David MITCHELL (Royaume-Uni)

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David MITCHELL (Royaume-Uni)

Message  Mousseline le Dim 30 Nov 2008 - 2:17

De : Venusia (Message d'origine) Envoyé : 2004-12-22 18:53

Biographie de l'auteur David Mitchell:

Né à Southport en 1969, David Mitchell a grandi à Malvern, Worcestershire, poursuivant un bac en littérature anglaise et américaine, suivie d'un maîtrise en littérature comparative à l'université de Kent. Il a vécu pendant une année en Sicile avant de partir pour Hiroshima, Japon, où il a enseigné l'anglais pendant huit années, avant de revenir en Angleterre.
Dans son premier roman, Ghostwritten (1999), neuf narrateurs de neuf endroits à travers le globe racontent des histoires interreliées. Ce roman a gagné le prix Mail on Sunday/John Llewellyn Rhys, et a été retenu pour le First Book Award du Guardian.
Son deuxième roman, number9dream (2001), a été en nomination pour le prix Booker 2002. Il se situe dans une Tokyo contemporaine, et raconte l'histoire de la recherche d'Eiji Miyake afin de trouver son père.
En 2003 David Mitchell a été nommé par le magazine Granta en tant qu'un des vingt 'meilleurs jeunes romanciers anglais'. Dans son dernier roman, Cloud Atlas (2004), un jeune insulaire du Pacifique est témoin du déclin de la science et de la civilisation, alors que des questions sur l'histoire sont explorées dans une série de récits apparemment déconnectés. Cloud Atlas a été retenu pour le prix Booker de 2004. David Mitchell habite en Irlande.

1999 Guardian First Book Award (shortlist) Ghostwritten
1999 Mail on Sunday/John Llewellyn Rhys Prize Ghostwritten
2001 James Tait Black Memorial Prize (for fiction) (shortlist) number9dream
2002 Man Booker Prize for Fiction (shortlist) number9dream
2004 Man Booker Prize for Fiction (shortlist) Cloud Atlas


Cloud Atlas: A Novel
Paperback - 528 pages (August 17, 2004)
Language: English
Vintage Canada ; ISBN: 0676974945

Résumé: Cloud Atlas, c'est une série de 6 nouvelles disparates toutes reliées par un fil conducteur. La première relate le journal personnel d'un voyageur du Pacifique dans les années 1850. Abruptement, au milieu d'une phrase, on est plongé dans la correspondance d'un jeune musicien bisexuel des années 1930 en Belgique, puis on se retrouve dans un policier des années 1970 en Californie. Suit une histoire contemporaine située en Angleterre, puis une scifi dans une Corée corpocratique du futur, et finalement, un récit autobiographique d'un narrateur vivant dans une Hawaii post-apocalyptique, à la fin des temps. Mais l'histoire ne s'arrête pas là: on fait un boomerang en arrière, à travers les siècles et les continents, en repassant par la Corée, puis l'Angleterre, etc.etc., pour finalement revenir au point de départ, en 1850 dans le Pacifique.

Pas encore traduit, ce roman a été sur la liste courte du Booker Prize en 2004, où il était le favori, mais ne l'a pas obtenu.

Mon avis: David Mitchell est un virtuose de la structure expérimentale. Ce roman est une oeuvre magistrale: tout, le vocabulaire, la narration, le style de chaque histoire est adapté à son genre propre. Comment un auteur peut-il manier les genres et les styles avec autant de facilité?

Ce roman se lit avec plaisir: chaque histoire nous accroche, et on regrette presque de devoir la quitter pour passer à la suivante, mais plus on avance, plus on anticipe le plaisir des retrouvailles lors du voyage du retour. Individuellement, les histoires sont un cliché du genre choisi (c'est voulu): le récit de voyage, la sci-fi pure, le thriller d'aéroport; mais à travers toutes sauf une, les thèmes de la cupidité humaine, de la soif de pouvoir et de consommation, des instincts nous poussant à l'extinction reviennent. Le seul bémol est que le lien entre chacune des histoires n'est pas aussi audacieux qu'on aurait souhaité - parfois il est un peu banal; aussi, la 6e histoire est difficile à lire à cause du patois inventé - mais le vif plaisir de la lecture de ce roman post-moderne expérimental, l'enchantement de la prose de David Mitchell compensent largement ses quelques défauts.

Ma note: Sans conteste, un gros 5 sur 5, un des meilleurs romans de cette année.

Je regrette que ce roman ne soit pas encore traduit, je souhaite vivement qu'il le soit bientôt; si vous lisez l'anglais par contre, il en vaut vraiment la peine. Je suis sur la liste d'attente de Ghostwritten (Ecrits fantômes en traduction) et de Number9Dream, ses deux romans précédents; je reviens d'ici quelques mois en faire la critique.




De : Venusia Envoyé : 2006-07-01 11:59

ll y a trop longtemps que je vous dois un petit mot sur un de mes auteurs favoris, David Mitchell. C'est un des jeunes auteurs les plus talentueux d'Angleterre, ou même du monde, à mon avis. Il est époustouflant, tout simplement.

Je viens de terminer son dernier roman, Black Swan Green, dont l'histoire est un an dans la vie d'un adolescent de 13 ans qui grandit dans un petit village en Angleterre en 1982. Tiens, David Mitchell est aussi issu d'un petit village et il avait aussi 13 ans en 1982 et il avait aussi des problèmes de bégaiement, comme son protagoniste. Ça ressemble à un premier roman! Non en fait, c'est son 4e alors son premier l'a propulsé au top et que ses 2e et 3e ont été finalistes du Booker Prize. Celui-ci aussi, cette année, assurément.

Qu'y-a-t-il de spécial dans l'écriture de David Mitchell pour qu'un roman initiatique, une intrigue des plus banales, puisse entre ses mains devenir un petit bijou qui nous fait frémir de plaisir? Je n'ai pas son talent d'écriture et je suis bien incapable de vous le décrire à sa juste valeur. Je me contente tout simplement de vous encourager à le lire. Et justement, il y a un de ses romans traduits en français,

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Ecrits fantômes

J'ai lu ce roman il y a plus d'un an et il est resté un de mes gros coups de coeur de l'année dernière. Si vous aimez les intrigues galopantes, les liens inventifs, les chutes réussies, un style exubérant, des personnages et des dialogues qui sonnent vrai, en somme, un roman au concept ambitieux qui livre la marchandise, nous époustoufle, et nous ravit, eh bien jetez-vous dessus. Plaisir de lecture garanti.

Le concept: 9 nouvelles qui couvrent le globe, des intrigues et des styles très différents, c.-à-d. qu'on passe du polar au thriller à la S.F. au fantastique ainsi qu'au roman noir et au roman contemporain, etc. avec un ou plusieurs fils conducteurs entre chaque nouvelle. C'est à lire, c'est moi qui vous le dit.

Obviously, 5 sur 5

Ecrits fantômes reste le seul de ses romans traduits en français jusqu'à présent. Il y a aussi number9dream, son 2e roman et à mon avis le moins réussi. David Mitchell a passé 3 ans au Japon; ce roman, qui s'y déroule, est ouvertement murakamien, avec tout ce que cela comprend de séquences un peu irréelles, claustrophobes et absurdes. La pièce de résistance, une scène hallucinante avec des gangsters japonais, est très bien réussie, mais la fin, nihiliste, semble trop facile. Un roman ambitieux qui a du mal à boucler la boucle, mais qui a quand même été finaliste du Booker, parce qu'un raté pour David Mitchell, c'est tout de même bien au-dessus des capacités de la plupart des autres auteurs contemporains.




De : liza_lou55 Envoyé : 2006-08-14 05:12

Ecrits fantômes
(Points, 515 pages)

Ecrits fantômes parle du hasard et de ses conséquences. Ou comment un fait anodin en soi peut avoir des répercussions inattendues sur un inconnu à des milliers de kilomètres de là, jusqu’à en bouleverser une vie.

Les dix nouvelles qui composent le roman abordent le destin de gens qui n’ont rien de commun. On suit ainsi par exemple un membre d’une secte organisateur d’un attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo, deux jeunes amoureux fous de jazz, un trader à Hong Kong, une femme qui parle à un arbre dans une montagne en Chine, ou, plus loin, un Londonien fauché musicien et écrivain à la petite semaine. Tous ces personnages se croisent, se frôlent, s’abordent sans se connaître au fil des pages et des situations. Aucun ne le sait, mais un évènement, un fait insignifiant pour lui sera l’élément déclencheur dans une autre nouvelle pour un autre personnage. Des fils ténus relient ainsi les nouvelles les unes avec les autres pour former un roman d’une force et d’une intensité incroyable.

David Mitchell promène le lecteur dans un voyage autour du monde, d’Okinawa au Japon à une île au large de l’Irlande, en passant par la Mongolie ou Saint-Pétersbourg pour enfin aborder une station de radio new-yorkaise. La boucle est bouclée magnifiquement bien par la suite dans le métro tokyoïte. L’auteur aborde également tous les genres littéraires à sa façon et cela, de manière étonnante. Plus qu’un exercice de styles, Ecrits fantômes est un roman singulier qui nous fait réfléchir sur la destinée qui n’est en réalité que le fruit du hasard. Le lecteur s’amuse à chercher les petits liens entre les différentes histoires. J’ai préféré certaines nouvelles à d’autres comme « Tokyo », « La montagne sacrée » ou « Londres » mais l’ensemble est quand même en général très bon, voire excellent par moments.

Ecrits fantômes est une œuvre originale qui ne peut de toutes manières laisser indifférent. Un véritable plaisir pour moi qui lit rarement de littérature contemporaine.

Ma note : 4,5/5




De : Sahkti1 Envoyé : 2006-08-14 05:38
David MITCHELL, Ecrits fantômes

Des nouvelles, un fil conducteur qui se promène tout au long du recueil et puis, surtout, un étrange écho qui se répercute d'une nouvelle à l'autre et qui est un fait davantage qu'un écho. Plutôt une réponse, ou alors une interrogation, des personnages qui évoluent au fil des textes, se croisant et se décroisant, ignorant qu'ils donnent de la voix dans d'autres parties du récit. Impression étrange, oui, de retrouver au fil des pages des noms connus, des situations donnés, des lieux, des phrases, sans pour autant qu'il y ait un récit continu sur ces 500 pages dont je dois tout de même signaler l'inégalité. Certaines nouvelles m'ont ennuyée, en particulier celles qui se déroulent en Asie. D'autres m'ont au contraire enchantée pour l'ambiance qu'elles restituent, pour ces états d'âme qu'elles dissèquent sans compromis (Islington et Clear island, deux lieux évocateurs et si humains).
Des destinées se mêlent et se démêlent sous l'oeil attentif du lecteur qui se fait promener aux quatre coins du globe par David Mitchell. Au début, je suis restée sur ma faim, la première nouvelle ne m'a guère attirée, j'ai failli refermer et puis non, poursuite de la lecture. Promenade dans ces chapitres liés les uns aux autres parfois par de petits détails. Personnages et événements bien distincts mais David Mitchell les réunit et c'est un des tours de force de cet ouvrage, démontrer comme tout tient à peu de choses et comme ces choses peuvent être proches les unes des autres. Impossible de résumer l'histoire dans déflorer une bonne partie de cet habile tour de passe-passe d'écriture. David Mitchell parle des hommes, de l'Homme, de l'humanité, de la terre, de l'amour, de la folie aussi, la nôtre. En refermant l'ouvrage, c'est comme un tourbillon, tout se rejoint, tout s'imbrique, on trouverait presque ça logique alors qu'en fait il n'en est rien. Mais c'est un beau moyen de nous apprendre à ouvrir les yeux et regarder d'un peu plus près ces infinis détails que nous ne voyons plus.




De : louveloba Envoyé : 2007-05-22 13:21

Mais comment donc, un sujet sur David Mitchell existait et je ne l'avais jamais vu ??? Honte à moi
Parce que Ghostwritten, que j'ai lu en 2000, est encore à ce jour mon roman préféré, le seul (ou presque) que je relis régulièrement, et un des romans les plus aboutis qu'il m'ait été donné de lire...
Mousseline, je te le recommande vivement ! (comme à tout le monde d'ailleurs!)
Par contre, Cloud Atlas est dans ma PAL depuis plus d'un an, et je n'ai jamais dépassé la première partie (mais bon, il est lié pour moi à un évènement douloureux, d'où certainement le fait que je n'arrive pas à le lire plus tard peut-être...)

Je rajoute un 5/5 pour Ghostwritten




De : 2550Chimère Envoyé : 2007-06-24 10:22

ECRITS FANTÔMES de David MITCHELL
Ed de l’Olivier/531p
Trad : Manuel Berri

Un terroriste à Tokyo, une irlandaise mathématicienne, un homme d’affaire anglais à Hongkong, une trafiquante d’objet d’art à Saint Petersbourg, et bien d’autres. A priori, ils ne se connaissent pas et pourtant il existe un lien entre tous ces personnages.
Dès le début, une ambiance étrange est posée puis petit à petit les histoires de chaque narrateur n’en font plus qu’une à condition de ne pas sauter la moindre ligne sous peine de perdre le petit indice qui sert de fil conducteur au récit. C’est à un drôle de voyage que nous invite l’auteur et j’ai adoré la promenade. A condition de rester vigilant pendant la lecture, on finit par entrer dans le jeu et guetter avec jubilation le moment où la narration d’un personnage rencontre le récit précédent. C’est singulier, original, intelligent et vraiment très très bien écrit évitant le risque de perdre toute vraisemblance même dans les moments les plus bizarres. J’ai beaucoup pensé à Haruki Murakami à la lecture dans le genre imaginaire décalé et bien à part. Ca tombe bien, on en parle au début du livre. On parle aussi de La musique du hasard d’un certain auteur bien connu par le tandem Flo et Florinette c’est probablement le gage d’une bonne qualité non ?

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