Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

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Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Calepin le Mar 25 Nov 2008 - 23:09

De : nirvana1050 Envoyé : 2005-04-19 09:37

Confession d'un gang de filles
Ed.Stock, 383p.

Au milieu des années cinquante, cinq lycéennes, issues de milieux familiaux difficiles, avec des parents absents ou négligents créent, en opposition aux diverses bandes de garçons existantes, une société secrète, qui leur permettra d'assouvir leur vengeance contre ce qu'elles abhorrent le plus: les Hommes. Lassées de susciter leur convoitise, de subir diverses humiliations, Maddy, Lana, Bonnie, Rita, sous la houlette de l'inquiétante Legs, qui exerce un incroyable ascendant sur la bande, vont créer Foxfire, en devenant soeurs de sang, et en s'engageant à respecter les règles du groupe . Ce qui est au départ un mouvement de révolte contre l'autre sexe, dicté par le comportement abusif d'un professeur profitant de l'innocence de ses élèves, devient une raison de vivre qui les mènera peu à peu vers la délinquance. Legs après un séjour en maison de correction, revient avec un rêve: pouvoir habiter, toutes ensemble, dans une ferme, et vivre selon leurs propres lois. Ce projet sera mis à exécution, mais entraînera peu à peu le rejet des membres du groupe, car dans cette petite ville ouvrière , leur réputation est sulfureuse et le fait qu'elles recueillent les femmes battues de la région leur créera plus d'un ennemi.

Dans ce roman j'ai beaucoup aimé, hormis le sujet, l'écriture très dynamique qui sert cette histoire, dans une ambiance "fureur de vivre" alliée à une grande tendresse. Leurs "Fait du jour" sont savoureux, et on a envie de les applaudir à deux mains. Le fait que la narratrice feuillette d'anciens carnets pour nous livrer ses souvenirs, mais se laisse aussi mener par ceux-ci pour nous livrer son ressenti rend le récit encore plus intéressant. Ces filles non conventionnelles, qui suscitent le mépris de leur entourage, se sont créées une véritable famille, elles qui souffrent du rejet de leurs proches. Et même dans l'escalade de violence qui accompagnera leurs actes, elles restent toujours, malgré une grande naïveté proche de l'inconscience, animées par leur idéal: se protéger. C'est ce qui me les rend si attachantes.

Ma note: 4,5/5



De : Mousseliine Envoyé : 2005-04-23 10:13

Blonde
LGF - Livre de Poche, 2002

Blonde c'est un roman biographique sur la vie de Marilyn Monroe de sa naissance jusqu'à sa mort. On la suit dans toutes les étapes de sa vie: enfance, scolarité, mariage, divorce, re-mariage, re-divorce, carrière et ainsi de suite mais c'est surtout ce qui se passe dans sa tête. Joyce Carol Oates va très très loin à ce niveau, au point qu'on se sent souvent mal à l'aise car Marilyn Monroe a eu une vie épouvantable et ce dès le départ et ça fait mal, on s'attache énormément à Marilyn, on l'aime, on voudrait la voir heureuse et plus le temps passe, plus ça va mal, Marilyn qui toute sa vie a cherché son père, qui a espéré la guérison de sa mère schizophrène, qui n'arrivait plus à la fin à savoir qui elle était, Marilyn ou Norma Jeane. Cette femme s'est fait exploitée tout au long de sa vie, par ses proches, par ses amis et par la jungle hollywoodienne et on en veut à tous ses gens car Marilyn on l'aime.

Au départ les 975 pages me faisaient peur mais finalement ça passe bien, le livre est divisé en parties, les chapitres sont courts et surtout il n'y a pas de longueurs, pas de longues descriptions. Un évènement nous entraîne vers un autre alors on lit, on lit et on lit encore. Quoique ce soit un roman, on apprend beaucoup de choses, sur l'Homme, à ce niveau c'est un roman très noir. Sur Hollywood aussi, là aussi c'est noir le Hollywood décrit par Joyce Carol Oates, en fait c'est un peu la même vision qu'en a James Ellroy et après avoir passé à travers ce bouquin on n'envie surtout pas ces actrices et acteurs mais c'est un grand plaisir de les cotoyer: Clark Gable, Charlie Chaplin, Tony Curtis, Marlon Brando, Arthur Miller... Bref, laissez-vous tenter, parce que c'est Marilyn et Hollywood et c'est un roman très enrichissant à bien des niveaux, un roman grandiose.

Note : 4.5/5


De: odilette
Joyce Carol Oates - Blonde

J'ai pris la plume sitôt fermé ce long roman afin de ne pas perdre le fil de mes pensées. Surprenante lecture - imaginez lire une histoire que vous connaissez déjà y compris la fin et cependant tout vous paraît nouveau... c'est ce qui m'est arrivé.

Marilyn m'a toujours fascinée : albums photos, ouvrages de journalistes, affiches, chansons, films, j'ai tout ça sur les étagères de ma bibliothèque. Là, j'ai découvert l'histoire tragique d'une femme malheureuse en quête d'amour perpétuel. Etrange sensation! j'ai l'impression d'avoir été à ses côtés, dans son esprit - d'avoir partagé ses sensations, ses sentiments, ses émotions! C'était la dimension qu'il me manquait pour enfin humaniser, dépasser le mythe. Chaque page m'a évoqué des images... j'avais sans cesse mes albums photos pour me repérer et là, j'avais sous mes yeux : La femme...

Cet auteur a vraiment su m'emporter. J'ai vécu dans la tête de Marilyn Monroe pendant près de 1000 pages sans jamais me lasser. Je vais maintenant relire certains ouvrages, revoir certains films avec une autre approche.

Cette lecture n'a pas été un plaisir, trop tragique pour cela, mais il m'a rarement été donné d'approcher d'aussi près le cheminement de pensée et la détresse, la folie toute proche...

Je pense que Joyce Carol Oates est un auteur qui me convient vraiment.

Note : 4.9/5 (moins 0.1 car l'auteur a forcément pris quelques libertés avec la réalité...)


De : nirvana1050 Envoyé : 2005-08-12 06:35

Nous étions les Mulvaney
Ed. Stock, 605 p.

Les Mulvaney, c'est la famille idéale, qui vit dans une petite ville de l'état de New York, dans une ferme de rêve, un peu bohème, peuplée d'animaux, et animée par le joyeux désordre de la troupe qui y habite. Il y a le père, Michael John, qui malgré son origine modeste a su, à force de travail, monter sa propre entreprise et s'intégrer socialement dans les hautes sphères de la petite communeauté. Sa femme, Corinne, rouquine fantasque, drôle, animée d'une foi à toute épreuve, règne en reine aimante de son petit univers. Elle a investi la grange voisine pour en faire un magasin d'antiquités, mais surtout pour avoir une soupape de décompression, pour échapper à ses quatre enfants, bruyants et envahissants. L'aîné, Mike, fut champion sportif de son lycée, très apprécié de la communeauté, il travaille maintenant dans l'entreprise de son père. Patrick, le second, petit génie caustique et surdoué en sciences. Puis il y a Marianne, belle, douce et très populaire, toujours au centre d'un groupe d'amies. Le petit dernier Judd, qui est l'instigateur du récit qu nous est livré, deviendra plus tard journaliste....
La Saint-Valentin 1976 qui s'annonçait une douce soirée pour Marianne, sonnera le glas de leur vie familiale idyllique, à cause du drame dont elle sera la victime. La réussite de la famille semble avoir fait des envieux, et peu de personnes semblent leur prouver leur compassion ou leur être d'un appui quelconque. C'est donc une chute sociale, puis morale qui va ébranler le clan des Mulvaney.
On va suivre cette famille brisée, puis éclatée, sur une trentaine d'année.

Un irrémédiable gâchis, c'est ce qui me vient à l'esprit en voyant comment cette famille idéale est incapable de faire face au drame. Les liens qui auraient dû les souder encore plus, vont lentement se détendre... Joyce Caroll Oates a le talent pour créer des personnages vivants, auxquels je me suis attachée immédiatement. J'ai vraiment eu de la peine en suivant leurs errances, impuissante à les voir se détacher les uns des autres, alors que le décor planté était au départ si idyllique. C'est vraiment un coup de massue, la manière dont ils gèrent la culpabilité suite à ce drame, mais j'ai eu de la compassion pour chacun, dans leurs différentes manières de se comporter face à à la situation. L'auteur sait revêtir ses personnages d'une dimension psychologique très travaillée, comme les différentes pièces du puzzle compliqué qu'est la nature humaine. Un grand coup de coeur!

Ma note: 5/5



De : Sahkti1 Envoyé : 2006-01-18 09:00

Au commencement était la vie
Editions Gallimard, ISBN 2070405192
Littérature américaine

Un résumé:
Kathleen Hennessy est une fillette qui, à onze ans, se voit placée dans des familles d'accueil parce que son père, ivre de rage et d'alcool, l'a battue le soir où sa mère a pris le large. Elle s'en est sortie, contrairement à sa petite soeur, décédée sous la force des coups. Kathleen est alors transbahutée d'une famille à l'autre pendant quelques années, timide, n'osant s'affirmer (elle souffre d'un physique ingrat). Peu à peu, elle trouve sa voie, elle sera aide-soignante. Ce bien qu'elle n'a pas reçu, elle le donnera aux autres. Tout se passe bien, Kathleen est une travailleuse modèle, aimée de ses collègues... Enfin c'est ce qu'elle croit. Elle découvre assez vite qu'il n'en est rien et cette bonté qui l'illuminait se transforme progressivement en cruauté et envie de tuer. Ce qu'elle fera. En elle et autour d'elle.

Mon avis:
Joyce Carol Oates met, comme souvent dans ses oeuvres, l'accent sur une personne vivant à la limite de la norme. Il s'agit cette fois d'une gamine à l'enfance malheureuse qui grandit et se transforme en monstre aux apparences débonnaires. L'auteur va très loin dans l'exploration de cette âme un brin tordue, elle nous implique dans cette descente aux enfers en nous expliquant comment on en arrive là et cela paraît si simple, comme si ça allait de soi ! C'est là que c'est pervers, cette manière de réhabiliter des comportements complètement noirs et meurtriers. Le lecteur est pris à partie, sans le vouloir, il ne peut qu'évoluer en même temps que Kathleen, l'aimant et la détestant en même temps. En toile de fond, JC Oates nous brosse un portrait d'une certaine classe sociale de l'Amérique, la fresque d'une époque aujourd'hui bien révolue, celle de l'insouciance et du travail à volonté. Une lecture surprenante, violente et triste mais très enrichissante.

Ma note: 4,5/5



De : Sahkti1 Envoyé : 2006-01-18 09:03

Délicieuses pourritures
Editions Philippe Rey, ISBN 2848760028
Littérature américaine

Un résumé:
Nous sommes en 1975, dans une Nouvelle-Angleterre en pleine explosion des moeurs. Une université féminine, un savant cours de poésie, un professeur qui charme et son épouse sculptrice qui récolte les fruits des vendanges. Couple sadique et pervers qui détruit tout sur son passage, en commençant par le mental, c'est plus fragile qu'un corps. Gillina, la narratrice, nous expose ses mésaventures sous forme d'un journal intime qu'elle tient par obligation, parce que le prof veut tout connaître de la vie intime (surtout sexuelle) de ses élèves et leur a demandé de consigner chaque pensée, chaque propos. Elle le fait et conserve cela pour elle, ce qui nous permet d'assister, mi-spectateur mi-acteur à cette longue descente aux enfers que connaissent la plupart des filles de Heath Cottage.

Mon avis:
Délicieuses pourritures" est un titre que j'aime bien. Pas uniquement parce que c'est un vers extrait de "Nèfles et sorbes" de D.H. Lawrence mais parce qu'il résume à merveille la manière de qualifier Andre Harrow et son épouse Dorcas, de délicieuses pourritures. Des êtres malsains et pervers qui prennent plaisir à déstabiliser et abuser de jeunes étudiantes amourachées de ce séduisant et mystérieux professeur de poésie qui joue la sévérité pour mieux les faire ployer sous ses doigts habiles. Deux êtres qui utilisent les autres afin de se trouver eux-mêmes, des personnes meurtries et torturées qui ne s'aiment qu'à travers le reflet de l'admiration qu'on leur porte et qu'ils lisent dans le regard de ces jeunes femmes tombées dans leur piège. Univers révoltant que Joyce Carol Oates décrit dans un langage simple et familier, alternant monologues intérieurs à descriptions de la vie de tous les jours. Le récit semble réel, palpable, ça lui donne une force qui finit par embarquer complètement le lecteur sur les traces de cette pauvre Gillian, qu'on prend en pitié tout en ressentant un peu d'agacement face à sa naïveté. Mais qu'aurions-nous fait à sa place, en cas de fol amour et de passion dévastatrice ? Sans doute la même chose...

Ma note: 4,5/5




De : Sahkti1 Envoyé : 2006-01-18 09:07

Les chutes
Editions Philippe Rey, ISBN 2848760346
Littérature américaine

Un roman assez différent de la production habituelle de Joyce Carol Oates. Un style plus abouti, une intrigue fluide tout en étant davantage morcelée, un récit plus sûr. Un tout bon livre, c'est certain. A ceux qui ne connaîtraient pas l'auteur, celui-ci est sans doute un de ses meilleurs romans. Et ceux qui ont essayé mais n'ont pas accroché, retentez votre chance avec "Les chutes", vous serez agréablement surpris.
Une saga familiale sur fond de Niagara Falls et de revendications écologiques, de mère mal-aimante et d'enfants meurtris, de deux maris qui disparaissent et de la musique envoûtante de l'eau qui gronde et emporte tout sur son passage. Sauf les fantômes. Sauf les souvenirs.

Ce dernier roman de Oates m'a séduite. Déjà fan de l'auteur depuis longtemps, j'y ai trouvé ici un aboutissement qui m'a agréablement suprise.
Comme dans les autres récits de sa plume, on se retrouve confronté à une certaine image de l'Amérique, aux défis sociaux et économiques (augmentés cette fois d'une fibre environnementale), aux relations familiales et affectives difficiles. Au-delà du déclin de la tribu Burnaby, le lecteur assiste également à l'éclosion du phénomène touristique autour de Niagara Falls, à ses méfaits et à ses perversités. C'est tout un quartier qui change, une ville, une région et beaucoup n'auraont aucun scrupules à vouloir profiter de la poule aux oeufs d'or. Comme toujours, JC Oates dénonce indirectement, via une histoire sombre qu'elle raconte avec qualité et efficacité. Elle n'impose rien mais tout est là, de manière presque dérangeante parce qu'il est impossible de considérer ses textes comme de simples romans. Il y a toujours quelque chose en plus, une réflexion, une leçon assénée en douceur, un regard cynique porté sur ses contemporains. Une auteur plus militante qu'elle n'en a l'air. Plus subtile aussi. Pas étonnant qu'elle figure sur la liste des littérairement nobélisables...

Ma note: 5/5



De : Sahkti1 Envoyé : 2006-01-18 09:09
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Calepin le Mar 25 Nov 2008 - 23:17

Man crazy
Editions LGF, ISBN 225393335X
Littérature américaine

Un résumé:
Nouvelle incursion dans le monde noir et glauque de Joyce Carol Oates, qui n'a pas son pareil pour narrer les dérives humaines. L'héroïne se nomme Ingrid Boone, une petite fille aimée par des parents qui se séparent pour diverses raisons et qui va grandir dans un univers où l'amour lui fera cruellement défaut. Non pas que sa mère ne l'aime pas, mais elle est elle-même trop jeune pour donner à autrui ce qu'elle réclame de son côté. Le temps passe, Ingrid l'adolescente se marginalise, s'offre volontiers, traduit sa nervosité par des éruptions cutanées assez violentes (une obsession dans ce livre!), erre d'homme en mec, avant de tomber sur Enoch Skaggs, leader d'une secte de sataniste qui laissent les gens mourir de faim ou les tuent avant de se repaître de leur sang et leurs organes. Assez sinistre. C'est au moment où la mort s'approche de très près qu'Ingrid finit par sauver sa peau et entame une thérapie qui lui ouvrira les portes d'une nouvelle vie.

Mon avis:
C'est un récit dur et très sombre, Oates n'épargne rien au lecteur et elle le balade de A à Z dans les chemins de la glauquitude et du malaise. Je reprocherai peut-être cette fois à l'auteur d'en avoir trop fait, c'est dense et saccadé à la fois. Nous passons d'une époque à une autre dans les étapes de la vie d'Ingrid Boone en laissant derrière nous des épisodes inachevés, dans l'attente de savoir, en cherchant parfois à comprendre. On pourrait se dire que l'imagination n'a qu'à travailler mais Oates raconte tant de choses dans les parties narrées qu'il est difficile de se faire une petite place dans le récit. Ingrid Bonne et sa détresse occupent toute la place. Assurément pas pour remonter le moral, ce roman, même si la fin est très formatée attendue "happy end".

Ma note: 3,5/5


De : Sahkti1 Envoyé : 2006-01-18 09:12

Un amour noir
Editions Folio, ISBN 2070405206
Littérature américaine

Un résumé:
Nous sommes en 1912, dans l'Amérique raciste et mal-pensante. Calla, de son vrai prénom, Edith, est une jeune fille élevée par des membres de sa famille (ses parents sont morts quand elle était assez jeune) qui n'ont de cesse de la marier. C'est que la gamine est étrange, éprise de liberté, souvent contrariante et n'en faisant qu'à sa tête; il faut s'en débarrasser. On lui trouve un riche paysan, silencieux, emprisonné au sein d'une famille étouffante. Le couple va tant bien que mal, Calla donne trois enfants à son mari puis estime qu'elle a fait son boulot et qu'elle peut reprendre ses errances. C'est alors qu'elle croise le chemin d'un sourcier, Tyrell, un homme noir qui attire les regards méfiants de toute la population. Ils deviennent amants. Leur histoire se terminera par un drame, mais ne sera pas pour autant close, Calla poursuivant un semblant de vie, recluse et incomprise par tous.

Mon avis:
Joyce Carol Oates nous livre ici un court roman dont l'idée de départ est assez banale, la liaison interdite entre une bourgeoise blanche et un vagabond noir, à l'époque où les alliances mixtes sont vilipendées. Ce qui différencie ce récit d'autres textes sur le même sujet, c'est l'atmosphère étrange que Oates dessine au fil des pages. Calla est une femme vraiment mystérieuse, qui agace et émeut à la fois. On se surprend à rêver avec elle de grands espaces et d'une solitude sans fin. On comprend l'oppression familiale, on lui en veut de délaisser à ce point ses enfants, on suit son parcours en s'en imprégnant totalement et sa fin de vie rend non pas triste, mais un brin mélancolique. Texte court et dense, qui reste cruellement d'actualité si on en extrait les éléments de l'incompréhension, de la marginalité et du carcan social imposé par des normes pas toujours en adéquation.

Ma note: 4,5/5



De : Sahkti1 Envoyé : 2006-03-09 15:34

Johnny Blues
Editions LGF, ISBN 2253108146
Littérature américaine

John Reddy Heart est devenu la coqueluche des filles de Willowsville en quelques heures. Dès son arrivée dans la ville en fait. A bord d'une voyante cadillac couleur rose orange fluo, au volant alors qu'il n'a que onze ans. Sa mère, Dahlia Heart, surnommée le Dahlia blanc, est une starlette outrageusement maquillée qui fréquente beaucoup les hommes dit-on. Ce n'est pas pour rien qu'elle a hérité de cette somptueuse demeure léguée par un colonel à la retraite, plein aux as et ayant rendu l'âme dans les bras de la belle, alors qu'elle occupait un poste de "spécialiste en relations publiques" dans un casino de Las Vegas. La famille vit sous les regards des voisins jusqu'au jour où, quatre ans après leur arrivée, Johnny tue l'amant de sa mère. Il fait un an de maison de correction avant de revenir en ville, en résidence surveillée. Il est devenu un héros. Et les filles en sont encore plus amoureuses...

Changement de style pour Joyce Carol Oates. C'est toujours l'Amérique profonde qu'elle dépeint, avec force détails, mais son écriture sombre fait place ici à des chroniques plus rythmées, vives et presque juvéniles. Elle donne la parole à l'entourage de John Red Heart et tente de comprendre comment il en est arrivé à tuer l'ami de sa mère. De multiples digressions, d'incessants retours dans le passé permettent de cerner la personnalité du héros assassin et de comprendre la vie aux States dans ces années 50-60. Un récit peut-être plus dense et par moments plus confus que d'autres romans de Oates, ce n'est pas celui que j'ai préféré. La trame a trop souvent tendance à s'éparpiller et se rompre pour reprendre un peu plus tard, avec de nouvelles idées, d'autres informations, des facettes supplémentaires destinées à dresser un portrait complet des protagonistes et de la situation.

Ma note: 3/5



De : Sahkti1 Envoyé : 2006-05-19 01:39

La Fille tatouée
Editions Stock, ISBN 2234058767

En refermant ce livre, je me suis dit "Quel génie!". Parce que la fin, qui pourrait sembler banale ou facile, est en réalité une interrogation profonde et dérangeante sur le sens de la culpabilité et de la vengeance. Une réflexion qui prend tout son sens quand on sait qu'à de nombreuses reprises dans le roman, il est question de l'Holocauste, du révisionnisme et du poids de la faute à porter. Joyce Carol Oates réalise ici un coup de maître en glissant autant d'intensité dans un roman qui raconte une histoire somme toute assez simple de relation entre un professeur d'université fou de Virgile et de littérature liée à l'Holocauste et sa jeune assistance, femme brute et insensible, qui n'a qu'une idée en tête, le tuer. Parce que petite, on lui a dit qu'il fallait haïr les Juifs et que Joshua Seigl, son employeur, est Juif. Nous sommes à Mount Carmel, le récit se déroule de nos jours et aujourd'hui encore (l'actualité nous le répète hélas tous les jours), l'obscurantisme fait son sale travail.

Beaucoup de sensisibilité et de pudeur dans la plume de Oates et aussi, comme toujours chez elle, cette habileté à décrypter les sentiments humains et à les exposer via des monologues de qualité. Que ce soit Seigl sur sa maladie qui peu à peu le diminue tant physiquement que moralement. Ou Alma Bush qui se convainc tant bien que mal que son employer doit être haï et en même temps, plaint et aidé.
A mes yeux, un des meilleurs de l'auteur, d'une autre veine mais tout aussi plaisant que "Les chutes". La plume de Joyce Carol Oates, déjà de très bonne qualité, gagne en maturité et en excellence au fil des années. Les situations ou les faits qu'elle dénonce le sont avec plus de subtilité encore et leur actualité permanente n'en est que plus dérangeante. La fin de ce livre m'a fait penser à ce que j'avais éprouvé lorsque le film Dogville s'achève: un malaise par rapport à la vengeance que l'on souhaite pourtant (ce qui n'est pas forcément le cas de tout lecteur ici, mais cette vengeance fait partie intégrante du récit), tout en sachant que ce n'est guère très moral. Et de la moralité, chez Joyce Carol Oates, il en est souvent question, mais pas toujours celle qu'on imagine...

Ma note: 5/5



De : odilette84 Envoyé : 2006-06-05 15:35

LES CHUTES

Sahkti...j'ai préféré ta critique au roman... Le plus abouti de Oates ? un roman différent des autres ? alors à coup sûr j'aimerai mieux les autres... il faut que je retente ma chance avec les titres qui précèdent car là, j'avoue que je suis déçue... Un début romantique à souhait, mystérieux, une écriture intéressante , puis on dérape et pour finir je me suis ennuyée. Malgré tout, j'ai appris beaucoup de choses (ce qui m'a d'ailleurs poussée à me documenter sur le Love Canal...)

ma note : 3/5 (pas mauvais non plus !!)



De : Sahkti1 Envoyé : 2006-07-15 16:22

Nous étions les Mulvaney

Il y a une famille heureuse, un brin déjantée, vivant dans la ferme du bonheur. Et puis un jour, il y a "ça", l'agression sexuelle dont est victime Marianne, l'unique fille de la famille, la princesse. Souffrance générale, le processus de la lente érosion destructrice se met en place. Plus rien ne sera jamais comme avant et l'empire familial Mulvaney commence déjà à appartenir au passé.

Magistrale Joyce Carol Oates qui démontre de manière sensible et détaillée comment une famille s'autodétruit, comment ce qui était autrefois amour passionnel peut virer au désatre, parfois en dépit de tout bon sens. J'ai particulièrement apprécié l'intense humanité avec laquelle elle dépeint chacun des personnages, animaux y compris (et il y en a dans ce récit!). Cette proximité instaurée par et grâce à l'auteur permet au lecteur de s'attacher à chacun et de vivre profondément tous les événements qui marque le destin des Mulvaney. Impossible de rester extérieur ou insensible, l'immersion est totale et c'est ce qui permet de ressentir de telles colères ou de tels moments d'apitoiement devant ces gens qui vivent, qui souffrent, qui rient et qui pleurent comme chacun d'entre nous. La fin, en apparence heureuse, démontre à quel point l'éclatement a été fracassant et l'amertume n'en est que plus grande. Joyce Carol Oates livre ici un roman d'une très grande qualité!

Ma note: 5/5



De : Sahkti1 Envoyé : 2006-07-25 05:05

Le ravin
Editions J'ai Lu, ISBN 229035001X

Joyce Carol Oates et le polar, ça ne donne pas forcément un mariage heureux. Essentiellement parce que l'auteur demeure fidèle à ses habitudes, à savoir dépeindre la psychologie des personnages et d'une société au détriment des faits et d'une intrigue à suspense. Si cette recette marche bien dans la plupart de ses romans, ici, on sent nettement que ce n'est pas du tout sa tasse de thé habituelle. C'est lent et assez mou, impossible de vraiment s'attacher à Matt McBride, contrairement à d'autres détestables héros de JC Oates qui finissent par nous toucher en dépit de leurs vies tourmentées.

Un peu l'impression que l'auteur a écrit tout ceci autour d'une étincelle d'idée qui lui serait venue, avec des meurtres, et que son écriture s'est promenée sans trop savoir où aller, ce qui donne ce côté décousu et par moments trop rapide dans la succession des événements.
Pas un bon polar, pas un bon Joyce Carol Oates non plus. Avec pourtant les ingrédients connus qui lui sont chers et que j'ai eu malgré tout du plaisir à retrouver, mais sans plus.

Ma note: 2/5



De : Sahkti1 Envoyé : 2006-07-26 16:38

Viol - Une histoire d'amour
Editions Philippe Rey, ISBN 2848760540

C'est une histoire d'amour. Celle d'une femme avec la vie. Celle d'une enfant pour sa mère. Celle d'un flic pour la justice. Celle d'un lecteur pour des personnages détruits. Un 4 juillet comme tant d'autres à Niagara Falls, un viol collectif, une enfance qui prend subitement fin et le commencement d'atroces rumeurs disant "Elle l'a bien cherché". Face au poids des accusations et du doute qu'elle lit partout dans le regard des autres, Tina Maguire préfère se taire, renoncer au procès et s'enfermer dans une semi-démence éthylique. Sa fille Bethel veille, aidée par Dromoor, un flic qui exerce la justice de manière très particulière.

Pas de voyeurisme chez Joyce Carol Oates, ce n'est pas son truc et c'est très bien. Ses mots pour dire ce qu'il y a autour d'un fait sont bien plus percutants que toutes les images qu'elle voudrait nous livrer. Très tôt la révolte s'installe face à cette injustice hélas encore trop fréquente de la victime devenue coupable. On ne sort pas indemne de cette lecture, il y a de la colère mais aussi énormément d'attachement ressenti pour les protagonistes, tant Tina que Bethel. Oates n'a pas son pareil pour raconter la noirceur et la souffrance en les conservant vivantes, palpables, presque remplies d'espoir. Parce que même quand tout est noir, il y a de la vie. Encore et toujours.

Ma note: 4/5



De : lalyre7032 Envoyé : 2006-08-17 09:56

Hudson River
Livre de poche

Une banlieue résidentielle sur les rives de l'Hudson ou tout le monde est beau et riche on y roule en voiture de luxe,bref un endroit idyllique.Quel bouleversement lorsque Adam,homme secret et sans attache mais aimé de tout le monde et dont toutes les femmes sont amoureuses,meurt en sauvant une fillette en train de se noyer.Un vrai chaos que la disparition de cet homme car cela délie les langues et déchaîne les passions avec toujours une même question,mais qui était cet homme ?C'est alors que se dévoile la vie très intime des couples de cette petite cité ou chacun croit se connaître et c'est une histoire à plusieurs voix,écrite un peu comme une enquête que nous allons suivre,nous retrouvant au coeur des pensées les plus intimes de chacun en essayant de découvrir qui était Adam ?Car il a eu un passé cet homme et chacun avec ses désirs et ses fantasmes l,imaginera.Mais que fut ce passé ? Nous le découvrirons au cours de cette lecture sur le thème des apparences et de la réalité.

Mon avis :Un très bon livre écrit comme une farce sociale ,agréable à lire,qui m'a fait connaître l'envers d'un certain décor,ce qui m'a beaucoup amusée.

Note : 4,5/5
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Calepin le Mar 25 Nov 2008 - 23:24

De : odilette84 Envoyé : 2006-08-21 15:55

NOUS ETIONS LES MULVANEY

La famille américaine typique, la famille idéale …On croirait voir étinceler leur sourire aux dents blanches tellement ils sont beaux ces MULVANEY ! Un peu religieux sur les bords, surtout la mère…donc bourrés de bonnes intentions envers leur prochain, de belles valeurs morales etc., etc.…sauf que … Cela ne suffit pas à maintenir les personnages de la photo à l’intérieur du cadre. Quand le grain de sable s’immisce dans les rouages, tout vole en éclats. Ce bonheur trop parfait au point qu’il en paraît artificiel n’existe plus. Chaque individu, l’un après l’autre devient alors une personne à part entière et se désolidarise de la famille, apprenant à vivre ou plutôt survivre hors de la photo idyllique ! Et là, il y a matière à une belle histoire.

L’auteur sait parfaitement rendre chacun des personnages attachant. En variant les points de vue de la même histoire, elle donne à chacun une vraie dimension. C’est exactement le genre de roman que j’aime. Profondément humain. Il ne s’y passe rien d’exceptionnel, mais on ne peut pas le lâcher car on s’attache à ces personnages que l’on regarde vivre, aimer, souffrir, pardonner, grandir. Il y a toujours un petit reflet de soi à trouver. Belle rencontre avec cet auteur, mais ce n’est que le début de mon exploration !!

Ma note : 5/5


De : lalyre7032 Envoyé : 2006-09-09 10:19

Premier amour
Babel

Un petit roman de 90 P.ou il est question de l'amour d'une petite fille de onze ans pour un jeune séminariste pervers. La fillette Josie fait la connaissance de Jared, un cousin beaucoup plus âgé qu'elle.Fascinée par sa prestance et les études entreprises,elle admire ce cousin mystèrieux et un jour alors qu'elle se promène au bord de la rivière elle le rencontre et c'est à partir de cet instant que commence pour elle terreur et amour.

Mon avis : un livre rempli de non-dits car on ne dit rien sur le sexe et les fantasmes mais immoral et inquiétant par ce que l'on devine les violences subies par l'enfant.

Note : 4/5



De : odilette84 Envoyé : 2006-09-17 11:23

Blonde

j'ai pris la plume sitôt fermé ce long roman afin de ne pas perdre le fil de mes pensées. Surprenante lecture - imaginez lire une histoire que vous connaissez déjà y compris la fin et cependant tout vous parait nouveau ...c'est ce qui m'est arrivé . Marilyn m'a toujours fascinée : albums photos, ouvrages de journalistes, affiches, chansons, films, j'ai tout ça sur les étagères de ma bib... Là, j'ai découvert l'histoire tragique d'une femme malheureuse en quête d'amour perpétuelle. Etrange sensation ! j'ai l'impression d'avoir été à ses côtés , dans son esprit -d'avoir partagé ses sensations, ses sentiments, ses émotions ! C'était la dimension qu'il me manquait pour enfin humaniser , dépasser le mythe. Chaque page m'a évoqué des images...j'avais sans cesse mes albums photos pour me repérer...et là, j'avais sous mes yeux : La femme...

Cet auteur a vraiment su m'emporter. J'ai vécu dans la tête de MM pendant près de 1000 pages sans jamais me lasser. je vais maintenant relire certains ouvrages, revoir certains films avec une autre approche. Cette lecture n'a pas été un plaisir, trop tragique pour cela, mais il m'a rarement été donné d'approcher d'aussi près le cheminement de pensée et la détresse, la folie toute proche... Je pense que JC Oates est un auteur qui me convient vraiment.

Ma note : 4.9/5 (moins 0.1 car l'auteur a forcément pris quelques libertés avec la réalité)



De : bódhran Envoyé : 2006-10-15 12:50

Zarbie les yeux verts

Elfe a très bien fait le résumé. Je dirai juste que je partage son avis!

Note : 4,5/5



De : Shan_Ze Envoyé : 2006-11-02 07:47

Hantises de Joyce Carol Oates
(362 pages)

Hantises est un recueil de nouvelles. Fantastiques ? Il n’est jamais imposé mais plutôt insinué, c’est au lecteur de se faire une idée, de trouver des indices sur chacune des histoires. Dans la chatte blanche, Mr Muir croit tuer la chatte de sa femme mais celle-ci réapparaît : méprise, délire ou fantastique ? Ou dans cette autre nouvelle Le coupable, une femme élève seul son enfant de 2 ans, celui-ci la pousserait à tuer son père : folie ou fantastique ? Il n’y a pas que le doute dans ces nouvelles, il y a aussi du suspens, de l’horreur, de la peur distillés à l’intérieur.
Je ne suis pas une fan des nouvelles aimant beaucoup l’écriture de Joyce Carol Oates, j’ai quand même voulu faire l’essai de celles-ci. Oates a le pouvoir de vous mettre dans le doute ; de vous troubler. Je n’ai pas aimé quelques nouvelles, comme Aveugle ou le radioastronome parce que je n’ai pas apprécié leur fin mais ce livre ne m’a pas laissée insensible. Ca vaut le détour !

Note : 4/5



De : odilette84 Envoyé : 2007-01-23 16:35

Nulle et grande gueule

Nulle c'est ainsi que se surnomme elle même Ursula, une lycéenne grande, très grande et mal dans sa peau. La grand Gueule c'est Matt, lycéen doué qui parle un peu trop fort des fois. Ces deux adolescents rebelles différents des autres vont se trouver rapprochés l'un de l'autre, le jour oùMatt est accusé d'avoir menacé de poser une bombe au lycée... Deux enfants face à l'injustice des adultes, à la rumeur malveillante... Ce roman est un portrait de la société américaine d'aujourd'hui, il dépeint le malaise des adolescents... Ce livre se lit très vite, mais il est pour moi plutôt destiné à un public plus jeune. Je n'ai pas retrouvé Oates que j'aime.

ma note : 2,5/5



De : liza_lou55 Envoyé : 2007-04-26 15:04

Nous étions les Mulvaney
(Stock, 737 pages)

C'était un petit coin de paradis là où vivait les Mulvaney. Eux mêmes représentaient la famille idéale, harmonieuse, où tout est rose et idyllique. Il y a le père, entrepreneur estimé et aimé de tous, la mère énergique et croyante, leurs enfants dont Marianne, souriante et belle.
Et lorsque le drame un jour arrive dans ce clan, du rève l'histoire tourne au cauchemar. La famille alors se désintègre irrémédiablement et alors, oui, vraiment, les Mulvaney disparaissent.

Un roman très fort, prenant avec ses 737 pages époustouflantes. Il ne faut pas passer à coté d'un auteur comme Oates, il ne faut pas passer à coté d'un tel roman qu'est Nous étions les Mulvaney. L'écriture est très belle; il y a un petit quelque chose qui fait que par la suite, l'histoire et les protagonistes vous trottent encore et encore dans la tête. Décrire encore ce roman? Je n'y arriverai pas. Il faut le lire, c'est tout. Je n'oublierai jamais ce roman.

Ma note : 5/5



De : Sahkti1 Envoyé : 2007-05-03 06:48

Hantises

Hantises est un recueil de nouvelles de Joyce Carol Oates, précédemment publiées dans divers magazines et journaux américains.
Ces nouvelles ont toutes un fil conducteur: leur étrangeté, entre surréalisme et fantastique. Leur gravité également, elles abordent des sujets douloureux, des souvenirs qui font mal. Chaque narrateur fait un plongeon dans le passé, revit des scènes qui oblige la mémoire à travailler avec tout ce que cela comporte comme dangers et risques d'effondrement des repères.

Une fois de plus, Joyce Carol Oates explore à fond l'âme humaine et ses mécanismes de pensées. Beaucoup de subtilité dans ses lignes et puis ce petit côté étrange, presque palpitant des différentes nouvelles; on frôle le moment où tout pourrait basculer, on attend avec impatience un rebondissement et puis rien, elle laisse au lecteur le soin d'entretenir le mystère et d'imaginer ce qu'il veut, les non-dits sont riches de silences et de significations, c'est bigrement bien mené. Personnellement, je trouve que Joyce Carol Oates est plus efficace sur le long terme, ses romans permettent de cheminer en compagnie des protagonistes et faire pleinement connaissance avec eux et leur monde. les nouvelles ne permettent pas toujours cette approche en profondeur mais l'auteur se défend malgré tout très bien dans ce domaine et ce recueil peut donner envie à ceux qui ne connaitraient pas encore Joyce Carol Oates de partir à la conquête de son oeuvre si riche et si belle.

Note : 4/5



De : lalyre7032 Envoyé : 2007-05-20 13:37

Le viol, Une histoire d'amour
Seuil, 176 P.

Vers minuit,un 14 juillet,la fête bat son plein,Teena Maguire,jeune veuve et sa fille Berthie,12 ans décide de quitter la fête et de rentrer chez elle,il fait beau,elles passeront par le chemin le plus court c'est à dire par le parc.Et c'est là que leur destin bascule,une bande de malfrats ivres sont là,ils attendent l'occasion de faire un mauvais coup.C'est à tour de rôle qu'ils violent Teena sous les yeux horrifiés de sa fille qui assiste en grande partie à cette agression,elle parvient à s'enfuir,c'est John Dromoor,policier qui découvre le premier la victime laissée pour morte.Mais elles ne sont pas au bout de ce cauchemar car les parents des criminels ont engagé le meilleur avocat,un homme sans scrupules qui instille le doute chez les magistrats,accuse Teena de les avoir provoqué ,elles sont insultées par la plupart de leur entourage.Mais la présence discrète de John Dromoor épris de justice et de Teena,mais sans jamais lui avouer,sera t-il cette espèce d'homme à faire justice lui-même ? Parviendra t-il à adoucir le calvaire de Teena et Berthie ??

Un petit roman ou l'auteur décrit très bien la haine des criminels à l'égard des victimes,cette histoire de viol et d'amour peut surprendre au premier abord mais à la fin du livre j'ai trouvé cela très beau car l'auteur en parle avec sensibilité et délicatesse.

Note : 5/5



De : Clochette1509 Envoyé : 2007-06-19 14:27

Nous étions les Mulvaney
Editions : Nouveau Cabinet Cosmopolite
605 pages

L'histoire
Les Mulvaney vivent heureux dans leur ferme avec trois fils et une fille, Marianne. Mais le jour de la Saint-Valentin, en 1976, tout vole en éclats. Le benjamin, Judd, devenu journaliste, retrace l'histoire des siens : la désagrégation de la famille, la dureté de la société à l'égard des perdants et le parcours long et douloureux avant de parvenir à un nouvel équilibre.

Mon avis
Et bien, ce que j'aime dans le Club, c'est qu'il me permet d'un peu mieux cerner mes goûts et j'en ai découvert un : j'aime les grandes sagas.
Ce roman m'a énormément fait penser au "Prince des Marées" de Pat Conroy ; j'y ai retrouvé la même atmosphère, les mêmes odeurs, le même genre de personnages, blessés par la vie et qui tentent de se reconstruire contre vents et marées (justement !). J'ai vraiment beaucoup aimé suivre l'évolution de cette famille, très soudée au départ, et qui peu à peu se désagrège sous l'influence de la société, qui ne supporte pas que l'on puisse être différent. Un roman profondément humain qui nous démontre que malgré les obstacles, le temps est le meilleur des remèdes. J'ai vraiment beaucoup beaucoup aimé l'épilogue.

Ma note : 5/5



De : doriane99 Envoyé : 2007-08-05 11:54

Les chutes

Dans le décor tourmenté des chutes du Niagara, la vie d'Ariah Littrel, "la veuve blanche des chutes", femme aux apparences froides, à l'imagination débridée qui ne sait pas profiter de son bonheur. Les chutes disputent à Ariah le rôle principal dans une période (les années 50) marquée par l'industrialisation à tout va, la pollution parfois meurtrière pour les petites gens et la toute puissance d'une élite.

Note : 4/5
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Calepin le Mar 25 Nov 2008 - 23:28

De : Mousseliine Envoyé : 2008-08-15 14:06

Bibliographie
(Œuvres parues en français)

Des Gens chics, Stock, 1970
Corps, Pauvert, 1973
Haute enfance, Stock, 1979 (édition américaine 1969)
Mariages et infidélités, Stock, 1980
Bellefleur, Stock, 1981 (édition américaine 1980)
Eux, Stock, 1985
La Légende de Bloodsmoor, Stock, 1985
L'Homme que les femmes adoraient, Stock, 1986
Les Mystères de Winterthurn, Stock, 1987
De la boxe, Stock, 1988
Marya, Stock, 1988
Aile de corbeau, Stock, 1989
Souvenez-vous de ces années-là, Stock 1991
Cette saveur amère de l'amour, Stock, 1992
Reflets en eau trouble, Ecriture, 1993
Un amour noir, Editions Du Felin, 1993
Le Rendez-vous, Stock, 1993
Au commencement était la vie, Editions Du Felin, 1994
Le Goût de l'Amérique, Stock, 1994
Confessions d'un gang de filles, Stock, 1995
En cas de meurtre, Actes Sud, 1996
Corky, Stock, 1996
Solstice, Stock, 1997 (édition américaine 1985)
Zombi, Stock, 1997
Man crazy, Stock, 1999
Premier amour, Actes Sud, 1999
Nous étions les Mulvaney, Stock, 1999
Blonde, Stock, 2000 (édition américaine 2000). Un roman sur Marilyn Monroe.
Mon cœur mis à nu, Stock, 2001
Reflets en eau trouble, Actes Sud, 2001
Je me tiens devant toi nue - Miss golden dreams, Editions Du Laquet, 2001
Nulle et Grande Gueule, Gallimard Jeunesse, 2002
Johnny Blues, Stock, 2002
Délicieuses pourritures, 2003
Infidèles ; histoires de transgressions, Stock, 2003
Le Ravin, Editions de l'Archipel, 2003
J'ai refermé ma porte, Philippe Rey, 2004
Hudson River, Stock, 2004
Je vous emmène, Stock, 2004
La Foi d'un écrivain, Philippe Rey, 2004
Zarbie les yeux verts, Gallimard Jeunesse, 2005
Les Chutes, Philippe Rey, 2005 Prix Femina étranger
Hantises, Stock, 2005
Viol, une histoire d'amour, Philippe Rey, 2006
La fille tatouée, Stock, 2006
Mère Disparue, Philippe Rey, 2007
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Calepin le Mar 25 Nov 2008 - 23:34

De : Mousseliine Envoyé : 2008-08-15 21:29

Nous étions les Mulvaney
(Stock/poche, 1999, 739 pages)

Attention très gros coup de coeur! La famille Mulvaney habite à Mont-Ephraim dans l'ouest de l'état de New-York, leur maison "High Point Farm" : une très grande maison de campagne, parfait pour élever quatre enfants. Une famille que tout le monde envie et aime, les enfants sont beaux, gentils, bien élevés. Les parents sont sympathiques. Et malgré plus de vingt ans de mariage Michael et Corinne s'aiment encore et se le démontrent sans gêne. Sans être riche, la famille est aisée. Michael n'a pas ménagé ses efforts pour faire parti du club country local, un club sélect, et il y est arrivé. Les enfants sont très populaires à l'école. Bref... on voudrait tous faire partis de cette famille modèle. Trois garçons, Michael, Patrick, Judd et puis Marianne. Bien sûr les parents aiment tous leurs enfants également. Mais Marianne est tellement belle, tellement douce, tellement gentille. Elle veut faire plaisir à tout le monde. Et tous les animaux faut pas les oublier ils sont des membres importants de la famille : Silky, Muffin, Boule-de-neige, Plumes, Foxy, Prince, Troy... Et puis un événement vient bouleverser la vie de cette famille idyllique... La honte, un sentiment de culpabilité atroce, découvrir que ses amis ne sont pas réellement des amis. Le commérage dans une petite ville. Le qu'en dira-t'on. Les apparences.

Joyce Carol Oates a une plume incroyable. Le vocabulaire est riche. Les descriptions sont précises, réalistes. Elle suit ses personnages avec un oeil très lucide. Il y a beaucoup d'émotions. On a l'impression que cette famille existe vraiment. Je me suis plu énormément à faire connaissance avec chacun des personnages au fil des pages. On passe d'un narrateur à l'autre sans s'y perdre. On les aime tous comme si on était aussi de la famille. Je me suis posée des questions sur les choix des personnages et j'aurais bien aimé en discuter autour d'un bon repas avec des amis lecteurs. J'aurais fait quoi moi si j'étais Corinne...? Non je sais ce que j'aurais fait quand même... ou je pense le savoir. J'ai beaucoup aimé le personnage du père, Michael Mulvaney, pas parce qu'il est sympathique, parce que Joyce Carol Oates nous montre à travers lui ce que peut valoir l'amitié et comment il a bâti sa vie sur de fausses bases alors par la suite la dégringolade est raide. J'ai énormément aimé... et la fin superbe! Les 700 et quelques pages on ne les voit pas passer.

Note : 5/5



De : Pilou Envoyé : 2008-08-25 09:46

Délicieuses pourritures

Un peu déçu par cette lecture. C’est toujours aussi bien écrit mais le sujet m’a laissé indifférent.

Dans les années 1975, une jeune étudiante pensionnaire de vingt ans se croit amoureuse de son professeur de littérature, comme beaucoup de ses amies. C’est assez conventionnel comme situation, au moins dans un premier temps, tant il est fréquent qu’un enseignant de littérature jouisse d’une aura prestigieuse sur ses auditrices. Bien entendu il se spécialise dans les poètes érotiques et provoque des rêves humides. Comme de juste encore il est marié à une artiste décriée qui elle fait des totems primitifs, on s’en douterait. Les choses se compliquent lorsqu’il apparaît que ces deux là forment un couple de pervers qui attirent chez eux les presque vierges pour faire leur éducation, laquelle se passe très mal.

Note : 2/5



De : Pilou Envoyé : 2008-09-01 03:26

Nous étions les Mulvaney

Je l’ai terminé dimanche. C’est vraiment un beau roman tout à fait captivant d’un bout à l’autre. Je ne sais pas trop quoi en dire mais le livre refermé me poursuit un peu. Sans doute en partie parce que la ferme de High Point Farm, l’ambiance familiale qui y règne, ressemblent aux nôtres. J’ai eu par moment l’impression d’être chez moi avec ma femme et mes fils.. Michael Mulvaney n’est pas un méchant homme, bon mari, travailleur, il aime ses enfants mais il est un peu rustre, impulsif, et aura la mauvaise réaction face à l’évènement. Je le pense un peu vaniteux et égoïste. C’est la ruine de son image de père incapable de protéger sa fille qui le démolit plus que le sort de sa fille. Corinne Mulvaney c’est la bonne mère et la bonne épouse qui manquera un peu de clairvoyance et surtout d’autorité face à son mari qu’elle aime….trop, au point d’accepter l’exil de sa fille lequel n’était pas forcément une mauvaise solution mais à la condition de rester en contact étroit avec elle ce qui ne sera pas le cas. Michael Mulvaney, aîné des fils, c’est celui dont je redoutais une réaction de violence mais qui se contentera de fuir le problème et de s’engager dans l’armée. Patrick Mulvaney, le puîné, très proche de sa sœur, c’est un cerveau, un scientifique. Marianne Mulvaney c’est, de mon point de vue, la plus intéressante de la famille, celle à laquelle on s’attache, celle dont le sort est le plus pitoyable, celle qui souffre le plus d’une situation qu’elle n’a pas provoquée et reste la première victime. Judd Mulvaney, c’est le plus jeune, le reporter qui nous conte cette belle et triste histoire jusqu’au rebond final.

Mon commentaire me semble bien superficiel mais il faut lire ce livrre absolument.

Note : 4.5/5



De : Cafrine Envoyé : 2008-09-12 09:07

Sexy de Joyce Carol Oates
ed. Gallimard - 218 p.

Darren Flynn, lycéen à North Fall fait partie de l'équipe de natation. Beau garçon, il attire aussi bien le regard des adolescentes que celui des adultes. Un soir, Darren est raccompagné en voiture par son professeur, M. Tracy. "Quelque chose" se produit durant ce trajet que Darren refuse d'admettre allant même jusqu'à nier sa réalisation. Quelques temps plus tard, plusieurs sportifs du lycée sont évincés de leur équipe dont des coéquipiers de Darren. Leur note trop mauvaises les écartent définitivement des compétitions. Le responsable de leur malheur est le trop exigeant professeur d'anglais M. Tracy. Les nageurs n'ont alors qu'une envie se venger, ils fomentent un complot qui va bouleverser la communauté de North Fall...

Je découvre cette auteur à travers ce roman, classé en section jeunesse à ma biblio et j'ai été CON-QUI-SE. Un sujet très sensible, grave, la pédophilie et ses dérives, auquel Joyce Carol Oates se frotte habilement. Je ne dévoilerai pas l'histoire car à mon sens cela fait partie d'une des magies de ce roman, celui de livrer un petit truc à chaque chapitre jusqu'à la fin. La vraissemblance de l'histoire et des personnages contribue je pense au fonctionnement de "Sexy". Cela m'a fait réfléchir sur notre société et le besoin constant de bouc émissaire... Bref, un livre que j'ai refermé en continuant à trotter, ce que j'adore ! En conclusion, un très bon moment de lecture et une auteure que je revisterai c'est certain !

Ma note : 5/5



De : Cafrine Envoyé : 2008-10-05 11:46

Délicieuses pourritures - Joyce Carol Oates
121 pages - éd. Philippe Rey

Extrait de 4e de couverture (je préfère) :
"Un campus féminin, dans la Nouvelle-Angleterre des années 1970. Gillian Bauer, 20 ans, brillante étudiante de 3e année, tombe amoureuse de son charistmatique professeur de littérature, André Harrow.

Celui-ci a décidé de faire écrire et partager en classe à ses élèves leur journal intime. Et gloire à celle qui offrira son intimité en pâture ! Anorexie, pyromanie, comportements suicidaires...un drame se noue. En son centre, l'épouse du professeur, énigmatique sculptrice qui collectionne la laideur".

Avis : En refermant ce livre (le second que je lis de Oates), je me suis dit que ma note ne pouvait excéder 2 et il ne me restait plus qu'à ma note...Mais voilà, je n'ai pas trouvé d'arguments et c'est là que j'ai compris. Compris que "Délicieuses pourritures" n'était pas mal écrit ou mal "ficelé", mais dérangeant et c'est cela qui a motivé ma note initiale. Je ne voulais et/ou ne pouvais dire : "Ce livre est pervers : c'est beau, c'est bien".

Et pourtant, mettre en scène des personnages pervers dont la simple description suffit à me mettre mal à l'aise...c'est quand même pas mal. Parler de ce qui dérange, de ceux qui dérangent, ceux qui subjuguent, manipulent et détruisent les autres.. il fallait oser. Et Oates ose mettre le doigt là où ça fait mal et elle le fait très bien. Andre et Dorcas font froid dans le dos et les tourments de ces étudiantes ne laissent pas indifférents non plus...Alors finalement je le dis : les Harrow sont vraiment de déliceuses pourritures, mais ça vaut la peine d'être lu !

Ma note : 4/5 !



De : Cafrine Envoyé : 2008-10-23 04:24

Zombi de Joyce Carol Oates
Stock env. 200 pages

Quentin, la trentaine est en apparence un être comme les autres : une famille sans histoire et de bon niveau social, un job de concierge dans une résidence d'étudiants étrangers dont sa grand-mère est propriétaire, des études qu'il mène sans histoire... Pourtant, ne vous fiez pas aux apparences, Quentin est sous liberté surveillée suite à l'agression sexuelle d'un adolescent qu'il s'apprêtait à tuer et qui a pu s'échapper.
Quentin est suivi par un psychiatre, prend des cachets car ses pulsions meurtières rôdent. Quentin n'a qu'une envie assouvir ses désirs et c'est au 1e loge que nous participons aux délires d'un tueur-psychopathe ...

On ne peut sortir de cette lecture indifférent... Bien qu'ayant compris l'attrait de Oates pour cette violente violence qui sommeille en l'homme et lui fait perdre son caractère humain, j'avoue que "Zombi" va loin. Nous ne sommes pas en présence du Mal que le Bien tente de mettre hors d'état de nuire ; nous ne sommes pas le spectateur d'une histoire...Mais nous sommes dans la peau, dans la tête d'un malade qui n'obéit à aucune logique sinon celles de ses pulsions macabres. C'est une approche originale mais très perturbante. Quentin est le narrateur de l'histoire et il nous livre au fil des pages des chapitres ses pensées comme dans un journal intime faisant de nous ses témoins, pire ses complices...Quentin n'obéissant qu'à ses pulsions, ses actes de violence n'ont aucune limite et c'est donc nous lecteur qui devons "lever le bouclier" ("ce livre dérange", "c'est un taré" "comment on peut écrire ça"...) Moi même j'avoue m'être interrogée sur Oates en lisant ce livre, sur le fait que ce mec peut être dans un bus, un pub le soir quand je sors...Bref on balise pas mal, preuve que ça gêne et que par conséquent, JC Oates ne reste rien au hasard : le choix des illustrations, la répétition des "&", le langage simpliste, l'intensité de la violence, la candeur non calculée sont minutieusement pour nous mener vers ce malaise, cette aversion. Quelques clics sur le net m'ont permis d'apprendre que "Zombi" est inspiré d'un personnage réél Jeffrey Dahmer qui a été reconnu coupable en 1992 de meurtres en série (17) entre 1987 et 1991. L'existence de cet homme (milieu, passé,...) ne le prédestinait à des actes de cannibalisme, de nécrophilie ou de création de zombis. Il n'obéissaient à aucune logique tout simplement... Je ne vous dévoilerai pas la signification du titre, je vous dirai juste que près de 3 semaines après le schéma de la lobotomie est toujours bien présente dans ma tête... lisez et vous comprendrez...

Ma note : 4.5/5 (le 1/2 point en moins parce que j'aurais l'impression de porter aux nues ce genre de personnage, même en littérature je peux pas...).



De : Philcabzi5 Envoyé : 2008-11-22 11:43

Nous étions les Mulvaney de Joyce Carol Oates
Ed. Stock, 2000 c1996, 737 pages
ISBN 2-234-05184-3
Titre original: We were the Mulvaneys (traduit de l'américain par Claude Seban)

Mon avis:
Malgré ma réticence à lire une saga familiale et surtout un pavé, j'ai été happé par ce récit. Au fur et à mesure du récit on sent une noirceur s'établir comme si la famille s'enfonçait lentement dans un marais boueux. Nos sentiments envers les différents personnages ne cessent de se modifier et on en arrive à franchement à en détester certains! J'ai beaucoup aimé le style de l'auteure en particulier sa façon de nous raconter la vie de cette famille en nous racontant différentes anecdotes sans ordre chronologique. Je n'ai que deux petits bémols quant à ma lecture. Premièrement le fait que le narrateur change sans cesse entre Judd et une narration omnisciente m'a un peu dérangé. Le deuxième point m'a un peu plus agacé et c'est les nombreuses répétitions du texte. Je déteste quand on me raconte plusieurs fois la même chose! Mais bon, malgré cela ma lecture a été très agréable et je relirais bien un autre titre de cette auteure.

Note: 4.5/5
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Cocotte le Mer 24 Déc 2008 - 3:29

De : Terra-AntiterraEnvoyé : 2008-12-02 16:12
Joyce Carol Oates est sans doute avec Paul Auster un des plus grands écrivains de la littérature américaine (USA). Il n’est pas étonnant qu’elle ait été sur les tablettes du jury Nobel.
Il y a trois veines dans son abondante production :
• la veine chronique (subtilement) fantastique : « Bellefleur » et « La Légende de Bloodsmoor » ;
• la veine chronique sociale : notamment « Corky », « Les chutes », « Eux » et « les Mulvaney » …
• et une veine plus récente et plus sombre inspirée par les violences les plus abominables (comme “Confessions d’un gang de filles » et ce livre dont le titre m’échappe sur les violences dans un couple). Il y a maintenant dans la production littéraire de J.C. Oates une fascination pour ce thème qui devient littéralement morbide et qui enferme ses lecteurs dans le huis clos de la violence.
• Le meilleur de Joyce Carol Oates est indiscutablement dans ses deux grands romans du début de sa carrière : « La Légende de Bloodsmoor » et surtout « Bellefleur » (le meilleur de toute sa production). A son écriture forte, précise et sobre, elle ajoutait alors une imagination quasi fantastique et une vitalité qu’elle a quelque peu perdu depuis.
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Lyreek le Dim 11 Jan 2009 - 18:33



Les Chutes - Joyce Carol Oates
Rey - 504 pages

Au lendemain de sa nuit de noces, Ariah Littrel se retrouve veuve : son mari s'est jetée dans les Chutes du Niagara.
Se croyant damnée, elle sombre quasiment dans la folie jusqu'à ce que Dirk Burnaby, fascinée par celle qu'on appelle "La veuve blanche des chutes", la demande en mariage.

Mon avis : Un très bon roman qui dresse le portrait d'une femme au destin peu banal et à la personnalité hors du commum. D'abord jeune mariée, puis veuve, enfin amoureuse et mère de famille, l'auteur nous dépeint son héroïne sous toutes ses facettes. Tout ça dans un décor somptueux, celui des Chutes du Niagara, lieu de rêve pour tous les couples qui viennent y passer leur lune de miel mais aussi de cauchemar pour les habitants de Love Canal, dont les maisons ont été construites sur un fossé de déchets toxiques rejetés par les industries chimiques.
A la fois chronique familiale, histoire d'amour et plaidoyer pour l'environnement, ce premier abord de Joyce Carol Oates m'a convaincue d'en lire d'autres!


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Nous étions les mulvaney de Joyce Corarl OATES

Message  clarize le Mer 14 Jan 2009 - 8:49

J'avais déja lu " Les chutes " Joyce Carol OATES que j'avais beaucoup aimé , j'ai donc éprouvé autant de plaisir à lire " Nous étions les Mulvaney " j'adore son style , ses déscriptions , la psychologie des personnages. C'est une famille qui semble idéale bien dans les apparances , elle n'est pas si parfaite que cela. En fait c'est humaine avec ses choix , ses relations en frère et soeurs et ce roman montre une Amérique ou on peut monter assez haut mais redescendre encore plus vite

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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Invité le Lun 16 Fév 2009 - 20:52

Invité est 18janjan97
Pour ma part, je n'ai lu que "La fille tatouée" de cet auteur que je ne connaissais pas auparavant.
Sur la collection pocket, la quatrième de couv' est trompeuse... enfin là n'est pas l'erreur de l'auteur.
Je fus plus que déçu par cet ouvrage. Le seul élément positif que je retire de cette lecture et que l'écrivain sait nous faire rester dans le livre qui renferme... du vide. La fin est abrupte et facile. Les personnages sont très superficiels, les rapports entre eux loin d'être exploités au maximum. On aurait pu s'attendre à du brut, du subversif, mais le tout reste très plat et sans goût.

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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Cocotte le Lun 18 Mai 2009 - 2:46

Blonde
(Livre de poche, 2002)

Blonde, c'est l'histoire de Marilyn Monroe de sa naissance jusqu'à sa mort. Une terrible histoire ponctuée de désespoir, de malheurs et surtout d'une quête d'identité profonde. Au fil des pages, on s'attache à cette Marilyn si tourmentée. Difficile de rester insensible à une telle recherche d'amour qui la suivra toute sa vie et l'empêchera d'être heureuse.

Ce fut une très belle découverte que Blonde. Je connaissais très peu Marilyn Monroe sinon qu'elle avait vécu une vie débridée. Ce récit m'a beaucoup appris sur l'époque, sur Hollywood, mais surtout sur ce qui se passait entre les deux oreilles de cette femme. L'auteur s'est attaqué avec brio à ce mythe. Malgré le nombre de pages, le temps a passé vite auprès de Marilyn...

Ma note : 4,5/5
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Shan_Ze le Ven 29 Mai 2009 - 14:31


La fille tatouée
de Joyce Carol Oates

Joshua Seigl est un écrivain riche et estimé, après son grand succès, Les Ombres. Affaibli par une maladie nerveuse qui le fatigue et l’empêche de travailler, il recherche en vain un assistant pour l’aider à avancer dans son travail. Finalement, il choisira Alma Busch. Une fille avec un étrange tatouage sur la joue…

Un livre étrange où deux personnages nous sont présentés. Deux personnages que j’ai eu du mal à aimer malgré les beaux portraits détaillés que nous fait Oates. Oates a tendance à noircir les traits de chaque personnage. On imagine bien Alma Busch une fille pas très belle avec beaucoup de haine pour son employeur mais qui cherche de l’amour et de la reconnaissance. Ou Joshua Seigl, un écrivain tourmenté par sa maladie, qui repousse toute compagnie. Les descriptions de Dmitri ou Jet sont aussi saisissantes. L’opposition de ces deux personnes très poignante, même si un peu floue. Un bon livre cependant sur l’antisémitisme et l’opposition des classes à travers 2 portraits remarquables.

Note : 4/5
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  cecile le Ven 5 Juin 2009 - 17:10

Les Chutes

Je suis allée sur la page consacrée à cette histoire mais elle est vérouillée. Est-ce parce-qu'il n'y a plus de place ?
Quoiqu'il en soit, j'ai lu toutes vos critiques et je partage l'opinion, de celles ou de ceux d'entre vous, qui ont trouvé Ariah assez exaspérante. Par contre son époux et ses enfants sont presque trop parfaits ! Un petit bémol pour le mari qui a peut-être trompé sa femme ? Le thème de l'écologie est très intéressant, les descriptions des ravages causés par les produits inhalés par la population locale sont vraiment effrayantes. Aussi lorsque Dirk Burnaby a le courage de s'attaquer à un tel lobby on ne peut que l'admirer. Ce récit assez étrange qui se déroule dans un site que l'on imagine plutôt paradisiaque est un vrai régal !

Note : 4,75/5
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Ysla le Ven 5 Juin 2009 - 18:06

Cécile, quand la période est passée pour un auteur du mois (JCO c'était l'auteur de mars si ma mémoire est bonne), les sujets qui s'y rapportent sont verrouillés et on poste les critiques de nouveau dans la discussion consacrée à cet auteur wink , donc ici en ce qui concerne JCO en effet.
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  cecile le Ven 5 Juin 2009 - 20:39

Ysla a écrit:Cécile, quand la période est passée pour un auteur du mois (JCO c'était l'auteur de mars si ma mémoire est bonne), les sujets qui s'y rapportent sont verrouillés et on poste les critiques de nouveau dans la discussion consacrée à cet auteur wink , donc ici en ce qui concerne JCO en effet.

merci Ysla pour l'info, j'ai appris quelquechose sur le fonctionnement du forum aujourd'hui Exclamation
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Sexy

Message  lalyre le Mer 10 Juin 2009 - 11:27

Sexy
Joyce Carol Oates
Folio 2009
237 P.
Darren est un lycéen de seize ans ,il est très beau mais timide .il est sportif et un des espoirs de l'équipe de natation de son lycée.Mr Tracy le professeur d'anglais est très sévère dans ses notes et spécialement aux membres des équipes sportives ,c'est ce que pensent ceux-çi.....Un jour Darren s'étant attardé après les cours ,Mr Tracy propose de le reconduire chez lui ,Darren accepte mais se sent très mal à l'aise dans la voiture car Mr Tracy se comporte bizarrement ,il lui fait des avances discrètement mais s'excuse lorsqu'il voit le garçon se troubler,rien n'aura lieu,il ne se passera rien mais pour Darren,la chose qui n'a pas eu lieu va le poursuivre,il devient diffèrent ,il perd ses repères à cause de cette chose qu'il n'a pas subie .Un jour ,un des copains de classe de Darren est exclu de l'équipe par la faute de Mr Tracy,deux de ses amis fomentent un complot pour se venger ,ils adressent au proviseur une lettre anonyme et des images accusant Mr Tracy de pédophilie.Dans cette petite ville ou chacun se connaît ,cette histoire fait jaser ,Darren sait que Mr Tracy est un homme honnête,il voudrait expliquer que c'est une mauvaise blague de la part de ses copains mais son père lui a toujours recommandé de ne jamais moucharder dans la vie,alors que sa conscience lui souffle que la chose n'est qu'un mot ,qui n'est jamais passée.Mr Tracy est mis en congé de maladie,envoie des mails à Darren,le suppliant de parler en sa faveur mais Darren ne répond pas ,c'est seulement après le drame que Darren réagit d'une façon très personnelle en faveur de Mr Tracy......

L'auteur comme souvent dans ces romans sait nous faire voir les préjugés de la société,les problèmes de l' adolescence mais aussi leur inconscience .Que faire lorsqu'un jeune doit faire face à l'injustice surtout quand il perdu sa confiance envers les adultes?C 'est l 'une des questions que je me suis posée en lisant ce roman.... 4,5/5
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Cafrine le Mer 10 Juin 2009 - 14:06

J'ai eu la même réaction que toi Lalyre, j'ai cogité des jours durant après avoir refermé ce livre en me posant pleins de questions... Accusations à tort ; perte de confiance des ados ; des rumeurs qui font basculés une vie... Je trouve que cet auteur au-delà d'écrire pour écrire pointe vraiment du doigt les maux de notre société...et honnêtement c'est loin d'être rassurant ! C'est ce qui m'avait plus l'an passé en lisant "Sexy". J'avais peur que ça bascule dans le voyeurisme, mais non...Par contre la voie qu'elle emprunte n'est pas plus rassurante finalement Embarassed !
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Mousseline le Lun 15 Juin 2009 - 1:43

Pour ma part, je prévois acheté tout ce que je trouverai de Joyce Carol Oates en bouquineries cet été à Montréal. Surtout ces premiers livres qu'on trouve difficilement ou très très cher en librairie.

C'est devenu l'une des auteurs les plus commentés dans le forum! Jap3

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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  aBeiLLe le Lun 15 Juin 2009 - 3:03

Mousseline a écrit:C'est devenu l'une des auteurs les plus commentés dans le forum!

Avec raisons! C'est une excellente auteure!

J'ai été chanceuse l'an dernier j'ai réussis à trouver plus de 10 titres de Joyce Carol Oates à la vente annuelle de ma biblio! Very Happy
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Mousseline le Lun 28 Sep 2009 - 5:26

Grâce à vos bonnes critiques sur la littérature adolescente de Joyce Carol Oates, j'ai acheté pour mon fiston et aussi pour moi, bien sûr wink Nul et Grande Gueule et Sexy.

Fiston a lu Nul et Grande Gueule, il l'a beaucoup aimé.

J'hésite à lui remettre Sexy, je crains qu'il ne soit pas prêt à lire ce genre de livres. Je n'ai lu pas lu, je me base seulement sur ce que vous en avez dit.

Vous en pensez quoi ?

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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  DM29 le Mer 7 Oct 2009 - 16:11

La fille du fosoyeur ,


résumé : En 1936, une famille d'émigrants fuyant désespérément l'Allemagne nazie, les Schwart, échoue dans une petite ville du nord de l'état de NY où le père, un ex-professeur de lycée ne se voit offrir qu'un seul job : celui de fossoyeur-gardien de cimetière. Humiliation, pauvreté, frustrations quotidiennes portent en elles les germes de l'épouvantable tragédie dont Rebecca la benjamine des trois enfants sera le témoin. Prémices de l'étonnante aventure à multiples rebonds que va devenir très vite la vie de Rebecca, contrainte à une fuite en avant pour échapper entre autres à un mari abusif et dangereux, et protéger son petit garçon ; mais une fuite qui est aussi une quête émouvante née du désir profond, quoique inconscient chez la jeune femme, de retrouver une sorte d'appartenance à ce même cruel passé, de se rattacher en fin de compte à sa véritable identité. Ce que le destin ne lui permettra qu'au terme d'une existence d'intranquillité.

critique : je l'ai lu , il plus de 6 mois, maintenant, mais j'en garde un très bon souvenir, c'est très prenant, les 658 pages passent très vite. C'est très réaliste, bien décrit. Un beau portrait d'une femme que l'on suit tout au long de sa vie.

note : 4,5/5
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  petitemartine le Mar 27 Oct 2009 - 9:32

La fille tatouée

Présentation de l'éditeur
Joshua Seigl, la quarantaine, écrivain estimé, riche et séduisant, se
voit contraint, à cause d'une mystérieuse maladie, d'engager une
assistante. Lorsqu'il rencontre par hasard Alma Busch, une jeune femme
pauvre et illettrée, recouverte d'intrigants tatouages, Seigl ne peut
résister à l'envie de jouer les Pygmalion. Convaincu de lui offrir la
chance de sa vie, il lui propose le poste. Malheureusement pour lui,
Alma Busch n'est pas la créature vulnérable qu'il croit... La Fille
tatouée est un huis clos érotique qui réunit deux visages de l'Amérique
: l'élite cultivée, européenne, urbaine, et les exclus du système,
analphabètes, sans ressources ni perspectives. Variation magistrale sur
le thème du maître et du serviteur, ce roman est sans doute le plus
controversé de Joyce Carol Oates.

Mon avis : J'ai beaucoup aimé dans ce huis clos oppressant, la
confrontation entre ces deux personnages issus de deux mondes tellement
différents.
Joshua Seigl, la quarantaine, professeur, écrivain et traducteur d'œuvres latines, célibataire et indépendant, issu d'une famille
bourgeoise, va se mettre à la recherche d'un(e) assistant(e).
Alma Busch, jeune femme au teint pâle et maladif, pas très jolie, issue d'un milieu
pauvre,ouvrier et antisémite, sans éducation, s'est enfuie de chez ses
parents très jeune ( ils ne s'en soucient guère ! ) et s'est entichée
d'un garçon de café qui n'en a que faire et va juste l'utiliser pour
gagner un peu d'argent...

C'est la rencontre de ces deux personnages que nous conte JC Oates :
Joshua Seigl, en bon samaritain, décide à la surprise de tous,
d'engager Alma comme assistante.
Alma sous ses airs dociles ne pense qu'à se venger de la société à travers son employeur qui de plus est juif ! Horreur !
De nombreuses scènes se passent à l'intérieur de la grande maison de famille décrépie, l'atmosphère est lourde,oppressante.
De chapitres en chapitres, l'auteur se place dans la tête de chacun des personnages qui s'observent mutuellement.
La maladie de Joshua évolue, celui-ci devient de plus en plus dépendant
d'Alma. Celle-ci oscille entre haine et compassion pour son
employeur.... Jusqu'à une fin dramatique que je ne révèlerai pas !
Certaines scènes sont difficiles parfois un peu malsaines et on se sent
mal à l'aise. Le vocabulaire peut-être aussi cru. Mais rien n'est
gratuit, ça ne fait que rendre l'atmosphère plus sombre.
Malgré tout, il n'y a aucune longueur dans ce livre ; JC Oates réussit
à nous brosser des portraits psychologiques très complets et complexes
de ses deux héros qui évoluent tout au long de la lecture.

Contrairement à ce que précise l'éditeur, il s'agit d'un huis clos en
effet, mais pour moi il n'a rien d'érotique : il ne faut s'attendre à
aucune scène sulfureuse !

Bref, un livre très dense qui ne laisse pas indifférent et que j'ai beaucoup aimé.

ma note : 4,5/5
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  zozinette le Dim 17 Jan 2010 - 12:23

ZOMBI - JOYCE CAROL OATES



Résumé

Quentin, 31 ans, est le fils d'une bonne famille. Accusé d'agression sexuelle sur mineur, pas un membre de sa famille n'arrive à le croire coupable mais en fait Quentin est psychopathe, kidnappe et tue des gens. Libéré sous surveillance médicale il occupe le poste de gardien d'immeuble mais continue d'être obsédé par ses pulsions. Il nous les raconte.


Mon avis

J'ai lu ce livre en retenant mon souffle.
Le fait que Quentin soit le narrateur et la précision quasi documentaire avec laquelle nous le suivons mettre en place ses actes est très dérangeant. Le langage très simple qui est utilisé et qui peut rendre Quentin sympathique en l'infantilisant dans les premières pages fait très vite froid dans le dos. Les petits dessins ajoutent à la peur et rendent encore plus réelles les explications de Quentin.
Joyce Carol Oates dépeint sans voyeurisme les frustrations de ce psychopathe avec un talent indéniable. Comme Cafrine je me souviendrai longtemps de la lobotomie par Quentin.


Extraits

" Je vais partout dans ma fourgonnette. C'est un modèle de 1987, couleur sable mouillé. Plus tout neuf mais fiable. Il passe dans votre champ de vision comme à travers un mur épais, invisible. Avec une décalcomanie de drapeau américain aussi grande qu'un vrai sur la vitre arrière.
Sur mon pare-choc il y a un autocollant JE FREINE POUR LES ANIMAUX . J'ai pensé que c'était une bonne idée d'avoir un autocollant. " ( p. 10)


Ma note

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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Bernard le Dim 17 Jan 2010 - 17:56

Je ne connaissais pas ce titre, Zozinette.
J'ai lu Blonde et Mon coeur mis à nu de cette auteure, dont le style me plait bien. Pour mon challenge, j'ai choisi Nous étions les Mulvaney.
Mme Oates écrit très bien, elle est nobellisable. J'ai noté Zombi.

Merci

B
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Ysla le Ven 29 Jan 2010 - 11:25

ZOMBI
Editions Stock, 1997 (1995 pour l'édition originale), 210p

Je ne redonne pas de résumé, car ce livre a déjà été critiqué par Cafrine et Zozinette.

Mon avis : Bon, je ne vais pas y aller par 4 chemins, et au risque de me transformer en vilain petit canard du forum, je vais dire quelque chose que je n'ai pas souvent dit pour un livre : j'ai détesté Zombi ! Je n'ai pas réussi, à aucun moment, à trouver quelque chose de bien à ce roman. Le petit espoir que je conservais et qui me permettait de tourner les pages afin de savoir où l'auteur allait me mener s'est volatilisé peu avant la fin et heureusement que ce livre est court, car je n'aurais pas pu lire 100p de plus sur le sujet. Pour moi, c'est sordide, malsain et glauque. Je sais bien que c'est le but, mais je ne peux tout simplement pas apprécier une telle lecture

En lisant Zombi, j'ai pensé à deux romans. Le premier, c'est Les humains de Stéphane Ferret, livre très peu connu et que j'avais détesté aussi, mettant en scène un type proche de Q...P... (le personnage de Zombi) qui décide d'enlever un philosophe et de procéder à diverses expériences surtout psychologiques -mais néanmoins horribles- sur cet homme. Le deuxième, c'est Un enfant de Dieu de Cormac McCarthy, que j'ai relu l'année dernière et que j'apprécie malgré sa noirceur. Seulement, le point de vue n'est pas unique (à l'inverse de Zombi) chez McCarthy, le climat n'est pas le même et l'issue de l'histoire est très différente aussi (alors qu'entre Zombi et Les humains, il y a quelque chose de très similaire).

Pour finir, un mot sur le style et surtout la façon de rendre compte du style de Q... P... : toutes ces majuscules, ces italiques et ces & m'ont agacée dès le début. Je ne suis pas fan de ces détails typographiques, je l'avais déjà signalé à propos des Mulvaney, et JCO semble beaucoup les utiliser. En outre, le narrateur se répète beaucoup, je comprends que ça fait partie de son profil de psychopathe mais ça m'a aussi lassée à force.

Alors, pourquoi j'ai choisi de lire ce livre ? Je ne sais pas, je crois que je l'ai pris sur les étagères sans vraiment savoir de quoi il s'agissait et parce qu'il est court et que je voulais retenter le coup avec JCO mais dans une version plus courte que les Mulvaney... Je vous rassure, je tenterai encore la lecture d'un ou deux romans de JCO, mais peut-être que je vais me centrer sur ses écrits pour la jeunesse, je retiens aussi Les chutes qui avait plu à pas mal de monde.

Ma note : Je ne peux pas noter Zombi... sans doute que ce serait injuste.
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Re: Joyce Carol OATES (Etats-Unis)

Message  Philcabzi le Ven 29 Jan 2010 - 11:32

Ysla a écrit:En outre, le narrateur se répète beaucoup, je comprends que ça fait partie de son profil de psychopathe mais ça m'a aussi lassée à force.
J'avais remarqué la même chose dans les livres que j'ai lu de JCO ce qui m'avait agacé. C'est probablement une partie de son style.

En tout cas, excellente critique Ysla!

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