Véronique OLMI (France)

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Véronique OLMI (France)

Message  Calepin le Mer 26 Nov 2008 - 22:38

De : 5859Chouette (Message d'origine) Envoyé : 2003-05-01 15:51

Bord de mer
édition Babel , 122 pages

Une femme sans nom et comme dépossédée des choses arrive avec ses deux petits garçons, Stan et Kévin, dans une ville située au bord de la mer. Autant pour fuir la misère et les règles du jeu social dont elle souffre que pour offrir à ses enfants un peu de bonheur, une brillance des jours et la promesse d’un Ailleurs peut-être enfin tangible, à mille lieues de la Cité pesante et cruelle. Mais bien vite, une tension âpre s’installe au fil du récit mené par un « je » dont on devine rapidement la logique déconstruite et affolée. Une voix violente et tendre s’impose alors, au milieu de la pluie, de la boue et des lumières improbables de la ville, tumulte intérieur qui sourd peu à peu puis gronde comme cette mer infinie que n’ont jamais vue les enfants et qui forme autant l’horizon que la frontière ultime de ce voyage. Le « je » que le lecteur entendra dans Bord de mer n’est pas à proprement parler celui d’une « bonne mère », selon le sens commun et ce qu’il implique en termes de responsabilité familiale. Ce « je » serait même tout autre chose. Celui d’une mère à la dérive, dans les marges du social – border line et bord de mère sans faire de mauvais jeu de mot -, qui dit l’absolu de l’amour maternelle et ses déclinaisons au-delà de la Raison...

Une histoire toute simple, un récit très-très fort. Une fin terrifiante ! C'est le premier roman de Véronique Olmi qui est auteur dramaturge et qui a déjà à son actif de nombreuses pièces de théâtre. Extraordinaire !!! Vraiment un auteur à découvrir !

Note: 4/5 (pas plus, alors que son style le mérite, car je lui en veut beaucoup de m'avoir fait aussi mal... peut-être que plus tard je reviendrai sur ma notation, quand j'aurai digéré l'histoire)



De : Mousseliine Envoyé : 2004-03-09 12:54

Numéro Six

L'histoire: Fanny est la sixième enfant de la famille Delbast, une famille bourgeoise et catholique. Fanny est née dix ans après tout le monde, elle était de trop. Elle aime passionnément son père mais il ne la voit pas, il est occupé par ses aînés et sa femme. Fanny a cinquante ans, elle raconte son enfance, elle lit les lettres de guerre de son père...

Absolument magnifique! D'abord c'est l'écriture qui m'a séduite. Un style sobre, dépouillé mais répercutant. La poésie coule à flot, plein de jolies phrases qu'on veut retenir. Avec ses beaux mots Véronique Olmi nous emmène dans le coeur d'une femme qui a été mal aimée. Une histoire sur les relations père/fille, sur le mal de se sentir exclu. Je vous le recommande avec plaisir! Cent pages qui se lisent, qui se vivent intensément.

note:4.25/5



De : Claarabel Envoyé : 2004-05-10 08:02

Privéede Véronique Olmi

Quand le manque est là ...
Véronique Olmi s'essaie aux nouvelles : avec "Privée" elle prend la plume d'une délicatesse un peu bancale. Onze nouvelles au goût acide et aux tonalités grinçantes, presque dérisoires.
Résolument implacable, l'auteur raconte les vies de gens ordinaires: la banalité d'un trajet en métro, l'isolement des vieux hospitalisés et qui perdent la tête, l'ironie du sort d'une employée prête à être licenciée, un tour de manège sous les aboiements du père envers sa femme, la fatalité d'un trajet en voiture... Bref, Véronique Olmi n'épargne personne ni son style d'écriture. Et à vouloir être trop incisif, ce recueil manque de sensibilité et d'émotion. Le ton nous effleure, mais ne nous touche pas. Dommage. Véronique Olmi est un auteur percutant, mais "Privée" ne nous offre pas la plénitude de ses romans. La nouvelle est un exercice frustant, "Privée" nous prive justement d'une totale et complète satisfaction. Bon point pour l'écriture qui demeure limpide et égale à elle-même.

La note: 3/5



De : Claarabel Envoyé : 2004-05-10 08:02

Un si bel avenir de Véronique Olmi

Toujours fan ... !
Je recommande chaudement ce dernier né de Véronique Olmi. Pour ceux qui aiment et qui connaissent, ce nouveau livre ne déroge pas à la règle: l'écriture est ciselée, vive et imparable. Les personnages sont des êtres dérangés, hantés par des démons intérieurs, mais ils nous sont si proches, si attachants...
Dans "Un si bel avenir", on suit l'histoire de deux couples, et plus encore... C'est aussi l'histoire de deux femmes qui se connaissent tout juste au premier chapitre, et puis qui ne vont plus se quitter par la suite... C'est l'évolution d'êtres fragiles, bouleversés par leur destin, leur passé et le présent qui les écorchent à tour de rôle.. Elisabeth, Clara, Boris, Pascal, Irène, Leila, Isabelle... autant de prénoms qui forment une ronde et nous entraînent dans une bouleversante histoire d'amours déçues, trompées, bafouées. A lire !!! surtout pour les fans !

La note: 5/5



De : Claarabel Envoyé : 2004-05-12 13:14

Mathilde de Véronique Olmi

Il faut vivre et jouir des qualités de la vie ! La tension est palpable à l'ouverture de cette pièce: "Mathilde" c'est l'histoire de son héroïne éponyme qui rentre un soir dans ce chez-elle qu'elle partageait avec Pierre, son époux. Elle vient de passer trois mois en prison pour avoir eu une relation sexuelle avec un mineur. D'un consentement mutuel, cette relation n'était que du plaisir brut, qu'une réponse à un désir quasi bestial.

Mathilde a quarante ans, son mariage avec Pierre reposait sur de solides bases mais les années ont tracé des sillons ailleurs que sur son visage. Mathilde veut sentir la vie couler en elle, s'envoyer en l'air avec un môme de quatorze ans et ressentir battre son sang dans les veines. Auprès de cet amant-pansement, Mathilde "se rendait compte de la fadeur dans laquelle j'avais vécu, comme si au lieu de vivre ma vie, je copiais sur les autres, en attendant que la vieillesse me saute au visage".

Passionnée et passionnelle, Mathilde est une femme qui a décidé d'écouter son propre désir. Ecrivain connu, son histoire fait scandale et la conduit en prison. Mathilde va connaître la solitude, le froid, la peur et la douleur. Après trois mois, elle sort cassée, brisée, cynique. Mais elle revient vers Pierre pour repartir aussitôt. Au cours de cette nuit, le couple va se parler comme jamais auparavant. Ils vont confronter leurs souffrances et tailler un dialogue violent et rancunier avant de s'atténuer. Pierre veut réapprendre à Mathilde l'essence de son existence: l'écriture. "Ecrire ce que tu as vécu... c'est un peu comme le revivre - mais libre." L'écriture pour guérir des vieilles blessures, pour exorciser la douleur et la violence. Pierre et Mathilde est un couple comme les autres. Lassé des années de mariage et des habitudes, l'un dérape et met en péril le couple. Comment pourront-ils s'en sortir ?.. Le couple est-il brisé à tout jamais ? Quel après pour rebondir suite à ce chapitre brûlant ?..

"Mathilde" est un pièce de théâtre qui brûle d'une véritable passion. Véronique Olmi est excellente. Elle vient de dessiner un très joli portrait de femme mais n'oublie pas d'équilibrer la balance avec le précieux caractère de Pierre. Bouillant, prêt à exploser, "Mathilde" met en avant le couple à la dérive, la difficulté d'exprimer le désir féminin "déstructuré et impudique" et la lente reconstruction d'un amour blessé. C'est magnifiquement écrit. Et puis, comme dit Mathilde, "la tendresse c'est ce qu'on donne quand il ne reste plus rien et moi je veux tout ! Ce qui brille, ce qui claque, ce qui jouit, ce qui hurle !"

La note: 4/5



De : Claarabel Envoyé : 2004-11-17 11:52

La petite fille aux allumettes

Quand Véronique Olmi décide de revoir un conte d'Andersen, elle s'attaque à "La petite fille aux allumettes" et transpose l'histoire de la petite fille pauvre, dans la nuit glaciale de la Saint Sylvestre, à l'été caniculaire, quelque part près d'une plage de sable fréquentée par des touristes, qui vont et viennent distraitement dans l'église également. Cette fois, c'est Andréa qui vit seule dans la rue. Elle est à bout, elle a très soif et mal aux pieds. Boire devient une obsession, jusqu'à songer renverser les verres de pastis délaissées par les touristes, briser les glaçons avec ses chaussures et sucer les mille morceaux éparpillés. Mais Andrea se réfugie dans l'église, brûle le plus beau des cierges et songe à sa grand-mère... Un conte des temps modernes, en somme. Véronique Olmi en profite pour fustiger tous ces petits travers de la vie ordinaire et actuelle de son écriture implacable. Bien sûr on a pitié d'Andréa et on se moque aussi des touristes sur les plages ou dans les églises. Mais bon, la misère est suffisamment présente dans les journaux pour ne pas en rajouter dans les livres - je trouve. Lue en moins d'une heure, cette histoire touchante n'en est pas moins sinistre et lugubre. L'histoire originale est glissée en fin de livre, histoire de.

Note : 2.5/5



De : nirvana1050 Envoyé : 2005-01-23 10:45

Un si bel avenir
Véroniqe Olmi est pour moi une nouvelle découverte, elle a un style percutant, des dialogues qui nous plongent dans "la vraie vie". Ces personnages, ils pourraient être nos voisins de palier, les amis d'amis,...je suis tout à fait d'accord avec Clarabel. Le roman débute sur une rencontre un soir de première au théâtre. Elisabeth accompagne son mari, le metteur en scène, elle est elle-même comédienne, mais est en ce moment un peu sur la touche, elle s'occupe de leurs deux filles, fait tourner la maison,...même si elle désespère secrètement de retrouver un rôle. Elle croise Boris, un ancien partenaire, accompagné de Clara, jeune animatrice radio, si belle et à qui tout semble réussir, mais qui est hantée par des secrets familiaux. Les deux femmes sont présentées, échangent quelques mots, se jaugent,... se trompent, forcément, ne se jugeant que sur les apparences. Et puis le hasard les fait se rencontrer au détours de leurs malheurs, elles se tiennent compagnie d'abord pour ne pas être seules, mais une forte complicité va naître entre elles, qui les amènera à s'épauler et à reprendre chacune sa vie en main.

Un très beau roman sur l'amitié féminine, j'ai beaucoup aimé la construction du roman qui fait s'entrecroiser tous les personnages, l'écriture, qui nous raconte si simplement, d'un ton juste, notamment le passage de la visite de l'assistante sociale. Par contre, je n'ai pas aimé la fin du roman (le dernier chapitre), je ne veux pas la dévoiler, mais disons que j'aurais préféré que n'intervienne pas ici Elisabeth. Et l'émotion n'était plus pour moi au rendez-vous.

Ma note: 3/5



De : Felindra2775 Envoyé : 2005-03-11 04:58

Numéro six de Véronique Olmi
Langue : Français Éditeur : Actes Sud (15 août 2004)
Collection : Babel
Format : Broché - 112 pages
ISBN : 274275136X
Dimensions (en cm) : 11 x 1 x 18

Résumé :
La famille Delbast est catholique. Cinq frères et sœurs précèdent Fanny, qui est arrivée bien après les autres, sans qu'on l'attende et sans qu'on la souhaite. Petite fille solitaire, Fanny adore son père, mais il ne la voit pas. Trop de choses les séparent, trop de vie, de retenue aussi. A cinquante ans, Fanny lit les lettres envoyées du front par son père, qui lui dévoilent un jeune poilu pétri d'angoisse très différent de l'homme autoritaire qui l'a élevée. A la lumière de cette découverte, elle tente alors de trouver, auprès du veuf centenaire dont elle prend soin désormais, une place qui ne lui sera plus contestée. C'est avec une sensibilité remarquable que Véronique Olmi aborde le thème de l'amour filial comme prétexte à une critique subtile de la bourgeoisie catholique, et de l'insidieuse violence dont est capable ce monde bien-pensant.

Mon avis :
On suit pas à pas le questionnement de la fille par rapport à son père. Fanny navigue entre le passé de son père et son enfance à elle, par flashs. Ce père a qui elle en veut parfois, qui n'a pas su l'aimer, qui ne l'a jamais vraiment vue, et qui n'a pas répondu à ses attentes, elle qui avait tellement besoin d'affection et d'amour. Ce livre est un constat, un long monologue qu'elle adresse à son père, un bilan qu'elle fait à l'âge adulte. Elle fait la comparaison entre le père jeune qu'elle découvre à travers ses lettres et celui de son enfance. Elle ne le reconnaît pas. Elle essaie de le comprendre, de mieux le cerner, lui, dont elle a le souvenir d'un homme rigide, froid et distant. On ressent la souffrance de Fanny, et en même que d'amour pour ce père qui en fin de compte ne le mérite pas à mon avis.

Ce livre m'a beaucoup touchée par sa sensibilité. Véronique Olmi a un style, léger, clair, aéré, pur. De très courts paragraphes, allant du passé au présent sans jamais lasser. L'auteure ne tombe à aucun moment dans la mièvrerie, ni dans la tristesse. Plein de souffrance mais oh combien d'amour de la part de Fanny. Je vous cite un passage.

"On ne fait que croiser ses parents. On partage un temps de vie avec eux, on s'en va, puis on se souvient. Et on les rappelle. C'est un privilère de te voir vieillir. Une souffrance et un privilège. C'est ça aussi la vie, ce qui s'amenuise? ce qui s'en va, doucement, douloureusement. Je suis arrivée trop tard dans ta vie, mais j'y serai jusqu'au bout".

Je trouve ce passage très beau et combien vrai pour certains. Encore un livre qui me fait me remettre en question et j'adore ça. Merci Clarabel me m'avoir parlé de cette auteure dont je vais suivre de près la sortie de ses livres.

Note : 5/5
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Re: Véronique OLMI (France)

Message  Calepin le Mer 26 Nov 2008 - 22:43

De : Felindra2775 Envoyé : 2005-03-15 15:48

Bord de mer de Véronique Olmi
Babel 121 p.

Résumé :
En pleine semaine d'école, une mère de famille emmène ses deux enfants, Kevin et Stanley, en bord de mer. C'est un voyage difficile, en bus, à travers la nuit et sous une pluie continue. L'hôtel est plutôt minable, la chambre ridiculement petite, le temps ne permet même pas de distinguer la mer de l'horizon, l'argent manque. Les jours pourraient être meilleurs. Mais de ces jours meilleurs il n'en est pas pour cette femme, qui doucement va s'enfoncer, se cogner à cette ville, à l'image du monde, hostile, froid, sans avenir possible, sans légèreté aucune, pas même dans cette foire foraine où elle conduit ses gosses. Rien qu'un voyage au bout de la nuit, qui s'achève dans l'étouffement.

Mon avis :
Cette histoire ne me quittera pas de sitôt. Il va falloir digérer. J'en ai la nausée. Je me suis retenue tout le long du livre. Je n'avais qu'une envie c'était de hurler. Fort, fort, fort. A la limite du supportable. Je me suis surprise à plusieurs reprises à me mettre la main devant la bouche, en me disant. Non, ce n'est pas possible. Jusqu'où cette mère pitoyable, complètement dépassée, va-t-elle aller. A peine croyable.Tout est écrit, avec minutie, dans les moindres détails, tout y est. C'est terrifiant, déchirant, on est là impuissant, à deviner ce qui va arriver. Depuis le début de l'histoire, on sait plus ou moins ce qui va se passer, mais on ne peut pas imaginer jusqu'où cela va aller. J'en transpirais, j'avais mal pour cette mère. Jamais un livre ne m'a autant impressionnée. Tout y est. Depuis le début l'auteure a installé son décor. Malaise permanent, hôtel sordide, ville sinistre, et en plus il pleut. On se croirait dans un film d'horreur. Où je trouve que Véronique Olmi est douée, c'est que l'on sait où l'héroine va nous mener, mais elle sait garder le suspense jusqu'à la fin, et là, plaf, on reçoit une gifle.Très grande écrivain.Tout cela dans un style merveilleux, simple mais tellement beau. Bravo Véronique Olmi.

Note : 5/5



De : Chantal5500 Envoyé : 2005-04-18 09:06

UN SI BEL AVENIR
Actes Sud - 175 pages.

C'est l'histoire de deux femmes Elisabeth et Clara qui vont se croiser un soir au théâtre, et que les hasards de la vie vont faire, qu'elles vont se retrouver et "se trouver" pour se soutenir l'une-l'autre, et s'aider mutuellement à passer un cap très difficile de leur existence...

J'ai commencé le livre un matin au réveil et je ne l'ai reposé qu'une fois la dernière page tournée...(et cela m'arrive très, très rarement). J'ai été scotchée à l'histoire, j'étais en totale fusion avec l'écrivain qui, vraiment, excelle, avec une écriture vive, attachante et simple, à analyser les sentiments et la psychologie féminine. C'est superbe et vibrant d'émotion(s). C'est un vrai coup de coeur et je relirai sans faute Véronique Olmi.

Note : 5/5

Citation : " Dans la vie, seules quelques personnes nous sont essentielles, seules deux ou trois choses sont importantes, le reste est une illusion, un peu de bruit, une peur bleue de la mort..."



De : ºAka§haº Envoyé : 2005-04-29 11:08

Bord de Mer par Véronique Olmi

Le résumé a déjà été fait, alors j'enchaîne avec ma critique.
________________________________________________________

Dès les premières pages, je me suis sentie aspirée dans l'atomosphère tendue de ce roman. Nous y retrouvons cette mère avec ses deux enfants qui sont dans une recherche désespérés de quelque chose. Qu'est-ce qu'ils recherchent? Il faudrait le demander à la mère, mais elle est prise dans une espèce de crise psychotique. Tout au long de ma lecture, je me disais: "il va sûrement arriver quelque chose de grave". Mais je n'avais pas imaginer cette finale. Au fil des pages, j'ai senti la pression et l'urgence montés. Le point culminant allait faire une onde de choc incroyable. Effectivement, c'est ce qui arrivé.

Un court roman très bien écrit, qui nous force à nous arrêter quelques minutes. Parce que même si ce roman est de la fiction, une histoire semblable peut facilement arrivée. Je me suis donc arrêtée et je me suis demander, pourquoi une telle chose est finalement arrivée? Pourquoi des mères de famille sont si démunies alors que dans notre société, il y a pleins de ressources qui peuvent les aider? Pourquoi sont-elles si seules? Et pourquoi personne autour d'elles ne s'appercoivent qu'elles ont besoins d'aide! Pourquoi sommes nous si individualistes? Voilà donc dans quel état d'esprit je me suis retrouvée en fermant ce livre. Je l'ai dévoré! En heure heure et demie il était terminé. Je crois que l'histoire me suivra pendant très longtemps. Merci de m'avoir fait découvrir cette auteure.

Ma note: 5/5


Réponse
De: MissNothomb
Bord de mer - Je l'ai lu il y a quelque temps, et bon sang ce qu'il est triste! Un peu court aussi... Mais dans l'ensemble j'ai plutôt bien aimé.


De : Cocotte8017 Envoyé : 2005-04-30 17:13

Numéro six
(Actes Sud, 2002, 104 pages)

Fanny est la dernière de la famille Delbast, elle est la numéro six, ses cinq frères et soeurs sont beaucoup plus âgés qu'elle. Sa naissance n'était pas désirée, Fanny ne réussit pas à trouver sa place au sein de cette famille bourgeoise et catholique. Elle adore son père, mais il l'ignore. À cinquante ans, Fanny nous raconte son enfance.

J'ai bien aimé ce petit livre qui traite de l'amour entre une fille et son père, un amour à sens unique. Malgré l'indifférence, Fanny s'accroche à son père, tentera de mieux le connaître pour comprendre cette attitude. Cet acharnement qui témoigne d'un amour absolu m'a beaucoup touchée. L'écriture de Véronique Olmi est très belle, épurée, sensible. On ressent très bien la solitude et le rejet de Fanny. Un petit livre que je vous recommande fortement!

Ma note : 4,25/5



De : Chantal5500 Envoyé : 2005-06-04 16:40

BORD DE MER
Editions Babel - 122 pages.

Véronique Olmi est vraiment un de nos grands écrivains français : non seulement, elle écrit superbement, mais en plus, elle fait passer un message, elle nous fait constater les lacunes et tous les mauvais côtés de notre société moderne, soit disant civilisée et qui crée et laisse perdurer des situations semblables de précarité, de douleur, de mal-être, de goufre sans fond. Parce que des situations comme celle-ci sont bien malheureusement l'ordinaire d'une trop importante partie de la population. Il ne faut pas se le cacher. Et j'admire beaucoup Véronique Olmi de nous mettre face à face avec cette jeune femme qui a eu ses enfants sans les vouloir, qui les a acceptés mais ne sait comment s'y prendre pour les faire "vivre, grandir et s'intégrer dans le monde" , elle qui a tant de mal à le faire elle-même. Puisse cette histoire faire réfléchir tous ses lecteurs, les faire regarder un peu autour d'eux .

Note : 4,5/5



De : Claarabel Envoyé : 2005-08-21 09:33

La pluie ne change rien au désir

Un 18 août, à Paris, vide et abandonné, près à succomber à un orage, un homme et une femme se rencontrent, se retrouvent, se sont donnés rendez-vous. Cette femme est très pâle, trop maigre, "elle était lisse et fine comme une esquisse, une femme pas assez dessinée la chair pas assez pleine", et lui a les yeux bleus, la mèche de cheveux qui lui barre le front, il la suit dans le Luxembourg puis à son invite à l'hôtel. Très vite entre eux deux le langage des corps va s'ouvrir, plus loin que tous les mots pour expliquer le silence, la souffrance et l'attente. Le corps devance le désir, l'un et l'autre se donnent, c'est un libre échange, ils ne sont pas deux, ils sont ensemble. L'homme doit apprendre la douceur et la brusquerie, la femme s'offre et se donne sans compter, mais reçoit autant de plaisir que de douleur. C'est très limite cette frontière entre le plaisir et la souffrance ! Car chez cette femme il y a une plaie encore trop ouverte, pourra-t-elle s'en confier à lui ? Elle paraît lui accorder sa confiance, en lui offrant son corps. De quoi donc a-t-elle été flouée, au même titre que ses rondeurs féminines ? Cette femme est brisée et l'homme doit toujours se méfier, freiner pour respecter "cette effroyable limite entre le don et la méfiance, entre la licence et la précaution".

Débarquée de chez Actes Sud, Véronique Olmi publie chez Grasset un nouveau roman proche de l'érotisme. "La pluie ne change rien au désir" est très charnel et sensuel. Chez le lecteur habituel, la même espérance n'est plus. L'auteur bouleversant de "Bord de mer" s'aventure vers un territoire différent, mais également proche d'elle. Dans ce nouveau roman, il y a la figure de l'héroïne fragilisée et cassée, un passé obsédant et secret, et surtout une suavité dans les rapport homme-femme très, très licencieux ! Véronique Olmi ne s'attache à rien, finalement. Elle raconte son histoire, prenez une femme qui n'a rien d'une femme, sinon une attente de sexe très forte et encore présente, une aspiration au plaisir et au désir incomparable. Donc cette femme vit encore sous les coups de cet homme, elle vit aussi en lui donnant tout autant qu'elle reçoit ! C'est très honnêtement parfois gênant, dérangeant, c'est un nouveau roman différent des autres, donc cela explique un peu la délicatesse de s'y adapter à nouveau, de s'y habituer un tantinet. Parfois j'ai aimé, parfois moins. J'apprécie la dramaturge, je n'idolâtre pas l'apprentie romancière érotique. C'est confus, le style est haché et pêle-mêle, c'est encombrant, mais langoureux et sensible, bref c'est confondant. J'hésite ...

Note : 3.5/5



De : Flo7717 Envoyé : 2005-09-16 13:40

Bord de mer
Babel / 128 pages

En pleine semaine d'école, une mère de famille emmène ses deux enfants, Kevin et Stanley, en bord de mer. C'est un voyage difficile, en bus, à travers la nuit et sous une pluie continue. L'hôtel est plutôt minable, la chambre ridiculement petite, le temps ne permet même pas de distinguer la mer de l'horizon, l'argent manque.

Ce court roman indique la couleur dès le départ : ça sent le drame ! Et l’auteur nous entraîne dans une histoire étouffante. J’ai eu l’impression d’être sous l’eau et d’avoir les poumons prêts à exploser parce que je ne pouvais pas revenir respirer à la surface : angoissant ! Et extrêmement émouvant, cette femme au bout du rouleau qui voudrait pouvoir préserver les apparences pour ses deux petits. Et puis le drame qui couvait arrive et s’en est presque un soulagement tellement l’atmosphère était pesante. Le plus horrible de l’histoire, c’est tout le désespoir de cette femme, cette maman déboussolée et qui, pourtant, avait tout calculé... Ce livre bouleversant m’a pris aux tripes et je ne suis pas prête de l’oublier.

Note : 4.8/5



De : Chantal5500 Envoyé : 2005-10-05 13:17

LA PLUIE NE CHANGE RIEN AU DESIR
Grasset - 156 pages

C'est l'histoire d'une rencontre entre une femme et un homme, qui vont passer tout une après-midi ensemble dans une chambre d'hôtel à Paris. Mais c'est surtout l'histoire d'une femme, profondément blessée par la vie, tenant à peine debout, qui va se livrer, se donner de tout son corps et de toute son âme, à cet homme. Pour sortir du gouffre, pour sortir de sa paralysie, pour que son corps retrouve vie et désir(s), guérisse de ses souffrances, et cela grâce aux caresses, au plaisir physique. De longues scènes d'amour, de sexe, une écriture sensuelle et pleine d'émotion, qui nous amènent peu à peu à découvrir et à comprendre le mal-être de cette femme qui se jette dans cette rencontre des corps (pleine aussi de tendresse) pour se reconstruire et pouvoir enfin revivre.

Note : 4/5
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Re: Véronique OLMI (France)

Message  Lacazavent le Lun 4 Mai 2009 - 14:59

Bord de mer de Véronique Olmi
édition Actes Sud / 122pages





Kévin et Stanley n'ont jamais vu la mer du moins jamais avant cette excursion avec leur mère...


L'histoire peut paraître classique, une simple histoire de vacance et pourtant, on se rend bien vite compte que quelque chose cloche. Nous sommes en pleine période scolaire, il pleut, l'hôtel est minable et la chambre minuscule, chaque centimes comptent. Les angoisses des deux enfants et de leur mère prennent le pas dirigeant leur vie.


Cela fait quelques jours que j'ai terminé ce court roman et je ne m'en suis toujours pas remise. En fait j'en frissonne encore, cette histoire m'a obsédé et m'obsède encore. Dès le début on sent, on devine qu'un drame se noue mais jamais je n' aurais pu me douter au début de ma lecture que cela irait aussi loin.
C'est un roman sur la détresse social, l'amour maternel et la solitude. Cette femme souffre, elle se débat avec ses démons mais son combat est perdu d'avance et c'est cette certitude qui donne toute l'ampleur à ce très court roman.
Derrière ce livre se cache une vrai romancière au style si particulier, elle su donner à travers une écriture simple et quasi poétique une force fascinante à son roman.
Bien plus qu'à découvrir, c'est une auteur à lire... 5/5
(parce que je vais longtemps m'en souvenir)




Véronique Olmi


Dernière édition par lacazavent le Jeu 26 Mai 2011 - 21:17, édité 1 fois
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Re: Véronique OLMI (France)

Message  Lacazavent le Lun 11 Mai 2009 - 9:27

Numéro six de Véronique Olmi
Actes Sud / 102 pages



Fanny est le numéro six de la famille Delbast, famille bourgeoise et ancré dans la tradition catholique. On ne l'attendais pas, vingt ans la sépare de son plus grand frère. Isolé, toujours à la traine, elle reviens des années plus tard sur son enfance.


Entre ressentiment et admiration pour son père on revisite l'histoire d'un amour filiale. Il y a une immense retenue dans l'écriture, tout les paragraphes sont court ils forment des bribes de souvenir.
À aucun moment Véronique Olmi ne tombe dans le pathos mais on sent Fanny si amère que l'on y perçoit des fragments de tristesse. La souffrance suinte de ce texte, plusieurs passage sont absolument magnifique oscillant sans cesse à la frontière avec la poésie.
« J’envie mes aînés parce qu’ils forment une
famille dont tu es le père. Moi, je suis une sorte de regard extérieur,
une invitée arrivée en retard. »

J'aime la façon dont elle parle de la détresse de ses personnages, j'aime sa retenue, et sa délicatesse. Son écriture me touche, elle utilise toute une palette d'atmosphères et de sentiments qui m'emporte dans l'histoire. Cette auteur est une grande découverte pour moi et je vais continuer d'explorer son œuvre... 4/5


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RE:Véronique Olmi

Message  kalainka le Sam 4 Fév 2012 - 22:09

"BORD DE MER"

Elle n'a ni nom,ni prénom.Appellons la...Maman.Oui c'est cela Maman! Avec Kevin, son fils de 5 ans et Stan le grand frère de 9 ans, ensemble ils vont prendre le car pour leurs premiéres vacances à la mer.Des vacances à la mer en hiver.Car Maman,elle veut pas déranger.Déranger?

Le soleil tourne dans la tête de Maman et puis la pluie et la lune et le froid et la chanson que lui chantait son pére.Une vrai sarabande.Mais demain Maman n'aura plus mal à la tête,plus froid,plus peur.Demain un autre voyage commence.

Véronique Olmi réalise un véritable tour de force pour un premier roman, en distillant avec sensibilité et poésie l'angoisse tout au long d'un récit dont les derniéres pages n'en finissent pas de nous saisir et de nous suffoquer.

Un petit chef d'oeuvre de 120 pages.

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Re:Véronique OLMI

Message  kalainka le Dim 12 Fév 2012 - 21:53

"LA PLUIE NE CHANGE RIEN AU DESIR"



Une femme, un homme, un rendez-vous, une chambre d'hôtel.Une parenthèse pour quelques heures.Toute une vie dans quelques heures.

Chez elle,on devine une blessure.Un mari atteint de paranoïa.Donc une absence.Elle,elle recherche une présence.Elle a besoin d'être rassuré.Elle veut une force.En elle.

C'est cru mais jamais trivial.Tout en délicatesse.Sans agressivité.Les mots décrivent la soif,le besoin,les sensations aussi bien intellectuels que physiques.Quelque chose qui n'appartient qu'à l'être humain.A la conscience.Parceque l'esprit et la chair la comprennent,l'attendent,l'espérent.La vivent."...c'était un plaisir qui courait de son corps à son corps, de son sexe à son âme, et elle jouissait d'elle-même, jouissait de sa propre jouissance, jouissait d'être femme, et c'est pourquoi il la regardait.Pour ne pas la perdre tout à fait."

Le rythme des phrases s'adaptent aux rythmes des corps.Parfois toute une page sans ponctuation pour marquer le désir, l'envie, la faim, le manque, la durée.La jouissance que l'on souhaiterait interminable.Toute une vie dans un râle.

La pluie est omniprésente dans les romans de Véronique Olmi.Que ce soit dans "Bord de mer" ou ici.La pluie comme un rideau de larmes, un placenta, un liquide amniotique.Pour laver, pour nourrir, pour nettoyer.Une renaissance.Parcequ'après la pluie vient...l'espérance."Où sont tes enfants ?...Ils sont en moi.Quoi qu'on leur fasse.Où qu'ils aillent.Quels que soient les rencontres les hasards et les chutes.Ils sont en moi.Ils sont ceux à qui je dis chaque jour Je suis là Ne t'en fais pas.Ils sont ceux que j'attends.

Ce livre on a envie de le garder.Même si on ne le relit plus jamais.On sait qu'il sera là.

4,75/5
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Re: Véronique OLMI (France)

Message  anna44 le Lun 13 Fév 2012 - 13:11

Merci pour cette belle critique Kalainka, je le note Smile

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Re: Véronique OLMI (France)

Message  Aurore le Jeu 23 Aoû 2012 - 7:22

Nous étions faits pour être heureux - Véronique Olmi
(Albin Michel, 2012, 229 p.)





C'est bien la première fois que je lis Véronique Olmi et je dois bien avouer qu'elle a été à contre-courant des ternes romans de la rentrée littéraire que j'ai lus jusque-là. Dans ce roman, il y a Suzanne, l'accordeuse de piano, une petite femme replète à la soixantaine sonnante. C'est lorsqu'elle vient vient accorder le piano du fils qu'elle tombe sur Serge, lui qui semble si bien en ménage avec sa femme Lucie et leurs deux enfants. Ils vivent dans une confortable maison de Montmartre, elle est encore dans la fleur de l'âge et lui a un métier rentable. Mais lorsque ces deux inconnus se rencontrent, il y a une fatalité qui les conduit à se retrouver, en dehors de tout sentier, de toute logique, de toute bien-pensance. Car Serge ne veut pas entendre de piano lorsqu'il est chez lui, qu'il est comme extérieur à sa vie de famille et que cette femme qui vient harmoniser l'instrument pourrait aussi mettre de l'ordre dans cette vie, en apparence, si parfaite. Le lien du piano parait de prime abord objet de discorde mais devient vite un souvenir omniprésent qui pour Serge sonne le glas de la reconstruction.

Je me rends compte que je n'ai pas mentionné une fois le mot "amour" qui pourtant est le lien de tous ces personnages entre eux. Chacun aime à sa manière : Serge avec une sorte de désespoir, pour retrouver du vivant, Suzanne avec engagement car cet homme qui la regarde en dépit de l'âge lui fait regagner des années de jeunesse, enfin Lucie aime Serge car c'est son mari et qu'il lui apporte confort et sécurité. Ces trois flux apportent au titre un éclairage différent : l'amour, quel qu'il soit, n'est-il pas garant de la l'harmonie? Est-ce bien suffisant de se jeter à corps perdu dans une histoire quand tous les comptes ne sont pas réglés? Et y a-t-il un gâchis à s'embarquer dans des relations alambiquées?

Le style de Véronique Olmi est à la fois limpide et clairvoyant, sans ambages ni tergiversations. On suit ses personnages avec une petite appréhension car rien ne va vraiment vers la pente ascendante, comme on le souhaiterait peut-être. Ils sont quelque peu émoussés par leur passé, par l'éclat de leurs différentes rencontres et par ce futur pour lequel ils n'ont absolument aucun contrôle. A tour de rôle, on entre dans la tête de Serge puis dans celle de Suzanne car tous deux ont voix au chapitre dans ce méli-mélo des temps modernes. Les chapitres sont ciselés, les dialogues sont brefs mais énergiques et la plume de l'auteur ne s'enlise pas dans le récit de sentiments mièvres et sans issue. C'est selon moi une des grandes forces de cette intrigue !
En somme, c'est un livre extrêmement inattendu dans son fil conducteur mais dont le résultat est à la hauteur des espérances. Nul doute qu'il saura trouver son lectorat pendant cette rentrée littéraire car le ton est donné, Véronique Olmi nous entraine dans un face-à-face cuisant avec l'autre mais surtout avec les épreuves du passée.


4/5

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Re: Véronique OLMI (France)

Message  Clochette le Mer 27 Mar 2013 - 16:40

Le premier amour - Véronique Olmi

Émilie est en train de préparer le repas pour ses 25 ans de mariage avec Marc. C'est une femme qui semble être heureuse. Un mari aimant, 3 filles proches d'elle, une situation stable. Et puis en allant chercher à la cave une bouteille pour le repas, elle note une des petites annonces inscrite sur le journal qui enveloppe la bouteille : son premier amour, Dario, lui demande de la rejoindre dès que possible à Gênes. Ni une, ni deux, cette femme, qui semblait pourtant parfaitement heureuse, quitte tout pour le rejoindre. En chemin, elle va rencontrer des gens différents, retrouver sa soeur, Christine, placée dans une maison spécialisée, du fait de son handicap et enfin arrivée à sur place, se rendre compte que la réalité n'est pas forcément celle qu'elle imaginait.

C'est amusant parce que de prime abord, il me semblait que ce roman m'avait moyennement plu. L'idée de me plaisait bien. Retrouver son premier amour d'un coup de tête, moi, en tout cas, ça me fait rêver. En effet, en chemin, c'est aussi l'occasion pour Émilie de revivre son adolescence, période tourmentée mais aussi propice à d'heureux moments. J'ai aimé ces moments où elle parlait de cette période insouciante où effectivement notre seule préoccupation est de plaire aux garçons Very Happy. Mais j'ai également aimé les passages où elle nous parle avec tendresse de son adolescence avec sa soeur ainée Christine, trisomique, dont l'idole était Mike Brant et son célèbre tube "C'est ma prière" (un leitmotiv dans le roman !). Une relation tendre et touchante entre elles deux où finalement la plus petite protège la plus grande.
Et puis, il y a eu un petit moment de creux, quand Emily part à Gênes et fait la rencontre de différentes personnes. J'ai d'ailleurs décroché. Je n'ai pas trouvé que cela apportait quoi que ce soit à l'histoire. L'arrivée sur Gênes et sa rencontre avec Dario m'a moyennement plu, peut-être parce que je m'attendais à d'autres choses. J'ai trouvé que du coup l'histoire dérivait par rapport à son idée du départ.

Cependant, avec du recul, je crois finalement que ce roman m'a beaucoup plus. J'ai trouvé le style de Véronique Olmi clair et lumineux qui donne envie d'y retourner. Elle a su rendre à merveilles les doutes et les questions d'Emilie par rapport à sa vie actuelle et passée, ses relations avec ses filles qui ne sont pas forcément celles qu'elle aurait souhaité, mais aussi ses sentiments par rapport à ce premier amour. J'ai éprouvé un sentiment doux-amer face ses doutes quant à l'âge qui passe, et les pages que l'on tourne à certains moments de sa vie. Une histoire qui finalement m'a touchée.

Ma note : 4/5
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Re: Véronique OLMI (France)

Message  Aurore le Mer 4 Sep 2013 - 9:12

La nuit en vérité - Véronique Olmi 
(Albin Michel, 2013, 308 p.)


Enzo Popov, 12 ans, et sa mère Liouba vivent dans un bel appartement qui ne leur appartient pas. La mère est bonne à tout faire dans un grand appartement des beaux quartiers et est mère célibataire. Elle affirme à juste titre avoir vécu le plus longtemps avec son fils, le seul homme de sa vie. C'est son seul rituel quotidien, veiller sur lui et en prendre soin, lui le seul qu'elle ait hérité de son passé de fille-mère. Quant à Enzo c'est un garçon assez mal dans sa peau, à la frontière entre le surpoids et l'obésité. Il fréquente un prestigieux collège, l'un des privilèges d'habiter les beaux quartiers, mais ne s'y sent pas à sa place. Il y est le bouc émissaire et rase les murs pour ne pas à avoir subir les brimades perpétuelles. Ainsi, à la moindre occasion il tente de s'échapper de ce quotidien bien triste entre une mère dépendante de ses patrons (revenus obligent) et ce collège où il n'est pas soutenu, ni par ses profs ni par ses "camarades".

Cette famille à deux a aussi ses limites car Enzo et Liouba sont trop proches, trop fusionnels et presque trop intimes en permanence. L'âge (seulement 17 ans d'écart) et leur parcours de vie les forcent à rester liés, à se barricader contre un monde injuste où la richesse les nargue, où les voyages ne concernent que leurs exaspérants propriétaires. Eux sont confinés à un huis-clos, à se débrouiller sans trop en dire : ne pas évoquer le harcèlement, ne pas donner corps à un père absent... Le bonheur ne semble donc pas à portée et la lutte qui les anime est d'être toujours là le jour d'après, toujours ensemble.

J'avais beaucoup aimé Véronique Olmi dans Nous étions faits pour être heureux et je la retrouve avec plaisir dans cette histoire qui, mine de rien, est bien plus lourde de conséquences qu'elle n'y parait. Hormis l'histoire qu'on ne doit pas banaliser mais qui regroupe quelque clichés, il fait bon lire quelques paragraphes sur les soldats russes qui pourraient bien avoir un lien avec des ancêtres communs. Et le titre lui se laisse comprendre, avec poésie et douceur. Un beau moment sur l'impossible intégration et sur les racines à aller chercher au plus profond.

4/5

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Re: Véronique OLMI (France)

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