Décembre 2005: Demande à la poussière de John Fante

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Décembre 2005: Demande à la poussière de John Fante

Message  Prospéryne le Lun 17 Nov 2008 - 22:39

De : Mousseliine (Message d'origine) Envoyé : 2005-11-24 11:18
Une présentation du livre de décembre :


Quatrième de couverture
« On découvre dans Demande à la poussière une bourrasque littéraire qui conte les aventures d'Arturo Bandini, Rital du Colorado. Dans la lignée de Faulkner, et avant Charles Bukowski ou Jim Harrison, Fante ouvre une piste balayée par les poussières chères à l'Ouest sauvage. Elle se termine sur l'océan Pacifique, après moult détours, cuites et amours sans lendemain. Arturo Bandini, c'est l'alter ego de John Fante, fils de maçon bouillonnant, arpenteur de la dèche, écrivain avant tout. Arturo Bandini, c'est aussi toute l'enfance de l'immigré italien, la misère, l'humiliation de la mère trompée, les raclées du père. Les romans de Fante sentent la chaleur écrasante ou le froid mordant, les routes interminables, les chambres d'hôtel moites et les amoureuses sensuelles. » - Sophie Cachon, Télérama



Chroniques et points de vue

Quatrième de couverture
« On découvre dans Demande à la poussière une bourrasque littéraire qui conte les aventures d'Arturo Bandini, Rital du Colorado. Dans la lignée de Faulkner, et avant Charles Bukowski ou Jim Harrison, Fante ouvre une piste balayée par les poussières chères à l'Ouest sauvage. Elle se termine sur l'océan Pacifique, après moult détours, cuites et amours sans lendemain. Arturo Bandini, c'est l'alter ego de John Fante, fils de maçon bouillonnant, arpenteur de la dèche, écrivain avant tout. Arturo Bandini, c'est aussi toute l'enfance de l'immigré italien, la misère, l'humiliation de la mère trompée, les raclées du père. Les romans de Fante sentent la chaleur écrasante ou le froid mordant, les routes interminables, les chambres d'hôtel moites et les amoureuses sensuelles. » - Sophie Cachon, Télérama

Voilà j'espère que tout le monde va le lire - ne serait-ce que pour faire connaissance avec John Fante, l'un des très grands auteurs américains.


De : odilette84 Envoyé : 2005-12-12 02:47
Je suis peinée de vous le dire, mais ce livre m'est tombé des mains au bout de ma 50 ème page,
Je ne m'avoue pas vaincue et le relirai à l'occasion, ...
Je ne dois pas être dans une phase adaptée à ce genre de lecture...


De : Livrovore Envoyé : 2005-12-12 05:12
J'ai adoré le style, cette façon de vivre dans la peau du personnage, de lire toutes ses pensées, ses contradictions, ses confusions... Les doutes et les péripéties d'un écrivain en pleine "naissance", dans un style parlé, direct, sans fioritures. Se lit rapidement.

4,5/5

merci Mousseliine de m'avoir fait découvrir John Fante ! Je pense que j'en lirai d'autres de cet auteur.


De : le_roi_pecheur Envoyé : 2005-12-12 10:27
John Fante Demande à la poussière

Un livre, un écrivain …Et c’est nous, avec notre fichue « nature humaine », la bassesse, la grandeur d’âme, l’abnégation, le cynisme : tout et rien à la fois, pas de sens, nulle part pour soi, nulle part pour les autres. Zone (Apollinaire déjà). On traîne un peu vers le milieu du livre, sinon c’est bien la vie en tranches, bien serrées, juteuses comme il faut, à avaler une nuit de cafard, entre deux bières et la lune qui fout le camp. J’aime. Je déteste aussi. Qu’importe ? Dans les deux cas, même raison : c’est moi, et je crois, c’est nous.

Je parle toujours du style, à un moment ou un autre, et bien ici, il fait partie de l’histoire, il nous parle de ce qu’il dit….

C’est un roman qui se termine, qui termine non pas seulement son histoire, mais toutes les histoires. Point final, rien à ajouter. Cherchez pas l’espoir, le rose final, le miracle. Cherchez plus. Il a tout dit : « maintenant que j’ai écris mon livre, je peux mourir ».

4/5


De : Melisande5505 Envoyé : 2005-12-12 11:24
Demande à la poussière

Résumé: Arturo Bandini un jeune homme qui rêve de devenir écrivain, et qui d'ailleurs a déjà publié une première nouvelle est venu s'installer à Los Angeles. Il y survit tant bien que mal, entre la difficulté d'écrire, ses difficultés finacières, sa difficulté de relations avec les autres et avec lui même. Il fait la rencontre de Camilla, une serveuse mexicaine...
Mon commentaire: Résumer ce livre est en fait une tâche quelque peu vaine. Ce ne sont pas les évenements qui sont importants, mais la façon dont le héros, qui ressemble terriblement à l'auteur ressent et vit les choses. D'une sensiblité exacerbée, manquant de confiance en lui, essayant de donner une image valorisante de lui même d'une façon qui frise souvent le ridicule, se réfugiant dans l'imaginaire, le héros est humain, crédible de bout en bout. J'avoue que je n'avais encore jamais lu un livre de John Fante (j'ai des lacunes terribles en littérature américaine) et cela fût un véritable choc: un auteur qui arrive de parler de façon aussi authentique, avec un style bien à lui et qui lui permet de rendre d'une façon parfaite les états d'âme de son personnage. La fin du livre est bouleversante, lorsque Arturo se défait de toutes ses poses et essaie de sauver Camilla.
Je lirait de nouveau des livres de John Fante, et je remercie Mousseline qui a suggéré ce magnifique livre comme livre du mois.
De : Melisande5505 Envoyé : 2005-12-12 11:26
Oups! J'ai oublié la note: 4,25


De : Chantal5500 Envoyé : 2005-12-12 11:46
DEMANDE A LA POUSSIERE :

Artura Bandini vivote à Los Angeles en essayant de devenir écrivain. Il a déjà publié une nouvelle "Le chien qui riait". Il attend un chèque de son éditeur pour pouvoir se nourrir et payer sa logeuse. Il va faire connaissance de Camilla, une serveuse mexicaine, et s'y prendre d'une bien étrange façon pour l'aborder, alors qu'il va en devenir fou amoureux....

Je comprends qu'on ait pu laisser tomber au bout de cinquante pages, il faut vraiment se mettre dans le style de l'auteur (surtout que je sortais d'un livre à l'écriture très classique), mais une fois lancé, le lecteur ne décroche plus! Un style d'écriture très, très personnel, accrocheur, une écriture "spontanée" qui coule et qui est pleine d'émotion et pleine d'un humour sacarstique, sauvage. Un héros qui a tellement besoin d'une femme mais qui ne sait pas les approcher, qui prend la vie comme elle vient, au jour le jour, et qui, malgré ses travers, est attachant. Et derrière cette histoire, une certaine façon de penser, et de voir la vie, une réflexion sur l'incommunicabilité des êtres entre eux...(il l'aime, elle ne l'aime pas, elle en aime un autre qui ne l'aime pas...)

Un auteur à connaître : 4/5


De : lalyre7032 Envoyé : 2005-12-12 13:09
Hé bien je vais être franche,n'ayant aucune envie d'acheter ce livre,je l'ai emprunté à la biblio,j'ai essayé de le lire mais je ne parvenais pas à entrer dedans,il faut dire que le livre n'était plus très propre et cela n'a rien arrangé.
Ben voila je suis désolée et au vu de vos notes,j'ai un peu honte.Alors veuillez m'excuser svp.
Merci et à bientôt
Lalyre


De : cuné Envoyé : 2005-12-12 13:48
Je suis dans le clan Odilette-Lalyre, je pourrais avoir écrit chaque mot de ce qu'elles disent.
Et je suis encore navrée d'avoir perdu la critique de LouveEpine


De : doriane99 Envoyé : 2005-12-12 14:17
Je me reconnais dans le clan des réfractaires J'ai tenu jusqu'à la page 159 ! vraiment, je n'aime pas du tout l'écriture... désolée...


De : 2550Chimère Envoyé : 2005-12-12 14:56
DEMANDE A LA POUSSIERE de John FANTE
ed Christian Bourgeois éditeur/272 p
Trad Philippe Garnier

Mon avis : Et bien moi j'ai adoré.
Petite tranche de vie : un samedi à la bibliothèque, je peux enfin me procurer Demande à la poussière de John Fante. Comme j'ai un peu de temps devant moi ayant déjà fait mes provisions de livres, je m'assois sur un fauteuil et je me décide à le commencer pour voir si j'accroche.
Et passé dix pages, je suis conquise, j'adore cette écriture très directe qui livre les émotions contradictoires du narrateur, son angoisse de la page blanche et d'auteur qui se désespère de percer, son angoisse tout court pour son avenir, ses sentiments amoureux et son très beau geste à la fin du roman, une merveilleuse dédicace d'auteur, un acte d'amour magique.
J'ai fini par le lire d'une traite et en entier dans la bibliothèque plutôt bondée un samedi. J'ai griffonné une petite critique et j'ai reposé le livre sur son étagère avec seule envie, lire un autre Fante. Mais j'étais déjà tellement chargée en livres. Tant pis, ce n'est que partie remise.

Ma note : 4,5/5


De : Cocotte8017 Envoyé : 2005-12-12 18:42
Demande à la poussière

Los Angeles, fin des années 30, Arturo Bandini est un écrivain fauché. Il fera la rencontre de Camillia, il tombera amoureux, mais leur relation s'avèrera compliquée.
J'ai tant voulu apprécié ce bouquin qu'on qualifie de chef-d'oeuvre, mais j'ai été déçue. Je reconnais le talent de Fante, son écriture dense, l'ambiance sombre, lourde qu'il a su créer. Malgré ces qualités, je n'ai jamais réussit à m'imprégner de l'histoire, je me suis ennuyée. Les personnages ne m'ont pas semblés attachants, leur désespoir m'a laissé de glace. Je n'ai pas accroché et j'ai bien de la difficulté à dire pourquoi.

Vraiment dommage!

Ma note : 2,75/5


De : Friisette Envoyé : 2005-12-12 21:06
Et bien moi je fais partie du clan des réfractaires... Pire encore, je n'ai même pas eu envie de tenter la lecture. Je ne sais pas pourquoi, le résumé ne me disait rien qui vaille, ça ne cliquait pas et ces temps-ci je n'ai pas la concentration nécessaire pour lire des trucs compliqués.

À lire les critiques, je me rend compte que je n'aurais probablement pas apprécié alors je ne suis pas trop triste de m'être abstenue.


De : Mousseliine Envoyé : 2005-12-12 21:23
Arturo Bandini, 20 ans, vit à Los Angeles, il aspire à devenir un grand écrivain, mais
en attendant c'est la misère (après avoir lu ce roman, je suis pratiquement
dégouttée à l'idée de manger des oranges...). Il nage entre l'espoir et le désespoir et
comme l'on est souvent à 20 ans pas toujours raisonnable. Sa vie prend un autre tourment
le jour où une jeune serveuse croise sa route....

C'est un roman très intense, qui reflète la vraie vie, qui fait souvent mal parce que
tout est vrai, du moins on le croit parce que John Fante écrit comme tel, on est dans
la peau de son personnage. Rien de recherché dans l'écriture de Fante, parce que ça semble facile
tellement l'auteur maîtrise son art. Beaucoup d'émotions, facile à lire à condition qu'on accepte d'embarquer et qu'on sympathise avec John Bandini, ce qui était mon cas, j'étais ce Bandini, en tout
cas j'aurais pu l'être.

Certainement un incontournable dans la littérature américaine parce qu'il y en a peu
d'aussi accompli. Aucun défault, la perfection quoi! Bien plus qu'une histoire, c'est la vie!

note : 5/5


De : Papiillon_vole Envoyé : 2005-12-13 04:44
Demande à la poussière de John Fante

Arturo Bandini, fils d'émigré italien, a quitté son Colorado natal, pour tenter sa chance à Los Angeles, je dernier Eldorado de l'Amérique des années 30. Arturo n'a qu'une passion : écrire, qu'une ambition : devenir écrivain. Mais son rêve se heurte à une réalité bien difficile. Arturo n'a pas un sou, il erre dans les rues, fait des rencontres, crève de faim, rêve, tombe amoureux…

Pour moi, il s'agissait d'une relecture puisque j'ai découvert John Fante il y a près de vingt ans et que j'ai lu toute son œuvre. La relecture ne m'a pas déçue ! Cette littérature, c'est tout ce que j'aime parce qu'on sent que ça a été écrit avec les tripes ! Arturo Bandini, c'est le double de John Fante. Et Arturo, moi je l'aime ! Il m'émeut, il m'agace, il me fait rire avec ses contradictions, sa lâcheté et sa générosité, sa franchise, et surtout sa sincérité. Il ne triche pas, sauf quand il aime… Pauvre Arturo ! Il a tant de mal à aimer, et à exprimer ses sentiments. Et pourtant quelle tendresse il est capable de montrer pour tous ceux qui rament comme lui. Car John Fante nous dévoile une Amérique que l'on n'a pas l'habitude de voir. C'est l'envers du décor : hôtels minables, bars louches, piaules crasseuses. L'univers d'Arturo est peuplé de prostituées, de paumés, de solitaires, de tous les exclus du rêve américain. Lui qui a passé son enfance à se faire traiter de "rital", il les comprend et il les aime, ces damnés de la terre.

Et ce qui fait la force du roman, c'est bien évidemment le style puissant de l'auteur. Pour moi, c'est de l'émotion à l'état pur : tantôt poétique, tantôt trivial, tantôt lyrique, tantôt gouailleur, l'auteur sait jouer de toute une palette de nuances. C'est le genre de livre qui vous attrape dès le premier paragraphe et ne vous lâche plus jusqu'au dernier mot.

Ma note : 5/5


De : 2186Elfe Envoyé : 2005-12-13 06:00
Mousseline, je t'envoie un grand MERCI!!!!
C'est un livre que je n'aurais jamais lu s'il n'était pas proposé en livre du mois. Et puis les premières pages ont été difficiles, j'avancais difficilement, et j'ai même failli abandonné... Et puis, je me suis forcé, je voulais participer ce mois ci...
Alors, le personnage m'est devenue attachant, je ne lachais plus, j'ai beaucoup aimé. C'est un style d'écriture que je connaissais pas et une fois passé les premiers obstacles j'y ai adhéré totalement!!

Il est vrai que d'avoir lu du Paul Auster ensuite m'a rappelé le style de John Fante!!!
Merci encore!!!
Ma note: 3/5.

C'est une toute petite critique, mais je ne ferai que répéter ce qui a déjà été dit!!


De : laureline45 Envoyé : 2005-12-13 13:16
Je n'ai pas participé ce mois ci car j'avais déjà lu de cet auteur Mon chien stupide et j'avoue que je n'avais pas accroché du tout. Alors, il est vrai que j'avais à l'égard de de Demande à la poussière un préjugé plutôt négatif . J'ai donc lu avec intérêt les critiques et les avis des uns et des autres : vous êtes partagés, mais le moins que l'on puisse dire c'est que l'auteur vous a fait réagir ! Alors, puisque vous avez réussi à piquer ma curiosité, je vais donc noter ce titre dans ma lal ...seule petite ombre au tableau, Mousseline mentionne que ce titre lui a fait pensé à Moon Palace, autre livre avec lequel j'avais eu du mal à embarquer, mais c'était il y a quelques années, et mon ressenti de lectrice a pu évoluer depuis ! A suivre donc...

Laureline

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Re: Décembre 2005: Demande à la poussière de John Fante

Message  Prospéryne le Lun 17 Nov 2008 - 22:40

De : clochette Envoyé : 2005-12-13 17:23
Avec un peu de retard...

Demande à la poussière

Arturo Bandini, fort d'une première nouvelle publiée dans un magazine littéraire, débarque à Los Angeles avec son rêve de devenir écrivain.
Mais la vie de la grande ville avec ses chambres d'hôtel miteuses et toutes ses vies brisées, attirées là comme des papillons par les lumières de la cité, n'est pas aussi grandiose qu'il l'espérait. L'argent s'épuise et son génie créateur reste sec.

L'errance d'Arturo et les personnages qu'il rencontre sont à l'image de tous ces gens qui émigrent d'un coin perdu et miséreux vers un Eldorado imaginaire. Ce livre est triste et dur. Ca se lit bien, c'est fluide mais j'avoue que je ne suis pas vraiment emballée par ce genre de livre. Ca me met mal à l'aise, ce qui est certainement le but de l'auteur, d'ailleurs. Mais en même temps, je n'ai pas eu l'impression que ce livre était aussi fort que les critiques le prétendaient, que ce n'est pas un livre qui va me marquer, comme une impression de "déjà-lu".

Note : 3/5

Clochette


De : melodie74 Envoyé : 2005-12-15 10:23
John FANTE. Demande à la poussière. (v.o. Ask the Dust)272 pages.

Bandini est un jeune homme qui a publié une nouvelle dans une revue, et qui désire maintenant être écrivain. Il vit son rêve jusqu'au bout de ses doigts, et débarque à Los Angeles pour tenter sa chance.

Comme Mélisande le disait, ce ne sont pas les événements qui sont importants ici, c'est l'atmosphère, les émotions, la sensibilité à fleur de peau des personnages. J'ai adoré les réactions très "bipolaires" de Bandini. Par exemple, son excitation extrême lorsqu'il reçoit son chèque et part le dépenser en un après-midi et puis son moment de dégoût qui suit à son retour alors que son nouvel habit l'écoeure, etc. Le protagoniste nous sort des expressions touchantes, sincères, naïves, tordantes :
"Cinq cents dollars, Bon Dieu! J'étais carrément un Morgan. Je pouvais prendre ma retraite." (p.242)

(n.b. Question pour les Européens : c'est quoi un Morgan??)

Je pense que j'aurais préféré le lire en v.o., car j'ai beaucoup aimé le style direct et j'aurais encore plus apprécié la "vraie" plume de l'auteur et aurait pu outrepasser certaines traductions très européennes, mais comme Vénusia l'a dit, dans les bibliothèques de Montréal, bizarrement, on retrouve les livres de Fante qu'en traduction.

Ma note : 4/5

Mélodie

p.s. J'aurais bien aimé en savoir plus sur la nouvelle Le chien qui riait Est-ce qu'on en parle dans les autres livres de Fante? Papillon, toi qui a tout lu (chanceuse!), est-ce qu'on revient sur cette mystérieuse nouvelle?


De : louve-épine Envoyé : 2005-12-17 04:27
Désolée pour le retard, mais je suis sûre que je suis encore dans les temps ! (Cuné s'est excusée au début des messages d'avoir perdu ma critique, et ce-n'est-pas-grave-du-tout !! J'ai ainsi au moins pu lire les avis des autres avant de poster ma critique, et je vois que globalement, ça a plu... tant mieux !!)

Demande à la poussière
John Fante

1939 - collection 10/18, 272 pages.

Arturo Bandini, ni veau, ni vache, ni même bon à donner le change, vit en Californie, loin de sa famille, espérant devenir un grand écrivain - d'ailleurs, il a déjà écrit une immense nouvelle dans la revue de son éditeur Hackmuth. Mais rien d'autre ne vient. Ni nouvelle, ni roman. Arturo s'ennuie, Arturo n'a pas d'argent.
Los Angeles va devenir le témoin de ses errances, de ses doutes, de ses amours échouées.

Mon résumé est très succint, mais ce n'est pas nécessaire de trop en dévoiler... De toute façon, il se passe peu de choses (même si on pourrait dire le contraire aussi...!). Ici, c'est le personnage et le style qui comptent : ce jeune gars, paumé, fauché, des rêves plein la tête pour pouvoir survivre, écrit (car c'est le narrateur du roman) d'une manière touchante, ça donne un nouveau genre, qui ouvrira la voie à bien d'autres (Bukowski est cité sur la quatrième de couverture).

J'ai vraiment bien aimé. C'est un style qui me plaît, je suis toujours touchée par ces figures d'errance dans une Amérique fatiguée, et Arturo Bandini joue les braves alors qu'il est surtout un grand sensible... C'est un livre très humain, avec d'autres beaux portraits de personnages qui se trimballent toutes leurs souffrances, quoi qu'ils fassent (Camilla Lopez, Vera Rivken...).
La fin est très belle aussi - une réussite, car comment pouvait-finir cette histoire qui ne se finit pas ?
Fante ne tombe jamais dans le pathos ("regardez les pauvres comme ils sont pauvres, regardez comme ils ont de quoi être tristes"), il y a toujours un souffle qui laisse croire que c'est possible de vivre, et peut-être même de vivre bien (même si...).
Et cette poussière, partout, dans les rues...

"Mais moi on ne m'aurait pas comme ça, parce que jamais on ne me trouverait dans un de ces bâtiments en briques. J'étais peut-être un trouillard, mais ça c'était mon affaire. Sûr que j'ai la trouille, je me disais, froussard je suis, c'est une affaire entendue, mais allez-y donc, bande de cinglés, soyez braves, faites les fiers à marcher sous ces grands immeubles. Vous y resterez tous. Aujourd'hui, demain, dans une semaine, dans un an peut-être, mais vous y resterez, et pas moi."

4 / 5


De : Thomthom1293 Envoyé : 2005-12-22 16:07
Fiiiiiiiiiiiouuuuu...je viens de terminer "Demande à la poussière", un authentique plaisir, mais comme j'arrive après la bataille je crains que l'essentiel n'ait été dit depuis longtemps.
En ce qui me concerne, ma seule déception est ne pas être parvenu à le trouver en version originale ! J'avais lu le recueil "The Wine Of Youth" il y a quelques années, c'était vraiment une expérience fabuleuse, une écriture aussi bouillonnante que raffinée...si je ne l'avais pas égaré dans un des mes innombrables déménagements je le relirais avec plaisir. J'ai totalement replongé il y a un an avec un texte au vitriol intitulé "The Orgy"...las ! je dois dire que revenir à Fante dans une version traduite m'a fait un drôle d'effet. Pour être précis : c'est le seul que je lis en français, par conséquent c'est celui que j'ai aimé le moins tout en n'ayant pas vraiment de point de comparaison.
Bon attention hein ! un Fante que j'aime moins ça mérite quand même une note de 4/5, y a pire !
Mais c'est sûr que si d'aventure je tombais sur le volume en vo, je relirais pour cette fois livrer une vraie critique.

Sinon, en ce qui concerne l'univers, ma foi, je la connaissais et l'appréciais déjà, je ne me suis pas vraiment senti dépaysé. Vos comparaisons sont toutes très judicieuses lorsqu'on arrive en queue de peloton et qu'on les lit bout à bout : Fante, c'est effectivement l'écriture d'Auster dans un univers à la Bukowski. Raccourci facile je l'admets, et pourtant si évident...la magie étant de concilier (dans mon esprit bien sûr puisque Fante est beaucoup plus ancien) deux auteurs en apparences si antagonistes. Alors bien sûr, j'ai beaucoup aimé "Demande à la poussière". Je l'ai lu vite, en me disant que tenais entre les mains un livre qui préfigurait (en 1939 !!!!) les "Last Exit to Brooklyn" et autres "Ham on rye"...sans doute aurais-je poussé la note au maximum si je n'avais pas lu longtemps avant ces deux livres sortis longtemps après (ça va je suis pas trop embrouillé là ?)

Ok ok...vous avez le droit de dire que pour cette critique là je me suis pas trop foulé : c'est entièrement vrai.

Prospéryne

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