Assia DJEBAR (Algérie/France)
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Assia DJEBAR (Algérie/France)
De : Lionelcrusoe (Message d'origine) Envoyé : 2007-03-10 15:12
L’amour, la fantasia, de ASSIA DJEBAR
CHALUT, les rats et rates! Tout le monde va bien?!!
C’est dommage, il n’y a pas beaucoup de commentaires sur les écrivains algériens et pourtant ! Pourtant, c’est une littérature très riche, foisonnante et toujours intéressante. A chaque livre parcouru, on s’enfonce dans une même écriture, rigoureuse, soignée, traversée de déchirures et d’espoirs ! Il y a aussi, à chaque fois, le même imaginaire tourmenté.
L’amour, la fantasia, c’est un regard croisé de la conquête française de l’Algérie et de la jeunesse de l’auteure, époque de la guerre d’Algérie.
On y parle de ces tribus raffinées et prospères en lutte contre l’invasion française, mourrant souvent exterminées (dans la deuxième partie du 19ème siècle, le tiers de la population algérienne a été massacrée).
On y rencontre les faits de la jeunesse de l’auteure : le récit de cousines cloîtrées, leur ruse( et leur résistance) pour faire de leur « incarcération », un espace de liberté. On y croise la torture des « frères », et celles occultée de la mère, de la sœur, de la femme. On y évoque les maisons brûlées. On y raconte la vie de ces femmes premières à combattre le colonialisme, dernière à récolter les fruits de l’émancipation algérienne.
Il y a là la possibilité d’un amour des femmes algériennes avec l’autre, celui qui vient de l’autre côté de la méditerranée, amour rêvé par exotisme, amour qui prend souvent figure malheureusement de viol.
L’amour, la fantasia est un beau livre.
On appréciera la richesse des descriptions et on rendra hommage à ces femmes ignorées par l’histoire officielle.
J’ai moins aimé le style de Djebar, volontiers épique et parfois ennuyeux.
Je me suis un peu forcé pour le finir, malgré des passages somptueux et très émouvants.
Aussi, on soulignera l’importance de ce livre qui convoque des figures féminines au cœur d’une Histoire contée par deux traditions sexistes (la culture française et la culture algérienne).
Note : 3/5
L’amour, la fantasia, de ASSIA DJEBAR
CHALUT, les rats et rates! Tout le monde va bien?!!
C’est dommage, il n’y a pas beaucoup de commentaires sur les écrivains algériens et pourtant ! Pourtant, c’est une littérature très riche, foisonnante et toujours intéressante. A chaque livre parcouru, on s’enfonce dans une même écriture, rigoureuse, soignée, traversée de déchirures et d’espoirs ! Il y a aussi, à chaque fois, le même imaginaire tourmenté.
L’amour, la fantasia, c’est un regard croisé de la conquête française de l’Algérie et de la jeunesse de l’auteure, époque de la guerre d’Algérie.
On y parle de ces tribus raffinées et prospères en lutte contre l’invasion française, mourrant souvent exterminées (dans la deuxième partie du 19ème siècle, le tiers de la population algérienne a été massacrée).
On y rencontre les faits de la jeunesse de l’auteure : le récit de cousines cloîtrées, leur ruse( et leur résistance) pour faire de leur « incarcération », un espace de liberté. On y croise la torture des « frères », et celles occultée de la mère, de la sœur, de la femme. On y évoque les maisons brûlées. On y raconte la vie de ces femmes premières à combattre le colonialisme, dernière à récolter les fruits de l’émancipation algérienne.
Il y a là la possibilité d’un amour des femmes algériennes avec l’autre, celui qui vient de l’autre côté de la méditerranée, amour rêvé par exotisme, amour qui prend souvent figure malheureusement de viol.
L’amour, la fantasia est un beau livre.
On appréciera la richesse des descriptions et on rendra hommage à ces femmes ignorées par l’histoire officielle.
J’ai moins aimé le style de Djebar, volontiers épique et parfois ennuyeux.
Je me suis un peu forcé pour le finir, malgré des passages somptueux et très émouvants.
Aussi, on soulignera l’importance de ce livre qui convoque des figures féminines au cœur d’une Histoire contée par deux traditions sexistes (la culture française et la culture algérienne).
Note : 3/5
Re: Assia DJEBAR (Algérie/France)
Assia DJEBAR, de son vrai nom Fatima-Zohra Imalayène, est née en 1936 à Cherchell. Elle a fait des études supérieures en Algérie, puis en France et a publié son premier roman La soif en 1957. Elle a également réalisé des films dans les années 1970. Assia Djebar a été élue à l'Académie Française en 2005. Actuellement elle est enseignante au département d'études françaises de l'université de New York.
Son oeuvre est dominée par la conscience d'être entre-deux : entre l'Algérie et la France, entre l'Algérie d'aujourd'hui et celle de la colonisation, entre le berbère, l'arabe et le français. Ses thèmes récurrents sont l'émancipation des femmes, l'Histoire de l'Algérie et de la France (la colonisation, la décolonisation, les guerres en Algérie) mais aussi les cultures et les langues. Sa narration mêle l'Histoire, la fiction et les éléments biographiques.

L'oeuvre d'Assia Djebar est conséquente (romans, nouvelles, poésies, essais, théâtre, films), en voici une partie :
Son oeuvre est dominée par la conscience d'être entre-deux : entre l'Algérie et la France, entre l'Algérie d'aujourd'hui et celle de la colonisation, entre le berbère, l'arabe et le français. Ses thèmes récurrents sont l'émancipation des femmes, l'Histoire de l'Algérie et de la France (la colonisation, la décolonisation, les guerres en Algérie) mais aussi les cultures et les langues. Sa narration mêle l'Histoire, la fiction et les éléments biographiques.

L'oeuvre d'Assia Djebar est conséquente (romans, nouvelles, poésies, essais, théâtre, films), en voici une partie :
- La Soif, roman (1957)
- Les Impatients, roman (1958)
- Les Enfants du Nouveau Monde, roman (1962)
- Les Alouettes naïves, roman (1967)
- Poèmes pour l'Algérie heureuse, poésie (1969)
- Rouge l'aube, théâtre (1969)
- Femmes d'Alger dans leur appartement, nouvelles (1980)
- L'Amour, la fantasia, roman (1985)
- Ombre sultane, roman (1987)
- Loin de Médine, roman (1991)
- Vaste est la prison, roman (1995)
- Le Blanc de l'Algérie, récit (1996)
- Oran, langue morte, nouvelles (1997)
- Les nuits de Strasbourg, roman (1997)
- Ces voix qui m'assiègent: En marge de ma francophonie, essai (1999)
- La Femme sans sépulture, roman (2002)
- La Disparition de la langue française, roman (2003)
- Nulle part dans la maison de mon père, roman (2007)

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Re: Assia DJEBAR (Algérie/France)
ORAN, LANGUE MORTE (nouvelles)
Actes Sud (1997), collection Babel (2001), 380p

Ce recueil de nouvelles évoque la guerre d'Algérie et la guerre civile algérienne des années 1990 à travers le destin et la vie de femmes, algériennes dans la première partie du livre, françaises dans la seconde. Les femmes algériennes de ces nouvelles sont souvent des professeurs, attaquées pour leur savoir et à cause de leur métier. Les femmes françaises sont quant à elles partagées entre les deux pays, confrontées à une autre violence, d'autres incompréhensions.
Mon avis :
Ce recueil est avant tout empreint de féminité et de sensualité. Le style d'Assia Djebar est très poétique, très évocateur. Pour moi, il s'agit de grande littérature. Dès la première nouvelle, je me suis émerveillée sur l'écriture, si belle, si sensible. J'ai ressenti une grande émotion en lisant. C'est aussi un livre engagé contre la barbarie et l'extrêmisme religieux, contre toutes les répressions quelles qu'elles soient, contre les violences faites aux femmes, violences physiques comme psychologiques.
Bien que les faits décrits soient terribles (mais pas tous, loin de là, car il y a aussi beaucoup d'autres choses dans ces nouvelles : l'amour d'abord, puis la francophonie, les parlers berbères, la langue arabe, les traditions anciennes, etc), la lecture d'Oran, langue morte ne 'a pas plombée car elle éveille ma révolte, elle stimule ma mémoire et elle m'encourage à lutter pour la paix (à mon échelle !). Un très beau livre, édité dans une collection très agréable à lire en prime.
C'est grâce à ma reprise d'études que j'ai découvert Assia Djebar ; en effet, un extrait de Oran, langue morte faisait partie des documents d'un de mes cours et j'ai eu envie d'aller plus loin en lisant le recueil de nouvelles dont il était extrait. Je suis enchantée par cette découverte et je ne m'arrêterai pas là. J'ai l'intention de poursuivre avec Les nuits de Strasbourg ou Femmes d'Alger dans leur appartement.
Ma note : 5/5 (avec un très grand coup de coeur pour l'écriture d'Assia Djebar)
Actes Sud (1997), collection Babel (2001), 380p

Ce recueil de nouvelles évoque la guerre d'Algérie et la guerre civile algérienne des années 1990 à travers le destin et la vie de femmes, algériennes dans la première partie du livre, françaises dans la seconde. Les femmes algériennes de ces nouvelles sont souvent des professeurs, attaquées pour leur savoir et à cause de leur métier. Les femmes françaises sont quant à elles partagées entre les deux pays, confrontées à une autre violence, d'autres incompréhensions.
Mon avis :
Ce recueil est avant tout empreint de féminité et de sensualité. Le style d'Assia Djebar est très poétique, très évocateur. Pour moi, il s'agit de grande littérature. Dès la première nouvelle, je me suis émerveillée sur l'écriture, si belle, si sensible. J'ai ressenti une grande émotion en lisant. C'est aussi un livre engagé contre la barbarie et l'extrêmisme religieux, contre toutes les répressions quelles qu'elles soient, contre les violences faites aux femmes, violences physiques comme psychologiques.
Bien que les faits décrits soient terribles (mais pas tous, loin de là, car il y a aussi beaucoup d'autres choses dans ces nouvelles : l'amour d'abord, puis la francophonie, les parlers berbères, la langue arabe, les traditions anciennes, etc), la lecture d'Oran, langue morte ne 'a pas plombée car elle éveille ma révolte, elle stimule ma mémoire et elle m'encourage à lutter pour la paix (à mon échelle !). Un très beau livre, édité dans une collection très agréable à lire en prime.
C'est grâce à ma reprise d'études que j'ai découvert Assia Djebar ; en effet, un extrait de Oran, langue morte faisait partie des documents d'un de mes cours et j'ai eu envie d'aller plus loin en lisant le recueil de nouvelles dont il était extrait. Je suis enchantée par cette découverte et je ne m'arrêterai pas là. J'ai l'intention de poursuivre avec Les nuits de Strasbourg ou Femmes d'Alger dans leur appartement.
Ma note : 5/5 (avec un très grand coup de coeur pour l'écriture d'Assia Djebar)

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