Gregory David ROBERTS (Australie/Inde)

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Gregory David ROBERTS (Australie/Inde)

Message  Lacazavent le Jeu 27 Nov 2008 - 13:55

De : Diantre65 Envoyé : 22/04/2007 06:28
Shantaram de Gregory David ROBERTS
Flammarion, 2006, 873 pages.

Lorsque j'ai entrepris la lecture de cette grosse brique de presque 900 pages, je me suis dit : si ce n'est pas bon, ça va être très long......Mais aujourd'hui, j'aimerais trouver les mots qui vont vous convaincre de le lire vous aussi. C'est une très grande oeuvre que cette tranche d'autobiographie de cet auteur australien. Je l'ai dévorée et à aucun moment je n'ai trouvé de passages longs et ennuyeux, faut le faire, quand - même, avec un récit d'une telle ampleur.
C'est une sorte de voyage initiatique , une quête vers la liberté que nous raconte M. Roberts. Il débute son histoire en nous racontant la vérité : devenu accro à l'héroine et après avoir fait plusieurs hold-ups pour payer sa dope, il finit un beau jour par se ramasser derrière les barreaux d'une prison atroce. Il réussit à s'échapper de là avec un autre type, et il s'évade en Inde, dans la ville de Bombay. A partir de là, il essaie tant bien que mal de survivre et de se refaire une nouvelle vie, puisqu'il a abandonné sa famille et ses amis derrière lui dans son pays et qu'il ne peut pas retourner en arrière.

Il nous raconte ses folles aventures , qui sont dignes d'un grand roman d'aventures et d'un grand roman policier tout à la fois. Et c'est tout à fait captivant, envoûtant. Il réussit si bien à nous expliquer la vie en Inde, quels sont les rapports humains, les religions, les guerres, les crimes, la pauvreté, la saleté...mais aussi toute les beautés, les odeurs et les couleurs de Bombay et de ses 15 millions d'habitants. Il nous raconte sa vie dans les bidonvilles puants et immondes, la générosité des gens qui ont des coeurs gros comme le monde; il parvient si bien à vivre sereinement dans cette grande pauvreté qu'il nous donne presque envie d'aller passer deux mois dans une hutte de 3 mètres carrés.
Puis, après, son récit incroyable de comment il est devenu un membre de la Mafia de Bombay et de ses arnaques diverses. Et aussi comment il est parvenu à aimer le grand chef de la mafia, ce Khader Khan, comme si c'était son père. Comment il a accepté d'aller en Afghanistan pour se battre comme si c'était sa propre cause, pour ne pas déplaire à celui qui l'a aidé à sortir de l'horrible prison de Arthur Road, où il était voué à mourir sous les blessures sans mesure. Comment il a perdu de nombreux amis lors des guerres, des batailles de pouvoir et de sang.
L'auteur réussit à nous transmettre son amour pour cette ville immense et son peuple. Il nous fait comprendre comment il se sent le coeur "indou" ,sous une apparence d'homme blanc. Il nous décrit bien les élans tristes de son coeur qui n'arrive pas à se sentir heureux, puisque dans son pays natal sa tête est mise à prix. La liberté est une illusion après laquelle il a couru longtemps dans ce Bombay grouillant et bruyant.

Puis, plus que tout, en tant que citoyen occidental, on se retrouve devant ce récit : un mur de réflexions sur la Vie, l'humain, l'amour, la liberté, la peur, la survie, les religions, les guerres, la colère, le pardon.......bref, on se met à réfléchir sur sa propre vie en lisant ces lignes, ces pages de grande valeur.
C'est un livre dont je me souviendrai longtemps.
Je vous souhaite à tous de le lire.

Ma note : 4.8/5
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Re: Gregory David ROBERTS (Australie/Inde)

Message  laurier le Lun 8 Fév 2010 - 21:23



Gregory David Roberts est né à Melbourne, en Australie. Étudiant doué pour l'écriture, il sombre dans la dépendance à l'héroïne lorsque son mariage s'écroule et qu'il perd la garde de sa fille. Coupable d'une série de vols réalisés à l'aide d'un faux pistolet, il devient célèbre sous le nom de «Gentleman Bandit». Il est condamné à dix-neuf ans de prison, mais s'évade et passe dix de ses années de fugitif à Bombay. Il est finalement repris en Allemagne, et purge la fin de sa peine dans ce pays ainsi que dans les prisons australiennes.
A sa libération, il monte avec succès une entreprise consacrée au multimédia et, depuis la publication de Shantaram dans le monde entier, se consacre à plein temps à l'écriture.

Présentation de l'éditeur

Australie, 1980. Lin s'évade de prison et atterrit sous une fausse identité dans les rues fourmillantes de Bombay, où il espère disparaître. Il pénètre peu à peu le monde secret de la " ville dorée ", où se côtoient prostituées et religieux, soldats et acteurs, mendiants et gangsters. Fugitif sans famille, Lin cherche inlassablement à donner un sens à sa vie, d'abord en improvisant un dispensaire dans un bidonville, puis à l'échec de celui-ci en faisant ses premières armes dans la mafia de Bombay. Cette quête le conduira jusqu'à la guerre, à la prison et ses tortures, et à une série de trahisons sanglantes. Puis à la rédemption, enfin. Mais les clés du destin de Lin se trouvent entre les mains de son mentor, Khader Khan, parrain de la mafia, à la fois criminel, saint et philosophe, et surtout de Karla, femme mystérieuse, belle et dangereuse dont Lin tombe follement amoureux. Ce roman épique nous plonge dans une Inde fascinante et marque l'entrée e littérature d'une voix extraordinaire.

Mon commentaire:
il est long , mais pour ce livre on ne peut faire moins
j'y rajoute le lien pour les extraits ICI


Avec cet ouvrage nous plongeons profondément dans la violence, la haine, la mort mais aussi de l’amitié proche de l’amour, l’amitié virile des guerriers, l’amitié douce et réconfortante pour l’esprit et le cœur , de l’honneur, la compassion, le vrai courage, la joie donnée par une image, la vue d’un enfan,t d’une belle femme où d’amis heureux, la tristesse, la douleur physique et celle aussi difficilement supportable du cœur, le bonheur pour soi mais celui des autres également et par dessus tout la tolérance

Nous plongeons également dans un univers de pauvreté extrême des bidonvilles de Bombay

Avec ses codes, son entraide, sa débrouille, mais toujours dans la joie, la danse , la prière

Une mixité de population incroyable et pourtant en parfaite harmonie face à l’adversité.

Nous passons par les geôles indiennes où la vie y est insupportable même pour les plus endurcis.

Nous voilà aussi au cœur de la mafia indienne et de ses trafics en tous genres.

La guerre des gangs est récurrentes et sans concession, violente.

Un détour par les montagnes Afghanes pendant la guerre russo – afghane. Là encore violence et courage.

Et malgré tout cela l’amour est partout, la poésie, la douceur aussi, sans oublié la drôlerie.

Mais avant tout ce livre est un livre sur la survie.

Survie du corps, du cœur mais surtout de l’esprit. Survivre dans tous ces milieux plus qu’hostiles. Survie dans le bidonville pour un étranger, il finira par se faire accepter et bien plus

Pendant toute ma lecture, je me suis fait la réflexion, ce livre est il un livre sur la rédemption, le rachat des fautes ?….

C’est avant tout un livre emplie de philosophie, sur Dieu, l’amour, le pardon et bien d’autres pensées nous traversent encore.
Dans tous les cas il ne peut laisser indifférent.

On ne peut pas vivre avec ce personnage et aimer ce qu’il fait la plupart du temps.

Je dis bien la plupart du temps, car il fait aussi des choses extraordinaires sans contrepartie, il le fait pour les gens, pour la vie tout simplement.

Ce livre nous plonge dans un abîme de réflexions…

J’y ai trouvé tant de poésie aussi.

Je manque de qualificatifs pour en parler, il y aurai encore beaucoup à dire, à débattre, oui, ce livre est un livre propice au débat.

Il est dit que l’Inde est le pays de la danse et de l’amour, ils sont présents tout au long du livre.

J’ai commencé ce livre voilà 6 mois, aujourd’hui je le referme avec un sentiment de tristesse et de compassion et oui de compassion, pour le personnage principal, mais aussi pour tous ces gens dont la longueur de vie est si aléatoire pour diverses raisons.

Mais je m’incline devant tant d’amour et de chagrin, de tolérance et de grande humanité

Paradoxe venant d’un homme qui vit et travaille dans l’illégalité, quoique l’un n’empêche pas l’autre.


C'est pour moi un énorme coup de cœur. 5/5
Je ne sais plus qui a dit attendre mon avis, le voici.


A mon tour j’attends de lire le sien (était ce DIANTRE ?)si oui j'ai bien lu son commentaire et je suis en total accord avec ce qu'il dit.

j'attends le votre aussi, je sais il fait plus de 800 pages, je n’ai pas pus le lire d’une traite, trop intense, mais osez, vous ne serez pas déçus.

Il n’est pas à moi sinon je l’aurai mis en LV, sans hésitation malgré le poids.

Pour conclure voici un dernier extrait qui résume bien l’histoire de cet homme torturé, dans tous les sens du terme.

« Le manteau du passé est composé de morceaux de sentiments cousus avec le fil du rebus. La plupart du temps, le mieux que nous puissions faire, c’est de nous en envelopper pour nous réchauffer ou le traîner derrière nous en nous efforçant d’avancer. Mais chaque morceau a sa cause et sa signification. Chaque vie, chaque amour, chaque action, chaque sentiment, chaque pensée a sa raison d’être et son sens. Son commencement , et le rôle qu’il y joue à la fin. Parfois, nous le voyons bien.

Parfois, nous voyons le passé si clairement et nous y lisons les légendes des différentes parties avec une telle acuité, que chaque point du temps révèle sa finalité et dévoile le message qu’il contient. Rien dans la vie, qu’elle soit vécu dans la richesse ou la pauvreté, n’est plus que l’échec ou plus clair que le chagrin. Et dans la minuscule et précieuse sagesse qu’ils nous donnent, même ces ennemis tant redoutés que sont l’échec et la souffrance ont leur raison d’être et le droit d’exister
.


Dernière édition par laurier le Mar 9 Fév 2010 - 9:03, édité 4 fois
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Re: Gregory David ROBERTS (Australie/Inde)

Message  laurier le Lun 8 Fév 2010 - 21:41

il me faut rajouter que si je ne devais retenir qu'un seul livre sur le thème INDE ce serai sans hésitation celui ci
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Re: Gregory David ROBERTS (Australie/Inde)

Message  Mousseline le Mar 9 Fév 2010 - 6:04

Eh bien Laurier on l'attendait depuis longtemps cette critique! et c'est une réussite Very Happy

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Re: Gregory David ROBERTS (Australie/Inde)

Message  Lyreek le Dim 24 Nov 2013 - 16:28



Shantaram - Gregory David Roberts
J'ai lu - 871 pages

Suite à l’échec de son mariage, Lin a sombré dans la drogue. Coupable de plusieurs braquages à main armée, il est incarcéré dans le quartier haute-sécurité d’une prison australienne. Au bout de quelques années, il parvient à s’évader et s’enfuit à Bombay, où il va se construire une nouvelle vie.


Un roman riche en personnages et en événements, qui m’a fait découvrir l’Inde, loin des lieux touristiques bien connus.

Quelle vie que celle de Lin! Tellement d’aventures, de coïncidences et de rebondissements qui paraissent à peine croyable. Même si l’auteur présente son livre comme une autobiographie, je pense que certaines anecdotes sont un peu romancées. Mais cela n’enlève rien à la qualité du livre.

J’ai beaucoup aimé toute la partie consacrée au bidonville avec la création de la clinique et tous les habitants, pauvres mais si lumineux. Notamment, Prabaker, le guide dont le sourire et la joie de vivre transparaît à travers les pages.

La partie sur la mafia m’a moins intéressée, un peu trop de violence et de magouilles à mon gout. Mais l’auteur essaie toutefois de montrer que malgré la violence, c’est un milieu où on trouve aussi amitié et loyauté.

Même si Lin est loin d’être un homme parfait, même s’il commet des crimes, on ne peut s’empêcher de le trouver sympathique et attachant. C’est un homme avec ses forces et ses faiblesses, plein de doutes et de regrets mais aussi de courage, de fidélité et de loyauté.

Shantaram, c’est bien sur l’histoire d’une évasion et d’une cavale remplie d’aventures qui durera 10 ans.

Shantaram, c’est aussi une véritable déclaration d’amour pour la ville de Bombay et les indiens, même si tout n’est pas rose, malgré la pauvreté, la maladie et la corruption…

Mais Shantaram c’est surtout l’histoire d’une reconstruction et d’une quête de la liberté. Parce qu’être libre, ce n’est pas seulement ne plus être enfermé dans une cellule.

4.5/5

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Re: Gregory David ROBERTS (Australie/Inde)

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