Carson McCULLERS (Etats-Unis)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Carson McCULLERS (Etats-Unis)

Message  Mousseline le Jeu 27 Nov 2008 - 13:47

De : melodie74 (Message d'origine) Envoyé : 28/05/2004 21:36

McCullers, Carson (1940). Le coeur est un chasseur solitaire (v.o. The Heart is a Lonely Hunter). 387 pages

Dans un petit village du Sud des États-Unis, à la fin des années 30, nous rencontrons quelques personnages plus bizarres les uns que les autres : Singer, le sourd-muet autour de qui tous les autres vont graviter; Mick, la jeune adolescente qui rêve de musique; le docteur Copeland qui a un grand rêve pour le peuple Noir du Sud; Biff, veuf et propriétaire du Café et John, l'étranger qui arrive en ville de nulle part.

Tout ce beau monde mis ensemble, je croyais avoir droit à une histoire extraordinaire...Les 180 pages sont longues, on décrit (très bien) les personnages et leur situation, mais il ne se passe pas grand chose. Puis, ça s'améliore. On sent littéralement qu'il va se passer quelque chose. Les personnages sont de plus en plus énervés, ils arrivent au point de non retour. Et alors, ben...pas grand chose.

Je m'attendais à un mystère ou une grosse finale, mais finalement, ce n'était pas le but du livre. J'y repense et je m'en rends compte et ça me fait apprécier le livre un peu plus, mais je l'ai quand même trouvé long.

Le personnage de Singer par contre est absolument extraordinaire. Finalement, on se rend compte qu'il est un homme ordinaire tandis que tous les gens de la ville croient qu'il est absolument d'un autre monde, qu'il est le seul à pouvoir les comprendre, etc. (c'est même drôle car on se rend compte qu'en fait, il ne les comprend pas vraiment...).

Je suis très mitigée face à ce livre, il va falloir que j'y repense encore un peu. Mais pour l'instant, ma note, très subjective : un 3/5

Mélodie


De : Mousseliine Envoyé : 03/03/2005 18:33
Carson McCULLERS - Le coeur est un chasseur solitaire
(LGF - Livre de Poche, 2001, 445 pages)
Une petite ville du sud des Etats-Unis où l'on suit cinq de ses habitants qui se distinguent de tout et chacun. Mick une adolescente qui vit dans son monde intérieur avec Mozart et Beethoven. Jake Blount, un révolutionnaire socialiste venu d'on ne sait où qui n'a cesse de vouloir "faire connaître la vérité". Copeland, un médecin noir, qui toute sa vie a poursuivi un idéal: que sa race se libère de l'ignorance. Biff Brannon, le propriétaire d'un restaurant miteux "Le Café de New York", un homme qui a le coeur sur la main. Ces quatre personnages gravitent autour de Singer le sourd-muet qui attire les gens tel un aimant. On suit tous ces gens et bien d'autres dans leur quotidien, un quotidien misérable pour certains où les rêves semblent ne mener à rien...

Un très beau roman où la psychologie des personnages prime sur tout mais qui nous fait aussi découvrir la vie dans le Sud vers la fin des années 30. Une vie où la pauvreté et l'ignorance règne, où les pauvres sont très pauvres, où les noirs sont encore plus misérables que le plus pauvre des blancs. Un roman qui a été écrit en 1940, à l'époque Jake Blount s'offusquait de voir qu'une poignée de riches soumet tous les autres... mais finalement soixante ans plus tard, rien n'a changé! Carson Mc Cullers démontre bien comment les gens veulent rester dans l'ignorance.

C'est certes un roman à lire pour ceux et celles qui aiment la littérature américaine, je ne parle pas du dernier best-seller en vue, mais des livres qui ont jalonné le paysage littéraire américain.

Note : 4.5/5


De : Diantre65 Envoyé : 25/05/2007 02:29

Le coeur est un chasseur solitaire de Carson McCullers
Éd. Stock, 466 pages.

Je vous épargnerai le résumé , car Mélodie et Mousseline y sont très bien parvenues.

Disons que j'attendais beaucoup de ce roman dont on m'avait parlé en bien (trop ? ). C'est souvent ce qui se produit quand les critiques sont dithyrambiques. Voilà, j'ai été grandement déçu, et tout comme Mélodie, j'ai passé 466 pages à espérer qu'il se passe quelque chose de plus "bougeant" dans l'action, mais bon, à part quelques malheurs qui arrivent à certains personnages, je suis resté sur ma faim, et autant l'avouer, j'ai trouvé ça très long. J'ai même failli abandonner plusieurs fois.

L'auteur nous décrit pourtant bien la situation du racisme très présent dans cette ville du Sud, il nous dépeint aussi très bien les traits psychologiques des personnages principaux, alors je me suis dit : "Qu'est-ce qui cloche pour que je n'arrive pas à m'attacher à aucun des personnages ? " Même le pivot de cette histoire, Mr.Singer, le sourd-muet, n'est pas parvenu à me séduire.
Je me situe donc, pour la notation de ma critique, entre Mélodie et Mousseline, je donne .....un 3.5/5

Dommage !


De : Pilou Envoyé : 2007-07-19 16:09

Comment ne pas être enthousiaste en lisant Carson?
Je vais vous retrouver un passage du "coeur est un chasseur solitaire" et vous m'en direz des nouvelles!

Mais dans l'immédiat voici quelques lignes de La Ballade du café triste.

« La vie devient donc une longue marche incertaine à la recherche de ce qui est strictement nécessaire pour vivre. Tout se complique alors : les choses nécessaires pour vivre ont toutes une valeur précise, il faut toutes les acheter contre de l’argent, car le monde est ainsi fait. Or vous connaissez, sans avoir besoin de le demander, le prix d’une balle de coton ou d’un quart de mélasse. Mais la vie humaine n’a pas de valeur précise. Elle nous est offerte sans rien payer, reprise sans rien payer. Quel est son prix ? Regardez autour de vous. Il risque de vous paraitre dérisoire, peut être nul. Alors, après avoir essayé, et transpiré, et vu que rien ne changeait, vous sentez naitre au fond de votre âme le sentiment que vous ne valez pas grand-chose. »

Je ne peux pas résister à l’envie de vous faire lire tout de suite le passage qui m’a le plus impressionné de ce livre. J’ai rarement lu un texte dans lequel l’auteur ait rendu aussi bien l’émotion que peut provoquer la musique. L’héroïne, Mick est une adolescente de 14 ou 15 ans pendant la guerre. Elle est intelligente, hypersensible, chat écorché. Elle adore la musique, trop pauvre pour avoir un instrument, elle rêve d’un piano et ne peut en entendre qu’à la radio, chez des voisins. On est dans une petite ville du sud des Etats Unis, dans des quartiers noirs et pauvres.

« Dans la nuit secrète et paisible, elle était seule une fois de plus. Il n’était pas tard. Les fenêtres des maisons découpaient des carrés de lumière jaune le long des rues. Elle marchait lentement les mains dans les poches, la tête de côté. Pendant longtemps elle marcha sans se soucier de la direction.
Bientôt les habitations s’espacèrent, s’entourèrent de jardins plantés de grands arbres et de buissons noirs. Elle s’aperçut alors qu’elle était près de la maison où elle était venue si souvent l’été dernier. Ses pieds l’avaient menée là à son insu. Elle s’assura que personne ne la voyait et entra dans la cour.
La radio marchait comme d’habitude. Pendant ne seconde elle resta devant la fenêtre, observant les gens qui se trouvaient à l’intérieur. L’homme chauve et la dame à cheveux blancs, assis à une table, jouant aux cartes. Mick s’assit par terre. C’était un bel endroit, un endroit secret. Des cèdres épais la cachaient complètement. La radio ne valait rien ce soir…quelqu’un chantait des chansons populaires qui finissaient toutes de la même façon. Elle se sentait vide. Elle fouilla dans ses poches. Elles contenaient des raisins secs, un rang de perles, une cigarette et des allumettes. Elle alluma la cigarette et mit ses bras autour de ses genoux. Elle se sentait vide…comme si il n’y avait plus en elle ni un sentiment ni une pensée.
Les programmes se succédaient et ne valaient rien. Elle écoutait à peine. Tout en fumant elle arrachait de petits brins d’herbe. Un speaker parla de Beethoven. Elle avait lu quelque chose à la bibliothèque à propos de ce musicien. Son nom s’orthographiait avec deux e et se prononçait avec un seul. C’était un Allemand, comme Mozart. Quand il vivait il parlait une langue étrangère et vivait en pays étranger….ce qu’elle voulait faire. Le speaker dit qu’on allait jouer la troisième symphonie. Elle écoutait vaguement parce qu’elle avait envie de marcher et ne s’intéressait pas à ce qu’ils jouaient.
Puis la musique commença. Mick leva la tête et son poing se porta à sa gorge.
Comment cela vint-il ? Pendant une minute l’ouverture hésita. Une promenade ou une marche. Comme si Dieu se pavanait dans la nuit. Brusquement elle se sentit glacée extérieurement et, seule, la première partie de cette musique était chaude dans son cœur. Elle ne put même pas entendre les sons qui suivirent ; elle attendait, glacée, les poings serrés. Puis la musique reprit, plus impérieuse et plus puissante. Cela n’avait rien à faire avec Dieu. C’était elle, Mick Kelly, marchant dans la lumière du jour et toute seule dans la nuit. Sous le chaud soleil et dans le noir avec tous ses plans et ses sentiments. Cette musique était elle….son moi réel.
Elle ne pouvait pas écouter assez pour tout entendre. La musique bouillonnait en elle. Que faire ? S’attacher à certains passages merveilleux pour ne plus les oublier.. ou se laisser aller, écouter ce qui venait sans penser, sans essayer de se rappeler ? Seigneur !! Le monde entier était cette musique et elle n’avait pas assez de tout son être pour écouter. Puis enfin le thème d’ouverture fut repris par tous les instruments donnant ensemble la même note comme un poing dur, crispé, qui lui martelait le cœur. Et la première partie s’acheva.
Cette musique ne durait pas un temps long ou court. Elle n’avait rien à faire avec le temps. Les bras fortement serrés autour de ses jambes, elle mordait son genou salé. Avait-elle écouté pendant cinq minutes ou la moitié de la nuit ? La deuxième partie avait une couleur noire…une marche lente. Pas triste, mais comme si le monde entier était mort et noir et qu’il fut inutile de se rappeler ce qu’il avait été. Un instrument joua une mélodie triste, argentine. Puis la musique s’éleva furieuse, véhémente. Et finalement de nouveau la marche funèbre.
Mais peut-être ce qu’elle préféra ce fut la dernière partie de la symphonie – musique joyeuse comme si les plus grands personnages du monde couraient et sautaient, ardents et libres. Une musique merveilleuse comme celle-là causait une souffrance indicible. Le monde entier était cette symphonie et elle n’avait pas assez de tout son être pour écouter.
C’était fini et elle restait raidie, les bras autour des genoux. La radio commença un autre programme et elle se boucha les oreilles. La musique laissait seulement en elle une souffrance et un vide. Elle ne pouvait rien se rappeler de la symphonie, pas même les dernières notes. Elle essaya, sans succès, d’évoquer un passage. Maintenant que c’était fini il n’y avait plus que son cœur qui battait follement, et cette terrible souffrance.
La radio et les lumières furent éteintes. La nuit était sombre. Brusquement Mick commença à se frapper la cuisse avec ses poings. De toute sa force, elle martela le même muscle jusqu’à ce que les larmes coulassent sur son visage. Mais ce n’était pas assez douloureux. Les graviers étaient pointus sous les buissons. Elle en prit une poignée et les frotta sur le même endroit jusqu’à ce que sa main fût ensanglantée. Puis elle tomba sur le sol de tout son long et regarda la nuit. Cette douleur aiguë à la jambe lui faisait du bien. Elle se détendit sur l’herbe humide et, bientôt, sa respiration redevint normale. »

Le cœur est un chasseur solitaire. Carson Mc Cullers été 1940
avatar
Mousseline
Admin

Nombre de messages : 4359
Date d'inscription : 24/10/2008

https://sites.google.com/site/lauteursamericains/home

Revenir en haut Aller en bas

Re: Carson McCULLERS (Etats-Unis)

Message  Réaliste-romantique le Jeu 20 Aoû 2015 - 23:57

Frankie Addams

En 1944, dans une petite ville du Sud américain, Frankie Addams est une fille de douze ans, très grande, rêveuse, orpheline de mère. L’été est chaud et Frankie ne veut plus être une fillette. Elle veut profiter du mariage de son frère pour quitter la ville avec les nouveaux mariés vers une nouvelle vie. Le livre se déroule en entier sur un weekend.
 
Les livres sur les difficultés de l’adolescence sont légions, mais celui-ci est néanmoins toujours intéressant, même aujourd’hui, plus d’un demi-siècle après sa création. Le style est étonnamment moderne et le propos toujours intéressant. Frankie a beaucoup d’imagination, ce qui ne lui sert pas toujours. Elle a un caractère à la fois enfant et adolescente, mais sa taille la fait paraître plus vieille. Une bonne lecture pour découvrir cette romancière américaine.
 

4/5

Selon le quatrième de couverture, la ville de Frankie serait situer en Géorgie.

_________________
Lectures en cours : Allah n'est pas obligé (Ahmadou Kourouma)  Les vagues (Virginia Woolf), Le rêve des forêts (Gérard Klein)
De la bibliothèque : Désir   Hitonari Tsuji
Commentaire en attente : Falling angels (Tracy Chevalier)
avatar
Réaliste-romantique

Nombre de messages : 1903
Age : 41
Location : Outaouais, Québec
Date d'inscription : 30/12/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Carson McCULLERS (Etats-Unis)

Message  Cyrielle le Ven 21 Aoû 2015 - 7:21

Ca n'a pas l'air mal, je le note, merci R-R
avatar
Cyrielle

Nombre de messages : 7307
Age : 30
Date d'inscription : 27/12/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Carson McCULLERS (Etats-Unis)

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum