Didier DECOIN (France)

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Didier DECOIN (France)

Message  Cocotte le Dim 30 Nov 2008 - 4:38

De : Shan_Ze (Message d'origine)Envoyé : 2008-11-14 17:44
John l’Enfer de Didier Decoin
Prix Goncourt 1977

John l’Enfer est laveur de carreaux de gratte-ciels à New-York. Un jour, il rencontre Dorothy Kayne, une aveugle "passagère" et Ashton Mysha, un polonais expatrié, dans un hôpital où son employeur l’envoie laver les vitres. Ils vont vivre ensemble des moments forts dans cette grande ville menacée…
Dur de dire ce qu’il ressort de ce livre. Sous fond de décadence de New-York, on découvre trois destins qui se dévoilent sans se livrer totalement. J’ai été touché par quelques scènes mais jamais la suite ne m’a permis d’accrocher. A la fin du roman, j’avais une impression d’amour et de malaise qui en ressortait.
Pour conclure, j’ai été déçue. Je m’attendais à autre chose d’un prix Goncourt.

Note: 3/5
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Re: Didier DECOIN (France)

Message  Ondine le Sam 5 Juin 2010 - 16:13

Est-ce ainsi que les femmes meurent?
185p. Le Livre de poche
3/5


Ce court roman reprend « l'affaire Kitty Genovese », une histoire de meurtre dans le Queens à New York en 1964. Alors qu'il rentre chez lui après une absence de quelques jours, le narrateur rencontre Martin Gransberg, journaliste au New York Times qui vient enquêter sur le meurtre ou plus exactement sur « ce qui c'est vraiment passé cette nuit là ». Le meurtrier à été arrêté quelques jours auparavant, avouant être l'assassin de Kitty et aussi d'autres femmes. « Mais il semble qu'il ne soit pas le seul responsable de sa mort » dit Murphy Rosenthal, le rédacteur en chef du journal renseigné par le chef de la police. Trente huit témoins qui ont vu ou entendu quelque chose ce soir là, se sont signalés à la police le lendemain, quand le corps a été découvert; des témoins qui ont mis plus d'une demi-heure avant d'alerter la police. Après avoir assisté au meurtre de Kitty on suit avec le narrateur et sa femme Guila le procès de l'assassin. On entend ainsi les justifications des témoins qui croyaient que c'était une femme saoule (qui crie « il m'a poignardé...il me tue...aidez-moi...je vais mourir... » pendant une demi heure!) ou une dispute de couple (ça en dit long sur l'acceptation de la violence conjugale soit dit en passant). In fine, la question que pose Guila à son mari pour le taquiner est posée également au lecteur: « Es-tu su sûr que tu serais descendu, toi, Nathan? ».

Le roman est assez dur dans la description du crime atroce de Kitty Genovese et dans l'évocation des autres crimes de Moseley mais cela met en avant la personnalité étrange de cet assassin, marié et père de deux enfants, qui se transforme en tueur nécrophile quand sa femme s'est endormie. Et cela rend d'autant plus scandaleux la passivité et la lâcheté des témoins.
A la différence de L'affaire de Road Hill House qui relève plus de l'essai, Décoin enrichit la narration de ce fait divers par des détails comme le narrateur qui écrit un roman :«l'histoire d'un pêcheur de carpes », or en allant au procès il permet au lecteur de découvrir ceux qui sont restés muets comme des crapes. Les suites de l'affaire et le second procès en appel de Moseley montrent les limites du système expertise/contre-expertise psychiatrique et la difficulté de juger des malades mentaux froids et calculateurs comme Moseley; l'évocation du film Douze hommes en colère sorti au cinéma en 1957 fait craindre des heures d'attente avant de connaître le verdict du jury; le système même des jurés qui « allaient avoir à cœur de ne pas décevoir les millions de gens qui attendaient que leur justice fut sévère et rapide à venger la jeune Italo-américaine qui aimait tant la musique latino » devient douteux.
Le choc de cette affaire a été si fort aux États-Unis qu'en psychologie, le phénomène de passivité des témoins lorsqu'ils se savent nombreux à voir quelque chose a été appelé le « syndrome Kitty Genovese ».
Reste que « la non assistance à personne en danger n'est pas un délit au regard de la juridiction américaine ». On reste un peu mal à l'aise à la fin du livre parce que Moseley est coupable d'un crime atroce mais les témoins eux, ne sont pas des malades mentaux, ce qui rend leur passivité (ou leurs réflexes bizarres comme d'appeler sa petite amie au lieu de la police!) difficile à expliquer, et l'identification d'un phénomène psychologique à l'œuvre n'est pas une excuse. Le problème c'est que la lâcheté des témoins est celle dont on est tous potentiellement capable et il devient dès lors difficile de jeter la pierre même si notre premier réflexe est d'être scandalisé.
L'auteur clôt le livre par cette phrase pleine d'échos d'Einstein « Le monde est un endroit redoutable. Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, qu'à cause de ceux qui voient le mal et ne font rien pour l'empêcher. »

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Est-ce ainsi que les femmes meurent?

Message  Ondine le Sam 10 Mar 2012 - 11:32

Ce livre fait l'objet d'une adaptation au cinéma sous le titre 38 témoins réalisé par Lucas Belvaux. Le film sort le 14 mars en France.

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Re: Didier DECOIN (France)

Message  lalyre le Dim 26 Mai 2013 - 12:07

La pendue de Londres
Didier Decoin
Grasset 9 mai 2013
332 pages

Quatrième de couverture
Allemagne, 1945. L'exécuteur en chef du Royaume Britannique, envoyé en mission, pend la gardienne de camps nazis Irma Grese. Même s'il éprouve un réel dégoût à exécuter des femmes, surtout si elles sont jeunes et jolies, le bourreau fait son devoir : c'est un as dans l'art de la longueur des cordes, un expert dans le minutage de la mise à mort. Pourtant, le reste du temps, c'est un homme comme un autre, époux modèle, bon citoyen.
Londres, immédiat après-guerre. Ruth Ellis ressemble à Betty Boop, enjouée et désirable, elle plaît aux hommes, et sans doute les choisit-elle fort mal. Mais derrière son sourire et sa bouche trop maquillée, que cache-t-elle ? Dans le Londres charbonneux de l'après-Blitz, d'entraîneuse, Ruth devient prostituée. Un jour, malheureuse, jalousée, violentée, mais toujours belle, et mère de famille, elle tue son amant, à bout portant. La voici condamnée à la pendaison. Bourreau, fais ton oeuvre ! Et si le bourreau avait une âme ? Et s'il répugnait soudain à supprimer une innocente aux boucles blondes ?
Dans ce roman envoûtant, reconstitution en cinémascope d'un Londres luisant de « fog » et de pluie, théâtre de vices cachés dans une société bien-pensante, Didier Decoin alterne le chant du bourreau et de la victime. Saisissant

Petit résumé
Parlant de Ruth Ellis, je dirais que c’est une victime de la vie, violée très jeune par son père, abandonnée ensuite par un soldat canadien alors qu’elle attend un enfant de lui. Elle ne fera plus confiance aux hommes, bien qu’elle ait besoin d’eux pour assurer la subsistance de son petit garçon, c’est pour cela qu’elle se prostitue. Jamais elle n’aurait pensé tomber amoureuse et pourtant….Elle s’éprend d’un dentiste qu’elle épouse mais leur union sera courte, cependant elle aura une petite fille de cet homme mondain, coureur de jupons et ivrogne qui la bat. Et voici David dont elle tombe éperdument amoureuse, cet homme est un ivrogne très violent, elle supporte tout de lui jusqu’au drame.
Quand à Albert Pierrepoint, le bourreau c’est un homme tranquille et discret qui fait son métier à la demande des autorités, toujours attentif à ne pas faire souffrir les condamnés. Il sera chargé de pendre Ruth Ellis. Jusqu’à la mort, Ruth restera belle et digne et son dernier regard sera pour Albert Pierrepoint qui sera le dernier à mettre à mort une femme en Angleterre.

Mon avis
Un roman empreint d’humanité qui m’a bouleversée et qui met en parallèle deux vie totalement différentes., la petite vie tranquille du bourreau et la descente aux enfers de Ruth. Deux destins qui sans le savoir vont se rejoindre. Un roman qui m’a profondément émue par le destin de cette femme si jolie et découvrant les photos sur le Net m’a fait penser à Marylin Monroe. Gros coup de cœur bien mérité 5/5

Ses cheveux blonds brillaient comme une étoile dans la pénombre du club. Et les consommateurs s’approchent d’elle comme les planètes glissent vers le soleil. P.160

C’est alors qu’elle m’a regardé droit dans les yeux et qu’elle m’a fait un sourire. Je me suis dépêché de cacher ce sourire sous le lin blanc. Je ne sais pas s’il s’est effacé, ou si elle l’avait encore aux lèvres en mourant. P.326
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Re: Didier DECOIN (France)

Message  Patience le Dim 29 Avr 2018 - 14:22

EST-CE AINSI QUE LES FEMMES MEURENT ?
Editions Grasset 227 pages


Ma note : 2,5/5


Quatrième de couverture : Catherine Kitty Genovese n'aurait pas dû sortir seule ce soir de mars 1964 du bar où elle travaillait, une nuit de grand froid, dans le quartier de Queens à New-York. Sa mort a été signalée par un entrefilet dans le journal du lendemain : "une habitante du quartier meurt poignardée devant chez elle." On arrête peu de temps après Winston Moseley, monstre froid et père de famille. Rien de plus. Une fin anonyme pour cette  jeune femme drôle et jolie d'à peine trente ans. Mais savait-on que le martyre de Kitty Genovese a duré plus d'une demie-heure, et surtout, que 38 témoins hommes et femmes, bien au chaud derrière leurs fenêtres, ont vu ou entendu la mise à mort ? Aucun n'est intervenu. Qui est le plus coupable ? Le criminel ou l'indifférent ?
A la fois récit saisissant de réalisme et réflexion sur la lâcheté humaine, traversée d'un New-York insalubre et résurrection d'une victime, le roman de Didier Recoin se lit dans un frisson.


Mon avis : Ce livre retrace et analyse le meurtre de Kitty Genovese, macabrement célèbre dans l'Amérique des années 60. Cette femme a été poignardée et violée sous les yeux de 38 témoins qui n'ont rien fait pour l'aider.
Je vous avoue que ce petit livre est assez glauque et ce n'est pas vraiment mon genre, ce qui explique mon avis très mitigé, mais je n'ai aucun doute sur le fait qu'il puisse trouver des lecteurs plus enthousiastes. On y trouve des extraits d'entretiens avec le meurtrier qui n'éprouve aucun remord. On a des descriptions très précises du meurtre de Kitty mais aussi d'autres crimes tout aussi horribles. C'est assez perturbant.
Au-delà des détails scabreux, ce témoignage pose aussi la question sociologique de l'assistance à personne en danger. Face à ce genre de situation, la bonne réaction est-elle celle qui vous protégera ? Quand il y a du grabuge en bas de chez vous, est-ce la curiosité, la peur ou l'envie de porter secours qui va prendre le dessus ?
Même si je n'aime pas ce genre de lecture, elle a un côté enrichissant et j'ai découvert un triste fait divers célèbre que je ne connaissais pas.

_________________
Lecture en cours : Gagner la guerre de Jean Philippe Jaworski
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Livres lus depuis le début de l'année : 43 (15152 pages)
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