Robert MCLIAM WILSON (Royaume-Uni/Irlande du Nord)

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Robert MCLIAM WILSON (Royaume-Uni/Irlande du Nord)

Message  Mousseline le Jeu 27 Nov 2008 - 22:47

De : 5859Chouette (Message d'origine) Envoyé : 08/08/2003 15:20
Encore un "Mc" fameux et qui vaut le détour ! Pas du tout le même style que Colum McCann mais tout aussi beau !

Robert MCLIAM WILSON - Eureka Street. éd. Christian Bourgois, 544 pages.

Belfast, Irlande du Nord, toujours à la une des infos pour ses massacres terroristes meurtriers entre les protestants et les catholiques. Ces gens sont des cons et ces guerres de religion on en a assez. Rideau. On éteint notre poste et on passe à table.
On pourrait se contenter de cette vision rétrécie des conflits qui secouent cette ville depuis la nuit des temps. Mais McLiam a choisi lui, de nous faire découvrir sa ville natale "Belfast - un simple fouillis de rues et quelques grosses collines, un simple murmure de Dieu", en partageant la vie de quelques paumés tentant de survivre avec humour et générosité dans une ville qu'ils aiment et qu'ils haïssent en même temps.
Les beuveries au pub sont des RDV de potes, de frères de misère et l'occasion aussi de découvrir l'amour qui mènent ces héros par le bout du nez. Un roman foisonnant, drôle, cruel, criant d'une vérité qu'on ne supporte d'accepter que parce qu'elle est bien racontée sous une plume poétique et un sens du récit extraordinaire.
A aucun moment je n'ai peiné dans ma lecture ou trouvé que 600 pages étaient bien trop longues. Premier livre de cet auteur et sûrement pas le dernier. Il me plait autant que ce cher Colum. Est-ce à dire que tous les irlandais qui s'appellent "Mc" machin chouette ont tous autant de talents ?

Vraiment un bon 4,5/5 pour ne pas donner plus car je veux lire ces autres oeuvres.


De : ozzykat Envoyé : 20/03/2004 19:03

Robert MCLIAM WILSON - Eureka street
C. Bourgeois, 1997

moi aussi j'ai lu ce bouquin, meme dévoré, il est génial!
Les héros sont très attachants, entre le type qui veut faire fortune et celui qui cherche l'ame soeur, tout ça entre les attentats, la débrouille, la magouille...les copains, les amours...
Une vision aussi sur la vie dans une ville comme Belfast, où vous risquez votre vie à chaque coin de rue, et pourtant la vie continue.
je donne 4,5/5 moi aussi, et attend d'en lire plus!


De : Chantal5500 Envoyé : 05/11/2005 19:26

Robert MCLIAM WILSON - EUREKA STREET :
Christian Bourgeois Editeur - 545 pages.
Traduit de l'anglais par Brice Matthieussent.

Jake Jakson, le narrateur, 30 ans, catholique, survit à Belfast depuis 6 mois, en fait depuis que Sarah l'a quitté pour rejoindre Londres. Son travail, c'est de récupérer les objets impayés chez les pauvres de la ville avec deux collègues rustres et violents. Ses week-ends, il les passe dans les pubs avec une bande de copains à boire, ou alors à chercher le grand amour. Chuckie Lurgan, son meilleur copain, protestant, gros et chauve, vit encore chez sa mère Peggy, dans Euréka Street. Mais, alors que Jake, va d'échec en échec (travail et amour), lui va trouver le grand amour avec Max une belle américaine, et devenir milliardaire grâce à de grosses magouilles. Et pendant tout ce temps, un inconnu peint un mystérieux sigle "OTG" sur les murs de Belfast....

Quelle merveille, ce livre ! J'adore le "ton" de Robert Mcliam Wilson, son style d'écriture. Derrière une légèreté, une fluidité de l'écrit, un humour dévastateur présent presque à chaque phrase, se cache une observation et une description pleines d'acuité, de vérité sur Belfast et ses habitants. (il y a plein d'autres personnages) C'est tout à la fois, drôlatique, hilarant, émouvant, tendre, tragique, et c'est captivant du début à la fin. Derrière tout cet humour féroce, se cache toute l'horreur du terrorisme et de sa violence (qui ne touche toujours que des innocents), toute la haine que peuvent éprouver deux membres de communautés de religion différente mais d'origine identique (même pays, même ville), cela quand ils se reconnaissent (!), et aussi toute la bêtise et tout le ridicule des acteurs et des meneurs de ce terrorisme.

Mais c'est aussi le livre de l'amour de l'auteur pour Belfast, sa ville. Ville qu'il trouve laide (il l'a personnifie), mais qu'il trouve aussi si vivante et si savoureuse. Eureka Street; c'est une magnifique histoire d'amour, pour Belfast et pour les femmes, si difficiles à cerner, à aimer (?). Deux chapitres m'ont particulièrement touchée : le dixième qui raconte Belfast et le onzième qui relate un attentat dans une sandwicherie, si plein de vérité sur le massacre absurde de vies complètement innocentes.

Enfin, je m'arrête là, juste pour vous dire : ne passez pas à côté, c'est vraiment un livre à lire, à garder dans son coeur et dans sa bibliothèque !

5/5


De : doriane99 Envoyé : 05/01/2006 15:24

Robert MCLIAM WILSON - La douleur de Manfred

Manfred, vit seul la fin de sa vie, en homme résigné, il attend la mort. Sa vieillesse est rythmée par les coups de téléphones hebdomadaires et la rencontre mensuelle avec sa femme Emma. Il nous parle de ses douleurs : douleur physique infligée par sa maladie, douleurs morales (ses souvenirs de guerre, sa séparation d’avec Emma, ses remords…).

Mon avis

J’ai beaucoup aimé ce livre, le héros attachant malgré ses travers. On veut tant savoir ce qui l’a conduit à cette relation étrange avec sa femme. Difficile de comprendre comment une vie si bien réglée a pu déraper. Une alternance de chapitres : Manfred aujourd’hui avec ses douleurs et d’autres chapitres décortiquant son passé. Les descriptions de la déchéance physique de Manfred sont un peu dures car très réalistes mais elles nous rendent compatissants envers lui … Une réussite pour mon premier livre dans le thème…

5/5


De : 2550Chimère Envoyé : 06/01/2006 19:11

LA DOULEUR DE MANFRED de Robert McLiam Wilson
ed Christian Bourgeois éditeur/263p
trad : Brice Mathieussent

Résumé : Manfred vit ses derniers jours seul. Pourtant Manfred a une épouse qu'il ne rencontre qu'une fois par mois dans un parc et un fils Martin qu'il n'aime pas et c'est réciproque. Pourquoi et comment en est-il arrivé là ?

Mon avis : Etrange récit. On devrait le détester ce Manfred et pourtant on souffre pour lui et avec lui. Le récit est construit en alternant avec le passé de Manfred et ses derniers jours, laissant place à beaucoup de mystère concernant les relations qu'entretien le personnage avec sa femme Emma. Un sujet difficile à traiter mais dont l'auteur parvient à en faire un très beau roman avec un personnage que l'on voudrait détester mais qui inspire plutôt la pitié et la compassion malgré ses actes impardonnables.

Ma note : 4/5


De : Sahkti1 Envoyé : 16/01/2006 22:30

Robert McLiam Wilson, la douleur de Manfred.

Ce texte fut une gifle. Manfred aime sa douleur, il la chérit du mieux qu'il peut, il l'aime car elle lui permet de se complaire dans son malheur. Un malheur incarné par sa vie qu'il repousse. Manfred se réjouit de mourir. Fou. Je dois me reprendre, je lis l'histoire d'un homme qui aime la douleur et la mort, car elles sont libératrices. Ces lignes sont miennes, chaque mot me ressemble. Avoir mal pour mourir, mourir pour être libre.
McLiam Wilson va beaucoup plus loin, c'est subtil, grandiose par moments. C'est un enchaînement de souffrances et de silences, des secrets véhiculés au fil des années par Manfred, des éléments qui le font souffrir et la souffrance morale est souvent plus pénible à supporter que la souffrance physique. Un corps qui hurle pour masquer les cris d'une âme en peine, un homme qui meurt car cela fera taire ce corps qui masque son esprit, tout disparaîtra. Raisonnement simple et efficace. Trop simple. L'esprit humain ne peut se nourrir de cela. La douleur physique réveille les douleurs morales, les souvenirs enfouis, des images de guerre, de violence, d'une femme meurtrie (Emma), de juifs persécutés... Mince, peut-on encore revendiquer sa propre souffrance face à tous ces coups de poings balancés dans la figure de l'humanité ?! Manfred estime que oui, il le fait avec une froideur et un calcul qui me laissent pantoise devant tant de noirceur. Si la douleur est une drogue que l'on respire à pleines bouffées, peut-elle devenir une arme destinée à se satisfaire soi-même au détriment des autres ?
L'auteur l'a bien compris, il transforme la déchéance d'un corps en exorcisme des tourments de l'âme. Effrayant.

Ma note: 4,5/5


De : ThomThom12932 Envoyé : 28/01/2006 16:25

Robert MCLIAM WILSON - "Ripley Bogle" (Ballantine, 1988)

Méconnu en France (où il est sorti assez tardivement, à l"instar de "Mansfred'Pain"), le premier roman de Robert McLiam Wilson est peut-être bien son meilleur. Comme dirait Ardisson, ce livre est "impitchable" , alors je ne m'y risquerais pas, en plus ce serait cruel car le bouquin bascule totalement arrivé à la moitié et je vous gâcherai totalement le suspens.
Imaginez seulement un grand essai biographique, sauf que le personnage dont on vous fait la biographie est totalement fictif...
L'essentiel est de savoir que Ripley Bogle est un personnage à mon sens unique dans la littérature, aussi brillant que prétentieux, aussi surdoué que branleur, aussi mythomane que terriblement touchant.
Ce roman, c'est le grand roman du mensonge, celui où l'auteur, plutôt que se lancer dans une tentative autobiographique pompeuse, préfère réinventer sa vie, avec cette plume féroce et cet humour à froid qui le rendent si cher à mes yeux. Un régal, qui ne manquera pas de désarçonner ceux qui ont découvert l'auteur via "Eureka Street". A découvrir de toute urgence !!!!!!

4,75/5


De : Sahkti1 Envoyé : 02/02/2006 11:02

Robert MCLIAM WILSON, Les dépossédés

En 1990, Robert McLiam Wilson et le photographe Donovan Wylie, réalisent une étude sur la pauvreté en Grande-Bretagne, en particulier dans les villes de Glasgow, Londres et Belfast. C'est l'époque de l'ultra-libéralisme à la Thatcher et d'une pauvreté qui envahit toutes les rues. Avec la perversité d'une telle situation qui finirait presque par rendre cette misère tolérable parce que faisant partie du paysage quotidien.
Le titre traduit bien le contenu, ces rencontres avec des personnes qui pour de multiples raisons ont tout perdu, via un processus souvent irréversible les menant à la précarité. Des gens comme tout le monde, comme nous, qui, un jour, deviennent "les autres", les pauvres.

Raconté à la première personne du singulier, ce récit constitué de témoignages, de portraits, d'incursions dans les centres d'hébergement ou dans les squats, est accompagnée de photographies (dont la qualité laisse un peu à désirer) qui tentent de fixer l'image de la pauvreté. Mais c'est trompeur, parce que c'est à l'intérieur que ça se ressent, en face aussi, à travers des gestes et des paroles, à travers la vie qui ne s'est pas arrêtée.

Très vite, on se rend compte que McLiam Wilson est troublé, bouleversé. Sans doute parce que lui-même a connu une jeunesse défavorisée à Belfast mais aussi parce que ses repères sont ébranlés de manière brutale. la misère s'étale sous ses yeux impuissants, il constante les échecs d'une société qui n'est plus capable (ou ne veut pas) prendre soin des siens, il y a là un désarroi qui pousse à la révolte.

Un livre dérangeant, parce qu'il fait mal par ce qu'il montre mais aussi, et surtout, par les impressions de résignation et d'immobilisme que l'on ressent en le refermant.

Un extrait:

"La pauvreté est une chose étrange. Elle est atemporelle, internationale et apparemment permanente. elle est tolérée, ignorée et supportée. C'est un fructueux terrain de chasse pour les sociologues, les économistes et les moralistes doctrinaires. Certains prétendent qu'elle n'existe pas vraiment. D'autres affirment qu'elle existe, mais qu'on ne saurait la définir. C'est une conséquence auto-infligée du déclin industriel. C'est un garde-fou créé par l'évolution. C'est une retombée de la conspiration capitaliste. C'est la volonté de Dieu."

Ma note: 4/5
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Re: Robert MCLIAM WILSON (Royaume-Uni/Irlande du Nord)

Message  gallo le Dim 21 Déc 2008 - 18:11

De : ThomThom12932 Envoyé : 17/02/2006 14:32
Robert McLiam Wilson - "Eureka Street" (Ballantine, 1996)

Belfast, Irlande du Nord. Menace terroriste permanente.
Plutôt que d'écrire un pamphlet, Robert McLiam Wilson a préféré mettre sa plume rageuse au service d'une histoire, croiser le destin de ces deux personnages aussi décalés qu'attachants, Jake, le catholique, playboy sur le retour, et Chuckie, le protestant, gros nounours et vieux garçon.
L'un d'eux est sur la pente ascendante, l'autre sur la pente descendante. Ils sont totalement différents, aussi paumés l'un que l'autre, aussi paumés que tous les habitants de cette foutue rue et aussi "vivants" pour le lecteur que pour l'auteur. Deux personnages crédibles, tellement crédibles que par instant les caractères finissent par étouffer l'histoire en elle-même...
C'est là toute la beauté du texte...cette énigme, quant aux initials O.T.G. tagués un peu partout dans le secteur...cette pseudo intrigue...l'histoire n'est ici qu'un prétexte, un prétexte pour mettre en scène des personnages tragiquement ordinaires, aux destins désespéréments ordinaires...dont le seul lien réel est cette angoisse permanente dans laquelle ils sont obligés de vivre.

Un livre drôle, très drôle. Amer ausi, provocateur même parfois. Une curiosité, par ailleurs, car des trois romans de l'auteur c'est sans doute le moins bon, mais aussi le plus personnel.

J'ai très envie de mettre la note maximale à ce livre mais non, pas possible...objectivement, je ne peux me résoudre à lui mettre 5/5.

Je lui mets donc 4,5/5, ce qui vous me direz n'est déjà pas mal. Je pense que Robert McLiam Wilson est sans doute l'un des rares auteurs contemporains qui passera à la postérité. Mais pour l'instant, il n'a pas encore écrit LE livre.


De : DKOIS Envoyé : 23/02/2006 18:31

LA DOULEUR DE MANFRED

Voilà mon premier roman lu sous les conseils des "rats ", alors tout d' abord merci à vous tous.... parce que j' ai ce bouquin, voilà le type exact d 'écriture et d' histoire que je recherche ( entre autres bien evidemment )
Je ne referai ni résumé ni critique de ce livre, d' autres l' ont fait avec talent précedemment, toutefois, léger bémol, j' aurai aimé un plus grand développement du personnage de MANFRED, tellement son ambigüité était intérressante ( à moins que se soit le fait d' avoir lu ce livre si passionnément qui me frustre d'en avoir terminé si rapidement ...)
Ma note : 4,5/5


De : ThomThom12932 Envoyé : 26/02/2006 17:04
"Manfred's Pain" (Ballantine, 1992)

Tout comme DKOIS je ne ferai pas le résumé de ce livre déjà résumé quatre ou cinq fois ci-avant.

En revanche je peux vous dire que ce livre est une petite merveille qui...m'a déçu. Dans mon souvenir il était mieux que ça, comme quoi parfois ce n'est pas toujours bien de relire des livres qu'on a adoré !
Oh bien sûr, l'argument même du livre, cette manière de se complaire dans la douleur développée par Manfred et si coutumière de nombre de nos contemporains, j'avoue que je trouve toujours ça aussi grandiose ! McLiam Wilson s'y connaît comme personne lorsqu'il s'agit de manier la satire (Cf "Ripley Bogle" pour ceux qui ne l'ont pas encore lu) et son verbe acerbe ajouté à un indéniable talent de portraitiste ne manquent pas de faire mouche.

Néanmoins, avec le recul, il me semble que c'est sans doute, de ses trois romans, le plus faible...ce qui ne veut pas dire mauvais ! ce n'est pas son plus mauvais, c'est son moins bon...

...un moins bon qui lui vaut tout de même un 4/5 (c'est dire s'il est mauvais bouh).


De : Melisande5505 Envoyé : 04/03/2006 18:02

Eureka Street

Le héros de ce livre est Belfast. Belfast défiguré par les bombes et les traces des balles, souillé par des graffiti guerriers. Les personnages font ce qu'ils peuvent pour survivre dans cet univers chaotique qui permet aux plus mauvais instincts de l'homme de s'exprimer.

Alors le paradoxe est qu'il s'agit d'un livre plein d'optimisme, on a l'impression que l'auteur est loin de désesperer de la nature humaine, qu'il a même tendance à voir dans des laisser pour compte de belles choses, l'humanité, la générosité, une très grande tendresse, même si elle du mal à s'exprimer, des raisons d'eperer dans l'espèce humaine.

Alors même si la fin du livre est un peu démagogique, il faut lire ce livre jouissif, qui fait frissoner et sourire, et qui fait regretter qu'il ne fasse que 540 pages.
4 / 5


De : Mousseliine Envoyé : 05/03/2006 08:03

Eureka Street

Tout semble avoir été dit sur ce livre que j'ai aussi beaucoup, beaucoup aimé. Le rythme de la narration est rapide, dynamique - ce qui fait qu'on a toujours envie d'avancer et qu'on ne s'ennuie à aucun moment. L'humour de Robert McLiam Wilson est jubilatoire, j'ai éclaté de rire à maintes reprises (l'humour c'est ce qui manque à bien des auteurs alors on tombe dans le misérabilisme comme c'est le cas avec Frank McCourt). Les personnages sont très colorés, on s'attache à cette gang de potes et on a bien envie d'aller prendre un verre avec eux, on les imagine aisément, en fait j'avais l'impression d'être au cinéma, je voyais les images défiler. Bien aimé aussi la langue employée par l'auteur, c'est souvent celle de la rue, directe, des expressions vulgaires mais très représentatives. Connaissant très peu l'Irlande, j'ai appris plein de choses et surtout ça me donne le goût d'aller plus loin dans la découverte de l'histoire de ce pays.

L'attachement très profond de l'auteur envers Belfast - malgré tout - est palpable et ça j'apprécie énormément. Comme pour Paul Auster qui aime tant New York, et moi j'adore Montréal. Bref ça me rejoint les gens qui aiment de tout leur coeur un lieu quelconque et encore plus quand c'est une grande ville.

Un extrait : "Ce matin, Belfast ressemble à n'importe quelle ville. C'est une chose tendre et fragile, un agrégat de maisons, de rues et de parkings. Où sont les gens? Ils se réveillent ou ne réussissent pas à se réveiller. La tendresse est un mot bien pâle pour désigner ce que je ressens envers cette ville."

note : 4.75/5


De : lalyre7032 Envoyé : 2006-03-12 05:04

La douleur de Manfred

Je ne vais pas refaire le résumé,je ne ferais que répéter ce qui a déja été écrit,mais j'ai aimé ce livre très bien écrit,j'ai eu l'impression que l'auteur connaissait cette douleur physique si bien décrite car pour parler de la douleur je pense qu'il faut l'avoir connue.Et l'autre douleur par rapport à Emma on peut l'imaginer car il l'aime sa femme et quelle punition infligée,un amour bizarre entre ces êtres qui ne se voient qu'une fois par mois et seulement pendant quelques instants.C'est un roman intimiste et très triste et j'ai ressenti beaucoup d'émotion en lisant les dernières phrases que je vous livre.

"Le sol se brisait sous son corps.Bientôt il tomberait.Il mourrait.Avec la grâce et la fixité d'une dernière page,ses yeux se fermèrent.Désormais affranchi de toute peur,il fut délivré.Près de la sortie il vit la vraie âme d'Emma,cette âme que Dieu aimerait pour l'éternité."

4,5/5 Lalyre


De : Cocotte8017 Envoyé : 2006-03-19 18:15

Eureka Street

Je ne fais pas différent de la masse, car j'ai également beauocup aimé Eureka Street. J'ai tôt fait de m'attacher à ces personnages colorés qui resteront sûrement longtemps dans ma mémoire. Les principaux, Jake Jackson, catholique et Chuckie Lungan, protestant, deux copains de beuverie écorchés de la vie qui verront leur destin prendre des chemins différents.

Eureka Street, c'est un hymne à Belfast, ville d'Irlande du Nord où règne la menace terroriste. Le chapitre racontant un attentat dans une sandwicherie est vraiment horrible. Malgré ce fond de guerre et de vilence, l'auteur dédramatise le tout avec un humour savoureux qui rend la lecture de ce livre très fluide et agréable. Pas de misérabilisme ici, que la réalité parfois dure oui, mais surtout teintée d'une note d'espoir qui permet à ces personnages d'avancer.

Un roman captivant du premier au dernier mot!

Ma note : 4,5/5


De : melodie74 Envoyé : 2006-03-20 10:18

Robert McLiam Wilson (1997) Eureka Street. 545 pages.

Le résumé de ce livre a été très bien fait auparavant. En gros, c'est l'histoire d'un groupe d'amis qui incarnent Belfast : des catholiques, un protestant qui s'inclut dans leur cercle, une séparatiste extrémiste, etc. Tous les éléments de l'Irlande du Nord, les plus extrêmes comme les plus modérés, sont développés dans les divers personnages.

J'ai adoré le fait que McLiam Wilson ne tombe pas dans le misérabilisme, comme l'a dit Mousseline. Il a réussi avec brio à nous faire découvrir sa ville et même à nous donner envie (en tout cas à moi) d'aller boire une pint avec les protagonistes. Il a réussi à nous décrire les horreurs d'une guerre pour nous insensée tout en gardant un ton humoristique, ce qui détonne parfois, mais qui est aussi la raison pour laquelle nous ne pouvons laisser ce livre plus de quelques minutes.

En plus, j'adore les livres qui ouvrent avec une idée en toute première phrase ("Toutes les histoires sont des histoires d'amour.") et qui réussissent à boucler cette boucle avec succès à la fin (là, je ne vous donne pas la phrase, ça serait vous gâcher le plaisir).

Et il y a même quelques petits clins d'oeil à ce fameux Ripley Bogle dans le livre...Ma curiosité est piquée!

Quel auteur! Les thèmes des rats sont vraiment géniaux. Ce livre est un petit trésor caché que je n'aurais sûrement jamais trouvé dans la mer des publications si le thème de la littérature irlandaise n'avait été proposé. Vive les rats!

J'ai déjà Ripley Bogle en ma possession et je l'entame dès ce soir!

Ma note : 4.5/5 (-0.5 pour certains personnages secondaires qui étaient, à mon avis, de trop).
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Re: Robert MCLIAM WILSON (Royaume-Uni/Irlande du Nord)

Message  gallo le Dim 21 Déc 2008 - 18:11



De : melodie74 Envoyé : 30/03/2006 17:01

Robert, McLIAM WILSON (1989) Ripley Bogle. 326 pages.

Ça y est! Je suis en amour Vous avez sûrement déjà connu cette sensation à la fin d'un livre quand on veut crier à tout le monde que ce livre est génial, que l'auteur est génial, etc. IL EST GÉNIAL McLIAM WILSON. Ne passez pas à côté.

Ripley Bogle alors...Pendant 4 jours, à Londres, nous suivons les aventures de Ripley Bogle, jeune sans-abris de 22 ans. En fait, aventures est un bien grand mot. Nous le suivons simplement dans sa vie (plutôt misérable) de tous les jours. Comme il ne fait pas grand-chose de ces journées, Ripley nous raconte, avec des retours en arrière, sa jeunesse à Belfast, son adolescence tourmentée, son départ pour l'Angleterre et par le fait même, nous explique comment il en est arrivé à vivre dans la rue.

Comme Thom l'a dit plus haut, ce personnage est difficilement résumable...Il est beau et prétentieux, mais aussi misérieux et seul. Il est énormément intelligent, mais ne peut utiliser cette intelligence pour se sortir de son trou, car notre Ripley est plutôt paresseux et procrastinateur. Il rêve beaucoup, il imagine beaucoup, mais n'agit pas nécessairement beaucoup.

Ripley nous amène dans une montagne russe d'émotions. Pas pour que nous le prenions en pitié ou le détestions, mais il nous raconte ses fables pour que nous l'aimions. "Toute les histoires sont des histoires d'amour", disait McLiam Wilson dans Eureka Street.

La seule chose, je crois, qui pourrait rebuter certains lecteurs, c'est qu'il y a énormément de texte dans ce livre. Il n'y a pas tant de pages que ça, mais tout le texte (à part quelques petits dialogues par ci, par là) est une énorme thèse, une réflexion à la Ripley. Alors si vous vous attendez à de l'action, des conversations, etc., vous serez déçus. On plonge à fond dans cet univers que nous connaissons mal, mais qui est raconté de manière à ce que nous ne puissions pas détourner les yeux. Même que si l'on veut être encore plus "pop-psycho", j'irais jusqu'à dire que vous ne regarderez peut-être plus les sans-abris de votre quartier de la même façon...

Ma note : 5/5


De : melodie74 Envoyé : 30/03/2006 17:06

Un passage tiré de Eureka Street où Jake rencontre Ripley, par hasard, dans la rue.

Il m’a repéré et a eu un sourire surpris.
« Jake Jackson ?
-Ca va ?.
Il a éclaté de rire en me serrant la main.
« J’arrive à peine à y croire » dit-il
Il avait une mine lamentable. Au beau milieu de ce début de soirée ensoleillé et de toute la verdure estivale des arbres environnants, Ripley Bogle évoquait l’hiver et les ruines. Lui qui avait toujours été séduisant, il était désormais aussi terne et fané qu’une vieille photographie, face de craie et lèvres exangues. Soudain, j’ai ressenti le choc du chagrin, comme si quelqu’un venait de mourir.
-« Bon Dieux mon vieux, t’as une tête terrible, dis-je avec mon tact habituel.
-Merci
-Pardon ».
Il a glisse l’enveloppe dans sa poche et fait mine de partir.
J’ai changé de sujet.
« C’était quoi, ce truc avec la télé ?
-Les dividendes de la paix. Il y a plein d’équipes de télé étrangères et je suis le seul clochard polyglottes en ville. Grâce à mon honnêteté et à ma culture cinq étoiles, je gagne ainsi quelques dollars. Faut que j’y aille, j’ai rencard avec une équipe de la télé allemande dans cinq minutes ».
Il a essayé de partir. Mais d’une main posée à plat sur sa poitrine, je l’ai arrêté.
« Ecoute, je me suis excusé pour ce que je t’ai dit.
Ouais, Laisse tomber »
Je lui ai offert une cigarette. Il a accepté. Nous avons allumé nos clopes, virilement adossés à la rampe, puis nous avons reluqué une série de femmes bouleversantes qui passait devant nous.
« Tu aimes ton mode de vie ? lui ai-je demandé
-A ton avis ?
-Ca dure depuis combien de temps ?
-Des décennies.
-Pourquoi vis-tu comme ça si ça ne te plait pas ?
J’ai un problème.
-Lequel ?
-Je n’ai pas assez d’argent.
-Merde alors toi qui est allé à Cambridge, tu trouverais un boulot les yeux fermés ».
Il a souri.
-Regarde moi reprit-il. Est-ce que tu me donnerais un boulot ?
-Faudrait plus que ce que j’ai ».
J’ai déchiré un morceau de mon paquet de cigarettes et j’ai griffonné un numéro de téléphone dessus. Puis je lui ai tendu.
« C’est quoi a marmonné Bogle, perplexe.
-Tu connais cette histoire de compter sur la bonté des inconnus ?
-Pas que je sache ».
J’ai tapoté le bout de carton que je venais de lui donner.
« Appelle ces gens. Lui c’est Matt. Elle c’est Mamie. Tu possèdes une chose dont ils ont besoin ».
Il m’a regardé d’un air étrange.
« Je me souviens. Tes parent adoptifs, c’est ça ?
-Ta mémoire du passé lointain est restée intacte ».
J’ai essayé de m’éloigner, mais Bogle a posé sa main sur ma poitrine. Son visage était animé presque rajeuni. Je me suis soudain rappelé, à quoi il ressemblait, autrefois.
« Pourquoi fais-tu ça ? ».
J’ai éclaté de rire.
« Tu es terrifiant Bogle. Tu as fait des études ruineuses. Cela me tue de constater tout ce gâchis. Tu es un symptôme du malaise profond de notre société ». J’ai retiré sa main de ma poitrine. « Tu me flanques une trouille affreuse »ajoutai-je
Il a ri d’un air complice. Il avait toujours de bonne dents ; l’espace d’un instant, il m a semblé plein de santé et presque beau.
« Tu es sur que ce n’est parce que tu es un vieux couillon sentimental ? me demanda-t-il ? A l’école déjà, tu étais un jeune couillon sentimental.
Je lui ai tapoté la main pour lui signifier de l’enlever de là.
« Je suis un dur, fis-je. Je suis un vrai dur ».


De : Chantal5500 Envoyé : 2006-04-12 14:32

LA DOULEUR DE MANFRED :

Je ne refais pas le résumé du livre. Je donne juste mon avis : j'ai retrouvé la belle écriture de Robert Mcliam Wilson que j'aime décidément beaucoup, mais par contre, l'histoire ne m' a pas accrochée. En fait, il a fallu que j'arrive à la moitié du livre pour commencer à être vraiment intéressée. (toutes les descriptions de guerre dans la première partie m'ont plus ennuyée qu'autre chose). De plus, je ne me sentais pas touchée par cet homme. Reste donc un sentiment mitigé. Mais heureusement, "Euréka street" reste un très bon souvenir de lecture et je relirai très certainement cet auteur car j'aime énormément son style.

3,8/5
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La douleur de Manfred

Message  s-lewerentz le Mar 13 Jan 2009 - 7:31

Résumé
Manfred est âgé et sait qu’il va bientôt mourir ; il attend. Il souffre de multiples douleurs. Douleurs physiques mais aussi et surtout morales : souvenirs de la seconde guerre mondiale et de son mariage avec Emma, une rescapée des camps de concentration. A tout choisir, Manfred préfère même ses maux d’estomac, car ses souffrances morales sont beaucoup plus lourdes à supporter. Même s’ils n’ont jamais divorcé, ils vivent séparés et selon un rituel immuable : une fois par mois, ils se rencontrent sur un banc de Hyde Park à Londres, mais sans que Manfred ai le droit de la regarder, et une fois par semaine, il ose lui téléphoner. Pourquoi ? Que s’est-il passé entre eux ?

Commentaire
Un très beau livre, une belle histoire mais très dure. L’écriture est crue, parfois presque « clinique ». L’auteur nous raconte les souffrances et les douleurs de ses personnages, leurs tourments, leurs jalousies mais aussi leurs joies et leur amour. C’est vrai, c’est l’histoire dérangeante de vies tragiques et sombres mais le livre est magnifique et il vaut vraiment la peine de le lire !

Auteur
Robert McLiam Wilson est né en 1964 à Belfast. Après de courtes études à Cambridge, il travaille à Londres puis retourne en Irlande du Nord pour donner des cours à l’université. Son premier roman, Ripley Bogle (1989), remporte plusieurs prix, de même que le second, Eurêka Street (1996), qui est un peu le Ulysse joycien de Belfast – génial également, je vous le recommande vivement !

5/5

(éd. 10-18, 2002)
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Re: Robert MCLIAM WILSON (Royaume-Uni/Irlande du Nord)

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