Yann QUEFFELEC (France)

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Yann QUEFFELEC (France)

Message  Lacazavent le Mar 18 Nov 2008 - 16:04

De : Lauric668 Envoyé : 20/11/2004 12:18

LA BIOGRAPHIE DE YANN QUEFFÉLEC
né le 4 septembre 1949 à Paris

Yann Queffélec
C'est pour impressionner sa mère que Yann Queffélec commence à écrire à l'âge de sept ans. Il apprend d'ailleurs cet art difficile en lisant en secret les manuscrits du romancier Henry Queffélec : son père ! En 1978, il décide de se consacrer à l'écriture après une rencontre inopinée avec l'éditrice Françoise Verny.
Son roman 'Les noces barbares' est couronné du prix Goncourt en 1985. Depuis, ce Breton publie de manière assez régulière. Ses personnages sont bien souvent des écorchés vifs. Mieux que personne, Yann Queffélec sait manier l'écriture comme un poinçon, en vue de descendre jusqu'aux tréfonds de la nature humaine, de remuer les pulsions primitives et les démons qui agitent tous les coeurs. Il ose dire "l'indicible".
Fils du grand écrivain breton Henri Queffélec, il a 26 ans quand son père reçoit le Grand prix de l'Académie française et 32 ans quand il fait lui-même son entrée en littérature.

A 51 ans, cet amoureux de la mer et des lettres, qui sont intemporelles, vit cependant avec son temps. En 1998, il a animé la création d'un roman sur Internet, en écrivant le premier chapitre. Par ailleurs, il se passionne depuis toujours pour la noble cause des jeunes en détresse dans l'océan déchaîné de la vie...Une sorte de ' sauveteur d'âmes en perdition ' des lettres modernes !


QUELQUES DATES
1981 Premier livre: Béla Bartok (Mazarine).
1983 Le charme noir
1985 Les Noces barbares (Gallimard), prix Goncourt.
1988 La femme sous l'horizon
1990 Le maître de Chimères
1992 Prends garde au loup
1994 Disparue dans la nuit (Grasset).
1996 La foce d'aimer
1998 Happy Birthday Sara (Grasset).
2000 Osmose (Robert Laffont).
2002 Boris, après l'amour (Fayard)
2004 Les affamés



De : Lauric668 Envoyé : 14/02/2005 20:09
YANN QUEFFELEC - LE MAITRE DES TENEBRES
Ed. Julliard / 295 pages


Résumé de l'histoire
Francis est un acteur de théâtre brillant et qui a du succès. Il a une femme formidable, Marianne et une petite fille de 8 ans Mimi qui lui est très attachée.

On suit la vie de Francis pendant quelques années. Côté travail on lui offre de très beaux rôles, mais Francis oublie de venir au répétition et ne viens pas non plus le soir faire son métier d'acteur. Il doit être remplacé au pied levé et perds à plusieurs reprises son travail. Il a maintenant tellement mauvaise réputation qu'on ne lui propose plus aucun rôle. Donc il se remets à boire, à tel point qu'il oublie de rentrer chez lui.

Il a aussi de multiples maîtresses (à tel point qu'on ne sait plus qui est qui), et il a aussi honte de ses origines, car son père était coutelier et sa mère tient un café, raison pour laquelle il leur ment et trouve toujours des prétextes pour ne pas aller les voir.


Mon avis
Je n'ai pas bcp aimé ce livre, car je n'arrivais pas à trouver Francis attachant. Quant il a un problème, il boit et il trompe sa femme, il s'en va pendant plusieurs semaines et ensuite revient comme si rien ne s'était passé, et sa femme lui pardonne.
Francis est tellement dans ses personnages (entre autre Malvolio qu'il répète pour sa dernière pièce) que je n'arrivais plus à faire la différence entre lui et Malvolio. Au bout de plusieurs pages on se rent compte qu'il récite son texte et que les choses décrites ne lui sont pas arrivées. De plus, j'ai trouvé que le livre finit en queue de poisson.
Par contre, l'écriture n'est pas désagréable, et je vais certainement essayer de lire un roman un peu plus connu.

NOTE : 2/5



De : gallomaniac Envoyé : 20/10/2006 13:53
Yann Queffelec - La menace
France Loisirs 1993,
63 pg. Version originale.

Ce petit livre traite le sujet sensible du racisme et peut être lu par des jeunes, me semble-t-il.

Quatrième de couverture:
Charlie est un enfant noir de dix ans placé par l'Etat chez un couple de retraités qui bénificient d'une allocation. Ceux-ci l'élèvent à la dure et leur fils, Erik, un skinhead
"casseur de bougnoules" lui réservent un mauvais soret. Jusqu'au jour où, à la suite d'une expédition qui a mal tourné, Erik provoque la mort dún homme. Charlie a les moyens de se venger. La menace change de camp. Pas pour longtemps...

Dans la version originale de 1993, un épilogue raconte la mort de Charlie et la fin du procès d'Eric et Mado. Au web, on lit que le texte a changé dans une nouvelle édition, version 2004: "Noir animal ou la Menace". Dans cette version, Charlie survivra et s'en tire plutôt bien, marié avec des enfants.



De : Profgéo Envoyé : 16/03/2007 03:33
Yann Queffélec - La menace

Gallomaniac a très bien fait le résumé, alors je ne le fais pas. J'ai pour ma part lu la version originale de 1993.

J'ai bien aimé, mais ce n'était pas un coup de coeur. Tout au long du livre, on sent la volonté de vivre de Charlie, de s'en sortir et de vivre mieux que ce qu'il vit. Il ment pour ne pas que ses parents adoptifs le renvoient à l'Institut, chose qu'il veut moins que rien, et fait tous les efforts pour, mais les parents sont trop cons pour se rendre compte de ce que leur fils lui fait subir, ou encore ils ne veulent pas le voir. Un skinhead contre un jeune noir de 10 ans. On entend tout le long du livre de ce qui se passe dans sa tête, on sent ses émotions et aussi sa peur et son courage. Charlie est un écorché vif de la vie, mais il a un but et il entend bien l'atteindre. Seule la sympathie de la vieille aveugle chez qui il va faire le ménage lui est acquise, une seule poche de bonheur dans sa triste vie. Dans la version que j'ai lu, Charlie paye de sa vie son goût du bonheur et on est en colère contre l'imbécilité de tout ceux qui couvrent Éric contre lui. Parce que lui s'en sort et continue son oeuvre néo-nazie.

L'oeuvre est écrite dans le langage des rues de France (je n'ose pas dire Paris parce qu'on ne sait pas où l'histoire se passe) et c'est pas toujours évident de comprendre pour quelqu'un qui n'a pas beaucoup de références françaises. À part ça, un bon petit livre sympa, une bonne soirée de lecture sans trop se casser la tête.

Note: 3/5



De : doriane99 Envoyé : 24/03/2007 11:24
Yann QUEFFELEC - Les noces barbares

Nicole, 13 ans est victime d'un viol. De cette tragédie, naîtra le petit Ludovic. Impossible pour la jeune mère (et pour ses parents) d'accepter l'existence de cet enfant qu'ils traitent alors avec mépris et dégoût, le séquestrant au grenier. Ce livre est l'histoire de Ludovic.

De Victime, la jeune mère est devenu bourreau, son fils hésite sans cesse entre son amour pour sa mère et sa haine envers elle, il a tant besoin de son affection qu'il la déteste pour ce dont elle le prive. Même après son mariage avec un brave homme, elle n'arrivera pas à se remettre du traumatisme de son viol et reportera toute sa haine sur son fils.

Un livre très dur, mais je n'ai pas accroché à l'écriture. Sur le thème de l'enfant mal aimé j'ai nettement préféré "Vipère au poing" de Bazin ou "l'enfant" de Vallès. La fin m'a semblé être la seule possible de cette tragique histoire.
3,5/5
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Yann Queffelec

Message  Garanemsa le Ven 7 Aoû 2009 - 16:26

LES AFFAMES

Yann Queffelec



4ème de couverture

les affamés sont tous ceux que je fus ou m’imaginais devenir autrefois, gosses rêveurs, menteurs, casse-cou, voyeurs, adolescents violents, trouillards, généreux, trop seuls pour avoir quelque chose à donner ou trop avides pour être attirants. Ils n’obéissent qu’aux lois du désir, ne cherchent que l’amour, la proie, tour à tour innocents, pervers, dépravés. Héros enfantins, ils ne seront jamais tout à fait grands ni satisfait. L’auteur revis bien de ses erreurs qu’il a faites pour ne plus être un insatiable paumé. Mais la jeunesse, bel âge vif, est un climat dont on ne réchappe pas toujours et dans ce cas une fatalité



Si j’ai mis la 4ème de couverture c’est parce que franchement je n’ai lu que deux ou trois chapitres, mais il m’a été totalement impossible de continuer.

J’ai regardé un peu par-ci par-là, mais non je ne pouvais pas.

Le langage d’abord : je ne comprends pas c’est un melting pot d’argot, de mots vulgaires, de mots utilisés par les rappeurs, de mots et d’expressions réduites comme sur les texto, le tout bien mélangés, moi je suis perdue

Ex : oh this boy va shit…..

Eteins-moi cette daube ?????????

Je te flingue ta téloche ????

Jimmy radine toi ???

C’est la télé du gamin, la pétaudière zapping de winnie l’ourson répondant miel à donald rumsfeld…..

Tu vas te manger un taquet dans ton groin ????



Un c’est du chinois, je n’aime pas les livres sans beau texte, bien écrit, correct



Alors je ne peux pas mettre une cote.
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Re: Yann QUEFFELEC (France)

Message  belledenuit le Mer 23 Sep 2009 - 11:34

L'amante de Yann Queffélec

Editions : Le livre de poche (2008) - 185 pages



Présentation de l'éditeur :
Paris, 1969. Marc Elern a dix-huit ans. Il vient de perdre sa mère. C'est dans un état second qu'il passe le bac, partagé entre la douleur et la passion qu'il éprouve pour Alba, une jeune infirmière qu'il épie dans l'immeuble qui fait face au sien, fenêtre dans la nuit. Mais, éjecté du jardin vital de l'enfance, Marc est perdu. Le deuil va faire de ce jeune homme inachevé un amoureux chronique...

(Source jaquette et présentation : Amazon.fr)

Mon avis :
C'est l'histoire d'un jeune homme de 19 ans, Marc. Et aussi, conséquemment, celle de sa soeur qui en a 17. Ils sont orphelins de mère depuis plusieurs mois et leur père est, la plupart du temps, absent.
C'est l'histoire d'un jeune homme qui se cherche, qui recherche la présence féminine qui lui manque.
A travers ses envies de jeune adulte, ses fantasmes qui hantent ses rêves, c'est sa douleur qu'il nous fait partager.
Une rage sur la vie qui lui a pris tout ce qui comptait pour lui : sa mère. Cette vie qui a d'autant plus donné une soeur qui ne voit pas les choses de ma même manière que lui peut les percevoir par son regard. Sa soeur est atteinte de cécité.
C'est une charge plus qu'un soutien dans cette vie à refaire sans mère et sans père.
Ce père, Marc nous en parle, à travers une lettre qu'il écrit tout en sachant que jamais il ne la lira. C'est un des rare moment dans cette lecture que j'ai beaucoup apprécié.
Pour tout vous dire, dans sa globalité, je n'ai pas aimé cet ouvrage. Pourtant, au fur et à mesure que l'histoire se passait (j'ai évité de lire la quatrième de couverture vu qu'elle dévoile la totalité du livre), je me disais qu'effectivement la vie de jeune homme était loin d' être facile.
A l'âge où l'on a besoin d'affection, de paroles rassurantes et d'aide pour se créer en tant qu'adulte, lui et sa soeur se retrouvent seuls au monde, avec un père qui refuse de prendre ses responsabilités.
L'ouvrage est ponctué de quelques moments où l'auteur écrit avec délicatesse mais malheureusement ce n'est pas assez souvent. La plupart du temps, tout est brutal comme cette haine que Marc garde en lui. C'est comme si l'auteur assouvissait les besoins de son personnage à travers des mots durs, crus.
Quelque part, c'est un livre qui touche, qui bouleverse à travers tout ce qui s'y passe. Et d'un autre côté, il me tardait de le finir; j'ai même survolé la fin pour le fermer plus tôt que prévu.
Je n'ai peut-être pas choisi le bon moment (encore !) pour lire ce bouquin mais très honnêtement je ne sais pas si je peux vous dire : Ne le lisez pas !
Mais en ce qui me concerne, je ne poursuivrai pas avec cet auteur (en tout cas pour le moment).
Par ailleurs, c'est bien volontairement que j'ai coupé la présentation de l'éditeur qui en dit beaucoup trop.

Ma note : 2/5
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yann quefelec

Message  Garanemsa le Jeu 24 Sep 2009 - 16:57

comme je vois un autre livre n'est pas beaucoup mieux que celui que j'avais lu
merci pour la critique
kiss
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Re: Yann QUEFFELEC (France)

Message  DM29 le Mer 28 Oct 2009 - 11:59

Tabarly
ed Points
239pages.

résumé : La vie de Tabarly.

Critique : Mon premier livre de Queffelec et le dernier (enfin j'espère). Très décue, j'ai eu beaucoup de mal à lire toutes les phrases, tant l'écriture est catastrophique. Comme sur un bateau pendant une tempête, ça part dans tous les sens, on s'accroche comme on peut, on pense que ça va s'arranger et bien non, ça continue. Il massacre la vie de Tabarly. Ilaurait pu rendre tout ça intéressant mais non, on subit plus qu'autre chose les 238 pages. Les parallèles avec sa vie à lui, m'ont paru déplacé et inutiles. J'ai du relire la première page plusieurs fois parce que je n'arrivais pas à suivre. Après j'ai abandonné et continuer sans retour en arrière.
En revanche les 4 dernières pages relatent les paroles d'Erwan la personne qui était sur le bateau la nuit ou Tabarly a disparu, et je dois dire que les toutes dernières phrases m'ont touchée, ce qui évite la note de 0.

note 0,5 / 5 (pour les dernières lignes)
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Re: Yann QUEFFELEC (France)

Message  Louvaluna le Mer 28 Oct 2009 - 12:59

DM29, excellente la comparaison avec le bateau en pleine tempête ! 239 pages, ce n'est quand même pas rien ! Bon rétablissement à toi avec un bon livre bien construit et moins nombriliste.

Les extraits livrés plus haut par Garanemsa font froid dans le dos !

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Re: Yann QUEFFELEC (France)

Message  Cyrielle le Mer 14 Juil 2010 - 9:53



Les Noces Barbares

343 pages


Quatrième de couverture

Fruit d'une alliance barbare et d'un grand amour déçu, Ludovic, enfant haï par sa trop jeune mère - Nicole et ses grands-parents, vit ses premières années caché dans un grenier. La situation ne s'arrange guère après le mariage de Nicole avec Micho, brave et riche mécanicien qui cherche à protéger Ludovic. Hantée par ses amours brisées, sombrant dans l'alcoolisme et méprisant son mari, la jeune femme fait enfermer son fils dans une institution pour débiles légers. Mais Ludovic n'est pas l'arriéré qu'on veut faire de lui. Il ne cesse de rêver à sa mère qu'il adore et qu'il redoute. Même une première expérience amoureuse ne parvient pas à l'en détourner. Son seul but, son unique lumière : la retrouver. S'enfuyant un soir de Noël, il trouve refuge sur la côte bordelaise, à bord d'une épave échouée, écrit chez lui des lettres enflammées qui restent sans réponse. Et c'est là-bas, sur le bateau dont il a fait sa maison, que va se produire entre Nicole et son fils une scène poignante de re-connaissance mutuelle - qui est aussi le dernier épisode de leurs noces barbares.

Mon avis: 3.5/5
Je crois qe je n'ai jamais lu un livre aussi triste, c'est triste du début à la fin. Queffélec, arrive très bien à nous mettre à la place de Ludo et à nous faire rentrer dans son monde.
Sa mère est vraiment une peste, traumatisée par le drame qu'elle a vécu elle se venge sur son fils. Heureusement qu'il y a Micho son beau père, et encore il ne se démène pas beaucoup pour aider Ludo.
Tout au long du roman on se demande si oui ou non Ludovic est vraiment attardé, il y a des moments où je me disait pas du tout, c'est juste un enfant terrorisé mais d'autre où vraiment j'avais le doute. Je pense que c'est à chacun d'interpréter sa propre vision de l'état mental de Ludo.
Un beau roman mais trop accablant de tristesse et de malheur pour passer le cap des 4/5.
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Les noces Barbares de Yann Queffelec

Message  nanet le Mer 9 Mai 2012 - 11:51


Je ne reprends pas la bio...

L'histoire

Ce livre narre l'histoire de Ludo, enfant mal aimé (pour ne pas dire non aimé) qui va grandir seul, dans un grenier ! Ces rares contacts avec sa mère sont dus au hasard... Comme un petit animal, il va apprendre seul à marcher, à manger "proprement" subissant les attaques verbales de sa famille. Seule sa tante Nanette va lui donner un brin d'amour.

Plus tard, lorsque sa mère dégoûtée par la vision de cet enfant qui lui a été imposée par la vie, décide de le faire enfermer dans une maison d'accueil, il perd pied. Sa quête d'amour le pousse à tout accepter. Jusqu'à la dernière avilie ! fuyant le centre, il finira par retrouver cette mère aimée et crainte...

Citation

" Depuis sept ans qu'il vivait au bord de la mer, Ludovic ne l'avait jamais vue. Il l'entendait. Mais au grenier la lucarne donnait sur la cour, sur le fournil, et là-bas sur des pins monotones que les brouillards matinaux calfeutraient." (P29)

Mon avis

Ayant vu le film, je connaissais l'histoire. Pourtant, j'ai choisi de la lire. Je lis rarement les livres dont j'ai vu auparavant les films... pourtant, lorsque j'ai choisi un auteur en Q, ce livre s'est imposé.

Dès les premières pages, l'horreur vous saisit. Il ne s'agit pas d'un thriller, pourtant. Juste un drame humain, où le manque d'amour va conduire au désastre ! Des âmes maudites. Cet enfant naît dans une famille où l'honneur prime, rejeté au grenier pour ne pas être vu, montré, va subir la violence ignoble du manque d'amour. Traité comme un animal à qui l'on jette la nourriture, il devra apprendre seul, mais sera houspillé pour son manque d'éducation. Comme si un singe pouvait se tenir correctement à table ! habillé de frusques de sa mère, pas celles de son enfance, non ! celles de son viol, il va pourtant grandir, apprendre à lire et se tenir relativement droit.

L'auteur nous dresse le portrait d'un enfant quasi sauvage. Ses seuls contacts humains sont avec cette tante qui, une fois par semaine, vient lui faire un brin de lecture, lui apprendre un peu d'Histoire, de la vie... Il a vécu un moment chez elle. Mais sa mère n'a pas supporté d'être si loin de lui. Cette ambivalence entre amour et haine sera un des points forts du livre. La mère de Ludo ne peut vivre éloigné de lui, car il lui rappelle trop son viol, mais elle ne peut non plus s'en séparer. Elle aussi sera en quête d'amour, tout au long du livre.

Il serait assez facile de juger la mère, Nicole. n'oublions pas qu'elle a enfanté à 13 ans ! suite à un viol. Enfant elle-même, elle n'a pas su trouver sa place de mère. Elle a aussi subi la colère, la haine de ses propres parents qui l'ont accusé de tous les vices. Elle retrouvera un peu de joie, sur la fin du livre, lorsqu'elle aura réussi a se séparer de son fils, en le faisant enfermer. Mais, auparavant, sa propre descente aux enfers sera parsemée de verres de vin blanc !

Ludo est considéré comme un débile. Non éduqué, et victime d'une chute à l'âge de sept ans, qui a peut-être aggravé son état, il est effectivement inapte à la vie en société. L'auteur l'a bien démontré avec les idées répétitives de Ludo. Il ressasse. Sans cesse. Il répète les mêmes phrases, les mêmes idées. Un des médecins déterminera un complexe paranoïaque... mais il n'y a pas besoin de mots, de diagnostic ! L'auteur a créé un enfant traumatisé par le manque d'amour et nous a entraîné dans une descente aux enfers.

La relation d'amour entre les deux fait penser à un complexe d'Œdipe non réglé. Plusieurs éléments y font penser, mais principalement le niglou, sorte de grotte réaménagé par Ludo dans le jardin, où il se réfugie dès que la tension monte. Un peu comme la partie du grenier qu'il avait arrangé. L'autre point est la façon dont il regarde sa mère. Le désir est sous-jacent... mais comme il ne lui a jamais été expliqué que c'était interdit ! De surcroît, dans ses pensées, il se confond avec son père. L'auteur a sûrement écrit ce texte en ayant lu Freud ? j'avoue que je ne suis pas vraiment assez calée sur le sujet pour faire une analyse plus poussée.

Il n'y a pas vraiment de moment que j'ai plus aimé, ou moins. J'ai dévoré les pages en attente d'un moment, d'un infime moment de joie pour Ludo. Pas qu'il n'en ait pas, l'auteur a su montrer la simplicité d'un enfant qui sait se satisfaire de peu de plaisirs. Certes, il focalise sur les instants grave et triste et passe quasiment sous silence tous ces instants de presque bonheur. Mais il montre tout de même cet enfant qui grandit et avance peu à peu. Le style de l'auteur est frappant, l'écriture fine, avec une alternance de phrases longues et courtes. peu de dialogues, mais de nombreuses pensées. Les descriptions sont simples, sans artifices. Crues, même pour le début du livre, ou les scènes fortes.

Le livre se décompose en trois grandes parties, si l'on ôte les scènes d'ouverture avec le viol. Commencer le livre ainsi, c'est emmener le lecteur dans la noirceur, dans la violence. D'autres choisissent de monter crescendo, lui a décidé de nous assommer ! C'est efficace, le livre est prenant et l'on tourne les pages en cherchant le petit moment où, enfin, un rayon de soleil, de joie nous fera souffler.

Les trois parties, donc, sont l'enfance de Ludo chez ses grands-parents, son adolescence chez Micho, l'époux de sa mère, bonhomme trop gentil qui se fera abuser par la jeune femme. Il est le seul à avoir donné un peu d'amour à Ludo, avec Nanette. Enfin, la troisième partie est celle comprenant les scènes du bateau, après la maison de repos pour débiles. A ce sujet, j'ai trouvé bien amené les passages dans cette maison, avec la folie douce des protagonistes.

Je terminerai par dire que ce livre m'a touché, profondément. La douleur de Ludo est palpable. L'auteur a écrit un drame humain fort intéressant, même si l'on peut émettre quelque soute sur une véracité de l'histoire. Mais après tout, on est dans la tête de Ludo...

Bilan en trois mots

Trois mots pour : Style de l'auteur, ambiance générale, quête d'amour.

aucun mot contre.

Au final

Un livre magnifique, que j'ai dévoré. Un drame que l'on espère impossible... 5/5
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Re: Yann QUEFFELEC (France)

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