Hubert MINGARELLI (France)

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Hubert MINGARELLI (France)

Message  Mousseline le Sam 29 Nov 2008 - 16:33

De : Claarabel (Message d'origine) Envoyé : 2004-12-02 04:42

Quatre soldats

Primé par le Médicis en 2003, le roman d'Hubert Mingarelli en impose largement. C'est une histoire simple, vraiment toute simple. Où il ne faut pas s'attendre à des rebondissements, à de l'intrigue guerrière, à des révélations sur l'Armée Rouge, non.

"Quatre soldats" se concentrent sur quatre hommes de l'armée russe. Leur bataillon se réfugie dans une forêt où ils vont camper pendant des mois, dans l'attente de partir, d'essuyer d'autres coups de feux, de tirs d'obus. Bref, en attendant des jours plus sombres, nos quatre soldats vont vivre en toute simplicité, contruisant cabane ou tente, jouant aux dés, pariant des cigarettes, se baladant près d'un lac, pêchant des poissons. Et puis, survient dans leur quatuor, un jeune fils de paysan qui rejoint l'armée. Les quatre soldats vont apprendre qu'il sait écrire et confine tout ce qu'il voit dans un carnet, donc ils vont lui raconter les menus détails de leur expérience dans cette forêt où ils viennent de passer de bons moments, des moments exceptionnels qu'ils vont tous garder en mémoire. Car, en fin de roman, l'heure de partir sonne et la peur les gagne. La peur combinée à la peine teintée de nostalgie.

Résumé grossièrement, ce roman possède avant tout une patte d'écriture époustouflante. Car ce n'est pas tant l'histoire limpide qui nous accroche, c'est le style de Mingarelli : épuré, net, élégant, précis. Un ton aux apparences simples mais bougrement travaillé et fascinant. Ce roman se lit à vitesse affolante et on s'attache à ces quatre soldats, à leur franche camaderie. C'est, honnêtement, un excellent roman qui mérite d'être lu et vaut bien le Prix Médicis attribué ! (4/5)

Il est sorti en format poche, pour infos.




De : Claarabel Envoyé : 2005-07-06 06:11

Une rivière verte et silencieuse
Seuil, 124 pages. Existe en poche chez Points.

En me plongeant dans ce roman, j'ai pensé instinctivement à la récente lecture du dernier Joel Egloff, "L'étourdissement". Il y a une résonnance chez l'un et l'autre : un monde démuni, dévasté, un homme, un fils et le rien, le vide autour... Apprendre à survivre, presque. Mais jamais de morosité, d'abattement. Aucune hargne. Non, rien du tout. Le père va tondre les pelouses pour quelques billets. Il espère obtenir des pousses de rosiers grimpants dans des petits pots de confiture. Il prie soir et matin. Il conte à son fils un temps pas si loin où il pêchait des truites bleues à la main. Et se souvient aussi de cette autre ville où la rivière était verte et silencieuse.

De son côté, le fils, Primo, rencontre un chien noir qui s'excite sur sa jambe. Du coup il prend un autre chemin qui lui fait découvrir un monde nouveau, le sien, son territoire, son tunnel entouré de hautes herbes, là où il s'imagine acheter un bras de rivière et un pont pour observer les poissons dans l'eau.
Le père et le fils sont seuls, où est la mère ne semble pas être le problème. Ils vivent à deux, même sans électricité, même sans gazinière. Ils mangent des tomates, s'éclairent avec des bouts de chandelle et se parlent le soir, dans leurs lits, d'une possibilité d'une autre vie...
"Une rivière verte et silencieuse" est un roman très simple, surtout illuminé par son écriture, par le style d'Hubert Mingarelli. Le monde décrit n'est pas enchanteur, pas glauque non plus, car les deux personnages nous offrent une leçon de vie remplie d'espoir et de rêve. Rien n'est impossible, juste d'y croire, de marcher des heures, de fermer les yeux et de prier en s'excusant. Magnifique !

4.5/5




De : odilette84 Envoyé : 2005-11-26 15:59

Clarabel, tu as l'air d'être spécialisée dasn Mignarelli.
C'est à la suite de ta critique que j'ai emprunté : "4 soldats"

Deux mots : simplicité, limpidité.
J'ai beaucoup aimé ce petit roman très court qui nous retrace quelques instants de calme dans le destin de 4 soldats. L'hiver a fait cesser les combats, et ils attendent une meilleure saison pour retourner au front.
Une parenthèse dans le carnage.
Sans vouloir se l'avouer, ces 4 hommes conscients qu'ils vivent peut-être leurs derniers instants goûtent à tous les plaisir simple de la vie et à l'amitié.

Chaque mot est important même si tout est très simplement dit.
Avec le recul ce livre est encore plus toûchant...
J'ai aimé le style de Mingarelli.
je relirai cet auteur.

ma note : 4/5




De : Claarabel2 Envoyé : 2005-12-05 08:22

Hommes sans mères

Deux hommes débarquent dans un pays sans nom pour une permission, après des mois passés en mer, affrontant tempête et cohue, cohabitation, manque de sommeil, etc... Homer et Olmann ont décidé de ne pas suivre le reste de l'équipage et d'aller plus au centre du pays, au coeur de la vallée, vers une maison où ils pourront tranquillement boire, manger, se prélasser et prendre du bon temps avec des filles. Homer sera séduit par Maria, par sa fraîcheur et sa gentillesse, même si elle pose beaucoup de questions.
C'est le cinquième livre que je lis d'Hubert Mingarelli et je suis toujours éblouie par le style, la brillance, le ton impeccable, qui n'use aucun mot en trop. Cette fausse légèreté cache bien évidemment des sentiments forts, tordus et complexes entre deux hommes, comme souvent dans les romans de Mingarelli. Là se faufile un personnage féminin, Maria. A la fin, je lui attribue une aura de mystère face au retournement de situation : intriguante ou innocente... Les femmes finalement n'ont pas leur place chez cet auteur !
Mais qu'importe ? Hubert Mingarelli ne s'embarrasse pas de détails, de descriptions. L'homme s'attache à la mer (dure et cruelle), aux hommes (virils et solitaires) et également à la beauté d'une vallée, isolée, seulement troublée par une rivière limpide et ronronnante. Autre force : les dialogues, concis et efficaces. Ils tracent le cadre, les personnages, le manque d'action mais affinent les contours et percent les façades.
Du titre, "Hommes sans mères", finalement on se sent libre de l'interpréter et de jouer sur le sens "mer" / "mère". Cela revient au même, et les hommes n'en sont pas moins désemparés, écorchés mais noués à elle ! Tout ça pour un roman très classique, très net, impeccable !

4/5
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Re: Hubert MINGARELLI (France)

Message  Réaliste-romantique le Lun 3 Aoû 2009 - 0:38

Quatre soldats
Hubert Mingarelli


Après une fuite face aux Roumains, une compagnie de soldats de l’Armée rouge doivent passer l’hiver de 1919 dans les bois, dans des cabanes qu’ils construiront. Le narrateur s’unit avec trois autres, et de leur collaboration nait une forte amitié. Quatre personnalités différentes mais complémentaires. Au printemps, la compagnie est cantonnée dans une plaine, mais toujours loin des combats. Les soldats cherchent à tuer le temps, les quatre compagnons découvrent un étang caché, jouent aux dés, se racontent des souvenirs. Ces gens seuls ont enfin trouvé d’autres auxquels ils s’attachent. La réalité de la guerre va toutefois les rattraper, leur vie de farniente champêtre ne pourra durer éternellement.

Excellent livre sur l’amitié masculine, c’est un plaisir de suivre le quotidien de ces hommes simples.

5/5

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Re: Hubert MINGARELLI (France)

Message  Réaliste-romantique le Ven 5 Fév 2010 - 2:07

Le Jour de la cavalerie

Samuel, garçon de ferme simplet, passe la journée auprès de la fermière, une veille femme paralysée et muette qui ne peut que bouger une main. Samuel réussit néanmoins à communiquer avec elle, en tenant même les deux voix du dialogue lorsque c’est nécessaire. Il joue pour l’amuser, mais il prévoit aussi une action pour les sortir de leur situation difficile avec le fermier.

Court récit qui rappelle Steinbeck et Faulkner : des personnages qui rêvent beaucoup d’une vie différente mais, en bout de ligne, qui demeurent dans leur quotidien. Ce roman est dans la catégorie « jeunesse », mais je ne vois pas pourquoi. C’est autant « jeunesse » que Des souris et des hommes. J’ai bien aimé.

4/5

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Re: Hubert MINGARELLI (France)

Message  Réaliste-romantique le Ven 5 Fév 2010 - 2:09

La dernière neige

Le fils travaille comme « accompagnateur de promenades dans le jardin » dans un centre de personnes âgées. Il vit toujours dans le petit appartement de ses parents; son père est mourant. Chez un brocanteur, il aperçoit un milan (un oiseau) et désire l’acheter. Son existence gravitera alors autour de ce but. Il invente le récit de la capture du milan, et raconter ceci devient le cœur de sa relation avec son père, une intimité qu’ils partagent.

Beau récit d’une apparente simplicité, mais intéressant et touchant.

4/5

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Re: Hubert MINGARELLI (France)

Message  Réaliste-romantique le Ven 9 Juil 2010 - 18:23

Hommes sans mère, d’Hubert Mingarelli
2004

Deux matelots en mouillage dans un port du Panama s’enfoncent dans les terres pour passer la nuit dans un bordel tranquille de village plutôt que dans celui achalandé de la ville. Les deux amis feront de rencontres et réfléchiront sur leurs vies.

Typique de Mingarelli, il ne se passe pas grand-chose dans ce récit qui se déroule sur moins de 24 heures. Le style est épuré, les personnages sont simples. Mais c’est une très bonne lecture. Ce livre rappelle Quatre soldats, avec une intrigue qui tourne autour de l’amitié masculine.

4/5
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Re: Hubert MINGARELLI (France)

Message  Ysla le Lun 13 Sep 2010 - 13:27

QUATRE SOLDATS
Points, 202p, première parution : 2003
Prix Médicis 2003



Résumé : voir la critique de RR

Mon avis : Ce que j'aime beaucoup chez cet auteur que je lisais pour la première fois, c'est la simplicité apparente de son style, très épuré et tout en non-dits. Je l'avais senti lors de la rencontre au dernier Printemps du livre et c'est vraiment ça : peu de mots pour dire beaucoup. C'est très beau. J'ai vraiment envie de lire d'autres de ses romans très vite pour retrouver ce style.
Ici, l'histoire de ces quatre soldats de l'Armée rouge qui se rencontrent par hasard et deviennent un groupe d'amis avec leurs blagues, leurs rituels, leurs trucs pour vivre de façon plus agréable ne dure que le temps d'un hiver et d'un début de printemps, mais quelle force dans cette amitié ! Mingarelli sait très bien parler de la façon dont les hommes éprouvent ce sentiment.
Le récit est chronologique et tout est raconté du quotidien de ces soldats : les repas, les soirées, les nuits, les jeux de dés, la corvée des réquisitions, ... On les suit jour après jour jusqu'au retour dans une zone de combat. C'est l'un d'eux qui est le narrateur. Même si a priori il ne se passe pas grand chose, ce roman se lit tout seul et n'est jamais ennuyant.
Une très belle lecture.

Ma note : 4,5/5


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Re: Hubert MINGARELLI (France)

Message  lalyre le Mer 15 Avr 2015 - 16:37

La route de Beit Zera      
 Hubert Mingarelli      
 Editions Stock  7 janvier 2015               
       156 pages   

Quatrième de couverture
Stepan vit avec sa chienne quelque part en Israël dans une maison isolée près des bois. Il écrit chaque jour à son fils Yankel, forcé de se cacher à l’autre bout du monde. Il raconte ainsi sa vie de solitude et dit son espoir, un jour, de le retrouver. En faisant face à son chagrin, il se souvient de l’époque où il contrôlait les Palestiniens aux postes-frontières, éprouvait de la haine, de la honte ou de la compassion.
Depuis quelque temps, un adolescent mystérieux lui rend visite et s’attache peu à peu à la chienne. Livre de la paternité et de la transmission, il aborde la question de la séparation, celle d’un père et d’un fils mais aussi celle des peuples qui vivent avec les fautes commises par leurs aînés. Et dit, à hauteur d’homme, la vie quotidienne éprouvée par le conflit israélo-palestinien.


Mon avis
Pas beaucoup de personnages dans cette histoire dont le thème principal est la solitude, car les jours se suivent inlassablement pour Stepan,  Oh bien sûr son ami Samuelson tous les mois boire une bouteille avec lui. Il y a aussi sa vieille chienne qui arrive à la fin de sa vie, il espère revoir un jour son fils exilé. Amghar est un enfant qui apparaît soudainement à la lisière de la forêt. Je dirai que l’ambiance est assez triste, on imagine le cœur meurtri du vieil homme et de son ami blessés dans leur âme, douleur intime sous le frôlement du conflit Israélo-Palestinien, sur le bref instant du meurtre commis par le fils. Beaucoup d’humanité et un fond de situation historique se dégagent de ce court roman que j’ai trouvé réaliste et que j’ai apprécié…4/5
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Re: Hubert MINGARELLI (France)

Message  Shan_Ze le Mer 7 Oct 2015 - 22:37

Un repas en hiver de Hubert Mingarelli



Qu’est-ce que le froid ? Qu’est-ce que la faim ? J’ai déjà eu froid et faim mais ce roman fait ressentir ces impressions d’une façon incroyable : on a les poils se hérissent, le ventre se contracte… 
Bauer, Emmerich et le narrateur parcourent les terres glacées pour trouver un juif afin de contenter la hiérarchie allemande. La chasse est fructueuse, ils le trouvent mais avant de rentrer, un petit repas chaud dans une maison abandonnée serait bien le bienvenu.
J’avais un à priori sur l’auteur, je ne pensais pas aimer mais j’ai été agréablement surprise. Les thèmes sont durs : la guerre, le racisme, le froid, la faim… Les trois allemands cherchent un Juif non par haine de celui-ci mais par nécessité, il leur faut survivre à cette guerre injuste. Le repas en est la parfaite illustration : le partage d’un repas chaud, longtemps attendu, longuement préparé entre Allemands, Juif et Polonais. C’est le seul moment un peu lumineux de ce roman, même si la préparation se fait dans la crainte et dans l’espoir. 
Le relation entre les Allemands, le Juif et le Polonais affamé est assez complexe : les véritables dialogues ne sont qu’entre allemands, les paroles du Polonais sont devinés et le Juif reste silencieux, abattu. Les soldats éprouvent de l’estime pour ce dernier mais ce qu’il peut arriver s’ils ne livrent pas le Juif, les terrifient. Aucune morale à retenir de ces pages, simplement une réalité comme une autre pendant cette guerre. 
J’ai été bluffée autant par la simplicité de ce roman que par sa justesse et son réalisme. Merci Monsieur Mingarelli d’arriver à faire passer autant d’émotions en si peu de pages.  
Note : 4/5
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Re: Hubert MINGARELLI (France)

Message  Shan_Ze le Jeu 4 Mai 2017 - 21:27

L'homme qui avait soif de Hubert Mingarelli

Portrait par petites touches d'un homme marqué : dès le début, le lecteur voit l'homme rater son train pour aller boire quelques gouttes d'eau. Cet homme en question, c'est Hisao. Il part alors à la recherche de sa valise qui contient un cadeau pour sa fiancée.
L'histoire est lente, on progresse doucement en alternant passé et présent afin de comprendre l'homme qu'il est devenu et ce qui le hante. Très belle amitié entre deux hommes sous fond de bataille. Une petite déception sur les dialogues, je les ai trouvés presque trop doux… Un auteur que je relirai pour sa façon remarquable de mettre en scène des hommes dans l'Histoire.

Note : 3.75/5
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Re: Hubert MINGARELLI (France)

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