Tierno MONÉNEMBO (Guinée/France)

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Tierno MONÉNEMBO (Guinée/France)

Message  Mousseline le Dim 30 Nov 2008 - 13:38

De : Houppelande (Message d'origine) Envoyé : 2008-07-30 22:23

L'AÎNÉ DES ORPHELINS

C'est l'histoire de Faustin Nsenghimana, âgé de 15 ans. Il est en prison, pour un crime que nous ne connaîtrons qu'à la fin du livre, quelques années après le génocide du Rwanda. On recule en arrière pour voir comment Faustin a survécu au génocide mais, surtout, comment il s'en est sorti après, alors qu'il n'était encore qu'un enfant et que le pays était en proie au chaos total.

Ce roman est écrit à la première personne, et je dois avouer qu'au début ce Faustin ne me plaisait pas beaucoup, je voulais bien avoir de l'indulgence pour un enfant qui venait de vivre un génocide, mais la façon dont il parlait des êtres humains autour de lui, comme s'ils étaient de vulgaires pantins sans intérêt, ça m'a choqué (je suis travailleuse sociale quand même, mois les humains je les aime et je crois en eux!). Mais ensuite j'ai commencé à m'imprégner de l'atmosphère de ce court (157 pages) roman et j'ai été non plus choquée par l'attitude de Faustin mais par ce conflit, ce monde qui a permit ce conflit qui a créé des enfants qui n'en sont plus.
Ce livre parle d'un l'aspect du génocide peu abordé, le après. Comment les gens ont survécu dans ce pays ravagé? Jusqu'à quelles extrémités dégoûtantes des jeunes filles de 10-11 ans ont dû se rendre pour pouvoir survivre?
On sort de ce roman choqué et ébranlé.

4/5




De : Ysla Envoyé : 2008-08-28 14:51

Tierno Monénembo, né en 1947 en Guinée, a gagné la France en 1973. Docteur ès sciences, il travaille dans une université française. Il a publié plusieurs livres.

L'AINE DES ORPHELINS
Editions du Seuil, 2000, 157p
Ce roman s'inscrit dans le cadre de l'opération "Ecrire par devoir de mémoire", conçue par l'association Arts et Médias d'Afrique et soutenue par la Fondation de France.

Construit comme un puzzle, dont les différentes pièces sont les souvenirs et les pensées de Faustin, du fond de la prison centrale de Kigali, ce roman explore la tragédie d'une enfance ravagée par la guerre et le génocide. Le ton n'est pas larmoyant mais reste très réaliste et j'ai retrouvé nombre de détails sur le Rwanda que j'avais lus dans le document de Jean Hatzfeld (critiqué ici aussi). Ce récit est très cohérent, bien écrit et bien mené : plus on avance, plus on se pose de questions et on a envie de savoir ce qui est arrivé à Faustin pour qu'il en soit là.
C'est un récit sombre, tragique, mais qui présente aussi des personnages qui espèrent, qui croient à un mieux et qui se consacrent à ces enfants en errance après le génocide.

Ma note : 4/5
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Re: Tierno MONÉNEMBO (Guinée/France)

Message  lalyre le Jeu 23 Aoû 2012 - 16:50

Le terroriste noir
Tierno Monénembo
Seuil 23 août 2012-07
225 pages

Quatrième de couverture
Tout commence en lisière de la forêt des Vosges, un jour de 1940, quand un père et son fils partis cueillir des champignons tombent par hasard sur un « pauvre nègre » endormi au pied des arbres. Conduit au village, ce jeune Guinéen adopté en France à l’âge de 13 ans, à la fois austère et charmeur, y fera sensation. Il saura enflammer les cœurs, s’attirer des protections. Mais ce n’est qu’un début : en 1942, il entre en contact avec la Résistance et crée un des premiers maquis de la région. Lancés sur ses traces, les Allemands l’appelleront « le terroriste noir ». Qui a trahi Addi Bâ ? Une de ses nombreuses amantes ? Un collabo professionnel ? Ou tout simplement la rivalité opposant deux familles aux haines séculaires ? À travers cette figure fascinante, c’est tout un pan méconnu de notre histoire qui défile : ceux que l’on appelait les tirailleurs sénégalais. C’est aussi la vie quotidienne de la population des Vosges, évoquée par Tierno Monénembo avec une verve irrésistible… comme s’il s’agissait d’un village africain.

Mon avis
Mis à part le personnage de Addi Bâ( Le terroriste noir) est une fiction écrite autour de cet homme. Cependant lorsqu’il fut découvert par Etienne et son père, il était en fuite car faisant partie du douzième régiment des tirailleurs sénégalais, il fut capturé par les allemands. Il va très vite être adopté par les habitants du village de Romaincourt. Etant belle homme avec de prestance, il collectionne ses aventures avec les femmes mais tout semble lui être pardonné. Cependant il crée le premier maquis de Vosges, résistant à l’ennemi, il sera surnommé par ceux-ci (Le terroriste noir) Mais il fut trahi, nul ne sait qui a commis cette infamie mais sans doute parce qu’il était noir, il a fallu plus de soixante ans après son exécution pour que sa famille reçoive la médaille de la Résistance en son nom. Un très beau livre qui nous plonge encore dans cette guerre, mais aussi dans un village des Vosges et la vie des résistants. Voici encore une lecture coup de cœur que je recommande. 5/5
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