regorgeant de métaphores et de chassés croisés narratifs.

Rushdie fait preuve d'un incroyable talent de narrateur et ses personnages vivent et nous fascinent. Il a une approche assez semblable à Gabriel Garcia Marquez dans ''Cent ans de solitude'': l'histoire individuelle comme métaphore de l'histoire collective. Une métaphore assez difficile à déchiffrer pour le lecteur occidental qui se perd un peu dans les arcanes des tensions religieuses et des conflits Indo-paquistanais. Tout au long de ma lecture, j'étais immergée par le fantastique, la magie, l'irrationnel qui sont bien présents et qui ajoutent à la difficulté de lecture tout en donnant beaucoup de charme au roman. Quant au style, il est en effet très touffu. Salman Rushdie nous propose un véritable festin de couleurs, sons, d'odeurs et de saveurs.

Les enfants de minuit a le prétexte d'une saga familiale pour nous conter en filigrane des destins exceptionnels. Rushdie rend compte de la difficulté de délébrer une indépendance si souvent tourné au drame, dans la foulée de partition des Indes britanniques. Il livre plusieurs portraits de l'Inde au quotidien revisité à travers une imagination profondément originale qui fait la part belle au magique et à l'absurde. En effet, dans ce récit se mêlent le vraisemblable et l'impossible, l'histoire et le merveilleux, les coincidences et les invraisemblances.

Après des débuts un peu pénibles, il est vrai, j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce gros roman baroque qui tisse la biographie d'un héros rêvé avec la naissance et le développement politique mouvementé de l'Inde. J'ai lu ce livre avec forte concentration car le roman est assez ardu mais je me suis vite emportée par le mouvement de tourbillon qui anime ce récit. Ce livre est aussi une merveilleuse leçon d'Inde, la mère des civilisations. Ce n'est pas une explication savante, mais une plongée active dans les mythes et les symboles qui structurent la vie de ce grand pays: relation aux autres et à l'univers, ordre et pagaie, violence et amitié, dévotion et beuveries, temps passé des ancêtres, temps à venir des enfants. Tout ce qui donne forme à une civilisation et la strucure pour durer est là, bouillonnant au chaud, à portée de notre oeil de voyeur et de témoin.

J'ai rigolé tout au long de cette lecture car ce roman est drôle, souvent sensible, toujours léger, et manie la langue (merci au traducteur) avec grand bonheur. Alors pour conclure, j'ai vraiment apprécié Les enfants de minuit et cette magie qui nous entoure, nous cajole, nous séduit. Un livre hors du commun. Un bijou en plaisir de lecture. Malgré ses 675 pages et sa minuscule typographie, je vous le recommande sans réserve. De la pure poésie... un roman exceptionnel. Il ne faut pas passer par dessus cette oeuvre qui figure sur la liste des 100 meilleurs livres de Le libraire. Ce livre a gagné le prix Booker Prize 1989.

Sans hésiter j'accorde 5.0
__________________________________________________________

L’écriture de Salman Rushdie repose sur le mélange d’identités : indien musulman né à Bombay, il a suivi sa famille au Pakistan après la partition de l’Inde. Il a étudié à Cambridge et s’est finalement installé en Angleterre. 'Les Enfants de Minuit' (1981), son premier grand roman, reflète la superposition quasi magique des différents visages du narrateur, faisant écho à la naissance de l’Inde indépendante.
Dans un univers de réalisme fantastique, les personnages de Rushdie sont confrontés à la religion, à la mythologie et à la tradition orale. La parution des 'Versets Sataniques' en 1989 l’a rendu extrêmement célèbre. Le roman, considéré comme blasphématoire par les Musulmans, lui a valu une fatwa de l’Ayatollah Khomeiny, qui appelait tous les fidèles à l’assassiner. Salman Rushdie dut donc s’enfuir et se cache encore aujourd'hui. Cependant, il continue d’écrire et de publier des romans et des contes pour enfants.
L’écriture de Salman Rushdie repose sur le mélange d’identités : indien musulman né à Bombay, il a suivi sa famille au Pakistan après la partition de l’Inde. Il a étudié à Cambridge et s’est finalement installé en Angleterre. 'Les Enfants de Minuit' (1981), son premier grand roman, reflète la superposition quasi magique des différents visages du narrateur, faisant écho à la naissance de l’Inde indépendante. Dans un univers de réalisme fantastique, les personnages de Rushdie sont confrontés à la religion, à la mythologie et à la tradition orale. La parution des 'Versets Sataniques' en 1989 l’a rendu extrêmement célèbre. Le roman, considéré comme blasphématoire par les Musulmans, lui a valu une fatwa de l’Ayatollah Khomeiny, qui appelait tous les fidèles à l’assassiner. Salman Rushdie dut donc s’enfuir et se cache encore aujourd'hui. Cependant, il continue d’écrire et de publier des romans et des contes pour enfants.




De : clochette Envoyé : 04/09/2005 21:46
Les Versets Sataniques _ Salman Rushdie

Pocket _ 700 pages



Les versets sataniques mettent en scène deux hommes : Gibreel Farishta et Saladin Chamcha. Ces deux hommes qui n’ont a priori aucun lien entre eux vont se retrouver pris en otage lors d’un détournement d’avion. Et tous deux seront également les seuls survivants de l’explosion en vol de ce même avion. Mais ça, ce n’est visiblement pas par hasard. A la suite de cet accident, ils vont tous deux subir de biens étranges changements physiques aussi bien que psychiques. Ils ont, chacun à leur manière, été élus pour rejouer l’éternelle lutte du Bien et du Mal.



L’évolution des deux personnages est très intéressante. D’un Gibreel, acteur égocentrique et prétentieux, l’auteur fait un archange Gabriel, inspiré et pathétique, tandis que Saladin Chamcha, dont la vie n’a été que rectitude se retrouve soudain transformé en démon. Leurs aventures sont loufoques mais truculentes et l’évolution de leur état aussi bien que de leurs pensées est prenante.

A l’histoire de ces deux personnages sont entrecoupées des scènes de la vie de Mohammed que l’auteur réécrit à sa façon. Ces de l’une de ces scènes que le livre tire son nom et c’est aussi ces scènes qui vaudront à Salman Rushdie sa fatwa.

Le livre est très dense, le style pas toujours facile à suivre et j’ai eu un peu de mal à en venir à bout. Mais l’ensemble de l’histoire en fait un des livres les plus intéressants que j'ai lus, intellectuellement parlant. En ce qui concerne les passages sur Mohammed, ils me rappellent beaucoup d’autres livres aussi irrévérencieux que j’ai pu lire sur la religion chrétienne, notamment L’évangile selon Jésus-Christ de José Saramago. Le ton et le propos sont irrévérencieux c'est certain mais cela ne valait certainement pas une fatwa…

Note : 4,5 / 5
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Re: Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

Message  gallo le Jeu 4 Déc 2008 - 18:58

De: Félix

Salman Rushdie - Les versets sataniques

J'ai lu il y a un an "Les versets sataniques", que j'avais depuis de nombreuses années l'intention de lire. Le livre m'a marqué si puissamment que je me suis mis en frais de parcourir l'oeuvre de M. Rushdie dans un futur très proche, d'où les lectures que j'ai faites cette année de "Furie" et du "Dernier soupir du Maure", les deux (mais surtout le second) m'ayant absolument confirmé l'utilité de cet exercice que j'attends poursuivre encore l'année prochaine et possiblement la suivante (si à ce moment il me reste encore quelque chose à lire, bien que les relectures ne me sembleraient pas non plus du temps perdu lorsqu'il s'agirait d'oeuvres aussi riches que celles-là, même à moi qui n'a pratiquement jamais relu).

Voyons donc pour commencer ces fameux "Versets sataniques". Premièrement, étant donné qu'il semble difficile de passer outre l'incroyable couverture médiatique qu'a engendré ce livre durant les premières années suivant sa publication, j'en toucherai un mot. À la suite de ma lecture, j'étais un peu surpris. Je n'avais absolument pas pu mettre le doigt sur le passage (car à l'époque on parla bien de quelques pages seulement) qui provoqua la mise à prix de la tête de l'auteur. Mais bon, internet étant désormais une réalité, j'ambitionnai d'y trouver la justification de cette folie meurtrière qui s'abatit sur le monde de l'édition à l'échelle mondial en 1989. Je découvris donc qu'il s'agissait de l'évocation de ces fameux versets sataniques, et que la simple mention, le plus minime sous-entendu qui puisse être fait quant à l'existence de ces versets sataniques dans l'histoire de Mahomet, constitue pour certains musulmans un blasphème épouvantable, passible de mort, d'où la fatwa. Aujourd'hui, il semble que la politique de l'Iran se soit assouplie et Salman Rushdie vit désormais librement en citoyen de New-York, ce qui ne peut que m'enthousiasmer, moi désormais fidèle lecteur de cet auteur à qui je souhaite longue vie.

Passons maintenant au livre, l'un des plus complexes (pas compliqué, nuance) que j'aie lus. On y rencontre premièrement Gibreel et Chamcha (dont le nom signifie "lécheur de bottes", ainsi que je l'ai découvert récemment et à postériori dans "Le dernier soupir du Maure", hihihi!), qui figureront respectivement celui qui a tout eu de la providence et celui qui a eu à combattre toute sa vie le sort toujours prêt à lui tomber dessus. Si beaucoup de gens ont vu dans leur lutte la figuration de l'éternelle combat entre le bien et le mal, j'y ai davantage perçu une allégorie sur la lutte pour l'existence, lutte injuste s'il en ait une, car la fortune qui semble constamment sourire à l'un, Gibreel, semble s'acharner à ne pas même se montrer le bout du nez à l'autre, Chamcha, ce dernier réussissant malgré tout à force de travail à se créer une vie passable. À un autre niveau, j'ai perçu Gibreel comme l'enfant à qui tout est dû et Chamcha comme l'adolescent réalisant que la société, contrairement à ses parents, attend de voir ce qu'il offrira avant de lui accorder son estime. La scène au cours de laquelle Gibreel sauve Chamcha des flammes m'a parue une représentation de l'alternance des sentiments lors de l'éclosion de l'adulte dans l'enfant qui grandit. Le jeune adulte aspire, fort maladroitement il est vrai, à s'émanciper, mais lorsqu'il est abattu et ne semble plus voir d'espoir, l'enfant, dont l'influence est certes faiblissante, mais néanmoins encore très présente, soutient de sa pensée "magique" le pauvre adulte qui désespère, il soigne et relance l'adulte dans la mêlée. Et il recommence jusqu'à ce qu'il soit sacrifié par l'adulte qui connaît tôt ou tard les règles du jeu (mais à vous de voir comment cela se termine dans l'histoire, ne comptez pas sur moi pour cela, je ruinerais un peu de votre plaisir).

À travers de nombreux autres personnages survient à un certain moment un être tout-puissant (Dieu? Shaytan? Les deux peut-être!) : Salman Rushdie en personne, l'auteur, un petit scribouillard chauve et myope (sic), qui est bien le vrai dieu (ou le vrai diable, ou les deux) des personnages de ce roman, attendu qu'il est bien celui qui décide de la destinée de ses créatures.

Une fois ce point compris, tous les événements et les différentes histoires (il y en a quatre, dont le seul lien entre elles sera Gibreel et d'une façon plus indirecte Dieu/Satan/Salman) semblent s'éclaircir. On assiste pas en réalité à l'histoire de Mahomet à La Mecque dans notre monde, mais bien à l'histoire de Mahound à Jahila dans le monde de Salman. Les deux histoires, on s'entend, ont tant de parallèles entre elles qu'il ne fait aucun doute que Rushdie ait voulu remettre en scène l'histoire sainte, d'où l'affront ressenti par l'ayatollah dans notre monde à la suite de la publication de ces récits du monde de Salman.

Rushdie, via l'histoire de Mahound, a montré qu'une religion n'a pas besoin d'être vrai pour être bonne aux hommes. La religion qu'a créée Mahound n'était pas vrai (Dieu et Satan étant deux entités séparées dans celle-ci, bien que tous deux fussent Salman Rushdie et personne d'autre dans leur réalité), mais son "idée", acceptant les compromis et visant au bonheur des fidèles, demeura valide, suivie sans trop grande contrainte et viable à la fin, à l'opposé des deux autres "idées" qui furent présentées dans l'histoire, l'une conduisant au rejet pur et simple des fidèles qui pourraient remettre quoi que ce soit en question et conduisant par ailleurs à la mort des fidèles eux-même, l'autre "idée" se réduisant à la soumission par la force et dans le sang de toute une société.

Dans ce sens, le roman de Rushdie se rapproche de l'idée véhiculée par Sergio Kokis dans "Le maître de jeu" - bien que les deux histoires soient totalement différentes, le style des deux auteurs étant très très différents -, à savoir une présentation de Dieu ayant volontairement laissé leur libre-arbitre à ses créatures afin de mieux apprécier les surprises que pourront réserver leurs actions. Il n'en demeure pas moins que les concepts de bien et de mal sont traités, dans un cas comme dans l'autre, comme une nécessité pour l'homme, car celui-ci doit, pour sa propre survivance, déterminer ce qui sera souhaitable, ce qui sera indifférent et ce qui sera nuisible à celle-ci. Mais ces concepts, qui sont faits par et pour les humains (bien que des individus ou des groupes aient pu, en toute justice d'ailleurs, avoir recours à Dieu pour ajouter du poids au bon sens qui fait parfois défaut aux foules), sont, dans chacun des deux livres, présentés comme indifférents à Dieu, qui ne possède pas les mêmes vulnérabilités que nous, et tendent à vouloir démontrer le caractère relatif (et non absolu) des concepts de bien et de mal.

(Félix)


De: Félix

Salman Rushdie - Le dernier soupir du Maure
(Editions 10/18, 2001)

L'action (ou la narration) du roman, située presqu'entièrement en Inde (à l'exception de quelques pages se déroulant en Espagne), se déroule sur les quatre dernières générations d'une dynastie familiale ayant bâti sa richesse sur l'exportation des épices (et du poivre en particulier) et descendant semble-t-il (ainsi le prétend du moins la tradition familiale et sociale) de l'explorateur Vasco de Gama. Le narrateur, Maure, le dernier membre vivant de cette dynastie qui s'éteindra avec lui, vieillit deux fois plus vite que le commun des mortels et il a au début du roman atteint l'âge d'un vieillard après avoir vécu comparativement une courte existence de 36 ans. Il raconte alors sa vie et celle des membres de sa famille depuis l'époque de ses arrière-grand-parents.

Des existences très mouvementées couvertes néanmoins dans plusieurs de leurs aspects d'un voile opaque au travers duquel seules peuvent pénétrer les hypothèses qu'échafaude Maure, qui ne se targue pas pour autant de connaître la vérité et nous laisse à la fin avec des questions qui sont aussi les siennes. On ne peut cependant s'empêcher de prendre conscience de l'extrême pénétration de ce dernier, qui à défaut de ne pas savoir le fin mot de ces histoires, les a néanmoins observées sous de nombreux angles. D'une façon paradoxale, alors que l'on pourrait croire à ce que je viens de dire que l'auteur nous pousse à réfléchir avant de porter un jugement trop sévère, le roman démontre au contraire qu'il faut user de prudence dans nos amours, car les personnages, d'irréprochables qu'ils nous apparaissent généralement pour commencer, deviennent presque systématiquement plus sombres après analyse. Le roman nous recommande donc indirectement la circonspection dans nos admirations, comme d'autres romans d'autres auteurs nous auront avant recommandé celles-ci dans nos jugements hostiles. Vivons-nous donc dans un monde où tout n'est qu'apparence et tromperie potentielle? Force me sera de répondre, si l'on me pose un jour la question : "Probablement".

Mais "Le dernier soupir du Maure", pour pessimiste que j'aie pu faire passer qu'il était, n'en demeure pas moins un très beau roman, actif, intelligent, très drôle (bon! je sais que ça ne paraît pas comme ça dans ce que je viens de dire, mais oui! il est très drôle par moments) et digne de figurer dans toute bonne bibliothèque.

J'aimerais terminer cette critique en recommandant aux lecteurs qui seraient intéressés par le livre d'en profiter pour se procurer le dernier album (à date d'aujourd'hui, on s'entend) - "You've Stolen My Heart", de l'ensemble californien Kronos Quartet, fait en collaboration avec la chanteuse indienne Asha Bhosle et en hommage à R.D. Burman, mari décédé de la chanteuse et compositeur d'une quantité effroyable de chansons destinées à l'industrie indienne du cinéma (Bollywood, pour ceux qui connaissent... moi je ne connaissais pas jusqu'à il y a deux mois). Les chansons, chantées en Hindi (je crois), sont probablement fort différentes de celles que vous avez apprises à connaître dans votre vie, peu importe que vos préférences musicales aillent au jazz, au classique ou au heavy-metal, mais elles n'en demeurent pas moins fort belles et sauront apporter une touche supplémentaire d'exotisme de circonstance à votre lecture. Pour ceux qui considèrent que la musique ralentit et dérange la lecture, je tournerai ainsi l'affirmation : cette musique, bien qu'elle interrompra probablement parfois temporairement votre lecture, prolongera en fait celle-ci et le plaisir que vous aurez à la faire, et de plus, elle la relèvera, ainsi qu'un assaisonnement approprié améliorera un met. J'ajouterai qu'un bon vin se déguste préférablement lentement et idéalement en accompagnement d'un repas accordé à ses subtilités.

Note : 4.75/5
(Félix)



De: Félix

Salman Rushdie - La honte
(Plon, 1998)

Écrit en 1983, ce livre semble un précurseur du "Dernier soupir du Maure" :

Des histoires de famille complètement tordues et irréelles nous donnant l'impression de lire la description d'un rêve même si ultimement, la fresque construite brille par sa cohérence malgré le foisonnement presqu'inimaginable de détails;

de nombreuses références à plusieurs oeuvres du patrimoine humain, qui bien que non-nécessaires à la compréhension du texte, offrent néanmoins au lecteur de gentils petits clins d'oeil de connivence de la part de l'auteur ("vous et moi nous sommes émerveillés des mêmes récits"). Je ne les ai assurément pas tous décelés (nos petits-enfants, qui auront possiblement - probablement - accès à une édition critique exhaustive des écrits de Rushdie, auront davantage de chance que nous sur cet aspect), mais j'y ai trouvé entre autres des références au Déluge, aux "Mille et une nuits", à Robert Louis Stevenson et possiblement à Ionesco (dans l'accumulation invraisemblable et déchaînée d'enfants naissant de la pauvre Naveed)... Ah oui! à Omar Khayyam aussi (mais là, c'est un peu trop facile, ceux qui liront comprendront);
le ton et le style particulier de l'auteur ne trompent pas, même si les deux romans furent traduits par deux personnes différentes.
Quant à l'histoire elle-même? Presqu'impossible à résumer, tant chaque détail y est nécessaire au final : le roman lui-même serait son meilleur résumé. Trop facile??? Bon! C'est l'histoire de la stabilisation du nouvel état du Pakistan (un Pakistan volontairement et ouvertement un peu modifié par l'auteur) à travers l'histoire familiale de deux de ses gouverneurs successifs (l'un ayant épousé la cousine de l'autre). Mais en définitive, le plaisir de lire ce livre ne réside pas tant dans cette trame générale macroscopique que dans la luxuriance de petits faits qu'elle décrit, dans ces histoires dans l'histoire, contées d'un ton humoristique et désinvolte dans lequel perce une indéniable pointe de sérieux.

J'ai adoré, mais ayant néanmoins préféré "Le dernier soupir du Maure", je décerne un 4,5 à celui-ci.

Note : 4.5/5
(Félix)
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Re: Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

Message  gallo le Mar 9 Déc 2008 - 8:34

De : Shitey92 (Message d'origine) Envoyé : 23/08/2007 12:38

Bonjour tout le monde,je suis en train de me lancer dans la lecture (très ardue) des Versets Sataniques de Salman Rushdie,que j'ai commencée il y'a deux jours...
Le premier jour:A peine 29 pages avalées à la sueur de mon front:Imconpréhension totale,pas habituée au style plutôt déroutant de Monsieur Rushdie...
Deuxième jour:Durant la journée,je n'ai pas touché au bouquin,puis en soirée,je l'ai repris et arrivée à la page 45,le récit a commencé à beaucoup me plaire!
Je suis loin d'avoir fini le bouquin(page 69/585),mais il m'a l'air vraiment prometteur.Evidemment,il faut un peu s'habituer au style de Mr Rushdie.Il m'a fallu 2 jours pour arriver à la page 45,mais j'y suis arrivée.Il faut se forcer,c'est vrai.Toutefois, je pense que c'est un livre très bon,mais qu'il ne faut pas se décourager.
Evidemment,j'ai déjà abandonné un ou deux livres dans ma vie,mais avec "Les versets sataniques",quelque chose me disait qu'il fallait que je continue,malgré le véritable chaos qu'installait ce livre dans mon esprit à chaque fois que j'en lisais une page.
J'ai lu beaucoup d'avis sur différents sites,et la plupart étaient mauvais.
Par contre,je voudrais demander l'avis des rats sur ce livre.
Je continuerai moi-même à vous donner mes impressions au fil de ma lecture.Après tout,peut-être que livre cessera de me plaire?En tout cas,c'est loin d'être le cas pour le moment!
Bonnes lectures!

P.S.A la fin de ma lecture et dans un futur qui ,je l'espère,sera très proche(beaucoup d'occupations en ce moment),je posterai une critique plus complète!


De : s-lewerentz Envoyé : 23/08/2007 18:30

Comme je l'ai déjà dis, je te trouve très courageuse, si jeune, de commencer un livre pareil. Je n'ai pas encore osé...
Alors je me réjouis de lire tes prochaines impressions.
Bonne lecture, L.


De : zeta-b Envoyé : 24/08/2007 12:41

Pour moi Shitey un livre doit avant tout être un plaisir.
Si tu as tant de mal avec cet ouvrage de Salman Rushdie c'est que tout simplement il n'est pas pour toi pour l'instant. Je crois que chaque âge a sa littérature. Passer de "Harry Potter" et "13 à la douzaine" aux "versets satanique" c'est un drôle de grand écart.
Tu as pleins de livres amusants à découvrir, j'ai envie de dire gardes-en pour plus tard. Tu verras dans quelques années ces livres qui te paraissent ardus tu les liras facilement et tu y prendras plaisir. Donnes-toi le temps de les apprécier, en abordant d'abord des romans plus légers, plus faciles, ce qui ne veut pas dire creux ou inintéressants.
à bientôt.


De : Shitey92 Envoyé : 24/08/2007 13:52

Il est vrai que pour le moment,je suis dans un chapitre assez complexe du livre,celui qui parle de "Mahound",et je pense,comme zeta-b,que le livre me paraîtrait plus facile si j'étais un peu plus âgée,car en effet,j'avance lentement,même si j'aime beaucoup ce livre.
Mais je sais aussi que beaucoup d'adultes n'ont pas voulu continuer la lecture de ce livre parce qu'ils le trouvaient "insipide"(je répète ce que disent de nombreux lecteurs dans leurs critiques sur certains sites web),et je l'ai aussi trouvé "insipide" au début,mais je ne l'ai pas abandonné à la va-vite,j'ai continué malgré tout,et puis il y'a eu le déclic à la page 45,et maintenant je crois que je suis plongée dans une oeuvre très interessante,même si elle est peut-être un peu trop complexe pour mon âge.Je pense plutôt que j'ai voulu donner une chance à l'auteur alors que certains adultes ont carrément refusé de lui laisser une chance de "se défendre",en quelque sorte.
En tout cas,je préfère me faire une idée après la lecture d'un livre,car ls meilleures critiques viennent quand même des gens qui ont LU un livre et pas qui l'ont abandonné!
Par exemple,je ne me risquerais jamais à dire que "Les raisins de la colère" est un mauvais roman tant que je n'aurais pas réussi à le lire(oui,je le trouve un peu lourd!).
Enfin,je vais quand même suivre les bons conseils de zeta-b,que je remercie,et après "Les versets sataniques",je me "reposerai" en lisant le volume 2 des histoires inédites du petit Nicolas!
Bonnes lectures à tous!


De : Shitey92 Envoyé : 26/08/2007 20:00

Alors,"les versets sataniques"!

Maintenant que j'ai compris sa structure,je trouve le livre plus abordable.Je l'ai enfin "apprivoisé"!
C'est très simple. Vous avez,en alternance,je pense,une partie parlant des deux héros du livre,une partie parlant de la religion musulmane,en racontant des histoires sur le Prophète,etc...
Enfin,j'aime beaucoup ce livre,je suis actuellement à la troisième partie "Eleheuenne Dehéreuesse",-quelque chose comme ça-;où il est raconté ce qui se passe après la chute d'avion de Gibreel et Saladin,dont ils auraient normalement dû mourir.
45 pages de lecture "combattive"(dans le sens où il faut vraiment,mais alors là,vraiment se forcer),et 540 pages de très belle littérature.

P.S.Par contre,je ressens parfois le besoin d'arrêter la lecture de ce livre,d'où ma progression un peu lente,mais je me situe actuellement vers la page 200.


De : Shitey92Envoyé : 2007-09-14 05:41
Les versets sataniques

Alors,le fameux pavé de l'été!
"À l'aube d'un matin d'hiver, un jumbo-jet explose au-dessus de la Manche. Au milieu de membres éparpillés et d'objets non identifiés, deux silhouettes improbables tombent du ciel : Gibreel Farishta, le légendaire acteur indien, et Saladin Chamcha, l'homme des Mille Voix, self-made man et anglophile devant l'Éternel. Agrippés l'un à l'autre, chantant à qui mieux mieux, ils atterrissent sains et saufs, ô miracle, sur une plage anglaise enneigée... Gibreel et Saladin ont été choisis (par qui ? ) pour être les protagonistes de la lutte éternelle entre le Bien et le Mal. Mais qui est qui ? Les démons peuvent-ils être angéliques ? Les anges sont-ils des diables déguisés ? "

Un livre FORMIDABLE!Un style tout à fait inconnu et novateur,une fin qui vous fait comprendre toute la structure du livre,des personnages très attachants,une narration vraiment réussie,AUCUNE provocation à l'encontre des musulmans,non,il suffit de lire la fin du livre et TOUT est expliqué!Salman Rushdie n'a aucunement eu l'intention de provoquer les musulmans,il ne prétent pas que la malheureuse phrase qu'il a écrite soit justifiée,il est parfaitement objectif,encore une fois,il suffit de lire la fin...
Au contraire,Salman Rushdie a écrit une merveilleuse satire de la societé londonienne,mordante,vraie,percutante,qui ne vous laisse pas indifférent.Le racisme,la déception des immigrés qui quittent leur pays et s'installent dans un de ses "Paradis européens" qui se révelent être des Enfers,le combat entre les principes des jeunes et la mentalité des "vieux"...

Un proverbe qui résume les avaentures de Chamcha et Farishta:
"Il ne faut pas se fier aux apparences"
Sans conteste le meilleur livre que j'ai lu jusque ici.
Comment des lecteurs avertis,adultes,(moi,je n'ai même pas 15 ans) qui n'ont même pas voulu lire les 10 premières pages du livres,ont pu déclarer qu'il était insipide?On ne peut pas juger sans connaître!Le début n'est PAS insipide,il est écrit dans un style DIFFERENT ...

Je compte bien lire les autres livres de Salman Rushdie,en tout cas,cet auteur est tout simplement formidable.
Encore une fois,le proverbe lié à l'histoire se prête très bien au livre lui-même:
"Il ne faut pas se fier aux apparences."
Et encore:
"Quand on ne sait pas,on ne parle pas."
Et pour finir:
"On ne juge pas sans connaître."

5/5

Ce livre est un pur chef-d'oeuvre!


De : Foret_ Envoyé : 20/08/2008 15:41
Haroun et la mer des histoires de Salman Rushdie

Résumé de couverture :
Il était une fois, dans la plus triste des villes, un conteur nommé Rachid qui soudain ne trouva plus rien à dire. Sa femme s'en était allée, et son fils, Haroun, se demandait "à quoi peuvent servir des histoires qui ne sont même pas vraies". Il fallait faire quelque chose, et vite, car un conteur muet n'a plus de raison d'être. Au cour d'une nuit fabuleuse, Haroun et Rachid plongèrent à la source même des histoires, dans cet autre monde où s'affrontent le jour et la nuit, le silence et la parole, l'allégresse et la résignation. Était-ce un rêve ? Peut être pas puisqu'il rendit l'inspiration à Rachid et enseigna à Haroun le bon usage du merveilleux.

Mon commentaire :
Quel beau conte rempli de passages qui donnent le sourire et de personnages attachants ! Ça fait du bien un livre qui nous transporte dans l'imaginaire, qui nous fait oublier pendant un moment notre monde d'adulte. Notre coeur d'enfant est bien sûr ravi mais notre coté adulte aussi y trouve son compte puisqu'il est évident que l'auteur passe un message plus sérieux.

A lire et relire !

5/5
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Re: Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

Message  FilouDlidou le Lun 23 Fév 2009 - 21:27

L'enchanteresse de Florence

Résumé :
Au début du XVIe siècle, un mystificateur-escamoteur-magicien-charlatan se rend, à ses risques et périls et par des chemins passablement détournés, à la cour du plus grand seigneur de son époque : le grand Moghol Akbar. À ce dernier il ose raconter son histoire et celle de sa mère, cette dernière lui ayant fait savoir avant de mourir qu'elle était la fille du grand-père d'Akbar. Réussira-t-il à faire avaler au grand Moghol cette invraisemblable histoire d'un membre de sa propre famille, dont la mémoire avait été soigneusement effacée des mémoires et des annales par son père (à elle), furieux d'apprendre qu'après quelques années de détention chez les Ouzbeks, elle avait délibérément refusé sa libération et était partie convoler avec le vainqueur de celui qui l'avait tenue prisonnière entre-temps?

Toujours très mordant, Rushdie s'attaque cette fois à un récit entièrement situé au XVIe siècle et auparavant. Fidèle à son habitude, il montre comment ce qui se passe en Orient a ses répercussions en Occident et vice-versa, et ce même à cette époque où tout déplacement de plus de quelques centaines de kilomètres prenaient des allures d'épopée. Et ainsi que dans ses autres livres, le récit décolle dans toutes les directions, se recoupant à l'occasion, mais servant surtout de prétexte pour raconter des histoires.

On y rencontre, outre une enchanteresse très puissante (on s'y attendait), de très rushdiesques personnages (fantômes, femme imaginée-mais-malgré-tout-réelle, un jeune italien orphelin prédisant son avenir de janissaire turc et le devenant effectivement, le fameux prince roumain Vlad Tépès et ses horribles charniers à ciel ouvert, une ancienne suivante de princesse vendue comme prostituée et fort désireuse de se venger).

Mon opinion :
Force m'est d'avouer que ce roman ne m'a pas du tout emballé autant que d'autres que j'ai lus de lui... Le dernier soupir du Maure et Les versets sataniques, par exemple, m'ont plu bien davantage. Peut-être est-ce parce que je me suis habitué à son style, peut-être qu'il ne me surprend plus autant qu'avant??? Mais tout de même... l'an dernier, j'ai lu Shalimar le clown, et bien que je ne l'aie pas apprécié autant que les deux autres sus-mentionnés, je l'ai malgré tout trouvé meilleur que celui-ci.

Comme d'habitude, j'ai trouvé que Rushdie excellait dans le récit de personnages particuliers. C'est lorsqu'il parle des foules que ça se gâte : j'ai été un peu perplexe de découvrir une population entière plus ou moins hypnotisée par ce qui est colporté depuis la cour des récits que fait le voyageur (l'étranger) à propos d'une princesse moghole oubliée. L'auteur prend-il vraiment les foules pour des entités si aisément manipulables? Bon! peut-être le sommes-nous en effet, mais ça m'a semblé un peu grossier.

Ma note : 3/5

Petite note en plus : je crois qu'à l'avant-dernière page, le traducteur a commis une bourde. En traduisant en anglais la phrase que je lisais et dont j'avais du mal à comprendre pourquoi une certaine affirmation y était faite, j'ai abouti à une phrase ambiguë, mais dont le sens à comprendre se serait de toute façon imposé à la lumière du contexte. Le traducteur n'aurait pas conservé l'ambiguïté (mais ce n'était sans doute pas nécessaire, puisque le vrai sens était bien unique), mais il aurait traduit la mauvaise signification Evil or Very Mad . Comme je n'ai pas encore mis la main sur la version anglaise du roman (Yellowknife est fort petit et bien loin de la civilisation), je ne puis affirmer que la version originale était bien ambiguë, mais je croyais que la mention de mon soupçon pourrait en intéresser quelques-uns qui auraient lu (ou auront lu) ce livre.
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Salman RUSHDIE

Message  Garanemsa le Dim 5 Avr 2009 - 15:04

HAROUN ET LA MER DES HISTOIRES

Salman Rushdie

Là aussi, par respect pour l’auteur, je lui mets 1 mais pas plus.

Après avoir lu Khalil Gibran, Coehlo, et bien d’autres

Qui vous emportent dans une fable sur laquelle vous pouvez réfléchir ou penser, qui est aussi agréable à lire et à voir intérieurement.

Ici je n’ai pas ressenti quoi que ce soit.

Je vous livre le 4ème de couverture sinon :

Ainsi débute la fable : un jeune garçon nommé Haroun, désolé de constater que son père, conteur de son état, a perdu son inspiration, entreprend un long voyage à travers une contrée merveilleuse. Son ambition est de retrouver la source vive où naissent les histoires, afin de la sauvegarder.

En chemin, il rencontre des créatures fabuleuse et inquiétantes, dont certaines, ennemies de l’imagination, entendent étouffer à jamais le pouvoir des créateurs d’histoires.

Il mêle avec art la rigueur du nonsense anglais à la richesse flamboyante du conte oriental.



Certes on peut se douter que ce livre démontre les incompréhensions de certains face à la libre pensée et à la libre écriture, mais je n’ai franchement pas accroché.
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Re: Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

Message  gallo le Mar 12 Mai 2009 - 8:28

Salman Rushdie, Furie.
En néerlandais : woede. 254 pag.

Abandonné pour la deuxième fois (j'ai fait un premier effort de lecture à sa parution en 2001). Le texte, trop kaleidoscopique à mon goût, est bourré de de faits divers hors contexte, présentés avec un avalanche de néologismes, et ceci ne me donne aucun plaisir de lire; lire un dictionnaire est presque plus amusant que lire ce livre surchargé, ce texte hypertrophié....
Pas de note, donc.

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Re: Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

Message  opalecat le Lun 1 Juin 2009 - 17:43

Furie Salman RUSHDIE Edition Feux croisés PLON (2001) 289 pages

Quatrième de couverture: La furie s'est emparée du monde, de New York, du professeur Malik Solanka. Ce dernier a fui l'Angleterre, laissant derrière lui une femme et un enfant, et s'est établi à Manhattan pour "se déprendre et se refaire". Mais recommencer de zéro est tout un art quand on est poursuivi par des spectres, des furies, des souvenirs. Délaissant l'histoire des idées qu'il enseignait dans le Vieux Monde pour la fabrication d'étranges poupées pensantes aussitôt médiatisées, Solanka découvre que d'autres poupées, de sang et de chair celles-ci, subissent la colère d'un mystérieux assassin, le Tueur au panama. Gravitant autour du Professeur, des femmes aussi ingénieuses que belles vont tenter de sauver Solanka de cette furie qui le dévore de l'intérieur: la mystérieuse Mila et ses jeux érotiques à la limite du pervers, et la soptueuse Neela, la plus belle femme du monde, qui se sacrifiera au bout de la planète pour que Solanka puisse retourner chez lui, dans l'espoir de revoir son fils...

Mon avis: j'ai fini ce livre avec peine (je n'aime pas arrêter un livre en cours) car les personnages ne sont pas "attachants" à mon goût, l'auteur faits beaucoup de digressions (plus ou moins intéressantes) qui donnent une lourdeur au texte et qui en ralentissent le rythme.
Le seul point positif selon moi: la critique de la société moderne/de consommation (américaine notamment).
Premier livre que je lis de cet auteur, malgré ma déception, je tâcherai d'en lire un autre.

Ma note: 2/5

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Re: Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

Message  cecile le Lun 10 Aoû 2009 - 16:47

LE DERNIER SOUPIR DU MAURE

quatrième de couverture :

« C'est un conte oriental, un rêve d'épices, l'histoire d'une famille qui a quitté l'Occident sur les traces de Vasco de Gama pour ces villes de l'Inde où l'on trouvait la cardamome, le poivre et la cannelle... C'est le récit échevelé d'une dynastie de femmes fortes et d'hommes évanescents qui courent après d'impossibles bonheurs... C'est un roman picaresque dont le narrateur, Moraes, dit le Maure, souffre d'une maladie qui le fait vieillir deux fois plus vite que ne le veut la nature... C'est l'épopée d'un petit juif que l'amour d'une jeune fille et quelques aptitudes au commerce transforment en magnat de Bombay... C'est l'histoire violente de l'Inde des années 30 à nos jours... Impossible de faire l'inventaire de tous les livres qui composent Le Dernier Soupir du Maure de Salman Rushdie, véritable feu d'artifice, exercice de style, déluge de jeux de mots, traversée des apparences, des cultures, descente aux enfers, immense éclat de rire. Et merveilleux pied de nez à tous ceux qui croient que la littérature doit être sage, raisonnable. »

Un livre très dense que j'ai lu davantage pour le thème que par passion. J'ai effectivement eu beaucoup de mal à accrocher à cette histoire, bien que je ne la dénie pas dépourvue d'intérêt, mais il y une telle profusion de personnages, d'histoires qui s'entrecroisent que j'avoue avoir été un peu perdue. Je l'ai néanmoins lue entièrement et je ne peux pas dire que j'ai été déçue si ce n'est par ce côté un peu confus.

Note : 4/5
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Furie

Message  nauticus45 le Dim 27 Jan 2013 - 21:42




  • Broché: 432 pages
  • Editeur : Folio (2 décembre 2010)
  • Collection : Folio
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070336468
  • ISBN-13: 978-2070336463
Résumé:
Malik Solanka s'installe aux Etats- Unis après s'être retrouvé une nuit avec un couteau à la main, devant sa femme et leur fils endormi. Il quitte alors l'Angleterre où ils vivent et son poste de professeur d'université pour migreer en Amérique et ainsi échapper à la furie qui s'empare parfois de lui. Mais aux Etats-Unis la furie est partout, dans les rues, les stades, à la télévision, et Solanka va du coup devoir faire face à ses propres démons...
Commentaire:
La lecture de ce roman m'a été vraiment pénible, presque du début à la fin. Pour le fond le personnage de Solanka n'est vraiment pas attachant. Torturé et prétentieux, il ne supporte rien ni personne ou presque, ce qui ne donne pas envie de le suivre ni l'écouter. Pour la forme, les digressions permanentes rendent la lecture presque désagréable par moment, les idées de Salman Rushdie sur le monde actuel sont pertinentes et très sarcastiques, mais présentées sous cette forme on se demande toujours un peu ce qu'elles font là, au milieu des pensées de Solanka qui marche en pleine rue ou qui discute avec une voisine. Le fantastique ici se mêle en plus au réalisme, mais dans un ensemble qui fonctionne mal je trouve. Vues l'intérêt de ses idées, j'aurais préférer lire un essai sur la société américaine et le monde, un texte où les idées soient pleinement assumées comme telles, et pas des pensées confuses d'un personnage presque antipathique auquel il arrive des aventures improbables voire délirante.
2/5
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Re: Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

Message  Shan_Ze le Mar 19 Juil 2016 - 22:27

Les enfants de minuit de Salman Rushdie
(Folio 816 pages/Livre de poche 673 pages)
Saleem Sinai est le premier enfant de la nouvelle Inde. Il est né à minuit le 15 août 1947 le jour où l’Inde devient indépendante. Mais raconter seulement son histoire sans parler de son grand-père, de sa descendance, des autres enfants de minuit serait simplifier un peu trop les choses. Donc partons du moment où son grand-père n’avait pas encore rencontré celle qui allait être sa grand-mère…
Ca fait quelques temps que j’avais Les enfants de minuit sur mes étagères mais je me suis intimidée par le personnage d’auteur. Je penserai que ce serait complexe à lire alors que c’était un vrai délice. Difficile de résumer ce livre, ce n’est pas seulement une biographie fantastique étendue à avant sa naissance ainsi qu’à d’autres personnages, c’est aussi l’histoire de l’Inde qui est étroitement liée à celle du narrateur. Ca fourmille de personnages, tous plus impressionnants et originaux les uns que les autres. J’ai adoré le style de Salman Rushdie, plein d’humour, de réalisme magique un peu comme un roman de la littérature sud-américaine ( ?). Le livre est dense, raconte l’histoire de l’Inde à travers une saga familiale. J’ai été envoûtée par sa plume, complètement prise par le récit, même si légèrement déçue par le livre III. Un auteur que je veux relire absolument ! 
Note : 4.5/5
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Re: Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

Message  Mandarine le Mer 20 Juil 2016 - 5:55

J'ai hâte de le lire... J'ai les fameux versets sataniques dans ma PAL, mais à lire le résumé des enfants de minuit, il me tente plus!!! Cet auteur me fait un peu peur, je retarde sans cesse ma lecture... C'est sans doute une erreur!!
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Re: Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

Message  Cyrielle le Mer 20 Juil 2016 - 13:57

Ce n'est pas trop littéraire, trop érudit ? Comme Mandarine cet auteur me tente mais me fait peur. 
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Re: Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

Message  Shan_Ze le Mer 20 Juil 2016 - 18:17

Eh bien, non ! En fait, Salman Rushdie a une écriture parfois un peu complexe, phrases longues, grandes apartés mais son humour m'a beaucoup plu et on apprend aussi énormément sur l'histoire de l'Inde. Cyrielle, Mandarine, j'espère que vous apprécierez !

Mandarine, je suis curieuse des Versets sataniques aussi !
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Re: Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

Message  Mandarine le Jeu 21 Juil 2016 - 7:52

J'ai noté les enfants de minuit en rouge avec des points d'exclamation. Laughing

J'ai justement vu qu'il y aurait un nouveau Rushdie à cette rentrée littéraire... PAL Et le résumé est très alléchant!! PAL Very Happy
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Re: Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

Message  kattylou le Jeu 21 Juil 2016 - 17:15

Il faudrait faire une lecture commune on pourra se soutenir !
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Re: Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

Message  Mandarine le Ven 22 Juil 2016 - 6:47

Ce serait en effet un très bon plan! Razz
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Re: Salman RUSHDIE (Inde/Royaume-Uni)

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