Robert MUSIL (Autriche)

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Robert MUSIL (Autriche)

Message  Mousseline le Lun 1 Déc 2008 - 2:21

De : Pilou (Message d'origine) Envoyé : 2007-08-28 12:13

L’homme sans qualités de Robert Musil 1880 1942 né en Autriche.

KUNDERA, la référence des références pour moi, considérant que L’homme sans qualités était l’un des deux ou trois ouvrages majeurs du XX°, je me suis précipité dessus.
Attention, très gros pavé, deux très gros pavés, deux fois 900 pages. Un livre fascinant mais impossible à résumer, impossible aussi à lâcher.
C’est l’histoire de l’Action Parallèle. A la veille de la première guerre mondiale, les notables et personnages influents de Vienne se réunissent pour trouver une IDEE qu’ils ne trouvent jamais.

Je préfère donc vous donner quelques extraits sur les personnages principaux choisis pour l’humour.


Ulrich Le sens du réel et le sens du possible. Le héro, jeune, beau, riche, intelligent, aurait voulu être tyran mais ne sait comment employer ses multiples qualités. Août 1913. « Il lui semblait parfois qu’il fût né avec des dons pour lesquels, provisoirement, il n’avait pas d’emploi. »

Léone ( sa première concubine) « ….sa possession lui parut aussi enviable que celle d’une peau de lion préparée par le pelletier….Léone déploya une autre qualité inactuelle, elle était incroyablement vorace et c’est un vice dont la culture intensive est depuis longtemps passée de mode…Bien que l’on ne pût vraiment affirmer qu’elle n’était pas sensuelle, il faudrait dire, dans la mesure où on en a le droit, qu’elle se montrait dans ce domaine comme dans les autres, plutôt paresseuse et peu encline au travail. Chaque excitation, dans son interminable corps, mettait un temps infini à atteindre le cerveau, et il arrivait qu’au milieu de la journée, sans aucune raison, ses yeux commençaient à fondre, alors que, pendant la nuit, ils étaient restés fixés, sans bouger sur un point du plafond comme pour y observer une mouche. De même parfois, au beau milieu d’un silence, lui arrivait-il de rire d’une plaisanterie qui lui devenait enfin claire, alors qu’elle l’avait entendue quelques jours auparavant sans la comprendre et sans broncher. C’est pourquoi lorsqu’elle n’avait aucune raison particulière de ne pas l’être, elle était extrêmement convenable. »

Bonadea (sa deuxième favorite) Elle ramasse Ulrich une nuit sur un trottoir alors qu’il vient de se faire casser la figure par trois voleurs qui l’ont dépouillé, et, charitable, elle le monte dans sa voiture pour le ramener chez lui, trajet pendant lequel Ulrich lui explique de la boxe et la théologie c’est pareil. « Quoi qu’il en fût, elle jugea qu’un heureux hasard lui avait fait rencontrer un homme plein d’esprit ; il est vrai qu’elle se demandait en même temps s’il n’avait pas eu une commotion cérébrale….Deux semaines plus tard, Bonadea était depuis quinze jours sa maîtresse…Elle était la femme d’un personnage en vue et la tendre mère de deux beaux garçons. Son expression favorite était « convenable »…Pour apaiser sa soif d’idées, elle ne trouvait rien de mieux que d’imaginer une vie parfaite et paisible dans le cercle formé par l’époux et les enfants, tandis que flotte dans les profondeurs l’obscur royaume du « Ne m’induisez pas en tentation ! » dont la présence angoissante assourdit l’éclat du bonheur comme on voile une lampe trop brillante. Elle n’avait qu’un défaut, et c’était que la seule vue d’un homme l’excitât dans des proportions extraordinaires. Elle n’était absolument pas lubrique : elle était sensuelle comme d’autres souffrent de telle ou telle affection, par exemple d’avoir les mains moites ou de changer de couleur à tout propos : la chose, apparemment, était chez elle congénitale, et jamais elle n’y pouvait résister. »

Clarisse et Walter (un couple d’amis) des artistes qui font du piano « aux dents grinçantes, toujours ouvert, cette idole basse sur pattes, à large gueule, croisée de bouledogue et de basset, qui avait rangé sous sa loi la vie de ses amis… » Clarisse se refuse à son mari tant qu’il jouera du Wagner et Walter s’obstine à ne jouer que du Wagner.
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