Jorge AMADO (Brésil)

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Jorge AMADO (Brésil)

Message  gallo le Ven 21 Nov 2008 - 15:47

Jorge Amado

Jorge Amado est né en 1912 dans une plantation de cacao de l'État de Bahia et c'est à Bahia qu'il fit ses premières études. À treize ans il s'enfuit pour courir la campagne et deux ans plus tard, on le retrouve travaillant dans un journal. À dix-neuf ans il publie son premier roman, Le Pays du Carnaval, puis Cacao, le second, qui le classent parmi les écrivains les plus populaires du Brésil. Il devient docteur en droit. Il publie ensuite Bahia de tous les saints, Mar Morto et Capitaines des sables où il raconte la vie des Noirs, celle des pêcheurs et celle des enfants abandonnés.

Quand Tereza Batista parut, des milliers de Brésiliennes ont reconnu leur propre destin. Militant du Front Populaire brésilien, il connut la prison et l'exil et ses livres furent interdits. En 1943, quand le Brésil se range aux côtés des Alliés contre l'Axe, il peut rejoindre Bahia et reprendre son activité politique et littéraire. En 1945, membre du parti communiste, il est élu député à Sâo Paulo.

Cet "anti-docteur" a reçu tous les prix imaginables, sauf le Nobel. Il est le romancier le plus célèbre de et dans son pays, traduit dans plus de quarante langues, et avec quelques footballeurs, le Brésilien le plus connu à l'étranger, sans doute, et c'est le paradoxe, grâce aux dictatures qui l'ont contraint à vivre si longtemps en exil.

Les dernières oeuvres de cet écrivain, l'un des plus grands d'Amérique latine, publiées en français sont Tieta d'Agreste, La Bataille du Petit Trianon et Les Pâtres de la nuit réédités en 1982.

Il est décédé en 2001.
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Bibliographie

Navigation de cabotage, notes pour des mémoires que je n'écrirai jamais, 1992
La Découverte de l'Amérique par les Turcs, 1991
Les Terres du bout du monde, 1990
Yansan des orages, 1988
La Balle et le footballeur, 1986
L'Enfant du cacao, 1986
Tocaia Grande, 1984
La Bataille du Petit Trianon, 1979
Tereza Batista, 1972
La Boutique aux miracles, 1969
Dona Flor et ses deux maris, 1966
Les Pâtres de la nuit, 1964
Le Vieux Marin, 1961
Les Deux Morts de Quinquin-la-Flotte, 1961
Gabriela, girofle et cannelle, 1958
Les Souterrains de la liberté, 1954
O amor do soldado (pièce de théâtre), 1947
Les Chemins de la faim, 1946
L'Invitation à Bahia, 1945
La Terre aux fruits d'ore, 1944
Terre violente, 1942
Le Chevalier de l'espérance, 1942
Le Bateau négrier, 1941
Capitaines des sables, 1937
Mar morto, 1936
Bahia de tous les saints, 1935
Suor, 1934
Cacao, 1933
Le Pays du carnaval, 1931




De : 5859Chouette (Message d'origine) Envoyé : 24/06/2003 17:23

Jorge AMADO : Cacao.

éd. Stock, 122 p.

Une vraie perle que ce petit roman de cet auteur brésilien mort en 2001. Comment ai-je fait pour passer à côté d'un conteur pareil! Et dire qu'il en a écrit plus d'une trentaine aussi beaux les uns que les autres parait-il ! Après Antonio Torres de Bahia aussi, je découvre toute une littérature magnifique. Foncez ratons et ratones, découvrez les, ils en valent le détour !

Cacao est le récit presque oral de Sergipano, travailleur dans les champs de cacao de Bahia. On est au début du siècle au Brésil et l'esclavage est bel et bien présent ! Je ne veux pas en dire plus, vous n'avez qu'à le lire. Ce roman ne se raconte pas, il se vit, simplement, sous la chaleur torride et les pluies diluviennes. Fraternité entre esclaves, haine contre les riches exploitants, espoir infime mais qui permet de tenir, bref, que des thèmes que l'on retrouve dans tous ces textes qui traitent de l'exploitation des pauvres, qu'ils soient dans des champs de coton ou de cacao.
Mais un auteur qui s'excuse de l'avoir mal écrit car il n'avait que 20 ans à l'époque et le vivait au quotidien. On le sent, ça transpire de vérité, c'est vraiment un grand petit livre.

Note: 4,5/5


De: Polo

Jorge Amado - Cacao

Cette oeuvre écrite en 1932 sur les ouvriers des plantations amorce en Amérique du Sud une conscientisation de l'exploitation de la main-d'oeuvre comme Zola l'avait fait en France avec Germinal. L'engagement social d'Amado lui a fait perdre d'ailleurs le Prix Nobel. Les hommes de gauche en Amérique du Sud sont très mal vus du fait que les États ne contrôlent pas l'économie. On y pratique un capitalisme sauvage qui entraîne l'assassinat des opposants et même de ceux qui tentent d'éveiller les consciences comme celui d'un évêque dont j'ai oublié le nom, qui fut tué en pleine messe dans sa cathédrale

Jorge Amado ne se contente pas d'exposer les problèmes des ouvriers. Il propose toujours des solutions, car ce n'est pas un rêveur. Avec cette oeuvre, il indiquait déjà la voie de la syndicalisation comme solution à l'exploitation humaine. Au Québec, Marie-Paule Villeneuve a suivi les traces du grand maître en racontant dans L'Enfant cigarier l'exploitation des enfants dans les usines. Elle s'est inspirée d'un vrai modèle, soit un enfant de neuf ans de Sherbrooke, qui, devenu adulte, fut l'instigateur de la syndicalisation au Québec.

Cacao n'est pas un grand roman. C'est une oeuvre plutôt bâclée, mais elle témoigne avec éloquence et efficacité d'une situation qui n'est pas prête de disparaître avec la mondialisation. Les hauts standards de vie des Occidentaux reposent sur l'exploitation de la population des pays pauvres ou sur le paupérisme créé par la technologie qui remplace une main-d'oeuvre déjà à bon marché. Voilà où je situe cette oeuvre de l'un des meilleurs écrivains brésiliens avec Moacyr Scliar.

Note : 3.5/5
Polo


De : lacazavent Envoyé : 25/05/2008 15:10

Cacao" de Jorge AMADO
120 pages

Epopée d'un jeune homme Sergipano, fils d'un ex- industriel qui part chercher fortune à Ilhius, terre du cacao et de l'argent. Jorge Amado réussit à nous immerger dans cet eldorado fait de haine contre les grands propriétaires, d'amitié entre les ouvriers "loués" pour la récolte.
On suit Sergipano dans les champs de cacaoyer, près du feu de la Saint Jean ou bien encore au service de cette jeune demoiselle, fille du propriétaire.

L'écriture est simple, pas de fioritures, rien ne vient troubler le regard, rien ne dissimule la vérité en un mot superbe !

Ma note : 4,5/5


De: Mousseliine Envoyé : 12/09/2003 15:47

Jorge Amado - Le pays du carnaval
(Gallimard/folio, 2004, 224 pages)

C'est l'histoire d'un Brésilien de Bahia, Paulo Rigger, qui revient dans son pays après avoir étudié sept ans à Paris. Il cherche à trouver sa place dans la société brésilienne. Il est journaliste. Avec un groupe d'amis ils passent leurs soirées à discuter de la vie, du sens de la vie...

C'est le premier roman de Jorge Amado, il avait dix-huit ans lorsqu'il a écrit ce livre et ça paraît... malgré les éloges qu'en fait Gallimard sur la quatrième page de couverture c'est bien une oeuvre de jeunesse.

On sourit en lisant les propos de Paulo Rigger et ses amis qui veulent refaire le monde, qui discutent sur les finalités de la vie, tellement c'est maladroit et naïf comme approche. Malgré tout les grandes idées sont là et ne demandent qu'à être approfondies et développées. Ce qui manque à l'auteur c'est l'expérience.

Les histoires d'amour manquent de saveur, encore là on devine le peu d'expérience de l'auteur. Par contre il démontre bien les moeurs de l'époque.

Il décrit bien le climat de la société brésilienne vers les années 1930, cette population qui cherche son identité, mais ça manque de profondeur, c'est un peu vague par contre on voit que l'auteur s'intéresse à des sujets profonds. On y voit déjà les germes d'un grand auteur en devenir en autant qu'il travaille sa manière de raconter, qu'il acquiert un style bien personnel et qu'il approfondisse ses sujets.

Bref un petit roman plus ou moins intéressant, pas ennuyeux au point de le laisser tomber en cours de route mais bien loin d'être captivant. L'intérêt est surtout la curiosité de voir les débuts de Jorge Amado.

Note : 2/5
Mousseline


De : Mousseliine Envoyé : 28/07/2003 05:43

Jorge AMADO: La découverte de l'Amérique par les Turcs
(Stock, 1991, 112 p.)

L'histoire se passe dans l'état de Bahia (Brésil) au début du vingtième siècle. En ce temps-là une vague de "turcs" ont émigré au Brésil. On les appelait "turcs" mais en réalité c'était des arabes du Liban ou de la Syrie. Ils espéraient faire fortune dans le cacao. Deux de ces turcs Jamil et Raduan se sont liés d'amitié dans le bateau qui les a emmenés au Brésil. Par la suite ils se sont installés dans un trou perdu de Bahia.

Dans le village où se déroule l'histoire vit Ibrahim Jafet un commerçant des plus prospère. Mais la mort de sa femme a foutu sa vie en l'air et sa fille aînée lui rend les choses impossibles, vieille fille acariâtre, laide et désagréable. Alors voilà qu'il ambitionne de marier sa méchante fille avec le beau et jeune Jamil...

J'ai bien aimé! Une histoire remplie d'humour et fantaisiste. Jorge Amado décrit très bien ses personnages et de façon très colorée. J'ai eu l'impression qu'il s'est bien amusé en écrivant cette histoire.

Un court roman mais qui m'a permis d'avoir un aperçu de l'ambiance de l'époque dans ce coin reculé du Brésil et de faire connaissance avec Jorge Amado. Son style me plait beaucoup, il se lit simplement et son humour est des plus charmant... un humour subtil comme j'aime! Maintenant j'ai encore plus envie de lire Bahia de tous les saints qui est l'un des romans les plus connus de cet auteur.

Note : 3.75/5


De : Coquelicot Envoyé : 08/08/2003 17:03

Jorge Amado: Tereza Batista

Comme votre thème du moment est la littérature sud-américaine, je vous conseillerais Tereza Batista de Jorge Amado. C'est un long roman qui conte le destin d'une femme exceptionnelle, en l'occurence Tereza Batista, depuis sa malheureuse enfance brésilienne à sa mort, si je me souviens bien. Une vie ponctuée d'épreuves et de souffrances mais également une vie de courage, d'optimisme et d'exploits, une vie en somme qui raconte les contrastes du Brésil. C'est un subtil portrait d'une femme et d'un pays, avec un regard très fin en terme de psychologie, c'est également un conte qui rend plus lumineux le regard et qui donne envie de se battre pour ce que l'on aime. Il y aurait beaucoup à dire mais je ne suis pas très certaine d'être douée pour les résumés et critiques littéraires. Je préfère vous laisser le soin de découvrir ce roman et de vous faire votre propre opinion.


De: Bernie
De : Bernie Envoyé : 09/10/2003 09:17
J'adore Amado et j'ai lu ce roman Tereza Batista. Je note 5/5.
J'ai eu l'occasion de visiter Salvador de Bahia et on retrouve vraiment, dans la ville, l'ambiance des romans de cet auteur. Et encore, j'ai lu le livre en traduction française et peut-être qu'en version originale c'est encore plus vrai!


De : Cryssilda_ Envoyé : 25/01/2004 16:15

Les Terres du bout du monde de Jorge Amado
Editions Folio, 380 pages

L'histoire : Deux grandes familles de propriétaires de plants de cacao se battent pour avoir les droits sur la forêt de Sequeira Grande, une terre dont le sol semble d'une fertilité parfaite pour la culture du cacao.

C'est un très bon roman qui nous plonge dans l'histoire et la société brésilienne, qui nous fait découvrir quelle loi règne sur les terres du Cacao. On découvre aussi la dure vie des planteurs de cacao qui se retrouvent piégés dans ces terres qui promettent fortune en un rien de temps, mais bien sur, la réalité est tout autre...

Jorge Amado a une très belle plume, il décrit les paysages avec une telle agilité qu'on a l'impression qu'on se retrouve nous aussi dans ces champs de cacao, dans la forêt entouré de singes et de serpents...

Un très beau roman. Ma note : 5/5

Cryssilda


De : zeta-b Envoyé : 19/07/2006 10:31

Jorge Amado : "Dona flor et ses deux maris" - Poche

Dona Flor est l'épouse d'un vaurien, d'un chenapan, qui boit, joue, court les filles et dilapide l'argent du ménage. Pourtant Flor a tout pour retenir au foyer cet époux volage, elle est belle, sensuelle, et cuisinière émérite. Un soir de carnaval le mari, Vadinho, meurt brusquement dans la fleur de l'âge. Flor est inconsolable, nul ne peut savoir combien elle aimait ce voyou au coeur tendre qui faisait de leurs nuits un délice, une fête des sens. Pour subsister, Flor, à qui Vadinho n'a laissé que la maison familiale, va donner des cours de cuisine bahianaise.
(Au passage Jorge Amado va nous régaler fictivement de recettes qui paraissent bien savoureuses.)
Puis le temps venant, Flor éprouvera l'envie de retrouver l'amour dans les bras d'un nouveau mari, un homme respectable, cette fois-ci, un beau pharmacien qui lui promet une vie plus facile.
Las, le soir de ses noces Flor, éprouve une certaine déception dans la couche nuptiale et reste sur sa faim.
C'en est trop pour Vadinho, même mort, il veille à la félicité de son épouse.....
Vous connaissez l'écriture de Jorge Amado, la truculence de son verbe, la richesse éblouissante de son vocabulaire, son génie pour faire naître des images, des odeurs, des sensations. Tout cela est dans ce roman.
Profitez de la chaleur pour lire cette histoire, et après vous aurez envie d'écouter la musique brésilienne, danser la samba, et goûter à la cusine de Dona Flor.
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Tieta d'Agreste

Message  doriane99 le Ven 2 Jan 2009 - 17:29

Tieta est la fille prodigue de retour dans son village natal d'Agreste. Jadis chassée à coups de bâtons, la jeune bergère revient veuve richissime. Agreste, petit hameau reculé, où l'électricité n'arrive pas encore, cherche un moyen d'accéder à la modernité. L'argent et les relations de Tieta pourront peut-être l'y aider. Mais la richesse de Tieta est-elle honorable ?

Un récit cocasse, des personnages hauts en couleur. On y critique le célibat des prêtres, la virginité et le mariage, les méfaits de la pollution, l'influence du progrès. Tout est relaté sous le mode humoristique. Certaines expressions sont savoureuses : bringalette, pacholette... (je n'en avais jamais entendu parler). Un très agréable moment de lecture
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Re: Jorge AMADO (Brésil)

Message  Mousseline le Ven 2 Jan 2009 - 20:30

Merci pour la critique - un des très rares auteurs sud-américains dont j'aimerais me lancer dans la bibliographie complète. Ça viendra...

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Re: Jorge AMADO (Brésil)

Message  géromino le Ven 13 Mar 2009 - 16:17

"CACAO" bibliothèque cosmopolite éd. Stock 157 pages

Dans le nord-est du Brésil des années trente, poussés par la misère, des centaines d'ouvriers n'ont d'autre choix que de se "louer" à de riches planteurs de cacao. C'est le destin de ces ouvriers, semblables au personnage central, Sergipano, que raconte J. Amado. Exploités à la limite de l'esclavage, ces hommes et quelques femmes travaillent pour un salaire de misère aussitôt englouti dans l'unique économat de la propriété. Celui qui voudrait quitter la plantation en est pratiquement incapable,toujours endetté (ou quasiment) qu'il est envers son employeur. Dans le meilleur des cas, il se voit attribuer une somme tellement dérisoire qu'elle n'autorise pas de refaire sa vie ailleurs. C'est le piège, l'impasse.

La misère et la pauvreté entretenues pour enrichir une bourgeoisie arrogante; l'éternelle lutte des classes; le défrichement de la forêt pour cultiver le cacao ou la canne à sucre, ou le soja... Ces sujets ne sont pas nouveaux et sont même encore d'actualité de nos jours. Mais Amado a été un des premiers dans son pays à dénoncer l'exploitation et les méthodes inhumaines employées par les grands propriétaires. Je ne veux pas m'étendre sur ce sujet. J'aime bien ce genre de livre qui nous fait découvrir par le biais du roman, une réalité historique parfois méconnue et pourtant si présente.

note: 4/5
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Re: Jorge AMADO (Brésil)

Message  géromino le Ven 22 Mai 2009 - 8:00

" Le pays du carnaval " éd. Folio 221 pages


Paulo Rigger a 26 ans. Il revient au Brésil après avoir passé sept ans à Paris où il a étudié le droit. Il débarque dans son pays natal, qu'il ne connait pas, avec les idées d'un Européen, étranger à sa patrie. Il fréquente un groupe d'intellectuels, journalistes, poètes; deviennent amis. Leurs échanges d'idées tournent principalement autour d'une question: Quel sens donner à la Vie? Pour Ticiano, "Le doute, le scepticisme, doivent être la philosophie de l'homme de talent." Pour les autres au contraire, le but de la vie est de trouver le bonheur (la Félicité) dans l'amour, le Grand Amour, finalisé par le mariage. D'espoir en déception, Paulo Rigger et ses amis conviendront que Ticiano avait peut-être raison...

Derrière cette quête philosophique, nous découvrons le Brésil des années 20. Riches propriétaires de cacao, intellectuels, magistrats, ou gens de condition modeste, voire pauvre, prostituées, c'est un panorama de la société de l'époque que nous décrit l'auteur. C'est le tableau d'un pays en évolution (Révolution?) vu du côté de la bourgeoisie. Le pays du métissage, de la fête populaire, de la liberté amoureuse, de la samba et du carnaval.

Premier livre de Jorge Amado, écrit en 1931 (il a 18 ans). Il ne voulait pas qu'il soit lu en une autre langue que le Portugais. Ce n'est qu'en 1984, à l'occasion de son anniversaire, qu'il accepta de le traduire en Italien, dans une édition spéciale. A la suite de quoi, il a bien voulu autoriser Alice Raillard à le traduire en Français.
(Note d'Alice Raillard)

Même si on sent une certaine candeur dans le propos, c'est un petit livre agréable à lire qui décrit bien, à mon avis, l'atmosphère du Brésil dans ces années-là.

Note 3.5/5
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Re: Jorge AMADO (Brésil)

Message  Symphonium le Mar 15 Juin 2010 - 1:12

Cacao

Les ouvriers des plantations de cacao sont à l'honneur dans ce court roman. On suit les aventures de Sergipano et de ses compagnons de plantations. Sans fioriture, Jorge Amado raconte la faim, la misère, l'ingratitude du travail manuel et la rudesse des propriétaires terriens, tel qu'il l'a lui-même vécu. Il égratigne au passage ces femmes qui vendent leurs coprs a qui le veut, faute de pouvoir faire mieux. Le regard intérieur vaut la peine même s'il est triste.

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Re: Jorge AMADO (Brésil)

Message  Rosario le Mar 15 Juin 2010 - 17:13

J'adore Amado... bien sûr, le Brésil est très cher à mon coeur. J'avais beaucoup aimé "Tocaia Grande" et "Capitaine des sables".


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Re: Jorge AMADO (Brésil)

Message  géromino le Ven 4 Mar 2011 - 14:07

"Les chemins de la faim" Folio 2007 437 pages (éd.or. 1946)

Années 30, une plantation dans le Nord-Est du Brésil. Alors que la communauté des paysans s'apprête à célébrer une noce, Artur, le contre-maître annonce que le propriétaire a vendu le domaine et que tous doivent partir.

Ainsi Jucundina, son mari Jéronimo, et toute la famille vont entreprendre le périlleux voyage vers Sao Paulo, Terre Promise pour tous les rebuts de la société brésilienne. C'est un long périple à travers le Sertao, une région quasi désertique où ne poussent que des arbres épineux qui déchirent les vêtements et mettent la peau en lambeaux. La soif, la faim, les serpents et les fièvres, autant d'obstacles mortels semés sur le chemin, déciment hommes et bêtes.
De tous ces paysans chassés des plantations, quelques uns choisissent le camp des cangaceiros, ces bandits de grands chemins qui écument la région. Leur chef Lucas Arvedo sème la terreur parmi la population. D'autres s'engagent à la suite du mystique "Beato", un illuminé qui annonce la fin du monde dans un avenir proche et qui draine des croyants qui n'ont plus que la religion à se raccrocher. D'autres choisissent la lutte politique et espèrent l'utopique soulèvement des masses populaires.

Le destin de chacun n'est de toute façon pas enviable et se résume en peu de choix: la mort ou la prison; mais pour la majorité, la résignation...

Jorge Amado dénonce l'exploitation de ces milliers de paysans employés dans les fazendas, à la limite de l'esclavage. Son engagement politique ressort clairement, surtout dans le dernier chapitre consacré à la lutte communiste et la tentative (avortée) de renversement du pouvoir. Une grande fresque sur la lutte inégale des paysans miséreux contre un système injuste; un grand roman poignant sous la plume sublime d'un grand écrivain.

"Jéromino est couché, Marta sèche ses larmes du revers de la main, Joao Pedro fume sur le bastingage, Tonio court avec les enfants qui ne sont pas tombés malades. Quand ils sont partis, ils étaient treize, y compris l'âne et la chatte, c'était Dinah qui les avait comptés. Maintenant, ils ne sont plus que cinq, combien seront-ils quand ils arriveront?"

Note: 5/5
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Re: Jorge AMADO (Brésil)

Message  géromino le Lun 28 Nov 2011 - 14:52

"Mar Morto" éd. GF Flammarion 1982 308 pages

Brésil, années trente

Guma est un de ces marins de la baie de Bahia, attiré par la mer, à tel point que rien ne compte autant que de piloter son "saveiro" sur ses flots. Guma est un marin hors pair qui n'a pas son équivalent en bravoure, en honneteté, en dextérité. Marié avec la belle Livia, il lui fait partager son amour pour la mer. Mais Livia mesure avec justesse le danger de cette profession, qui de plus ne rapporte pas beaucoup d'argent. La naissance de leur enfant coïncide avec une crise qui touche les "savereiros" (pilotes de ces petits bateaux). Les conditions de travail se dégradent et Guma ne parvient pas à payer les traites de son bateau. Une seule solution s'impose: il convoiera de la contrebande. Oh, juste le temps de payer le bateau, après, il l'a promis à Livia, il s'installera à terre...

Des marins bravant les flots sur leurs "saveiros" pour gagner de quoi survivre; marins pauvres qui ont voué leur existence à la mer et à ses divinités. Iemanja, la déesse aux cinq noms, tient dans ses mains le destin de chaque homme navigant sur ses flots. Elle seule décide. Et si un marin périt en mer, c'est qu'il est parti avec Iemanja.

Tour à tour lyrique ou poëtique, un beau roman qui nous fait découvrir la vie de ces marins de la province de Bahia au Brésil. On plonge au coeur de ces petits ports où la vie est rude et le gagne-pain maigre; où la femme résignée attend à terre qu'on lui annonce la dramatique disparition de son homme, parti "sous les vagues vertes", au bras de Iemanja. Il faut se laisser emporter par la beauté du mythe et par le texte construit comme un chant, avec ses redites comme un refrain. A savourer...

Note 4.5/5

_________________
                                                                                                                                                                              

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Re: Jorge AMADO (Brésil)

Message  dodie le Jeu 16 Avr 2015 - 13:15

Cacao

Dans ce court roman Jorge Amado nous décrit le quotidien des ouvriers travaillant sur les plantations de cacao au Brésil. Nous sommes dans les années 1930 et même si ces hommes ne sont pas qualifiés ainsi officiellement, ce sont de véritables esclaves. 
Le travail que ce soit sous un soleil accablant ou des pluies torrentielles est très dur et ils ne sont payés qu'une bouchée de pain qu'ils doivent obligatoirement dépenser à l'économat de la propriété pour se nourrir. 
La solidarité entre les ouvriers, la haine du propriétaire autant exploitant de la terre que des hommes: tout ceci est transcrit  dans un style simple.
Le récit respire le vécu: l'auteur a lui-même travaillé dans ces exploitations.
Je découvre cet auteur brésilien au travers d'un de ses premiers romans: je le relirai .......
Ma note 4/5
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Re: Jorge AMADO (Brésil)

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