Eduardo MENDOZA (Espagne)

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Eduardo MENDOZA (Espagne)

Message  Mousseline le Ven 28 Nov 2008 - 12:51

De : Shan_Ze (Message d'origine) Envoyé : 2006-11-02 07:51

Sans nouvelles de Gurb d’Eduardo Mendoza
(125 pages)

Deux extraterrestres atterrissent sur Terre. Gurb prend une apparence humaine et découvre les hommes pendant que son chef l’observe et analyse notre société. Mais Gurb disparaît sans laisser de traces. Son chef va alors, sous diverses apparences, essayer de retrouver son compagnon de route dans la grande ville de Barcelone.
Petit roman sympa, on découvre notre société d’un œil nouveau et original. L’idée de faire parler un extraterrestre, un étranger complet de notre civilisation, est intéressante. Mendoza fait preuve d’un humour mordant pour critiquer, sous différents aspects, notre société. Le rire n’est pas toujours au rendez-vous mais on passe un bon moment le livre entre les mains.

Note : 3.75/5




De : Sahkti1 Envoyé : 2006-11-06 05:57

Eduardo MENDOZA, Le dernier voyage d'Horatio II

Ce roman de Mendoza est absolument délirant et loufoque! Le journal intime d’un commandant de vaisseau spatial, Horatio II, qui dirige un équipage complètement déjanté composé d’individus bizarres et hors-la-loi (par exemple une femme dont la légèreté des mœurs n’a d’égale que celle de l’air ou un toubib qui utilise les médicaments pour fabriquer de l’alcool et le revendre au marché noir) se rendant vers une mystérieuse destination, habitée par des êtres pas plus reluisants que ceux qui forment la folle équipée. On envoie les pestiférés chez d’autres pas mieux lotis, ça promet une belle explosion en perspective !
Les catastrophes se suivent, le vaisseau est contraint de demander de l’aide à gauche et à droite, ça devient épique, pour ne pas dire franchement folklorique. Il est question de survie et pour s’en sortir, tous les moyens sont bons, même les plus vils. Horatio II raconte, jour par jour, ses aventures sous forme de rapport adressé à ses supérieurs. Tout est consigné dans les moindres détails et le commandant donne un portrait de lui très flatteur pour ses supérieurs mais qui ne leurre pas longtemps le lecteur, on a vite compris qu’il était aussi ringard que son équipage. Ce n’est pas pour rien que les autorités lui ont confié la mission de transporter des vieillards fauchés, des femmes lubriques ou de jeunes voyous aux confins de l’Univers, en sachant que le vaisseau n’en reviendrait pas.

C’est un roman de science-fiction mais aussi un beau texte de littérature (un peu en dehors des sentiers auxquels Mendoza nous a habitués), cela pourrait aussi être un essai caustique sur le prix de la vie et de la liberté, sur le pouvoir et ses excès, sur la condition humaine et les vices de l’Humanité.
C’est en tout cas un texte complètement fou que je vous conseille si vous voulez passer un bon moment, même si vous n’êtes pas amateur d’épopée spatiale. La science-fiction me semble n’être d’ailleurs ici qu’un prétexte pour que Mendoza se fasse les griffes sur le compte des pauvres humains perdus que nous sommes, objets de tous les vices et de tous les malheurs.
Quelques passages incontournables dans ce livre, notamment quand Mendoza raconte et décrit les vaisseaux que l’on peut croiser le long des autoroutes spatiales, véritables poubelles ambulantes, transporteurs des pires damnés de la terre ou ghettos spatiaux, comme par exemple le "Derrida", vaisseau qui ne transporte que des intellectuels.
Un bon moment de lecture, rempli d’humour et de folie mais aussi d’une profonde gravité sur le sens de la vie. Et puis, à mes yeux, un certain pessimisme de la part de Mendoza, allié à une bonne dose de cruauté, pour dire que la race humaine est pourrie et ne vaut pas un clou. Des hommes tout justes bons à abattre tant ils sont perdus. Constat moins amusant que le style employé par l’auteur.

Ma note: 4,5/5




De : 82naurore Envoyé : 2006-11-16 12:32

Sans nouvelles de Gurb
Ed. Point virgule 125 p.

Note : 3.5/5

Deux extraterrestres arrive sur Terre à Barcelone et se perdent de vue. Ce sont donc les péripéties de l'un d'eux (dont on ne connaitra pas le nom) cherchant l'autre, Gurb, à travers la ville.
On y voit notre société d'un autre point de vue, satirique, caricaturé. Ce livre est plein d'humour, mais il devient un peu trop mal dosé vers la fin, car trop de gags à répétition, et les phrases très courtes, un peu dans le style télégraphe, deviennent lassantes. Malgré tout, sa lecture reste agréable.

Aurore




De : Ysla Envoyé : 2008-06-08 08:32

Le dernier voyage d'Horacio II (El ultimo trayecto de Horacio Dos)

Je m'étais déjà bien amusée en lisant "Sans nouvelles de Gurb" (Sin noticias de Gurb) il y a quelque temps, j'ai retrouvé avec cet autre récit les mêmes fous rires (mais sur des situations nouvelles bien sûr !). C'est cocasse, désopilant, satirique, un grand moment !!
Le narrateur, Horacio Dos, est un poltron, alors il faut aimer les personnages de losers, mais il est aussi très naïf et très drôle (involontairement) dans ses remarques, ses décisions et ses nombreuses erreurs. On le suit tout du long de cet étrange périple, de surprises en surprises. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et ce qui les attend tous sur chaque station spatiale où ils veulent se ravitailler sans cesse vaut son pesant d'or.
Le constat de Mendoza sur l'humanité est bien sombre, mais l'ironie et la dérision étant au service de son expression, le roman reste avant tout hilarant... tout en faisant réfléchir !

Ma note : 4.5/5
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Re: Eduardo MENDOZA (Espagne)

Message  Ysla le Sam 10 Jan 2009 - 21:09

Le mystère de la crypte ensorcelée (El misterio de la cripta embrujada, 1979)
environ 180p, sorti en poche

Mon 3ème roman de Eduardo Mendoza, et encore une fois une lecture très drôle grâce à un style vraiment original et extrêmement moqueur.
L'auteur porte dans ce pseudo roman policier un regard à la fois ironique et malicieux sur la société post-franquiste - l'action se situe en 1977.
De quoi s'agit-il : une jeune fille disparaît mystérieusement une nuit dans un pensionnat de religieuses. Chose curieuse, des faits analogues s'étaient produits six ans plus tôt dans la même école, avec une issue heureuse, mais un mystère jamais élucidé. Le commissaire Flores et la mère supérieure décident de confier l'enquête à un ex-délinquant enfermé depuis cinq ans dans un asile psychiatrique. C'est cet homme, dont nous ne saurons jamais le nom, qui nous narre ses étranges aventures et multiples péripéties au cours de ses recherches. Les rencontres qu'il fait ne manquent pas de sel et les situations dans lesquelles il se retrouve et surtout comment il s'en sort sont très drôles. Ce narrateur se lance souvent dans des monologues extraordinaires. C'est un style qui peut surprendre, moi j'aime beaucoup ! Et comme dans les deux autres romans de Mendoza que j'ai lus, il y a chez le personnage principal une certaine naïveté vraiment touchante, qui fait que je me suis attachée à lui dès le début du récit.
Apparemment, il faut lire L'année du déluge du même auteur, je pense que ce sera le prochain que je lirai de lui.

Ma note : 4,5/5
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Re: Eduardo MENDOZA (Espagne)

Message  Ysla le Sam 14 Fév 2009 - 21:39

Eduardo Mendoza est un écrivain espagnol né à Barcelone en 1943. Il a suivi des études de droit et de sociologie et a travaillé comme traducteur pour l'ONU, à New York. C'est là qu'il écrit son premier roman, qui paraît peu avant la mort de Franco et reçoit un prix. Cela lui vaut de devenir le "précurseur de la postmodernité". E Mendoza aime mélanger les genres littéraires dans ses romans, du policier à la tradition picaresque en passant par la science-fiction ou le fantastique. La parodie, la dérision et l'ironie sont omniprésentes avec E Mendoza. Ses personnages principaux sont souvent touchants, entraînés dans des péripéties qu'ils ne maîtrisent pas, ce qui les rend profondément humains.

Voici la bibliographie d'Eduardo Mendoza :


  • La Vérité sur l'affaire Savolta, 1975
  • Le Mystère de la crypte ensorcelée, 197
  • Le Labyrinthe aux olives, 1982
  • La Ville des prodiges, 1986
  • Nueva York, 1986
  • avec Cristina Mendoza, Barcelona modernista (1989)
  • L'île enchantée, 1989
  • Restauració (1990), traduit en castillan par l'auteur: Restauración (1991)
  • Sans nouvelles de Gurb, 1991
  • L'Année du déluge, 1992
  • Une comédie légère, 1996
  • L'Artiste des dames, 2001
  • Le Dernier Voyage d'Horatio II, 2002
  • Baroja, la contradicción (2002), essai biographique
  • Mauricio ou les élections sentimentales, 2006
  • El asombroso viaje de Pomponio Flato (L'étonnant voyage de Pomponoio Flato, 2008)

L'année du déluge

170p environ

C'est le quatrième roman de Mendoza que je lis, et le premier qui n'adopte pas un style humoristique. Cependant, même si le ton est différent, je retrouve dans ce titre ce qui fait la "patte" Mendoza : critique de l'hypocrisie religieuse, critique politique et un regard parfois bien sombre sur l'humanité. Le tout toujours en finesse et souvent entre les lignes.
Le récit se déroule dans les années 1950. Dans ce roman, le personnage principal est une religieuse, Soeur Consuelo, récemment nommée directrice d'un hôpital à San Ubaldo de Bassora, en Catalogne, et mère supérieure de la communauté de religieuses qui gère le lieu. Désireuse de transformer le bâtiment vétuste en maison de retraite, Soeur Consuelo part à la recherche de fonds pour rénover l'édifice, et c'est dans cette quête qu'elle s'adresse à Don Augusto de Aixela, riche propriétaire terrien des environs. C'est l'été, la chaleur est caniculaire jusqu'à ce que des pluies torrentielles s'abattent sur la région. Mais Soeur Consuelo est prise par un autre déluge ; sans s'en rendre compte, elle s'éprend de Don Augusto...

C'est l'histoire d'une passion en même temps qu'un roman d'aventures, car les rebondissements ne manquent pas dans ce récit et Soeur Consuelo va faire l'expérience durant quelques semaines d'événements qui la marqueront pour toute sa vie. C'est une nouvelle fois un personnage très humain, très attachant et aussi profondément torturé que nous suivons. Sur son chemin, Soeur Consuelo va croiser d'autres personnages très marquants, comme le bandit dont la tirade sur l'humanité m'a beaucoup impressionnée. J'ai beaucoup aimé ce roman car j'y ai investi une grande émotion, j'ai vraiment pris à coeur ce récit et le temps de cette lecture, je me suis retrouvée plongée dans l'atmosphère caniculaire de l'Espagne en été. J'aime la façon dont E Mendoza m'entraîne dans ses histoires, quelles qu'elles soient. Sans grande description, il parvient à me faire imaginer les lieux, les personnages, il parvient à me faire voyager dans son imaginaire et dans la psychologie des protagonistes. Je ne vais pas m'arrêter dans la découverte de son oeuvre en si bon chemin !

Ma note : 5/5 ; C'est un roman que j'aurai plaisir à relire.
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Re: Eduardo MENDOZA (Espagne)

Message  Ysla le Dim 8 Mar 2009 - 18:40

Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus
(titre original : El asombroso viaje de Pomponio Flato)
Editions du Seuil 2009, 228p

Résumé de l'éditeur : Au premier siècle de notre ère, le philosophe et naturaliste Pomponius Flatus entreprend un voyage aux confins de l'Empire romain à la recherche d'eaux miraculeuses. Le hasard conduit ses pas à Nazareth, où le tribun Appius Pulcher doit procéder à l'exécution du charpentier du village, accusé du meurtre d'un riche citoyen répondant au nom d'Épulon. Convaincu de l'innocence de son père, le fils du charpentier, un enfant charmant mais quelque peu étrange, supplie Pomponius, moyennant finances, de mener l'enquête et de découvrir le vrai coupable.

Mon avis : Et voilà, Eduardo Mendoza m'a de nouveau entraînée dans un récit jubilatoire, distrayant et franchement hilarant ! Il faut une certaine audace et surtout un sens de l'humour exceptionnel pour planter son roman dans un décor et des circonstances aussi connotées et notoires que celles-là. Chaque dialogue, chaque petit détail délicieusement anachronique, chacun des détournements de l'Histoire que s'autorise Mendoza pour permettre à son histoire d'exister se savoure sans complexe. Bien sûr, on pourrait reprocher à l'auteur de se répéter un peu, de faire évoluer des personnages qui se ressemblent et qui se retrouvent assez systématiquement entraînés dans des situations cocasses et imprévisibles desquelles ils se sortent toujours plus par hasard que par réelle perspicacité mais ... pour moi, c'est justement ce qui fait le charme ! Je suis à chaque nouvelle lecture absolument ravie de retrouver l'univers de conteur de Mendoza et son langage si drôle, si particulier, en même temps que cette ironie toujours sous-jacente dans ses textes. C'est tellement agréable de rire en lisant ! Alors, si vous aimez l'absurde, le mélange des genres et les aventures rocambolesques, n'hésitez plus une seule seconde et découvrez Eduardo Mendoza !

Ma note : 4,5/5
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Re: Eduardo MENDOZA (Espagne)

Message  zeta le Dim 8 Mar 2009 - 19:12

Je ne connais pas encore cet auteur et ce que tu en dis me donne envie de le découvrir au plus vite. Si je ne me trompe, il parait fait pour me plaire.
Merci Ysla. As-tu un titre par lequel commencer ?
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Re: Eduardo MENDOZA (Espagne)

Message  Ysla le Dim 8 Mar 2009 - 20:31

Le premier que j'ai lu était Sans nouvelle de Gurb, très divertissant avec un regard cocasse sur notre société. Apparemment, le premier roman de Mendoza La vérité sur l'affaire Savolta reste un livre très vendu en Espagne. Il est probable que ce soit le prochain sur ma "liste Mendoza" d'ailleurs. Et je crois que La ville des prodiges, qui évoque Barcelone à la fin du XIXème siècle, est un beau voyage dans la capitale catalane. Voici une page internet qui résume plutôt bien la plupart des livres de Mendoza :
http://www.restode.cfwb.be/francais/_ARTS/Auteur-Oeuvre/EMendoza/index.asp
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Re: Eduardo MENDOZA (Espagne)

Message  Ysla le Lun 11 Mai 2009 - 17:24

La vérité sur l'affaire Savolta
(titre original : La verdad sobre el caso Savolta)
432p, existe en poche, publié en 1975

Barcelone, 1917. Période de grande pauvreté dans la capitale catalane. Nombreux sont ceux qui viennent tenter leur chance et chercher du travail en ville, en vain. Quant à ceux qui travaillent, ils gagnent tout juste de quoi survivre et la révolte ne va pas tarder à gronder. C'est dans ce climat de crise sociale (tiens, déjà !) que l'industriel Monsieur Savolta, propriétaire d'une entreprise qui fabrique des armes et les vend aux alliés, est assassiné. A cette affaire se greffent moult autres mystères et aventures de toute sorte et une galerie de personnages originaux, dont le fameux Lepprince, un français opportuniste et perfide.

Ce livre est le premier roman d'Eduardo Mendoza et est considéré comme majeur dans l'histoire du roman espagnol, à l'origine de la postmodernité. Il propose un mélange de tous les genres, du roman policier au roman sentimental, et place son propos dans un contexte historique peu connu (de moi, en tout cas ;-). La narration est assez surprenante : un récit à plusieurs voix (un narrateur qui est l'un des principaux protagonistes : Javier Miranda, mais aussi des articles de journaux, des documents officiels, des lettres, ...) qui s'entrecroisent dans la première partie du roman, en mêlant à la variété des voix narratives la variété des temps de la narration, car tout ne date pas de la même année. L'effet produit : bien qu'un peu perdu au départ dans toutes ces informations qu'on sent liées mais on ne sait pas encore trop comment, on a envie d'aller plus loin pour comprendre et savoir de quoi il en retourne. Ca rend le récit très dynamique, très plaisant. Dans la deuxième partie, on suit davantage Javier Miranda, dans ses relations étroites avec Lepprince.
J'ai trouvé cette lecture très intéressante. Un roman original, vivant, qui aura à la lumière de la situation économique d'aujourd'hui une certaine actualité. Un voyage instructif dans le Barcelone des années 1917 et suivantes (même s'il est notoire que l'auteur aime prendre certaines libertés avec l'Histoire, il y a toujours une base de vérité) J'ai retrouvé certains des personnages chers à Mendoza : le commissaire de police, le fou gentil, le naïf, le "bandit", la femme un peu secrète. Parfois, certains de ces profils se regroupent pour ne faire qu'un personnage mais ici, ils sont tous distincts. Les relations entre les personnages dans ce roman sont loin d'être simplistes et amènent à réfléchir, à s'identifier.
Finalement, mon seul regret est d'avoir dû interrompre ma lecture à mi-chemin pour la reprendre plus tard, j'aurais aimé le lire d'une traite pour bien rester dans l'histoire.

Ma note : 4,5/5
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Re: Eduardo MENDOZA (Espagne)

Message  Louvaluna le Ven 12 Aoû 2011 - 20:44

Sans nouvelles de Gurb

Eduardo MENDOZA

- Points, 2006, 128 pages -

Deux extraterrestres sont envoyés en mission sur notre planète. Après un atterrissage réussi, Gurb part en reconnaissance parmi la population autochtone. Dans un souci de discrétion, son supérieur hiérarchique lui choisit l’apparence de l’être humain dénommé Madonna. Vingt minutes plus tard, Gurb est déjà invité à monter dans une voiture par un homme au nom incompréhensible car non codé. Par télépathie, son supérieur lui dit d’accepter la proposition. Douze heures plus tard, il est toujours sans nouvelles de Gurb. Le lendemain, il décide de partir dans Barcelone à sa recherche.
Rien de tel que l’humour pour pointer ce qui ne devrait pas être vu ! Ce récit totalement déjanté révèle les us et coutumes de notre société moderne sous un angle inhabituel. On rit beaucoup et on réfléchit au sens que l’on donne à nos existences. Le passage sur la consommation boulimique est tout à fait éloquent et nous interroge sur la place que l’ont fait aux objets dans notre vie au vu de ce qu’ils nous apportent en réalité. On finit encore par prendre pitié de ce malheureux extraterrestre qui fait de son mieux pour s’intégrer dans ce monde de cinglés.
Le récit se présente sous forme d’un journal de bord et l’on suit l’extraterrestre quasiment heure par heure. Nous sommes plongés dans une ambiance burlesque dont le principal ressort est le comique de répétition, ce qui fait que nous avons affaire à un récit court qui n’aurait pu supporter d’être davantage développé sur ce même mode. Ces deux entités venues d’un autre monde traversent donc notre univers en un éclair, mais un éclair éblouissant qui en dit long sur notre civilisation !

Kl8è953765gcbdμ45ξ#ghtr$ml76965%azé&5432fgİ (décodage : À lire !)

Ma note : 4/5
21h50 Tandis que je me livre à ces réflexions, le serveur me remplit mon verre et, le temps que je m’en rende compte, j’ai déjà un demi-litre de clairet dans le corps. J’entreprends l’analyse de la composition chimique du vin (cent six éléments, dont aucun n’est dérivé du raisin) mais, arrivé au trinitrotoluène, je décide d’abandonner mon investigation. Le serveur me remplit mon verre. (p.29)
21h30 Dans un endroit voisin de l’hôtel je commande et j’ingère un hamburger. C’est un conglomérat de particules provenant de divers animaux. Une analyse sommaire me permet de reconnaître le bœuf, l’âne, le dromadaire (à une et à deux bosses), l’éléphant (d’Afrique et d’Asie), le mandrill, le gnou et la baleine à spermaceti. J’y trouve aussi, pour un pourcentage moins important, des taons et des libellules, une demi-raquette de badminton, deux boulons, du bouchon et du gravier. J’arrose mon repas d’une grande bouteille de Zumifot. (p.36-37)
15h00 Je décide d’abandonner mes réflexions et la place de Catalogne, car les pigeons m’ont couvert d’excréments des pieds à la tête et les Japonais me prennent en photo en croyant que je suis un monument national. (p.79)
10h40 Je soigne mes plaies avec de l’eau oxygénée. Je suis tellement couvert d’ecchymoses que je me métamorphose en Tutmosis II, ce qui m’épargne de mettre des bandages. (p.112)

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