Adolfo BIOY CASARES (Argentine)

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Adolfo BIOY CASARES (Argentine)

Message  gallo le Dim 30 Nov 2008 - 10:48

De : melodie74 (Message d'origine) Envoyé : 14/09/2003 20:41
Adolfo BIOY CASARES - Romans. (2001). Robert Laffont. 840 pages.

On y retrouve, en texte intégral, les romans suivants :
L'Invention de Morel (La invencion de Morel)
Plan d'évasion (Plan de evasion)
Le songe des héros (El sueno de los héroes)
Journal de la guerre au cochon (Diario de la guerra del cerdo)
Dormir au soleil (Dormir al sol)
Un photographe à La Plata (La aventura de un fotografo en La Plata)
Un champion fragile (Un campeon desparejo)
Un autre monde (De un mundo a otro)
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Adolfo Bioy Casares (1914-1999) est, avec son ami Borges, dont il a d'ailleurs été le collaborateur, l'écrivain argentin le plus important du XXè siècle. Fils de riches propriétaires terriens, doué d'une vaste culture littéraire (surtout française), il publia ses premiers textes à quatorze ans. Il figure également parmi les collaborateurs de la revue Sur, dirigée par Victoria Ocampo, dont il épousera la soeur cadette, l'écrivain et poétesse, Silvina Ocampo. La célébrité de Bioy Casares date de L'Invention de Morel, ouvrage traduit dans plusieurs langues et dont Robbe-Grillet s'est inspiré dans L'Année dernière à Marienbad. Combinant réalisme et irréalisme, glissant sans crier gare d'un monde à un autre, Bioy Casares nous console de l'impossibilité qui est la nôtre de passer derrière le miroir.

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Je n'ai lu que les 4 premiers romans du recueil car je n'ai pu renouveller le livre à la bibliothèque et j'ai dû aller le porter (avec plusieurs jours de retard quand même) mais j'ai bien aimé ce que j'ai lu. Au début, il faut un moment d'adaptation car comme l'intro ci-dessus le dit, Bioy Casares passe du réel à l'irréel sans crier gare.

L'Invention de Morel se déroule dans une île où un professeur un peu fou essaie d'inventer une machine à répéter inlassablement le temps, les journées...Très bizarre comme atmosphère. On découvre l'histoire par les yeux d'un fugitif qui se cache sur l'île et qui se met à observer le professeur et ses disciples. On descend un peu dans la folie du fugitif qui se demande ce qui se passe, s'il devient fou lui-même, etc.

Plan d'évasion se déroule aussi dans une île et on y suit la correspondance de Henri Nevers, lieutenant de vaisseau, qui arrive sur l'île pour y travailler comme assistant au gouverneur. Tout comme dans L'Invention de Morel, nous avons affaire à un gouverneur despot qui lui aussi fait ses propres expériences sur la population de l'île(ce dernier m'a fait penser au personnage de Marlon Brando dans le film de Francis Ford Coppola, Apocalyspe Now). Encore une fois, une descente dans la folie des uns et des autres.

Avec Le songe des héros, nous quittons les lieux insulaires pour revenir à Buenos Aires où un groupe de copains vivent, s'amusent, aiment, etc. Ils partiront pour une virée de trois jours pendant le Carnaval et à leur retour, rien n'est pareil. Le protagoniste, Emilio Gauna, sent que quelque chose cloche, qu'il manque une pièce au casse-tête du Carnaval et que ses amis lui en veulent pour quelque chose. Il se met donc en tête de retrouver cette pièce manquante. Encore une fois, nous avons affaire à des docteurs un peu bizarre...thème récurrent jusqu'à date!

Finalement, avec Journal de la guerre au cochon nous demeurons à Buenos Aires où les jeunes de la ville s'en vont en guerre contre les cochons/hiboux, c'est-à-dire les vieux, les aînés. Ils les abattent violemment sans aucune riposte des vieux. Un livre très bouleversant et dérangeant, sur la folie (encore une fois) et le courage.

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Je n'ai pas lu les 4 derniers romans mais j'entends bien le faire. Je reprendrai le livre à mon prochain voyage à la bibliothèque. J'ai vraiment embarqué dans les histoires, et leur atmosphère mi-réelle, mi-fantastique m'a fait froid dans le dos à plusieurs reprises. Je donne un 4/5 car je n'ai pas terminé la lecture des romans et un peu aussi pour l'écriture qui est très chargée par moments, un peu lourde et tassée. La police est extrêmement petite et le livre est imprimé sur du "papier de bible". Ça prend des efforts pour le lire parfois, mais les efforts en valent quand même la chandelle.

Mélodie


De : Cryssilda_ Envoyé : 17/03/2004 20:15
L'invention de Morel de Adolfo Bioy Casares
Editions 10/18, 124 pages

L'histoire : Un fugitif se retrouve dans une île mystérieuse, il se croit seul, mais il ne l'est pas...

Un très bon livre, on se retrouve dans l'imaginaire sans même s'en rendre compte... Ce qui joue une rôle très important dans la force de l'imaginaire et de la bizarrerie, c'est que l'histoire nous est relatée du point de vue d'une personne, du fugitif, qui comme nous essaie de comprendre ce qui se passe.

C'est une allégorie de la liberté, comment l'atteindre, quel est le prix à payer, et qu'est-ce la liberté tout simplement, qu'est ce que le bonheur aussi, l'individualité... enfin un bon roman qui fait réléchir sur pas mal de concepts.

Ma note : 4/5

Cryssilda


De : louve-épine Envoyé : 24/10/2005 19:19
Dormir au soleil - Adolfo Bioy Casares
Folio, 279 pages (écrit en 1973)

L'histoire : Lucien Bordenave est heureux. Il est horloger, a une jolie maison à Buenos Aires, il s'entend bien avec les gens du quartier. Il vit avec Ceferina, un pilier de la maison, un peu gouvernante, un peu cuisinière. Et, il est marié à Diana. Oh, Diana... c'est l'amour de sa vie. Bien sûr, sa belle-famille l'agace un peu... mais quand il regarde sa femme, son immense beauté, il se dit que ça vaut bien le coup d'avoir un beau-père ronchon, et une belle-soeur aguicheuse.
Non, vraiment, tout irait bien si Diana n'était pas aussi fragile. Les nerfs, vous comprenez... elle a déjà été hospitalisée pour ça, mais, jamais, absolument jamais depuis son mariage !
C'était sans compter sur le docteur Samaniego, qui décide de l'enfermer... mais quel lien entretient-il avec le professeur Standle, l'éleveur de chien ?
Et quand Diana revient, rien ne s'arrange...

Drôle d'histoire, ça...! Ce roman peut d'ailleurs être défini comme fantastique.
J'ai dû le lire pour mes études, et j'ai beau l'avoir terminé depuis quelques jours, je n'arrive toujours pas à me faire un avis. L'écriture est simple, le roman est constitué de minuscules chapitres, ça se lit donc très vite.
Le narrateur - Lucien Bordenave - est complètement dépassé par les évènements, et le lecteur aussi... On part en quête : où est sa femme ? pourquoi ne peut-il pas lui parler ? Pourquoi Diana a-t-elle tant changé, en quelques jours ?
Ce livre, mine de rien, soulève quelques réflexions, sur l'apparence (est-elle suffisante pour reconnaître quelqu'un ?), sur l'âme (peut-on changer quelqu'un ?), etc...
C'est une ambiance assez loufoque, inattendue (je ne connaissais pas du tout Bioy Casares), et la fin est quand même déroutante.
Nous vivons les évènements tel que les raconte Bordenave, et... et la fin est finalement ouverte, mais mélancolique, car on se demande comment le bonheur initial pourrait revenir...

J'oubliais, un détail important... la couverture est très bien choisie : c'est un dessin de chien, qui porte des lunettes...

Voici les premiers mots du livre (qui nous plongent directement dans l'intrigue) :
"C'est la troisième fois que je vous écris. Craignant qu'on ne me laisse pas terminer cette lettre, j'en ai mis une première, très courte, dans une cachette.
Je vais donc vous raconter mon histoire depuis le début et j'essaierai d'être clair, parce qu'il faut absolument que vous me compreniez et que vous me croyiez.
[...]
N'étant jamais tranquille, je fais des ratures. A chaque instant je me lève pour coller mon oreille à la porte."

Une note... 3 / 5


De : Friisette Envoyé : 06/01/2006 04:55
Adolfo BIOY CASARES - L'invention de Morel

Je ne ferai pas de résumé car il a été fait plusieurs fois.

Mais pour les commentaires, je ne vais pas me gêner! Je vous le dis tout de suite, j'ai pas aimé du tout... Je me suis forcée pour le terminer. Une chance que le roman fait à peine 120 pages car je ne serais jamais allée au bout.

Tout d'abord l'intrigue, c'est un semblant de pensées et d'hypothèses qui partent dans tous les sens, sans queue ni tête. C'est tellement confus qu'on passe son temps à revenir en arrière en se disant qu'on a dû manquer un épisode. Puis à la longue, ça devient redondant puisqu'il radote toujours la même chose, comme son pseudo-amour pour Faustine dont on se fout complètement. Sans compter la conclusion qui n'en est pas une puisque ça laisse l'impression que les 20 dernières pages sont de trop.

Et le style... Embrouillé, tassé, pas clair. Ce qui fait qu'il faut relire pour finalement se rendre compte qu'à la relecture, c'est toujours pas limpide comme propos.

Non vraiment, c'est pas pour moi cet auteur!

1/5


De : Chris tomando mate Envoyé : 03/10/2007 20:49
Adolfo BIOY CASARES - Un photographe à La Plata

Résumé (pas de mon cru ) :
Nicolas Almanza a appris la photographie dans sa petite ville natale de Las Flores, et un éditeur lui trouve suffisamment de talent pour l'envoyer faire un reportage photo à La Plata (capitale de la province de Buenos Aires). A peine arrivé dans cette ville neuve, il est abordé par une famille de nouveaux venus qui ne le lâchera plus : Sainte Famille ou incarnation de Satan ?

J'ai beaucoup de mal à formuler un avis sur ce livre ... Je sais ce que Bioy Casares représente pour la littérature argentine (Bioy Casares : 10 points) mais vraiment je n'ai pas accroché, je me suis même ennuyée (Bioy Casares, moins 10 points) d'où mon dilemme : j'aurais aimé aimer cet auteur
Le personnage d'Almanza représente pour moi le parfait benêt : prêt à se faire avoir encore et encore par des gens rencontrés de très fraîche date.
Dans cette famille nous avons le père, Don Lombardo, que j'imagine d'ailleurs volontiers dissimulant sa queue fourchue sous un manteau. Il n'y a que Nicolas Almanza pour éprouver du respect et de la deférence envers lui (et bien oui, benêt je vous l'avais bien dit). Bien sûr pour compenser ce père diabolique, il y a deux très jolies filles qui fondent pour notre euh ... gentil héros.
Pas insensible à ces marques d'intérêt, Almanza ne semble pas avoir de volonté pour grand chose et se laisse plutôt guider par les autres et le hasard pour suivre sa vie. J'ai eu quelques envies de lui mettre quelques claques pour le réveiller ... mais non, c'est son caractère qui veut ça ...
Comme j'ai le même livre que Mélodie, je pense que je lirai les autres romans de Bioy Casares pour me faire une meilleure idée de son style, par curiosité et ma volonté (sans faille !... ) d'agrandir ma culture argentine et je guetterai l'enthousiasme qui m'a manqué avec celui-là ...
2/5
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Re: Adolfo BIOY CASARES (Argentine)

Message  Ysla le Lun 7 Mar 2011 - 8:53

DORMIR AU SOLEIL
1973

Résumé : Il y en a un très bien un peu plus haut dans cette discussion.

Mon avis : Je découvre cet auteur et je ne vais pas m'arrêter en si bon chemin. J'ai beaucoup aimé Dormir au soleil et ça m'a donné envie de lire tous les romans de Casares. En commençant ma lecture, je n'avais aucune idée de là où elle allait m'emmener et c'est sans doute aussi pour ça que ça m'a tellement plu. Se laisser surprendre, c'est très agréable.
J'ai parfois trouvé le narrateur passif et mou, je me demandais pourquoi il n'était pas plus réactif dans certaines situations, dans certains dialogues. Ce personnage est finalement souvent dans la fuite, c'est son caractère. Il manque d'assurance.
Le livre est vraiment prenant, difficile à lâcher passé un certain stade. Il comporte un grand nombre de très courts chapitres, ce qui accentue cette difficulté à l'interrompre (on se dit : encore un petit, encore un, etc.)

Ma note : 4,5/5

Il se semble que Bioy Casares est peu connu en France, alors que dans son pays, il est célèbre, et son roman L'invention de Morel fait partie des classiques argentins.
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Re: Adolfo BIOY CASARES (Argentine)

Message  Ysla le Mar 21 Juin 2011 - 18:46

L'INVENTION DE MOREL
1940

Bioy Casares a vraiment écrit un genre de romans bien particulier, très original : ni réaliste, ni fantastique, ni science-fiction, ni même réalisme magique. Mais complètement surprenant !

Cette fois, on se retrouve sur une île avec un homme seul, le narrateur, dont on sait peu de choses sinon qu'il est en fuite et a trouvé là un refuge qu'il pense sûr. Mais dès le début du livre, cet homme se retrouve dans une situation qu'il ne comprend pas : un groupe de personnes est arrivé comme par magie, sans qu'il ne sache ni d'où, ni comment !

L'auteur aborde à travers cette histoire les thèmes de la folie, de l'amour, de la solitude. Le contexte de l'île et son atmosphère étrange m'ont un peu rappelé Shutter Island et je me suis demandé si Dennis Lehane avait lu ce roman lui aussi Smile. Le narrateur nous entraîne avec lui dans ses questionnements, ses hésitations, ses doutes. Je suis vraiment impressionnée par l'imagination de l'auteur (voir ci-dessus l'année où il a écrit ce livre !) et sa faculté à nous amener jusqu'à cette fameuse invention, à laquelle on ne peut que croire. De la même façon, je m'étais laissée entraîner par l'histoire incroyable de Dormir au soleil. Bioy Casares sait brillamment mettre en scène des personnages qui effectuent un virage à 180 degrés et se retrouvent alors là où ni eux, ni le lecteur n'aurait pu l'imaginer.

Un auteur fascinant et encore plusieurs livres à découvrir Very Happy.

Ma note : 4,5/5
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Re: Adolfo BIOY CASARES (Argentine)

Message  Louvaluna le Mer 22 Juin 2011 - 16:11

Il est bien mystérieux ce bouquin, trop intriguée, je le note ! J'aime bien ton commentaire Ysla, tu réussis à nous accrocher sans dévoiler l'histoire. Et puis je te fais confiance, je t'avais suivi sur Eduardo Mendoza et je n'ai pas été déçue. Smile

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Re: Adolfo BIOY CASARES (Argentine)

Message  Ysla le Mer 22 Juin 2011 - 19:40

Merci Louvaluna Very Happy ! Ce petit livre est un grand classique de la littérature argentine mais je n'en avais jamais entendu parler avant d'être amenée à lire Dormir au soleil... Bonne lecture !
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Re: Adolfo BIOY CASARES (Argentine)

Message  Shan_Ze le Ven 24 Avr 2015 - 23:36

Journal de la guerre au cochon d’Adolfo Bioy Casares

Ce titre est quand même mystérieux au premier abord ! Mais une fois qu’on comprend ce que désigne le cochon, on est surpris. De plus, celui qui tient ce journal, Vidal, est une des proies chassées par les jeunes hommes. Il a soixante mais se sent encore jeune. Difficile de savoir comment tout a commencé…
Entre « jeunes » et « vieux », une guerre éclate, les vieux se cachent, les jeunes provoquent. Où est la limite entre les deux camps ? C’est la peur de la mort qui effraie les jeunes mais est-il possible de la combattre ? La narration d’Adolfo Bioy Casares oscille entre humour noir et réalisme inquiétant. Je ne suis pas sûre d’avoir compris la conclusion de cette fable mais ce roman restera longtemps dans ma mémoire.
Note : 4/5
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Re: Adolfo BIOY CASARES (Argentine)

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