Lawrence DURRELL (Royaume-Uni)

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Lawrence DURRELL (Royaume-Uni)

Message  Mousseline le Dim 23 Nov 2008 - 16:10

De : Melisande5505 (Message d'origine) Envoyé : 2006-04-20 17:06

Lawrence Durrell (1912-1990)

Né aux Indes d'un père anglais et d'une mère irlandaise, il abandonne ses études à 17 ans, et s'essaie à plusieurs métiers, entre autres attaché de presse et diplomate. Il publie ses premiers poèmes en 1931. A la grisaille britannique, il préfére la Méditerrannée, tout d'abord l'île de Corfou, puis pendant la guerre Alexandrie, et enfin le sud de la France.

Une des rencontres capitale de sa vie sera celle de Henry Miller avec qui il engage une correspondance fournie en 1935, et qu'il rencontre en chair et en os en 1937 à Paris. Celui le qualifie de "Irlandais méditerranéen".

Son premier roman Pipeau bariolé des amants paraît en 1935 sans grand succès, de nombreuses autres oeuvres, romans, poésie, essais suivront. "Le quatuor d'Alexandrie" est son oeuvre la plus célébre.

Dès 1957 il est un écrivain reconnu et fêté, mais plus à l'étranger, notamment en France, que dans son propre pays.

Bibliographie en français

Justine (1959)
Balthazar (1959)
Mountolive (1959)
Clea (1960)
Le carnet noir (1961)
Sappho (1962)
Poèmes (1966)
Citrons acides (1971)
Le grand suppositoire.Entretiens avec Marc Alyn (1972)
La papesse Jeanne (1974)
Un Faust irlandais (1974)
L'esprit des lieux (1976)
Monsieur ou le Prince des Ténèbres (1978)
Le Carrousel sicilien (1979)
Les îles grecques (1979)
Tunc (1979)
Actée ou la princesse barbare (1980)
Nunquam (1980)
Livia ou Enterrée vive (1981)
Le sourire du Tao (1982)
Les aigles blancs de Serbie (1984)
Constance (1984)
Sebastian ou Les Passions souveraines (1985)
Quinte ou La Version Landru (1986)
Vénus et la Mer (1990)
Cefalü (1990)
L'île de Prospero (1991)




De : Melisande5505 Envoyé : 2006-04-20 17:09

Le quatuor d'Alexandrie / La pochothèque /Traduit par Roger Giroux

Justine
Balthazar
Mountolive
Clea

Ce cycle est composé de 4 romans, mais ils sont sensé constituer un tout, et en réalité cela n'a aucun sens de les lire séparement. Résumer ce merveilleux récit semble impossible, c'est une tâche vouée d'avace à l'échec, car il est d'une richesse et d'une complexité qui échappe à toute réduction sommaire. Son auteur se réclamait de l'influence des Hauts de Hurlevent ainsi que des Mille et une nuit. Sa définition du Quatuor est la suivante "C'est une sorte de poème en prose adressée à l'une des grandes capitales du coeur, la Capitale de la Mémoire."
Disons que les personnages évoluent pour presque totalité à Alexandrie juste avant la deuxième guerre mondiale, et pendant cette guerre en ce qui concerne Clea. Ils sont de diverses nationalités, égyptienne, britannique, française, grecque...Cosmopolites comme la ville d'Alexandrie, tortueux et pitoresques comme ses ruelles, en recherche d'eux même dans une ville qui brûle de tout l'éclat d'un sombre joyaux avant les soubresauts de l'histoire qui vont complètement bouleverser son existence. Durrelle évoque une ville qui n'existe plus telle qu'il l'a décrit, si d'ailleurs elle avait jamais existée sous cette forme ailleurs que dans sa tête.
Des amours se nouent:, L. G. Darley (les mêmes initiales que Durrrell lui-même) jeune écrivain irlandais, narrateur des 3 de récits sur 4 aime à la fois ou successivement la tendre, l'émouvante Melissa, la fascinante et véneneuse Justine et la lumineuse et rayonnante Clea. Mais ces femmes ont leurs secrets, et toute une vie qui échappe à Darley. Qui aime qui ? Qui trahit qui ? Les pistes se brouillent et les intrigues se multiplient. Sans parler des tous les autres personnages, qui nous découvrons pour quelques pages ou plus: Nessim, Leila, Capodistria, Pursewarden... Ils sont innombrables et tous ont leur petite flamme magique. Et puis il y a les intrigues politiques, la diplomation internationale, les ambitions personnelles dans ce monde qui se précipite vers la deuxième guerre mondiale.
Le style de Durrell est flambant et baroque, d'une beauté, d'une richesse, d'une luxuriance éblouissantes. La structure du récit est d'une extreme audace et d'une grande complexité, puisque les 3 premiers romans évoquent plus ou moins les mêmes évenements, mais avec des points de vue, des éléments qui font que leur sens est complètement différent. Quelle est la bonne vision? Chaque lecteur se constitue finalement la sienne. La richesse des sens répond en quelque sorte à la richesse des mots et des images poétiques pour un voyage magique et différent pour chaque lecteur.
Certains critiques ont été reservés devant ce cycle romanesque, qui est disons trop: trop flamboyant, trop demesuré, trop exotique, trop mélodramatique. ...Certes. Il existe des livres plus harmonieux, à la beauté plus classique, et je reconnais que je trouve Clea décevante après les 3 autres romans. Mais lorsque'on aime un livre pas malgré mais à cause de ses défauts, c'est un amour pour la vie qui ne vous quittera plus et qui vaut mieux que toutes les savantes analyses pour déterminer la valeur littéraire d'un ouvrage. Je ne peux que vous inciter à faire ce voyage magique à Alexandrie, mais prenez garde comme moi vous risquez de ne plus revenir.

4,25 / 5




De : Sahkti1 Envoyé : 2006-04-21 05:01

Lawrence DURREL et Henry MILLER, Correspondance 1935-1980
Editions Buchet-Chastel, ISBN 2283019184

Quelle complicité entre Henry Miller et Lawrence Durrell. Les deux hommes étaient amis, je le savais, mais à ce point, j’ai été surprise (en bien) par leur simplicité et la nature de leurs échanges. De grands propos généraux sur le monde, la société et la culture, mais aussi et surtout un tas de petites anecdotes de la vie quotidienne, de celles qu’on ne raconte qu’aux amis proches, ceux avec lesquels on partage tout.
Presque cinquante ans de correspondance, de lettres, d’échanges et d’amitié partagée… j’imagine que le choix éditorial a dû être difficile dans cette masse de courriers. Frédéric-Jacques Temple, qui signe parallèlement un essai sur Henry Miller chez le même éditeur, n’a pas eu la tâche aisée.

Non seulement ces lettres sont pleines de vie et d’entrain mais également de franchise et de bon sens. Les deux amis s’écrivent comme ils pensent, avec qualité et ferveur, c’est un régal que de les lire. Avec beaucoup d’humour et d’ironie lorsque Miller aborde sa vie amoureuse et que Durrell plaisante sur le sujet. C’est que six mariages et une quantité impressionnante de liaisons amoureuses ont de quoi nourrir les conversations.
Beaucoup d’émotion lorsque les deux correspondants abordent leurs petits maux quotidiens, lorsqu’un rhume chez Miller prend des allures de drame national. Le regard bienveillant de Durrell n’est jamais loin. Un vieux couple d’amis très touchant.

Mais ce n’est pas tout, Miller et Durrell échangent à propos de littérature et des écrivains, la plupart du temps en bien, à souligner à une époque où il est de bon ton de casser du sucre sur ses collègues scribouillards. Des lectures communes qui noircissent des pages entières, des informations échangées à propos de tel ou tel auteur… on réalise rapidement que les deux hommes lancent un regard global et actualisé sur ce qui se passe autour d’eux.
Notamment la guerre dont ils parlent à demi mots ou en tentant de ne pas se démoraliser. Les petites aventures de tous les jours servent de métaphore à ce qui se produit, quelques allusions permettent de prendre la température devant l’ampleur du désastre psychologique provoqué par le conflit mondial.

C’est beau, intime, pudique, cela réclame le respect pour deux hommes qui s’apprécient et n’ont pas peur de le dire. deux amis qui se congratulent et se consolent, partagent leurs tourments grands et petits, vivent leurs vies ensemble en étant pourtant séparés par un océan. La mort y mettra un terme. Peut-être. Ils étaient trop amis pour ne pas avoir trouvé la combine qui leur permet d’encore échanger leurs clins d’œil malicieux.

Ma note: 4,5/5
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Re : Lawrence DURRELL (Royaume-Uni)

Message  Franillon le Lun 5 Mar 2012 - 21:05

Lawrence DURRELL (Royaume-Uni, France)





Le Quatuor d’Alexandrie – Buchet Chastel 1959 - 1960

Ce quatuor est constitué de quatre romans : Justine, Balthazar, Mountolive et Cléa, d’après le nom de quatre des personnages principaux qu’on retrouvera tout au long de ces quatre romans qui n’en font qu’un, si l’on veut, en quatre parties. Mais il y a bien d’autres personnages, tout aussi importants que ces quatre-là. J’en citerai quelques-uns au hasard : Nessim et son frère Narouz, leur mère Léila, Darley, Pursewarden, le vieux Scobie, Pombal, etc. Tous ces personnages se connaissent et ont l’occasion de se rencontrer en différentes circonstances. Ils vivent tous à Alexandrie, sinon en permanence, du moins la plus grande partie du temps durant l’époque où se situe l’histoire, en fait quelques années avant la guerre de 1939 pour les trois premiers volumes, pendant et après la guerre pour le quatrième. Et puis, il faut bien le dire, le personnage principal, c’est la ville d’Alexandrie, avec ses multiples facettes, le port, les quartiers résidentiels, la Corniche, la ville arabe, le lac Maréotis, et le désert si proche. On voit tout de suite que Lawrence Durrell connait parfaitement cette ville où il a vécu un certain temps. Comme il le dit, les personnages sont de pure fiction, alors que la ville est bien réelle, et terriblement vivante. Ses descriptions sont tellement précises qu’on se croirait vraiment sur les lieux, que ce soit lors d’une chasse au canard organisée par Nessim sur le lac Maréotis ou lors du Mulid d’El Scob, au plus profond de la ville arabe : les voix de fausset des chanteuses occupant les plates-formes devant les cafés, les grandes scènes hautes en couleur des circonciseurs attendant l’arrivée des charrettes bourrées de candidats à la circoncision (on aurait dit des agneaux bêlants sur le chemin du sacrifice), la fabrication de figurines en sucre, la loterie du rat ou celle du pigeon, les fakirs, et illusionnistes, le défilé des divers ordres avec leurs bannières, derviches rifaias, mangeurs de scorpions, etc., etc.

Dans Justine, le narrateur, qui voudrait être romancier à succès comme Pursewarden, mais dont on ne connaîtra le nom que beaucoup plus tard, raconte à sa façon ce qu’il connaît des relations entre les différents acteurs, dont les siennes avec Nessim et avec son épouse Justine, avec la danseuse Mélissa, avec le français Pombal qui partage le même appartement que lui. Mais il est loin de tout connaître… Dans Balthazar, il découvrira, grâce à ce personnage, médecin de son état, beaucoup d’informations complémentaires qui nous ferons mieux connaître la vie de ces quelques alexandrins. Dans Mountolive qui reprend l’histoire en amont, lorsque le jeune Mountolive arrive à l’ambassade anglaise, on découvre d’autres relations entre celui-ci, Nessim, son frère, les parents de ceux-ci, relations que le narrateur de Justine ignorait totalement. Après une longue absence durant laquelle il sera en poste à Moscou, Mountolive, nommé ambassadeur, revient en Egypte, mais là sa vieille amitié pour Nessim et sa famille va être mise à rude épreuve… Dans le quatrième volume, Cléa, le narrateur reprend la plume. Après une longue absence lui aussi, dans une petite île perdue de l’archipel grec, il revient à Alexandrie en pleine guerre et retrouve tous ses amis, parfois bien changés, comme la ville d’ailleurs.

Bon, il y aurait beaucoup à dire encore, mais peut-être aurez-vous envie de lire ce magnifique roman, ou ces magnifiques romans, de vous plonger dans les ruelles grouillantes de vie d’Alexandrie, de rire, ou tout moins sourire lorsque vous rencontrerez le vieux Scobie et son grossier perroquet, lorsque vous assisterez au marchandage de Mountolive nouvellement nommé ambassadeur avec son ancien chef partant à la retraite dont il voudrait récupérer l’uniforme (ils sont tellement chers sur le catalogue…). Des personnages hors du commun, dont Durrell se plaît à analyser tous les travers, à nous les rendre tantôt sympathiques, tantôt un peu mois. Un foisonnement de détails. Un très grand livre. Avec, pour ma part, une note moyenne pour l’ensemble du quatuor de 4,75 / 5.
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Re: Lawrence DURRELL (Royaume-Uni)

Message  Awara le Sam 1 Mar 2014 - 8:14

Je découvre avec plaisir que des rats ont déjà lu ces romans que j'ai lus il y a bien longtemps... A ma deuxième lecture je suis moins déconcertée par cette écriture par éclairages successifs, mais si belle!

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dur dur, durrell

Message  Nicole le Mar 16 Mai 2017 - 15:02

Il faut quand même prévenir que ce quatuor n'est pas d'une lecture facile.

métaphores et disgressions, considérations culturelles et philosophiques, phrases pour moi incompréhensibles....

Je n'irai pas jusqu'au bout, je préfère abandonner.

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Re: Lawrence DURRELL (Royaume-Uni)

Message  Awara le Mar 16 Mai 2017 - 22:57

Si l'écriture ne m'a pas déconcertée à la deuxième lecture, en revanche le contexte social m'a semblé complètement décalé. La perception de la vie a Alexandrie telle que la livre Durrell, semblait beaucoup moins étrange il y a 60 ans. Et j'ai adoré parcourir les ruelles d'Alexandrie...Vieux

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Re: Lawrence DURRELL (Royaume-Uni)

Message  kattylou le Mer 17 Mai 2017 - 18:49

J'ai aussi eu du mal à entrer dans le roman mais j'ai aussi trouvé que la ville était très bien décrite . On y étais !

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Re: Lawrence DURRELL (Royaume-Uni)

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