Novembre 2004: L'enfant du nouvel an de Lao She

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Novembre 2004: L'enfant du nouvel an de Lao She

Message  Prospéryne le Lun 17 Nov 2008 - 15:38

De : Shan_Ze Envoyé : 2004-11-12 07:50
L'enfant du nouvel an de Lao She

Récit autobiographique qui raconte les événements autour de sa naissance. On découvre les fetes traditionnelles qui entoure sa naissance en Chine : le premier bain, le troisième jour, le premier mois... La vie de sa famille n'est pas facile, des difficultés financières. On remarque que les traditions sont très présentes à cette époque comme, par exemple, offrir un présent quand on rend visite!
Dans la deuxième partie, on s'éloigne un peu de l'événement de sa naissance, et il raconte les "heurts" entre les différentes religions : les taoistes, les bouddhistes et les chrétiens principalement. Le révérend est montré comme quelqu'un de fourbe, et son disciple aussi qui "profite" de la religion chrétienne pour l'argent et montrer un certain pouvoir. A la fin du roman, une anecdote est raconté avec le seigneur Ding et le révérand mais on ne saurait sans doute jamais la fin, l'auteur est mort avant de le finir... Un peu frustrant!
J'ai trouvé le roman très intéressant, on découvre les aspects de la vie chinoise ( et mandchoue) au début du XXe siècle, avec une pointe d'humour. L'épisode que j'ai le plus apprécié, c'est lors d'une fin de visite quand le cadeau retourné est un aliment périmé!!
J'ai quand même préféré 3 générations sous un même toit, plus "complet"!

Note : 3.25/5


De : cuné Envoyé : 2004-11-12 07:56
Lao She
L'enfant du nouvel an
Folio 299 p.
Traduit du chinois par Paul Bady et Litche Houa

Récit autobiographique à la Laurence Sterne avec son Tristam Shandy, l'enfant du nouvel an, s'il narre effectivement la naissance de Lao She, n'est par ailleurs que digressions. Alors certes, on peut en le lisant se faire une idée de la Chine de l'époque, on cotoie quelques personnages savoureux et on sourit souvent aux anecdotes. Mais je ne sais vraiment pas dire si je trouve dommage l'arrêt brutal en plein repas de cet ouvrage, oui si je me réjouis que l'auteur n'ait pas pu aller au bout de son oeuvre... car j'ai eu beaucoup de mal à trouver réellement intéressant ce bavardage, si culturel soit-il, en fait... Désolée Nimbus !
Ca, c'est ce que je m'étais noté juste après ma lecture, aujourd'hui avec le recul je crois que tout simplement que je n'ai pas le goût des auteurs asiatiques, que ce soit chinois ou japonais. Ça peut venir en les pratiquant plus, avec le temps.
Je mets quand même la moyenne car la lecture reste facile.

2,5 / 5


De : pascal_amitié Envoyé : 2004-11-12 11:31
Lecture agréable, sans plus, avec deux temps : avant et après le pasteur ! J’aime bien l’humour léger et acide… Mais ce n’est pas un roman, ce sont des récits mis côte à cote avec beaucoup de répétitions. J’ai appris un peu ce qu’est cette vie lointaine, où apparemment paraître, c’est être. Tout semble cloisonné. Il n’y a pas de style, mais comment traduire ? Est-ce possible ? Cela laisse en tout cas une impression d’inachevé. Je me dis aussi que le style (qui me semblait monotone et plat) rejoint bien la vie si structurée qu’elle en devient monotone décrit dans le roman.

En conclusion, c’était intéressant, plutôt comme document que comme roman.

2,5/5


De : Chantal5500 Envoyé : 2004-11-12 15:19
Bonsoir, voilà mon avis :
Le livre est fait de deux parties : la première où l'auteur raconte sa toute petite enfance, comme si le bébé qu'il était, était conscient des personnes qui l'entourent, de leurs liens de parenté, de leurs activités même loin de lui. La deuxième qui traite plus du déclin de la société mandchoue, des évènements politiques ou religieux de l'époque : les boxeurs, les agressions étrangères, les missionnaires...
J'ai beaucoup aimé la première partie qui dresse un tableau de la ville de Pékin du début du siècle, avec la place des femmes dans la famille et dans la société, qui parle des traditions, et de la vie quotidienne à cette époque.
On sent que ce livre inachevé pour cause d'assassinat (!), n'a pas été corrigé, remanié par l'auteur lui-même et qu'il nous est livré brut, j'ai trouvé que le récit manquait quelquefois de continuité. Mais, pour moi, reste une belle écriture, simple et claire, un récit témoin de ce temps et de ce pays.
La fin "brutale" m'a laissé assez frustrée et m'a donné envie de poursuivre la découverte de cet auteur, avec "Quatre générations sous un même toit" peut-être.
3,8/5


De : 2550Chimère Envoyé : 2004-11-12 15:53
L'ENFANT DU NOUVEL AN de Lao She

Je ne connaissais pas cet auteur avant de lire ce livre et depuis j'ai très envie de connaîtres ses autres oeuvres achevées. Vous l'avez compris, j'ai aimé.

On retrouve beaucoup d'humour et d'ironie dans l'écriture et grâce à cela on se prend d'affection pour tous les personnages y compris les imbéciles, les acariâtres et les profiteurs .
A partir d'une naissance évènement privé, l'auteur élargi son histoire à sa famille, les voisins, puis le contexte social et politique plutôt troublé de cette époque où il vient de naitre et nous ne saurons jamais jusqu'où ce cercle se serait agrandi.
Quel dommage que l'histoire s'arrête sur un suspens assez prenant. J'aurais bien aimé lire la suite des aventures du Révérend Bull à la table du seigneur Ding tellement j'ai ri tout le chapitre.

Je rejoins Chantal sur le fait qu'il est probable que le roman ne se présenterait pas de cette manière si l'auteur avait pu achevé son oeuvre. Il auraitt retravaillé ses chapitres et leur place dans le corps du texte mais tel quel c'est déjà très agréable à lire.

En tout cas je ne voudrais pas être une femme à cette époque là. Elles sont horribles les belles mères !

Ma note : 4/5


De : Lhisbei Envoyé : 2004-11-13 09:41
Les retardataires arrivent Mousseline

L'enfant du Nouvel An de Lao She
Folio 300 pages

Comme Mousseline je n'ai lu de Lao She que Histoire de ma vie. J'avais bien aimé à l'époque mais pas au point d'avoir envie de lire autre chose de cet auteur. L'enfant du Nouvel An par contre me pousse à inscrire Quatre générations sous un même toit dans ma LAL.

En ce qui concerne L'enfant du Nouvel An, mon opinion rejoint celle de Chimère. J'ai aimé ce livre même si la frustration le dispute au plaisir. D'un côté j'ai beaucoup aimé le style, l'histoire, les personnages. De l'autre je me sens frustrée que cela s'arrête si vite. J'en veux plus, je veux savoir ce qu'il adviendra des personnages, comment ils vont évoluer, que vont devenir Fuhai, Shicheng, le révérend Bull et les autres. Je veux savoir si Duo-les-Mille-Yeux se fera finalement botter les fesses comme il le mérite et comment le petit Changshun va grandir. J'ai beaucoup aimé le style de l'auteur, ses descriptions du mode de vie Mandchoue, la tendresse qu'il a pour son peuple transparaît dans sa plume. Quand il décrit les travers de ses compatriotes c'est avec beaucoup d'humour et d'amour.

Donc au final comme j'ai beaucoup de " j'ai beaucoup aimé " je lui donne un 5/5


De : PapillonY1 Envoyé : 2004-11-13 15:19
L'enfant du Nouvel An - Lao She
Folio - 299 pages

C’est une coïncidence intéressante qui nous fait lire L’enfant du Nouvel An juste après Rue Saint-Urbain. Encore un récit d’enfance. Certes, le contexte culturel et historique est complètement différent : nous sommes en Chine en 1899, mais l’auteur nous offre encore une jolie galerie de portraits : parents, cousins, voisins. Mais là où Richler se limitait à l’anecdote, Lao She donne une vraie cohérence à son tableau. Ce qu’il dépeint, c’est une société en train de mourir et qui ne s’en rend pas compte. Cette société mandchoue a inventé un art de vivre d’un extrême raffinement, mais ne tient plus que par les apparences et des codes sociaux très rigides, si rigides qu’ils en deviennent ridicules : on se fait des politesses sans fin pour savoir qui va s’asseoir à table à côté de qui, alors que le repas servi est plus que frugal. Une élite frivole et égoïste vit des subsides de l’Empereur, cache sa misère sous des trésors acquis à crédit et dilapide ses biens en plaisirs futiles, quoique très raffinés : « Leur existence ressemblait à un rêve délicat, à la fois limpide et sot ». Cette société inconsciente me rappelle beaucoup la société aristocratique française du XVIIIe siècle, juste avant la révolution. Et dans cette Chine aussi la révolte gronde, contre l’autorité mandchoue qui a le pouvoir et l’argent, mais surtout contre les étrangers qui envahissent peu à peu le pays et imposent leur mode de vie. La figure de l’étranger est représentée par le Révérend Bull, américain cupide, corrompu et hypocrite. Et quand on lit Lao She, on se rend compte que le point de vue des américains sur le « Vieux Monde » n’a guère évolué en un siècle : « Pour lui, le seul fait de venir des Etats-Unis devait lui valoir la considération générale (…). Quand [ses fidèles] lui rappelaient ou lui faisaient sentir que la Chine était un pays de très ancienne culture, qui avait fait don à l’humanité entière des porcelaines et des soieries les plus raffinées, ainsi que du papier, du thé et de bien d’autres choses, il s’empressait de réduire tout cela en miettes sous le poids des trains et des bateaux de guerre et se mettait à ricaner avec un air de triomphe. »
Bref, j’ai beaucoup aimé ce livre. L’écriture en est élégante et fluide, non dénuée d’humour, surtout quand on sait l’auteur fait raconter l’histoire par un nouveau-né qui se révèle un narrateur omniscient. Mon seul regret est que l’histoire se termine de façon très abrupte puisqu’il s’agit d’un roman inachevé : on ne saura jamais si le charcutier chinois a finalement eu gain de cause face au révérend Bull !
Merci Nimbus de m’avoir permis de découvrir cet auteur.

Ma note : 4,5/5


De : nimbus Envoyé : 2004-11-14 12:54
Désolé pour le retard ....mon réveil n'a pas sonné!

Lao She "L'enfant du nouvel an"

J'ai également beaucoup aimé ce petit livre, très agréable à lire, il divertit et il instruit.
C'est difficile d'ajouter quoi que ce soit qui n'ait pas déjà été dit (surtout après la magnifique critique de Papillon!).
Je me contenterai donc de reprendre ce qui m'a semblé essentiel.
Effectivement, Lao She dépeint "une société en train de mourir et qui ne s'en rend pas compte": elle se décompose de l'intérieur, et les envahisseur (anglais, américains, français et japonais) sont là pour la curée.
Pourtant, le ton du récit reste toujours léger. L'écriture est un modèle de fluidité et de précision, avec juste ce qu'il faut de notes en bas de page pour que rien ne nous échappe.
Je noterai juste en dessous de " Quatre générations sous un même toit" qui possède en plus une grande intensité dramatique, et qui implique davantage le lecteur dans l'histoire.

Note: 4,5 / 5


De : la-grande Envoyé : 2004-11-16 14:11
L'Enfant du Nouvel An

Appréciation:

Difficile de noter ce livre - une première partie intéressante où le nouveau né nous présente les membres de sa famille et où la mesquinerie de la belle-mère et de la tante m'ont à la fois fait rigoler et tempêter.

Puis la deuxième partie - inachevée - m'a agacée un peu au début et puis je me suis laissée prendre au jeu de l'auteur et j'ai trouvé intéressant le déclin de ce peuple qui ne le sait pas... et puis que dire du Révérend - un américain comme tant d'autres, imbu de lui-même et convaincu que le monde tourne autour de lui.

Note: 3.75/5
avatar
Prospéryne

Nombre de messages : 4864
Age : 35
Location : Québec, Canada
Date d'inscription : 26/10/2008

http://prosperyne.blogspot.com/

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum