Gilles ARCHAMBAULT (Canada/Québec)

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Gilles ARCHAMBAULT (Canada/Québec)

Message  gallo le Sam 22 Nov 2008 - 0:31

De : Mousseliine (Message d'origine) Envoyé : 17/01/2005 02:08

Gilles ARCHAMBAULT : Un après-midi de septembre
(Boréal compact, 107 pages)

Gilles Archambault est né un après-midi de septembre. A la mort de celle qui lui a donné le jour il a ressenti le besoin de faire le point. Il raconte certains évènements, de son enfance au décès de sa mère, le tout est éparpillé ici et là. En fait ce qui ressort ce ne sont pas les quelques anecdotes racontées mais bien les sentiments personnels de l'auteur, il se livre ouvertement.

Gilles Archambault se découvre, avec pudeur, douceur, délicatesse, discrétion. Une certaine retenue fait qu'on a envie d'en savoir davantage sur cet homme, un homme dont la personnalité m'a séduite. Ça prend du courage pour se dévoiler ainsi. Gilles Archambault a une belle plume, intime dans sa façon qu'il a de communiquer directement avec le lecteur. On boit ses mots un à un. Pas de fioritures ici, juste la simplicité des mots qui forment de jolies phrases qu'on a envie de retenir.

J'ai retenu d'ailleurs plusieurs extraits, j'en partage deux avec vous:

"Qui viendra défaire ma bibliothèque quand j'aurai quitté ce monde? Je ne lui en veux surtout pas. Qu'il sache que j'ai trouvé dans la fréquentation des livres un incommensurable réconfort."

"Il a fallu que la mort passe pour que je me rende vraiment compte de l'enfer que vivait ma mère. J'aurais dû savoir qu'il y avait une explication à ces changements qui se produisaient en elle. J'avais beau avoir écrit des livres dits intimistes, avoir la réputation d'être un homme plutôt doux, j'étais presque absent à sa douleur."

Bref une très belle lecture que je recommande à tous, vous allez sans doute vous reconnaître vous aussi dans les rapports qui lient Gilles Archambault à sa mère, et reconnaître votre mère qui vieillit...

Note : 4.25/5
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Romancier, Gilles Archambault a aussi été réalisateur à Radio-Canada de 1963 à 1992. Il y a été animateur d'émissions sur le jazz et la littérature poursuivant parallèlement une carrière de journaliste. Il a collaboré à différentes émissions de télévision et à deux films long métrage, dont l'adaptation de l'un de ses romans. Il a aussi créé les Éditions du Sentier avec Jacques Brault et François Ricard. Il a également été chroniqueur à l'émission CBF Bonjour de 1988 à 1997 et a collaboré à de nombreux périodiques dont La Presse, Le Devoir, L'Actualité et Le Livre d'Ici.

En 1981, Gilles Archambault a reçu le Prix littéraire Athanase-David pour l'ensemble de son oeuvre et, en 1987, le Prix du Gouverneur général du Canada pour son recueil de nouvelles L'obsédante obèse et autres agressions.

L'écriture de Gilles Archambault, classique et claire, n'hésite pas à mettre à nu les émotions liées à la grisaille de l'existence, la mélancolie et les aléas du destin de ses personnages, tout en conservant une certaine forme d'humour.
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Bibliographie

De l'autre côté du pont, Boréal, 2004
De si douces dérives, Boréal, 2003
Comme une panthère noire, Boréal, 2001
Courir à sa perte, Boréal, 2000
Les maladresses du coeur, Boréal, 1998
Un homme plein d'enfance, Boréal, 1996
Dernières chroniques matinales, Boréal, 1996
Tu ne me dis jamais que je suis belle: et autres nouvelles , Boréal, 1994
Nouvelles chroniques matinales, Boréal, 1994
Un après-midi de Septembre, Boréal, 1993
Les choses d'un jour, Boréal, 1991
Chroniques matinales, Boréal, 1989
Premier amour, Stanké, 1988
L'obsédante obèse et autres aggressions, Boréal, 1987
Le regard oblique: rumeurs de la vie littéraire, Boréal Express, 1984
À voix basse, Boréal Express, 1983
Fuites et poursuites, Quinze, 1982
Le voyageur distrait, Stanké, 1981
Les plaisirs de la mélancolie: petites proses presque noires, Quinze, 1980
Les pins parasols, Quinze, 1976
La fuite immobile, L'Actuelle, 1974
Enfances lointaines: nouvelles, Le Cercle du livre de France, 1972
La fleur aux dents, Le Cercle du livre de France, 1971
Parlons de moi: récit complaisant, itératif, contradictoire et pathétique d'une auto-destruction,
Le Cercle du livre de France, 1970
Le tendre matin, Le Cercle du livre de France, 1969
La vie à trois, Le Cercle du livre de France, 1965
Une suprême discrétion, Le Cercle du livre de France, 1963


De: Felindra Envoyé : 15/04/2005 23:25

"Un après-midi de septembre" de Gilles Archambault

Boréal 108 pages

résumé :

La mort de sa mère amène l'auteur à croquer, dans une suite de courts textes, l'amour qu'il lui avait voué dans son enfance, la distance survenue avec l'âge, le drame de la vieillesse, le remords des paroles tues et des gestes retenus, la nostalgie des moments enfuis. Rien de bien original s'il n'y avait la qualité de l'attention, un regard pudique, épris de vérité, qui ne se paie pas de mots. Mais on se prend parfois à souhaiter que l'auteur aille plus loin, qu'il approfondisse son propos, qu'il déchire le tissu des apparences. -- Services Documentaires Multimédia

Mon avis :

Après Mousseline, il est très difficile de faire une critique. Elle a su si bien en parler et elle a tout dit.

C'est un récit plein de pudeur, vrai. L'auteur analyse sa vie et les relations avec sa mère avec lucidité et recul. Il se met à nu et cela vient du fond du coeur. Il sait trouver les mots justes. Il raconte des morceaux de sa vie, pris par-ci par-là, se dévoilant avec émotion, générosité.

Je le trouve parfois dur avec sa mère, et pourtant en y réfléchissant bien, je suis pareille avec la mienne. Ce qui est important à leurs yeux, ne l'est pas nécessairement chez nous, et vice-versa. Et malheureusement, il faut que la mort survienne pour que l'on se rende compte de ce que l'on a perdu. Chacun pourra à un moment ou à un autre se reconnaître.

J'ai beaucoup aimé les citations qui se trouvent au début de chaque chapitre.

Je vous en livre une ou deux.

Le souvenir de la mort d'une mère, qui est déchirement même de la vie.....(Jean Reverzy)

Par la suite, il avait lu dans un livre qu'il existe deux grandes douleurs : celle de la mère qui perd son enfant, et celle du fils qui perd sa mère. (Giuseppe Antonio Borgese)

Oui, tant que j'aurai ma mère, tout ira bien. Mais après, j'entrerai dans un monde plus froid. (Henri Calet)

Très beau récit.

4/5

felindra



De:Cocotte Envoyé : 18/04/2006 04:03

Gilles ARCHAMBAULT : Un après-midi de septembre

Suite au décès de sa mère, Gilles Archambault remonte le temps et se souvient de certains événements vécus avec elle. Il reconstitue à travers ces moments la relation qu'il a entretenue avec celle qui l'a mis au monde un après-midi de septembre...

Voici un court récit autobiographique que j'ai trouvé bien agréable à lire! C'est écrit sur le ton de la confidence et de l'intimité, Gilles Archamnbault se dévoile avec une grande sincérité. Les émotions sont palpables; la nostalgie, la culpabilité, la tendresse. L'auteur a une jolie plume toute simple, mais empreinte d'une belle sensibilité. J'ai pensé à ma mère souvent en lisant ce récit.

Je vais relire cet auteur sans hésiter!

Ma note : 4.25/5



De: Polo

Gilles Archambault - Comme une panthère noire
(Boréal, 2001, 160 pages)

Gilles Archambault, l'un des doyens de nos écrivains, est le Molière de notre littérature. L'humanité se réduit à nos faiblesses que l'un a étalées et que l'autre étale encore avec une malice qui rappelle Le Misanthrope. Archambault ne fait pas de ses héros des êtres atrabilaires que la mollesse excède. Ce sont des ratés du genre qui flairent les pièges à rats pour enfin mettre fin à leur course. Courir à sa perte, l'oeuvre précédente de cet auteur, serait la devise de la plupart d'entre nous. Paraît-il qu'il n'y a pas moyen d'échapper à ce destin. Il guette comme une panthère pour nous faire réaliser, le quinquagénat venu, que le bilan de notre vie remplit la colonne des débits.

Les personnages de la douzaine de nouvelles de cette oeuvre sont tous des copies conformes de la perception que l'auteur s'est donnée au cours de ses 70 ans de vie. Il est né en 1933, l'époque de la Dépression économique. Il n'en fallait pas plus pour qu'il poursuive inlassablement sa quête dépressionnaire afin de prouver à la face du monde que l'homme est un perdant. Avec lucidité, il débusque tous les cas qui donnent foi à sa thèse. Évidemment, il cherche ses exemples chez les plus vulnérables alors que la mort brandit déjà son spectre devant ces gens fragilisés par l'âge qui a perdu son pesant d'or.

Faut-il pleurer, faut-il en rire? Archambault a le coeur à le dire. Ce sont des millions de vies dérisoires marquées par l'incompréhension, la trahison, la tiédeur frappée d'ostracisme divin, le désintérêt, le manque d'amour. Bref, la faiblesse humaine est examinée avec une loupe grossissante. C'est à désespérer du genre humain. Serait-ce que l'auteur lance un message pour que l'humanité se ressaisisse? Veut-il se faire le Messie qui chasse les veules du temple? Aux armes citoyens! Cette vision a le désagrément d'être un couteau à deux tranchants. Elle encourage les résignés, mais elle engendre aussi les exaltés de l'intégrisme.

Si ce genre d'oeuvre compte un revers de médaille douteux, il ne faut pas douter par contre de la qualité de l'écriture de cet auteur, le plus Français de nos écrivains. Il évite tous les québécismes, même de bon aloi. Cependant un petit cours sur la structure de la nouvelle lui serait profitable pour apprendre à concocter un dénouement inattendu. Les siens manquent de saveur : ils sentent la queue de poisson.

Note : 4/5
Polo


De: Nyahblue Envoyé : 30/04/2005 16:25

Gilles Archambault - Les Pins parasols
(Boréal compact, 2003, 180 pages)

Quatrième de couverture: Sa vie durant, Serge Gaucher a cherché à se soustraire à la domination paternelle. Au cours de ses cauchemars répétés, il n'a pas tant voulu égorger ou poignarder son père que lui tirer dessus à bout portant, geste incisif, vite expédié. Mais cet homme meurt d'une crise cardiaque, en pleine rue, à Fort Lauderdale, et, avec cette mort, s'envole une partie de sa propre vie.

Critique:
2,5/5
J'avouerai que je n'ai pas adoré ce livre. J'ai trouvé l'écriture difficile à comprendre et désordonnée. Le roman se sépare en trois parties et si on arrête de le lire on est confus lorqu'on reprend notre lecture. C'est difficile d'embarquer dans le récit étant donné que l'écriture est condensée en très gros blocs et qu'on passe d'un narrateur "il" au narrateur "je" (qui n'est pas toujours le même). J'ai lu ce livre pour les besoins d'un cours de français alors j'ai appris la fin avant d'avoir terminé. Toutefois, en connaissant la fin, j'ai pu m'attarder plus particulièrement aux personnages et les comprendre un peu plus.


De: Le-réaliste-romantique Envoyé : 30/01/2006 01:49

Parlons de moi - Gilles Archambault
1971, 204 pages

"Le récit complaisant, itératif, contradictoire et pathétique d'une auto-destruction."

Ce sous-titre résume très bien le livre, car c'est le monologue d'un père de famille que sa femme quitte pour un long voyage en Europe. Elle y sera probablement rejoint par son cher ami Tommy, un anglophone irlandais, vraisemblablement son amant. Toutefois, ce n'est pas une surprise pour le narrateur, car ce n'est que la suite logique de la débandade qu'est leur vie conjugale. À quarante ans, le mari réalise que sa vie est un gâchis, que tout ce qu'il a touché s'est dégradé ou a été abandonné. L'alcool embrume son esprit, mais ne change pas sa réalité : sa "carrière" de commis disquaire est un cul-de-sac, sa relation matrimoniale ne tient que par l'habitude (et aussi par besoin, car il dépend en parti du salaire de sa femme), il a comme maîtresse une bonne amie, mais cette relation ne mènera nulle part, la relation avec son fils se résume à quelques grognements échangés, il ne peut même pas maintenir la propreté de sa maison, il n'a plus d'espoir ou d'espérance en la vie... L'absence de sa femme et ses lettres, auxquelles il ne répond jamais, le bouleversent, il décide de partir en voyage sur un coup de tête. Abandonnant son emploi, avec son fils, ils entreprennent de rouler à travers le Québec, découvrant la beauté des paysages, reprenant goût à ce pays qui est le leur. Toutefois, ils ne peuvent rouler éternellement, après trois aller-retours Baie-Comeau-Sept-Iles, la route parvient à les ramener à Montréal, où il devra faire face à Madeleine... et à sa vie.

Il est difficile de suivre cet homme dans son humiliation et son auto-destruction, le récit est éprouvant. C'est encore, dans notre production culturelle, un autre exemple d'homme québécois molasse et sans colonne (quoique, en 1971, c'était peut-être plutôt précurseur de cette tendance). Toutefois, la remise dans le contexte historique donne un autre éclairage. Il y a la découverte du "pays québécois" des années soixante-dix, ainsi que le personnage anglophone qui "vole" la femme du Québécois, sans que celui-ci n'ose "se battre", la femme pouvant être le symbole de la souveraineté, des richesses naturelles, etc. Toutefois, fidèle à la réalité, on ne peut faire une lecture aussi simpliste de l'oeuvre, car le protagoniste n'ose jamais vraiment prendre parti pour le Québec, et la relation avec Tommy est très complexe, car, bien que "l'ennemi", le protagoniste est soulagé par la présence de l'Irlandais : il aide le couple et sauve littéralement la femme.

Ma première impression de lecture n'était pas très bonne, mais la réflexion, et surtout la rédaction de cette critique, m'ont fait découvrir des lectures supplémentaires. L'oeuvre est plus riche qu'elle peut le sembler après une première lecture.

4/5
le réaliste-romantique

gallo

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Re: Gilles ARCHAMBAULT (Canada/Québec)

Message  Réaliste-romantique le Ven 21 Mai 2010 - 14:29

Une suprême discrétion, de Gilles Archambault
1963

Une jeune femme célibataire tombe enceinte de son amant. Ce dernier, fils d’un riche commerçant, refuse de prendre la relève de son père mais aussi de s’engager dans une relation avec une femme. Il revoit une ancienne amante, mais cette dernière ne se donne à lui que pour nourrir sa création littéraire.

Ça semble étonnement banal, mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit du Québec de 1963, encore sous l’effet du joug de l’Église et des années Duplessis. Il s’agit du premier roman de ce pilier de la littérature québécoise. Le style est classique, doux, mais légèrement ennuyant (un peu comme mes visites chez mes grands-parents pendant mon enfance). Le contenu date et il faut continuellement se rappeler le contexte de l’époque pour saisir l’importance du propos, un peu comme les premières œuvres de Sollers. Peu intéressant aujourd’hui.

2,5/5

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Re: Gilles ARCHAMBAULT (Canada/Québec)

Message  Réaliste-romantique le Mer 14 Déc 2011 - 6:53

Qui de nous deux? de Gilles Archambault
2011


Après cinquante-deux années de mariage, l'auteur perd la femme de sa vie en décembre 2010. C'est la disparition d'un quotidien, d'une mémoire et d'une histoire. Il a toujours été discret sur sa vie de couple, mais l'écrivain n'a que la plume pour affronter cette perte. Il tiendra un journal de janvier à mai.

Récit extrêmement touchant de cette histoire d'amour dans la durée. L'auteur revient sur leur rencontre, leurs premières années, mais aussi sur les périodes qu'ils regrettent, comme la trentaine-quarantaine où il se sentait prisonnier et cherchait superficiellement de la nouveauté. Il mesure tout ce que sa femme lui apportait, le pendant de la balance de leur couple. Il raconte aussi les dernières années, alors que le spectre de la maladie les suivait de près. Le survivant tente de réapprendre à vivre seul. La conclusion n'est ni rose bonbon (le troisième mois, il redevint joyeux!) ni noire d'encre (il déprima et se suicida!). Elle est dure, mais éclairée d'une mince lueur d'espoir, réaliste en somme. En fait, ce n'est pas vraiment une conclusion, mais la vie qui continue, tant bien que mal.

4,5/5
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