Kate MOSES (Etats-Unis)

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Kate MOSES (Etats-Unis)

Message  Mousseline le Lun 1 Déc 2008 - 1:10

De : Claarabel2 (Message d'origine) Envoyé : 2005-12-05 08:28

Froidure

Je suis plus nuancée à propos de ce roman et j'ai la méchante pensée qui me vient à l'esprit pour résumer ce que j'en pense : Kate Moses n'est pas Sylvia Plath. "Froidure" traite de la vie de l'écrivain et de sa création littéraire. Mais au lieu d'une biographie romancée, l'histoire s'intéresse davantage à quelques mois de décembre 1962, qui correspondent à l'emménagement dans l'appartement à Londres, au 23 Fitzroy Road (ancien domicile du poète Yeats). Flottent également quelques retours vers le passé, à des moments clés de la vie de Sylvia Plath. Comme son voyage de noces en France, sa maison dans le Devonshire, sa rencontre avec Assia Wevill (qui deviendra la maîtresse de son époux). En décembre 62, donc, Sylvia est seule avec ses deux enfants en bas âge, dans un appartement spartiate et peu chauffé. Ted Hughes, son mari, l'a quittée. Au bord du désespoir, Sylvia tente donc de s'en sortir entre le ménage, la couture, les enfants, la maladie et l'isolement.
Je crois que la réussite de ce roman est finalement d'avoir su retranscrire le désarroi de son héroïne. Même si certains détails ont été romancés, comme l'explique Kate Moses en note de conclusion, il n'empêche qu'on ressent le désordre qui agite Sylvia. Sans téléphone depuis des semaines, avec un sentiment d'être coupée du monde, démunie de ne pouvoir joindre Ted, impressionnée par l'ascendant cynique d'anciennes amies comme Dido Merwin ou son voisin le professeur Thomas, sans oublier sa relation compliquée avec sa mère demeurée en Amérique, Sylvia parvient à garder la tête hors de l'eau en écrivant des poèmes, en se corrigeant pour proposer un prochain recueil des plus méticuleux - "Ariel". D'ailleurs, Kate Moses a pris le parti de reprendre la forme souhaitée par Sylvia Plath, en intitulant chaque chapitre avec les poèmes d'Ariel.

Ce que "Froidure" n'enlève pas, comme l'indique son titre, c'est la perpétuelle rigueur et austérité qui indique qu'aucune issue n'est possible, qu'aucune salvation ne sera envisageable. Le roman est froid, désespérant et le sort tragique de Sylvia Plath soulève la tristesse et l'impuissance. Quand je trouve que Kate Moses n'est pas Sylvia Plath, c'est justement qu'elle n'a pas su tirer leçon de la richesse littéraire du style de la jeune femme : dans son roman "The Bell Jar", Sylvia avait su transcender son sujet, faire oublier qu'au coeur du roman il s'agissait du douloureux sujet de la dépression. Kate Moses ne parvient pas à chasser que le quotidien de Sylvia Plath est rude, injuste et poignant. Ce livre déclenche des vives émotions, dont la rage, la révolte et la pitié. Franchement pas gai, au final. Je n'en sors pas indemne.

3.5/5

---) A consulter : la discussion sur Sylvia PLATH of course !
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