Août 2006: Noa Noa de Paul Gauguin

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Août 2006: Noa Noa de Paul Gauguin

Message  Prospéryne le Mar 18 Nov 2008 - 21:06

De : Venusia (Message d'origine) Envoyé : 2006-06-26 16:08
Paul Gauguin (7 juin 1848 - 9 mai 1903) était un peintre impressioniste français.

Entre 1886 et 1891, Gauguin vit principalement en Bretagne (à l'exception d'un voyage au Panama et en Martinique en 1887 et 1888) où il est le centre d'un groupe de peintres expérimentaux connus comme l'école de Pont-Aven. Sous l'influence du peintre Emile Bernard, son style évolue, il devient plus naturel et plus synthétique. Il cherche son inspiration dans l'art indigène, dans les vitraux médiévaux et les estampes japonaises. Il découvre ses dernières à travers Vincent Van Gogh en 1888 alors qu'ils vivent ensemble deux mois à Arles, dans le sud de la France, passant leur temps à peindre. Les deux amis sont très sensibles, connaissent des moments de dépression et Gauguin, comme Van Gogh, tentera de se suicider plus tard. Leur cohabitation tourne mal et se termine sur le fameux épisode de l'oreille coupée de Van Gogh.

En 1891, ruiné, Gauguin s'embarque pour la Polynésie et s'installe à Tahiti où il espère pouvoir fuir la civilisation européenne et tout ce qui est artificiel et conventionnel. Il passera désormais toute sa vie dans ces régions tropicales, d'abord à Tahiti puis dans les Îles Marquises. Il ne rentrera en France qu'une seule fois.

A Tahiti, il fait la connaissance de Téhura, elle devient son modèle et même sa femme. Il est très inspiré et peint 70 toiles en quelques mois. Mais après quelques années de bonheur, des soucis administratifs et plus personnels (mort de sa fille préférée) le minent et déprimé, il tente de se suicider. Il décide alors de partir pour les Marquises afin de retrouver l'inspiration, Téhura refuse de la suivre.

En 1901, le voici donc à Atuana (sur l'île de Hiva-Oa), dans les Îles Marquises. Il lui semble être au paradis. Il va vite déchanter en se rendant compte des abus des autorités et en essayant de se battre pour les indigènes. Affaibli, fatigué de lutter, il meurt le 9 mai 1903.

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Des nombreux textes écrits par Gauguin, seul Noa Noa restitue son expérience tahitienne sous forme de récit. Il en entreprend la rédaction à Paris, à l'automne 1893, au retour de son premier voyage en Océanie. Il veut tout raconter : Tahiti, son peuple, sa culture, Teha'amana, la femme enfant avec qui il connut à Mataiea l'une des périodes les plus heureuses et les plus productives de son séjour, la « trivialité » des Européens de Papeete, son évolution de l'état de civilisé à celui de sauvage (oviri), terme qu'il revendiquait hautement. Il ne doute pas que sa relation intéressera un large public, aussi, pour en assurer la réussite, confie-t-il la mise en forme définitive de ses notes à son ami, le poète symboliste Charles Morice. Il nous fait croire à sa parfaite connaissance de la langue tahitienne, mais ses transcriptions sont presque toujours erronées. Il prétend, enfin, avoir appris les légendes tahitiennes de Teha'amana alors qu'il les tient de sa lecture de Voyage aux îles du Grand Océan de J.A. Moerenhout. Malgré ses omissions et ses embellissements, Noa Noa apparaît comme l'un des textes les plus spontanés et les plus authentiques sur la Polynésie. Entier et direct, comme à son habitude, Gauguin y livre ses pensées les plus secrètes et montre une sincère sympathie pour les Tahitiens et leur culture. D'un style âpre et incisif, parfois télégraphique comme s'il était pressé, il malmène les mots non sans révéler un grand sens de la formule. C'est pourquoi ses premières notes, peu travaillées et brouillonnes, paraissent plus pertinentes que le texte peaufiné par Morice et surchargé de ses redondances lyriques (édité en 1901).

Gauguin remit en 1894 son manuscrit à Morice qui le travailla et finit une première version en 1895. Gauguin repartit donc à Tahiti avec son texte remanié par le poète et le recopia de sa main en y ajoutant des illustrations. Une copie aujourd'hui déposée au cabinet des dessins du Louvre a souvent été confondue avec le manuscrit original, qui avait disparu pendant un demi-siècle et fut retrouvé en 1951 par le libraire Jean Loize dans le grenier de son confrère Edmond Sagot qui l'avait acheté lui-même à Morice en 1908. Un fac-similé en fut tiré en 1954, puis Jean Loize transcrivit le texte dans une savante édition en 1966. Le manuscrit fut ensuite mis aux enchères à Drouot et acquis par Gilles Artur, conservateur depuis vingt ans du musée Gauguin à Tahiti. Ce dernier en tira en 1987 un nouveau fac-similé enrichi des illustration réalisées par Gauguin sur sa copie de 1895. Enfin, Pierre Petit établit en 1988 une nouvelle version corrigeant les quelques « erreurs de lecture » et la « ponctuation hésitante » de Jean Loize. Le manuscrit a depuis été revendu à la fondation Paul Getty.(JEAN-JO SCEMLA )

Voici donc l'édition à prix modique de Noa Noa, avec le texte remanié de Charles Morice. J'ignore si les illustrations de Gauguin sont comprises dans cette édition, mais sinon, je crois que ça vaut la peine d'en chercher un volume à la bibliothèque. Alors voilà, j'espère que vous serez nombreux à lire ce récit et à déposer vos critiques pour le mois d'août.


De : Venusia Envoyé : 2006-08-12 09:28
Je serai donc la première à mettre ma critique.

Noa Noa, c'est un journal, pas un roman. Forcément il faut s'attendre à une narration non-linéaire, des coqs à l'âne, un fil un peu décousu, je le savais en le proposant et cela ne m'a pas dérangé en lisant.

J'ai apprécié les premier 2/3 du volume, environ. Si on ne le savait pas déjà, on se douterais bien que Gauguin est un peintre: il est merveilleusement évocateur dans ses impressions des couleurs, des formes, des senteurs, de l'intensité lumineuse. Et puis, cette description aussi, par anecdotes, d'une Tahiti désormais disparue, d'endroits oũ l'argent n'a aucune valeur, oũ tout ce qui fait la valeur d'une personne, c'est ce qui peut être créé, ramassé, travaillé avec les mains, c'est un regard sur un monde disparu.

Je ne connais pas beaucoup Gauguin, à part certains de ses tableaux que j'aime beaucoup. J'ai été un intriguée par ses sous-entendus, son dégoût de la civilisation, son amèreté envers certains évènements de son passé, mais sans savoir à quoi ses allusions se référaient, leurs signification m'a échappé.

Le dernier tiers du volume m'a bien déçu et carrément ennuyée: un très long passage sur les croyances des habitants qui semble copié d'une encyclopédie. J'ai même l'impression que Gauguin était déjà de retour en France lorsqu'il a entrepris cette section et qu'il l'a inclus simplement pour étoffer l'ouvrage. C'est dommage, parce que la première partie, avec sa description de meurs étrangères, était véritablement intéressante.

Mon bilan: j'aurais aimé vous avoir proposé un chef-d'oeuvre, plutôt qu'un ouvrage moyen. J'attends vos critiques, j'espère qu'il y en aura qui auront des impressions plus favorables que moi.

Note: 3 sur 5


De : Philcabzi5 Envoyé : 2006-08-12 09:35
Noa Noa

Ed. Milles et une nuits, 2002, 111 pages

Note: 4.5/5

Résumé:

Paul Gauguin s'embarque pour la Polynésie en 1891 espérant s'éloigner le plus possible de "l'univers européen, avec ses valeurs frelatées, superficielles, dégénérées". Noa Noa est le journal que Gauguin a tenu lors sa première aventure polynésienne qui dura deux ans. Il y relate ses premières impressions sur ces îles du bout du monde ainsi que le trajet qui le mena vers sa belle vahiné, Tehura. Il se passionne pour la Tradition Maorie, pour ses dieux et ses légendes qu'il tente du mieux qu'il peut de nous expliquer.

Mon avis:

Ce trop court récit de voyage m'a enchanté. Gauguin ne nous a pas décrit jour après jour ce qui lui est arrivé, et je lui en serai gré, mais il nous a plutôt relaté les fait les plus importants de ses deux années passés dans ces îles. Les dents m'on bien sûr un peu grincés quand il nous parle de sa vahiné, qu'il reconnaît lui même n'être qu'une enfant. Mais autre temps, autres moeurs... J'ai adoré ses explications sur les dieux Maoris et sur leurs légendes. J'ai surtout apprécié son ouverture d'esprit et sa brillante analyse lorsqu'il nous parle de la tradition cannibale des Maoris. Il aurait été si facile de condamner ces actes passés, surtout de la part d'un homme européen, chrétien du XIXème siècle! Mais c'est là que l'on voit à quel point il était totalement détaché de son ancienne vie.

Citations:

Adieu, terre hospitalière, terre délicieuse, patrie de liberté et de beauté! Je pars avec deux ans de plus, rajeuni de vingt ans, plus barbare aussi qu'à l'arrivée et poutant plus instruit. Oui, les sauvages ont enseigné bien des choses au vieux civilisé, bien des choses, ces ignorants, de la science de vivre et de l'art d'être heureux.


Merci Venusia pour m'avoir fait découvrir ce livre! Je vais très certainement m'acheter une biographie de Gauguin pour en connaître un peu plus...


De : liza_lou55 Envoyé : 2006-08-13 05:33
Noa Noa
(Mille et une nuits, 125 pages)

Récit autobiographique du voyage de Paul Gauguin à Tahiti de 1891 à 1893.

Fuyant la civilisation européenne, Gauguin souhaite trouver refuge en Polynésie. S’il est tout d’abord déçu par ce qu’il aperçoit en posant pied à terre, le peintre va cependant peu à peu apprécier la culture maorie et la reproduire dans ses œuvres. Il va également adopter le mode de vie des habitants de l’île et prendre une jeune tahitienne comme concubine, Tehura.

L’enthousiasme de Gauguin envers la civilisation maorie éclate à chaque ligne. Le séjour à Tahiti se transforme en une lente métamorphose du peintre qui souhaite se dépouiller de sa carcasse d’homme civilisé (« La civilisation s’en va petit à petit de moi »). La prose de l’auteur est passionnée ; toute la beauté de l’île, des habitants, de leur culture est rendue magnifiquement bien par Gauguin à travers ses yeux de peintre et on imagine sans peine ce qu’il raconte.

D’admiration, Gauguin passe rapidement à l’idolâtrie envers la culture maorie qu’il va rechercher coûte que coûte à faire revivre et à comprendre. Gauguin retrace ainsi pendant près de vingt-cinq pages (qui m’ont parue bien longues) les principales caractéristiques de la mythologie polynésienne. J’ai été alors un peu perdue dans ce passage du récit qui m’a au bout d’un moment vraiment lassée et ma lecture de Noa Noa en a été un peu gâchée. Dommage, car j’avais trouvé tout le reste particulièrement intéressant…

Avant de lire Noa Noa je ne connaissais pas vraiment Gauguin, tout au plus avais je déjà vu quelques unes de ses toiles. J’ai ainsi découvert avec intérêt ce peintre et je sais que désormais, je regarderai différemment ses oeuvres.

Ma note : 3,5/5


De : lalyre7032 Envoyé : 2006-08-14 08:53
Noa Noa Gauguin Mille-et-une-nuits.

Ce livre est le journal tenu par Paul Gauguin lors de son premier séjour à Tahiti en 1891.Il nous raconte son émerveillement devant la nature qu'il découvre à chaque pas,il y vit avec Tehura dont il nous décrit la sensualité.il aime beaucoup cette population qu'il dit menacée par le contact européen.

Mon avis : Un petit livre par sa taille mais grand par son style et ses descriptions.Je connaissais les peintures de Gauguin par les albums Taschen que je posséde mais ce petit livre m'a apporté un plus,grâce à toi Venusia et je t'en remercie.
4,5/5


De : Sahkti1 Envoyé : 2006-08-17 05:34
Paul GAUGUIN, Noa Noa

En 1891, Gauguin prend le large, direction la Polynésie. Son séjour dure deux ans, deux années pendant lesquelles le peintre tient une sorte de journal, condensé de ce qu'il voit, de ce qui lui arrive et de ce qu'il ressent. Pas un journal méticuleusement tenu au jour le jour, mais plutôt un observatoire grandeur nature des us et coutumes du territoire. Gauguin nous parle des îles, de la société et aussi, beaucoup, de Tehura, jolie vahiné qui enflamme son coeur et à qui il dédie des lignes très lyriques.
C'est plus qu'un récit de voyage. C'est aussi une étude intéressante de la pensée d'une époque et il est intéressant d'analyser les préjugés ou les idées que Gauguin et d'autres pouvaient alors se faire à propos des maories, de la Polynésie et du grand large. En gardant à l'esprit que Gauguin a effectué ce voyage dans le but de fuir une civilisation européenne qui commençait à lui faire horreur.
Sur ce point, c'est intéressant, mais je déplore cependant que Gauguin noie de tels propos au milieu d'u tas de considérations esthétiques, d'un flot de détails qui, par moments, alourdissent considérablement le récit. Il convient de s'accrocher, histoire de ne pas perdre le fil, et de lire ce texte par petites tranches, sous peine de voir tout se mélanger dans la tête.
Au final, je n'ai pas ressenti de coup de foudre ou d'emballement particulier. Certains chapitres m'ont plu, d'autres non. J'ai aimé le regard posé sur une société mais pas la traitement d'écriture pour en faire part. Avis mitigé, parce que trop de détails, dus à la passion sans limites éprouvée par Gauguin pour une culture, une société, et qui, afin de faire vivre son histoire et ses souvenirs, donne à l'ensemble un aspect confus et dense qui me déplaît quelque peu.

Ma note: 2,5/5


De : doriane99 Envoyé : 2006-09-12 08:43
Je me décide enfin à mettre un petit mot sur ce post, depuis mon arrivée chez les rats, voilà le premier livre du mois que je ne lis pas en entier Je l'avais mis de côté me disant que j'y reviendrai plus tard et... en fait, je n'en ai aucune envie... Je me décide tout de même à vous laisser mes impressions.

J'ai adoré le début du livre, Gauguin parlant de la "sauvagerie" de son art, sa recherche du primitif, son besoin de "faire de l'art simple avec des moyens primitifs", le livre m'a beaucoup plus jusqu'à l'arrivée de ce long (trop long) passage sur la mythologie, j'ai repris le livre deux fois, deux fois j'ai abandonné ! quel dommage le début était si prometteur !!!
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