Nura ABDI (Somalie)

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Nura ABDI (Somalie)

Message  Mousseline le Sam 25 Oct 2008 - 4:00

De : Nélimuse (Message d'origine) Envoyé : 2005-07-20 20:23

Nura Abdi
Larmes de sable
281 pages
Éditions L'Archipel, 2004
Traduit de l'allemand


Nura est une jeune Africaine qui est née en Somalie vers le milieu des années 1970. Alors qu'elle n'était âgée que de 4 ans, Nura a dû subir l'excision. En Somalie, cette pratique fait partie des coutumes, elle purifie la jeune fille et en fait "une bonne fille", qui sera apte à se marier lorsque le moment viendra.

Cette pratique, barbare à nos yeux d'Occidentaux (attention, je ne l'excuse pas!) est racontée avec des mots tout simples, mais forts et est replacée dans son contexte culturel par Nura. Ce qui peut nous aider à comprendre pourquoi on a pratiqué et pratique encore l'excision. Celle-ci est une affaire de femmes et la mère y soumet sa fille, pas parce qu'elle ne l'aime pas, au contraire.

Mais ce récit ne parle pas seulement l'excision de Nura, mais aussi de son enfance heureuse en Somalie, de sa famille nombreuse et chaleureuse, on y sent les couleurs et on y respire les odeurs d'une Afrique assez mal connue, avec aussi une mère qui travaille et pour qui l'éducation de ses filles est importante.

Nura et sa famille doivent fuir la Somalie en proie à la guerre civile pour se réfugier au Kenya, où le répit est de courte durée, car avec l'afflux de milliers de réfugiés, les conditions de vie s'y détériorent rapidement. En route pour les États-Unis, Nura est arrêtée en Allemagne, où elle partage la vie assez difficile et précaire de d'autres réfugiés, toujours déplacés d'un endroit à un autre. Mais Nura n'oublie pas les enseignements de sa mère et de sa grand-mère et s'accroche afin de se tailler une place au soleil.

Mais c'est aussi là qu'elle se rendra compte qu'elle est différente des autres, pas seulement dans son corps, mais aussi dans son esprit. Sans perdre ses racines africaines, elle décide de partager son histoire afin que d'autres femmes excisées comme elle n'aient plus honte d'elles-mêmes et que de plus en plus de voix s'élèvent contre la mutilation génitale féminine.

Un beau récit qui se lit tout seul, dont je retiens surtout le courage de Nura, le portrait coloré de l'Afrique et une traduction assez réussie dans l'ensemble, en tout cas, on VOIT tout ce que Nura raconte.

Ma note : 3,5/5

Mousseline
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Larmes de sable

Message  Mousseline le Sam 25 Oct 2008 - 4:01

De : JoAnn_Kamar Envoyé : 2005-09-17 14:06

Larmes de sable - Nura Abdi (Somalie) 267 p. (2003)

► C'est l'autobiographie d'une jeune femme Somalienne, a priori, une fille comme les autres. A la différence près qu'elle se révoltera contre la pratique archaïque de la mutilation génitale féminine. En autres mots, l'excision.
Pratique commune en Somalie, plus culturelle que religieuse, elle est subie et acceptée, et encore contrainte par les excisées elles-mêmes. C'est "normal", ça montre que la fille est pure et propre.
Fille de bonnes familles, Nura mène une vie joyeuse et insouciante à Mogadiscio, capitale de la Somalie. Famille nombreuse, vivant dans une maison qui ne se désemplissait pas, une grand-mère spéciale, une mère dans le genre colonel qui a sa boutique, un père négociant hors pair...
Pour Nura et les siens, il n'y avait pas de meilleure vie que celle à Mogadiscio, au bord de l'Océan Indien, où il faisait si bon de vivre, se raconter des histoires et légendes de nomades assis par terre autour d'un feu, mâchant du khat (herbe à effets spéciaux aussi).
Nura n'a que 4 ans quand elle est excisée, mais elle est ravie de le savoir, elle serait "une grande fille à présent". Et elle est excisée en même temps que ses soeurs aînées et des petites voisines. Celle qui ne pleura pas, c'est la plus courageuse, celle qui ne fera pas honte à la famille. Des sept, Nura est la seule qui passe la traumatisante épreuve dans un silence étonné.
Les années passant, la guerre civile est dans la capitale. Pour sauver la vie des siens, le père de Nura décide de tout laisser derrière eux et conduire jusqu'à la frontière Kenyanne. 20 personnes dans une voiture! A Nairobi, il fallait tout commencer à nouveau. Mais ils avaient encore leur fortune. Le père était un excellent homme d'affaires et la mère détenait d'une main de maître une nouvelle boutique, dans le quartier Somali de Nairobi.
Petit à petit, ils se créaient une vie à Nairobi, comme la vie insouciante de Mogadiscio, se demandant toutefois s'ils retourneraient en Somali un jour...
Mais petit à petit, Nairobi devient dangereuse, où la corruption menace les petits commerçants, où on ne peut pas faire de longs trajets sans qu'on soit arrêtés par des braqueurs de brousse.
Alors vint à Nura la charge d'éclaireuse car c'est toujours elle "la plus courageuse".
Après des tentatives les plus incroyables les unes que les autres, elle parvient à embarquer dans un avion pour les Etats-Unis passant par L'Allemagne.
Elle finit par rester en Allemagne, pays qui n'était que "le pays d'Hitler" pour son entourage, mais pays d'asile. Elle doit apprendre l'allemand, travaille en tant que femme de ménage dans les bureaux et les avions, dans des usines de parfums... Elle accumule 3 emplois pour envoyer de l'argent à sa famille restée au pays.
Et c'est là aussi qu'elle se rend compte que l'excision n'est pas "normale", que les autres pays ne le pratiquaient pas, que c'était une cruauté envers les femmes. Elle se rendit compte de ce qu'on lui avait fait à elle et à ses semblables au pays, de plus en plus étonnée qu'elle put croire un jour qu'elle était plus pure que les autres de ce fait...
Elle n'était pas une femme comme les autres...

► On découvre dans ce livre une enfance heureuse en Somalie, avec les coutumes et les traditions, avec leur style de vie. La vie à Mogadiscio d'avant guerre est peinte avec le ton bleu de l'océan indien, au son des histoires des nomades et en mangeant du chameau dans toutes ces formes. On découvre la force de caractère des Somalis, un peuple que je ne connaissais que de légende.
Mais avec une histoire commune à la grande majorité de l'Afrique. L'exil quand la guerre civile rentre dans la capitale. En Angola, la même chose est arrivée. Depuis 30 ans, ils s'entretuaient, mais Luanda était épargnée. Jusqu'au jour où la ville a été assiégée.
Il y a des jours que je me dis que les histoires des uns (en Afrique belliqueuse) est la même que celles des autres (en Afrique belliqueuse), avec plus ou moins de chance... Ça dépend du point de vue...

► La seule chose qui m'a déroutée dans le livre, ce sont les incessants allers-rtours. Au fait, il n'y a pas de chronologie, à part les trois parties: Somalie, Kenya et Allemagne. A un moment elle est dans une madrasa (école coranique) depuis 4 ans, dans l'autre, elle apprends qu'elle va être excisée alors qu'elle n'a que 4 ans...

Note: 4/5

Jo Ann

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