Aidan MATHEWS (Irlande)

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Aidan MATHEWS (Irlande)

Message  Mousseline le Jeu 27 Nov 2008 - 0:04

De : Eireann561 (Message d'origine) Envoyé : 2006-02-22 02:45

Du muesli à minuit
Note 3,5

Roulez jeunesse!

Pour aider la lutte contre le cancer, un couple de jeunes étudiants parcoure, à vélo l’Irlande. Ils ne sont pas seuls, un squelette les accompagne, pour le meilleur et le rire.
Road-movie, où le burlesque et le religieux se côtoient, le départ de la croisade style catastrophe, tout le monde pense que c’est pour le SIDA, non ce n’est que pour le cancer. Theo et Felicy (aussi) pédalent pour la bonne cause, dans la choucroute également entre leurs problèmes personnels et les rencontres pour le moins burlesques.
Un concours de sosie de Dolly Parton,(chanteuse de country américaine à l’opulente poitrine !) au fin fond de l’Irlande rurale, qui évidemment tourne au ridicule. Une gérante d’hôtel veuve, étrange et un peu fétichiste. Et ce squelette qu’il faut préserver, car ho ! surprise, c’est celui d’un archevêque de Dublin, une des plus hautes autorités ecclésiastiques de l’Irlande. En avant pour un voyage en corbillard, dont le chauffeur s’appelle Noël, saluons au passage le père Jack, aumônier écrivain et intellectuel, et que Dieu bénisse tout ce beau monde.
Certains livres irlandais peuvent être drôles, la preuve ! Une vision assez décapante de l’Irlande entre passé et modernité, parfois l’auteur déraille (c’est le vélo)un peu, mais qu’importe ! La pensée dérive souvent mais une lecture agréable.
Extraits :
-Elle penserait peut-être qu’il lui faisait une avance. Tant que c’était pas le modèle Oscar Wilde, avec Bosie de l’autre côté.
-L’histoire irlandaise dans son ensemble n’est rien d’autre que la conjugaison du verbe «perdre», du présent de l’indicatif au plus que parfait.
-La différence entre le silence et l’absence de voix, c’est la différence entre le derrière de la même femme, photographié d’abord en couleurs primaires pour la couverture de Penthouse, et plus tard en monochrome clinique pour un supplément scientifique sur le cancer de la peau. L’une est une paire de fesses, l’autre un postérieur.
Edition Rivages.

Aiden MATHEWS. Né à Dublin en 1956.
Trois livres sont disponibles en français :
Roman : Du muesli à minuit
Nouvelles : Du rouge à lèvres sur l’hostie
Drôles de sensation.




De : Sahkti1 Envoyé : 2006-09-09 09:15

Aiden MATHEWS, Drôles de sensations
Editions Rivages, Littérature irlandaise

Recueil de nouvelles avec mise en écho des textes, un peu à l'instar de David Mitchell et ses "Ecrits fantômes". La première nouvelle trouve un dénominateur commun dans la seconde, à laquelle répond la troisième et ainsi de suite. Fil parfois ténu mais cependant essentiel, offrant une lecture différente de l'ensemble.
Difficile de résumer l'ensemble des textes, tantôt étranges, tantôt cyniques, avec une pointe de surréalisme de temps en temps. On se trouve face à des êtres paumés. Non pas perdus face à la société mais vis-à-vis d'eux-mêmes et de leurs aspirations de vie. Des personnages qui se cherchent d'une manière ou d'une autre, sans forcément se trouver, mais dénichant toujours bien quelque chose qui va les aider à avancer. On sent que rien n'est stable, que tout peut basculer, ce qui n'arrive pas chaque fois mais pourrait, cela crée une atmosphère particulière. Ces êtres croisent d'autres êtres, tout aussi étranges. Au final une lecture un peu déroutante, avec une belle plongée dans les âmes des uns et des autres. Ames perdues pour lesquelles on se dit par moments qu'aucune issue n'est possible et pourtant si, il en ressort chaque fois quelque chose: la formidable puissance de la volonté humaine. Comme si il suffisait de vouloir...
L'écriture de Mathews est dense, très variable en style et en qualité d'un texte à l'autre. Je n'ai pas aimé toutes les nouvelles (c'est souvent le cas avec les recueils des uns et des autres), il y a des ruptures pas forcément bienvenues, mais j'ai par contre apprécié l'humanité qui s'en dégage. Et aussi la drôlerie d'une certaine manière.

Ma note: 3,5/5




De : Eireann561 Envoyé : 2007-01-04 04:57

Du rouge à lèvres sur l’hostie
Aidan MATHEWS

Note : 2,5

Maggie et l’amour.

Petit recueil (moins de 155 pages) de 2 nouvelles de cet auteur irlandais, l’un des plus originaux à mon goût. J’avais bien aimé du «Muesli à minuit». Une nouvelle très longue, plus de 120 pages, donne son titre à l’ouvrage.

«Du rouge à lèvres sur l’hostie» est l’histoire de Maggie, professeur de 41 ans (pas 40 non, 41). Elle nous livre son journal intime du 11 janvier au 3 mars. Elle est célibataire, affublée d’une mère persuadée d’avoir un (ou même plusieurs) cancer du sein. Ses relations avec ses collègues sont plutôt tendues, acerbe parfois surtout avec l’autre Maggie, qui, en plus, est enceinte. Leurs propos sont souvent aigre-doux, pour le moins !

Ses élèves par contre l’aiment bien, ses cours sont plutôt relax, dessins animés, films etc…. Elle est également un peu mythomane, achetant des couches culottes et racontant à une ancienne amie d’école, qu’elle est mariée et mère de famille. Mais elle attend l’amour avec un grand A, comme Anthony. Beau gynécologue aux tempes argentées, protestant, de Dublin, voilà l’homme rêvé. Mais après une nuit d’amour très détaillée d’ailleurs, la vie reprend ses droits, les femmes enceintes n’attendent pas.

Une écriture pleine d’un humour à contre emploi, le personnage de Maggie ressemble à tant de gens dans cette lutte contre une solitude qui n’est pas vraiment voulue, et qui la rend agressive envers les autres adultes. J’ai beaucoup aimé.

La nouvelle qui suit « Les rails » me laisse perplexe. Un jeune irlandais passionné d’histoire juive va en vacances en Allemagne, chez ses hôtes, il ne "bronche pas" lorsqu’il voit le père de famille infliger une correction à son fils pour une bêtise que lui-même a fait et qui se termine par ces mots «Et il ne dit rien du tout».

Parabole sur la lâcheté des gens, vis à vis des chambres à gaz, le fait que des gens savaient et n’ont rien dit ?

Je n’en ai aucune idée ! Une bonne et une mauvaise nouvelle, c’est la vie.

Extraits :

- De plus, un proviseur est payé pour qu’on l’insulte, alors qu’il mérite donc ses trente pièces d’argent.

- Quand vous annoncez quarante ans, personne ne vous croit. Quarante et un fait nettement plus sincère.

- Qu’est-ce que vous diriez s’il vous fallait écrire la moitié d’un essai sur «Le paradis perdu» en souffrant de calculs.

- Où est l’âme ? Elle se situe quelque part entre la bouche et l’anus, mais où ?

- Ses seins sont mous. Ils pendent comme des gants qu’on aurait mis à sécher sur un radiateur.

- Je ne sors tout de même pas de ma campagne. J’ai lu «Ulysse». En fait, non, c’était «Finnegans’s Wake».

- Mon corps était du braille pour sa cécité. Il m’a lu partout. Mais sa langue m’a visitée. Il m’a ouvert comme un livre, et reniflé les pages.

- «Tu ne veux pas être pilote quand tu seras plus grand ?»

- «Non, je veux être juif.»

- «Je voulais qu’il se fasse bigrement tabasser d’abord. Vu ce que les Britanniques nous avaient fait»

Titre original : Lipstick on the host.

Editions : Calmann-Levy.
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