Sergio KOKIS (Brésil/Canada/Québec)

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Sergio KOKIS (Brésil/Canada/Québec)

Message  gallo le Lun 17 Nov 2008 - 9:41

De : Mousseline Envoyé : 2003-07-08 09:36
Sergio KOKIS: Le pavillon des miroirs

Ah j'ai aimé ce livre passionnément... Si le Brésil vous intéresse c'est pour vous.

C'est un roman autobiographique. Sergio Kokis raconte sa vie dans son pays natal. Son enfance entouré de femmes: mère, tantes...la mère qui détenait un bordel dans l'appartement familial. Le père effacé. La saleté, la misère, les clochards, les prostituées, les cadavres. Le carnaval. Les croyances de toutes sortes. Ensuite c'est la vie de pensionnaire. Et vers la fin on a droit à quelques merveilleux chapitres sur un voyage que l'auteur a fait dans le nord du pays, en Bahia.

Entre tout ça, l'auteur parle de temps en temps de sa vie d'exilé. Il est passé par Rome, Strasbourg et Paris avant de se fixer finalement à Montréal. Sergio Kokis est aussi un peintre et il raconte comment la peinture lui a permis d'apprivoiser ses souvenirs. C'est douleureux. Il parle aussi de ses frustrations en tant qu'exilé en Amérique du Nord.

C'est vraiment un très bon livre. Sergio Kokis raconte très bien les choses avec un luxe de détails qui donnent l'impression d'y être. On sent comment ses souvenirs lui font encore mal, très mal. C'est un homme blessé par la vie. Un roman rempli d'émotions.

C'est un livre qu'on lit à petites doses, qu'on savoure un chapitre à la fois. Il n'y a pas de suspense qui nous tient, c'est plus un récit qu'un roman. L'écriture est très différente des auteurs nords-américains, les phrases foisonnent de mots et sont remplies de sensations. Une écriture à la fois pleine de soleil et d'amertume... Une écriture vivante. Pas du tout compliqué mais faut être attentif pour ne pas perdre le rythme.

Bref....je vous le suggère très fortement!

Note : 5/5
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Au Québec Sergio Kokis est édité chez XYZ, en France aux éditions de l'Aube.

Avec Le Pavillon des miroirs, Sergio Kokis a reçu le Prix Molson de l'Académie des lettres du Québec (1994), le Grand Prix du livre de Montréal (1994), le Prix Québec-Paris (1995) et le Prix Desjardins du Salon du livre de Québec (1995).


De : Calou Envoyé : 2003-07-08 18:02

le 5 mai 1999 LA DEDICACE DE L'AUTEUR
Dans ce livre, j'ai voulu raconter l'histoire d'un peintre exilé qui tente de récupérer les traces de son existence passée, autrefois, au Brésil. A travers les images qui l'obsèdent, voilà qu'une enfance oubliée refait surface, même si elle n'est pas tout à fait le passé auquel il s'attendait. C'est aussi une réflexion sur les avatars de la mémoire complaisante que nous nous donnons au jour le jour, des masques et des artifices qui nous permettent de continuer à vivre en paix. La créativité artistique, cette chimère, est au centre même de l'histoire de ce peintre condamné à affronter son absence d'identité stable ; elle est la seule façon qu'il a trouvée pour danser avec la mort. C'est un roman et non pas une autobiographie ; mais, curieusement, par un étrange effet de miroirs, le livre devient aussi l'autobiographie du lecteur qui y plonge. Voilà le sens primordial de la fable, du mensonge ou du déguisement. En effet, un passé d'adulte n'est autre chose que le récit qu'il se forge et qu'il rapièce continuellement, jour après jour, dans l'unique but de se raconter à soi-même, de se justifier à ses propres yeux, de panser ses blessures et de vivre l'illusion d'une cohérence. C'est notre seule façon de combattre la mort.

Sergio Kokis


De: Polo
Sergio Kokis est un psychologue, qui a exercé son métier à Gaspé et à Montréal. Son roman, Le Pavillon des miroirs, porte les traces de sa formation. L'auteur a tenté de démontrer comment se forme un esprit à travers un enfant brésilien, qui devient peintre à l'âge adulte.

Ainsi on voit se construire l'univers d'un jeune dont les expériences le marqueront de façon indélébile. Le héros le reconnaît bien volontiers. Se croyant vraiment indépendant d'esprit, il a remarqué soudainement que ses tableaux transposaient les gens et les objets de son enfance. Les morts qui jonchent le sol au petit matin, les plages couvertes de détritus laissés par les pêcheurs l'ont marqué au point que la nourriture de ses jeunes années l'alimentera pour le reste de ses jours.

Son univers est aussi dépendant de la situation sociale de son pays. Il a vécu dans un quartier peuplé de prostituées, de clochards, de laissés-pour-compte, de pauvres. La visite de l'arrière-pays avec l'un de ses enseignants lui ont révélé une plus grande pauvreté encore. Des villages délabrés, des terres arides, des gens malades, une figuration en sorte de l'enfer. Tous ces éléments ont servi à lui forger une identité, qui l'attache à une humanité de misères physiques et morales, ancrée davantage par une mère qui tenait un bordel dans la maison familiale et par un père effacé qui n'a jamais réalisé ses rêves. La solitude restait la solution à ses problèmes d'image afin de ne pas se dévoiler à ses amis.

Son isolement l'a préparé tout doucement à immigrer dans un pays du Nord avec un bagage qui s'accordait mal toutefois à tant de richesses étalées. Les bagnoles bien alignées le long des trottoirs, le superflu que l'on craint de manquer, tous ces caprices, qui révèlent la réussite et qui masquent la finitude de l'existence l'ont obligé à s'asseoir entre deux chaises, ne se sentant plus des siens ni des autres.

Ce roman introspectif est immensément riche, car il couvre tous les aspects de la vie du héros : sa sexualité, ses études, ses beuveries, ses rapports avec ses parents. C'est complet. En ça, on remarque bien l'esprit sud-américain de l'auteur, qui prend le temps de présenter toutes les facettes de l'existence et qui a aussi le courage de montrer son pays sans le maquiller. D'ailleurs, le maquillage est un thème redondant chez l'auteur.

L'écriture s'ajuste à cette oeuvre monumentale. Elle se déploie lentement, comme ralentie par le chaud soleil du Brésil. Ce n'est pas l'écriture saccadée des écrivains du Nord qui se sentent obligés de suivre le rythme trépidant de la vie américaine. Il faut être patient même si c'est écrit simplement parce que ce sont de longues phrases qui s'alignent dans de longs paragraphes. En plus, l'auteur a choisi la forme du récit à son roman. Pendant presque 400 pages, le héros se raconte sans nouer son vécu avec une intrigue. Et il le fait en deux temps. Un chapitre est consacré à sa jeunesse, et le suivant montre comment cette matière sert le peintre qu'il est devenu. Le plaisir de lire cette oeuvre découle de celui d'assister à la formation de l'univers d'un être humain.

Bref, c'est une analyse psychologique qui facilite la compréhension des défis que les exilés ont à relever. Kokis mêle sa voix à celle de Régine Robin et combien d'autres qui nous crient un ailleurs qui les déchire.

Note : 5/5


De: Mousseliine
Sergio Kokis - Le maître de jeu
(XYZ éditeur, 1999, 259 pages)
Ouf il n'est pas facile à lire Sergio Kokis mais ce qu'il peut être génial!

Ivan, doctorat en théologie, 30 ans, qui a passé sa vie dans les livres, décide de tout laisser tomber. Un soir, Lucien se présente à lui. C'est en fait Dieu qui s'est incarné en Lucien. Soir après soir, il se présente chez Ivan, et il s'ensuit un dialogue entre les deux personnages. Dialogue qui porte sur les mythes de l'homme concernant Dieu, la création, le bien et le mal, etc. Par moments c'est très très difficile de suivre. Plusieurs théologiens ou philosophes sont cités. Je me suis perdue à quelques reprises dans la logique du discours de Lucien.

En parallèle à cette histoire, il y a Tiago, un réfugié sud-américain. Tiago a été emprisonné et torturé dans son pays d'origine. Il raconte son histoire a Ivan, afin que ce dernier puisse en écrire un livre. J'ai beaucoup aimé ce côté du roman. L'accent est mis sur la souffrance morale plutôt que physique de Tiago. Très peu de descriptions de scènes de tortures, c'est plutôt l'angoisse de la solitude, la peur de la folie qui ressort de l'expérience de Tiago. L'aspect psychologique du personnage de Tiago est sublime. J'ai vraiment adoré.

La fin est époustouflante et bien surprenante.

Un livre que je recommande mais à ceux seulement qui ont le goût d'oser s'aventurer dans une lecture hors des sentiers battus.

Note : 4/5
Mousseline


De: Dytal
Sergio KOKIS: Un sourire blindé
(XYZ éditeur, 1998, 256 pages)
Bon j'ai bien aimé ce bouquin qui relate l'histoire d'un enfant de 4 ans qui vit dans un milieu défavorisé où la drogue et l'alcool sont de mise.

Il passe de foyers nourriciers en foyers nourriciers jusqu'au jour où il se retrouve en prison (pour enfant) pour avoir tuer un homme qui violait sa petite "soeur" de foyer.

Tout ceci est raconté par un narrateur qui nous divulgue les émotions de l'enfant et le monde vu par les yeux de ceux-ci. C'est vraiment très bon, tout ce que je regrette c'est d'avoir dû le lire à petite dose à cause des occupations ménagères.

Enfin j'ai bien apprécié cette lecture.

Note : 4/5
Dytal


De: DytalQuel livre!
Sergio Kokis - Le maître de jeu

Yvan est docteur en théologie mais ayant perdu la foi, il refuse un poste de professeur pour écrire un livre sur Tiago, un réfugié qui a été atrocement torturé dans son pays. Un jour Dieu, se présente à lui et lui propose de jouer avec lui au jeu dont il est le créateur. C'est autour d'une bouteille de scotch, un pot de cornichons et du thé chaud que Dieu va discuter avec Yvan, lui faire des révélations. Ils vont parler de littérature, du bien et du mal et de plein d'autres sujets philosophiques et théologiques. Dieu explique à Yvan comment les écrivain font vivre les personnages à la manière dont Dieu nous fait vivre. C'est un des moment que j'ai particulièrement préféré de ce bouquin de Kokis.

Mes connaissances en philosophie ont été utiles à certains moments pour apprécier à sa juste mesure le texte et l'humour ironique de son auteur. Toutefois je sentais un manque au niveau théologique, j'avais souvent l'impression de perdre des bouts, de rester sur ma soif de savoir.

J'ai beaucoup aimé cette lecture mais la fin me laisse un drôle de sentiment, une incompréhension peut-être, peut-être un deuil aussi, je me sens comme au retour d'un rêve, d'une nuit fiévreuse, j'ai une vague impression de délire qui m'envahie, étrange. Le dieu de Kokis m'a laissé plein de questionnements, d'angoisses existentielles... ah les philosophes direz-vous! Toujours angoissés par des questionnements métaphysiques! Et vous avez raison, ce livre me retranche dans mes convictions et exige de moi une nouvelle réflexion. Je peux dire que Kokis a atteint son but! Amener son lecteur à s'interroger encore et encore!

Merci à vous Sergio Kokis!

Note : 4.5/5
Dytal


De : Polo Envoyé : 20/12/2004 16:10
Sergio Kokis - Les Amants de l'Alfama
(Éd. XYZ, 2003, 208 p. )
Note : 5/5

Survivre aux amours mortes

Juliette s'est enlevé la vie pour connaître le même sort que Roméo. Comment
survivre aux amours mortes? Jacques Brel a supplié Mathilda de revenir. Sergio
Kokis a exploité la force de l'imaginaire pour conjurer le sort des Parques qui
s'amusent avec le destin des amoureux. Le héros portugais trouvera son salut
auprès d'ivrognes qui lui indiqueront le chemin menant à une fuite honorable.

Matilda Lenz, l'amante belge, est allergique à la tiédeur de son Cupidon. Au
lieu de s'inspirer de Madame Bovary, elle décide de retourner dans son pays pour laisser Joaquim à ses études en mathématiques. Ce départ précipité laisse le héros pantois. Il croit que seule la mort peut le délivrer de son tourment. En
cette soirée de la Toussaint, le Tage qui coule à Lisbonne se présente comme le
moyen le plus efficace pour mettre fin à une destinée dépourvue de sens sans un amour vivifiant. Avant d'exécuter son funeste projet, il erre dans les rues de
l'Alfama, l'ancien quartier maure de Lisbonne. Le hasard veut qu'il croise une
pute, qui l'entraîne au Buraco do Beco, un restaurant où se tient une veillée
funèbre en hommage aux clients disparus, tous des ivrognes invétérés.

Lors de cette soirée bien arrosée de vin et de bagaço, les convives rappellent
le souvenir de leurs pairs, des victimes de la détresse humaine, qui ne sont
pas sans rappeler les tableaux de Hieronymus Bosch. L'ivresse compense les
événements douloureux de la vie, comme l'a déjà écrit Baudelaire. Elle laisse
aussi tomber les masques, mais la pudeur exige que la vérité se pare d'histoires
en miroirs. Après avoir évoqué l'ancienne clientèle de l'établissement, chacun
se raconte en empruntant la voie de l'imaginaire. Martim est le voyageur, Celso
est le collectionneur et Clotilda est la bonne. Que cachent leurs récits? C'est
un amour déçu, qui ne peut se dévoiler au grand jour tellement la blessure fut
profonde. Pour y arriver, ils empruntent tous la voie du fado. Est-ce une façon
de se mentir? Ment-on quand on veut fuir les tortures auxquelles Salazar
soumettait les opposants à son régime? Ment-on quand on veut échapper aux affres qu'entraîne l'affirmation de son homosexualité? Chacun recourt à l'imaginaire pour construire un remblai contre la mort.

Comme un kaléidoscope, ces histoires renvoient à Joaquim l'image de lui-même. Sergio Kokis démontre habilement comment la littérature peut créer un verbe libérateur pour réunir les amants de l'Alfama et tous les amants du monde.

Polo


Dernière édition par gallo le Ven 11 Sep 2009 - 16:24, édité 2 fois
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Re: Sergio KOKIS (Brésil/Canada/Québec)

Message  gallo le Lun 17 Nov 2008 - 9:41

De : Le-réaliste-romantique Envoyé : 14/03/2005 04:37
Sergio Kokis: L'amour du lointain - récit en marge des textes -
XYZ éditeur, 2004, 309 pages.

"C'est ce que je compte faire ici : cheminer en marge de de mes propres textes et des paroles sur ma propre vie, dans l'espoir sinon de me les approprier, du moins d'y trouver une sorte de panorama me donnant l'illusion d'une totalité.

Il s'agit donc d'un livre très personnel. Il pourrait à la rigueur intéresser un peu les lecteurs de mon oeuvre, ceux qui sont préoccupés par la démarche créatrice ou par la phénomologie de la construction d'une identité."

- Sergi Kokis, L'amour du lointain, page 13.

Cet extrait du livre le résume bien. Sergio Kokis jette un regard sur sa vie pour suivre l'évolution de son amour de la littérature, de son besoin de création et ultimement de sa production littéraire. Sergio Kokis n'est romancier que depuis 1994, alors qu'il publie son premier roman à cinquante ans. Depuis, il a publié un livre par année. L'amour du lointain vient clore cette décennie et l'auteur en profite pour effectuer un retour sur sa vie. Une grande partie du livre est consacrée à son enfance et sa découverte du monde merveilleux des livres. On le suit ensuite dans son exil, puis dans ses carrières de psychologue et de peintre au Québec, jusqu'à son entrée dans le monde littéraire. L'auteur en profite pour commenter chacune de ses oeuvres, expliquant leur origine et soulignant des aspects et intertextes qui lui semblent être passés inaperçus. L'auteur en profite aussi pour régler au passage ses comptes avec le milieu intellectuel et littéraire.

Connaître le passé d'un auteur permet parfois de mieux aprécier ses livres, sauf que Sergio Kokis avait déjà exposé un grand pan de sa jeunesse dans Le pavillon des miroirs. Je n'ai pas fait beaucoup de découvertes dans la partie portant sur son enfance. À part le récit de son premier contact avec une bibliothèque, j'ai eu l'impression que le contenu de cette partie se trouvait déjà dans son premier roman, ou du moins pouvait en être déduit. Sergio Kokis mets de l'avant certaines réflexions intéressantes, mais elles m'ont paru alignées plutôt qu'organisées. Au début du livre, l'auteur avertissait bien le lecteur que ce livre était une réflexion plutôt qu'une oeuvre littéraire, mais cela ne m'a quand même pas satisfait. Les réflexions enrobées de fiction des autres livres de Kokis m'ont autrement plus marqué. Si vous n'avez pas encore dévoré toute l'oeuvre de Kokis, je vous recommande de vous jeter sur ses autres livres plutôt que celui-ci.

Je dois cependant ajouter que je ne suis pas le type de lecteur qui ressent le besoin de tout connaître de la vie des auteurs qu'il aime. Je considère l'oeuvre autrement plus importante que celui qui la crée. De plus, je crois que chaque auteur se construit, à différents degrés, un personnage pour affronter le publique. Je ne suis donc pas le public idéal pour ce type de livre. De plus, je souligne aussi que lire ce livre sans avoir lu la majorité des livres de Kokis m'apparaît un peu absurde. Je ne recommande donc ce livre qu'aux inconditionnels de Sergio Kokis. Aux autres, j'indiquerais plutôt n'importe lequel de ses autres titres.

3/5

Le réaliste-romantique


De : Le-réaliste-romantique Envoyé : 14/03/2005 04:43
Dans L'amour du lointain, Sergio Kokis indique que le livre Les Amants de l'Alfama est construit en "temps réel". L'histoire de ce livre se déroule sur une journée qui se termine aux petites heures du matin; pareillement, le récit est construit pour qu'un lecteur qui le commence dans l'après-midi le termine aux petites heures du matin. Le lecteur partage ainsi l'évolution du jour et de la nuit avec le protagoniste. J'ai trouvé cela assez intéressant pour que je replace Les Amants de l'Alfama au bas de ma PAL. (ou ma PALE: pile de livres à lire encore!)


De : Le-réaliste-romantique Envoyé : 15/03/2005 20:54
lorsque je tombe sur un auteur que j'aime, je ne le lâche pas rapidement! C'est le sort qu'ont subi Dany Laferrière, Victor Hugo, Émile Zola, Hervé Bazin, Roger Martin du Gard...et Sergio Kokis!

Il n'y a que Errances et Le magicien que je n'ai pas lu des oeuvres de Sergio Kokis (ainsi que ses essais). La lecture de L'amour du lointain a cependant rajouter Errances dans ma PAL (je devrais passer moins de temps à jouer avec ma PAL et plus de temps à la vider... mais il y a toujours plus de livres "entrant" que "sortant", particulièrement depuis que je fréquente ce site...).

Le pavillon des miroirs est une très bonne introduction à l'auteur.
J'ai beaucoup aimé L'art du maquillage, car il traite de l'art et des faux dans la peinture.
Le maître de jeu est très intéressant par ses réflexions existentielles. Dieu existe-t-il, et si oui, est-il cruel? Ce livre m'a amené à lire Les frères Karamazov.
La lecture de Saltimbanques et Kaléidoscope brisé m'a passionné et fait ajouter Le magicien, troisième volume de la trilogie, sur ma LADMA (liste de livres à demander à mon anniversaire). Le premier volume dépeint une troupe de saltimbanques qui, suite à la Seconde guerre mondiale, veut traverser l'océan pour vivre le rêve américain. Ils amérissent en Argentine et tout n'est pas rose. Le deuxième tome illustre la suite de leur aventure sur le continent américain. Autant la structure du premier tome est linéaire (tout en étant intéressante), autant la structure du deuxième est morcelée (d'où le titre du livre, qui illustre aussi le sort de la troupe).
Bonne lecture!


De : Le-réaliste-romantique Envoyé : 22/07/2005 02:45
Le magicien - Sergio Kokis
XYZ éditeur, 284 pages

Ce livre complète la trilogie de Sergio Kokis initiée avec Saltimbanques et Kaléidoscope brisé. Les deux premiers romans mettaient en scènes de nombreux personnages, soit tout un cirque, tandis que ce dernier opus se concentre plutôt sur un seul des anciens saltimbanques, le magicien Draco. En fait, la présence de ce personnage ne sert qu'à maintenir un lien ténu avec les autres livres, car cette oeuvre raconte surtout la longue dictature du président Alfred Stroessner au Paraguay. Le livre s'ouvre sur la fin du régime, le magicien, conseiller personnel du dictateur, doit fuir, car c'est la débâcle. Il se retrouve seul chez lui et se remémore les années glorieuses et celles moins brillantes. Nous revoyons avec lui toute la vie de ce régime brutal et oppressif.

Sergio Kokis utilise ce roman pour raconter l'horreur des régimes totalitaires qui ont régné sur l'Amérique du sud pendant une bonne partie du XXe siècle. On voit l'implication des Américains et autres gouvernements occidentaux pour soutenir ces régimes sanguinaires par crainte des communistes. On voit la répression policière continue, et que l'on monte parfois de toutes pièces des complots pour justifier l'état de siège permanent. De plus, on est témoin de la crainte du chef suprême, toujours sur ses gardes, soupçonnant son entourage qui aspire au trône.

L'auteur tient aussi à illustrer que ces régimes féroces reposent sur une vision machiste : le pouvoir devrait appartenir à celui qui possède les plus grosses couilles et le phallus le plus dur. Ce thème colore toutes les pages du livre, jusqu'à devenir lassant. Au bout de 100 pages, j'avais bien compris l'idée, mais la suite n'évolue pas tellement. Cette idée de la virilité essentielle à l'exercice du pouvoir et la crainte de la mariconeria (le contraire de ce qui est macho) est un leitmotiv qui soutend tout le roman, du début à la fin. Ceci m'a fait décrocher de l'histoire. Heureusement que l'écriture de Sergio Kokis est toujours agréable à lire...même lorsqu'elle raconte des horreurs!

Ce livre plaira peut-être à ceux qui veulent en savoir plus sur les dictatures sudaméricaines ou encore les aficionados de Kokis, mais je recommande plutôt de lire les deux autres tomes de la trilogie : ce sont des perles.

3,5/5

le réaliste-romantique


De : MicKaeline Envoyé : 07/10/2005 05:58

Sergio Kokis: Enfance tumultueuse dès l'âge de 9 ans, il est envoyé dans une institution de redressement pour vagabondage. Poursuit tout de même des études en psychologie émigre au Canada. Complète un doctorat en psychologie clinique à l'université de Montréal. Travaillera à temps partiel auprès des enfants de l'hôpital Ste-Justine.

En 1998, il écrit le roman "Un sourire blindé"

Roman qui fait réfléchir sur le placement d'enfants et leur protection.
Conrado est né d'une salvatorienne, Natividad, mère mélancolique et de père inconnu. Conrado jeune garçon de 5-6 ans qui vit entre la garderie, la famille, les familles d'accueil jusqu'à l'institution psychiâtrique. Tous les chamboulements de sa vie sont enclenchés par les "Francine" (à cause d'une travailleuse sociale qui l'a particulièrment traumatisée) comme, les surnomme Conrado. Natividad sa mère mene une vie très tumutueuse. De nombreux papas passent dans sa vie, les uns avec une certaine stabilité et d'autres plutôt de passage apportent du pain sur la table quand ils viennent faire des chatouilles à Natividad. Chatouilles, chicanes, violence, Conrado pour se protéger décide de ne plus parler, d'observer et sourire seulement. Or, avec les Francine commence la ronde de placements. Il connaîtra la violence, les abus. Il demeure le spectateur attentif, craintif, méfiant, rusé. Il réfléchit, observe, apprend à se protéger. Il écoute les bêtises des adultes. Cette enfant, ira même jusqu'à empoissonner un père qui abuse de sa fillette, pour la libérer.
Conrado sera psychiâtrisé et interné Toujours muet, maintien son silence. Les psychiâtres mêmes ne parviennent pas à percer sa carapace. Son mutisme le protège et le rend sympathique. La simplicité, l'amour parviendront à briser le mutisme de Conrado. Le gros bon sens triumphe. La fin est trop teintée rose??? Peut-être??
Le roman m'a captivée. Nous partageons les moments de joie et d'angoisses de cet enfant. Une écriture simple.
4/5

Contrairement à toi le réaliste, j'aime bien connaître la biographie de l'auteur


De : Le-réaliste-romantique Envoyé : 19/06/2006 01:37
Errances - Sergio Kokis

1996, XYZ éditeur

En 1984, Boris Nikto retourne au Brésil, sa terre natale. Il n'y a pas mis les pieds depuis vingt ans, lorsqu'il, militant de gauche, avait dû fuir son pays après le coup d'état des militaires. Il vivait tranquillement avec Olga en République démocratique allemande comme poète, lorsqu'il apprend l'amnistie décrétée dans son pays d'origine. Il tente d'abord d'ignorer cette nouvelle, mais elle le taraude continuellement. Finalement, il ne peut résister et laisse tout tomber pour retourner dans son pays d'origine. Il effectuera toutefois d'abord un arrêt en République fédérale d'Allemagne, pour reprendre contact avec "l'ouest". L'arrivée au Brésil est un choc, car le pays a énormément changé sous la dictature. Boris est toutefois conscient que lui aussi énormément changé au cours de ces vingt années. Boris tente donc de se refondre dans la vie agitée et tropicale de Rio de Janeiro, mais il peine à retrouver ses repères. Rio de Janeiro est drôlement plus dangeureuse dans les années 80 qu'au moment de son départ, et bien différente de la lande autour de Rostock d'où il arrive.

Boris dialogue beaucoup et réfléchit en parlant, lors de rencontres fortuites. Le livre contient beaucoup de réflexions sur l'errance, mais aussi sur la narration et l'importance de la vérité lorsqu'on raconte sa vie : est-ce que la fabulation n'est pas préférable, pour le plaisir de l'auditeur? Très bon livre, on suit avec plaisir le retour de Boris. Sergio Kokis contruit son récit de manière à nous faire découvrir le passé du protagoniste, parfois louche, en même temps que ce dernier découvre son "nouveau" pays.

4/5

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Re: Sergio KOKIS (Brésil/Canada/Québec)

Message  FilouDlidou le Mar 24 Fév 2009 - 20:18

Errances (1996)

Sergio Kokis écrit des romans bons (Le fou de Bosch, Le pavillon des miroirs), très bons (Negaõ et Doralice, La gare), excellents (Le maître de jeu, L'art du maquillage) et d'autres encore mieux que ça - j'aurais pu écrire sublime, mais je croyais que c'était un peu trop fort pour décrire un roman - (Saltimbanques, Kaléidoscope brisé). Pour mon plus grand plaisir, le volumineux (par rapport à sa production moyenne) Errances fait partie de cette dernière catégorie.

Résumé :
Un ancien soldat brésilien au passé un peu délicat, réfugié depuis à peu près vingt ans en Allemagne Démocratique et reconverti en poète germanophone assez prisé, retourne au Brésil à la faveur d'une amnistie générale. Ne cessant de craindre des complications et des vengeances, il demeure prudemment anonyme et discret, mais son passé ne cesse de l'attendre au détour. Ces vingt années loin du Brésil l'avaient déshabitué de la réalité tropicale des favelas, de cette misère épouvantable, étalée au grand jour, d'autant plus que la situation se serait en fait dégradée depuis son départ. On le suit donc à mesure qu'il redécouvre son pays d'origine, ses dangers et ses odeurs, son amour perdu d'adolescence (cette fille qu'il avait quittée en fuyant le Brésil), la tombe de son père et combien d'autres choses qu'il avait reléguées au fond de sa mémoire et qui ressurgissent spontanément au hasard de ses errances.

Mon avis :
Les évocations de la jungle brésilienne, de la fuite et de l'errance, de la poésie, du plaisir et de la magouille, et d'autres choses encore, y sont si puissantes que l'histoire continuait plusieurs heures à vivre en moi lorsque je me sortais le nez du livre. J'ai beaucoup aimé les personnages, à la psychologie est très fouillée; la complexité du récit, mené de main de maître; les discussions, toujours profondes, comme Kokis sait si bien les faire; les petits moments vécus, agréables ou pénibles, que le lecteur peut ressentir avec beaucoup d'acuité grâce à la plume très délicate de l'auteur. Une superbe lecture.

Ma note: 5/5


Dernière édition par FilouDlidou le Mar 24 Fév 2009 - 23:40, édité 2 fois (Raison : loins → loin, "et étalée" → ", étalée")
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Re: Sergio KOKIS (Brésil/Canada/Québec)

Message  lyana79 le Mar 24 Fév 2009 - 20:23

Quel livre me conseilleriez-vous pour découvrir cet auteur? Smile
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Re: Sergio KOKIS (Brésil/Canada/Québec)

Message  FilouDlidou le Mar 24 Fév 2009 - 20:30

lyana79 a écrit:Quel livre me conseilleriez-vous pour découvrir cet auteur? Smile
Sans même me le demander plus de trois secondes, je te recommanderais la trilogie des saltimbanques:
Saltimbanques; Kaléidoscope brisé; Le magicien.

Le magicien est un peu moins bon, mais les deux premiers... Whaaaa!

Sinon, si tu désires ne pas commencer par une série et ne t'en taper qu'un seul pour tâter le terrain, je te recommanderais Errances si tu aimes la psychologie, ou L'art du maquillage si l'histoire de la peinture t'inspirerait.
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Re: Sergio KOKIS (Brésil/Canada/Québec)

Message  lyana79 le Mer 25 Fév 2009 - 15:08

FilouDlidou a écrit:
lyana79 a écrit:Quel livre me conseilleriez-vous pour découvrir cet auteur? Smile
Sans même me le demander plus de trois secondes, je te recommanderais la trilogie des saltimbanques:
Saltimbanques; Kaléidoscope brisé; Le magicien.

Le magicien est un peu moins bon, mais les deux premiers... Whaaaa!

Sinon, si tu désires ne pas commencer par une série et ne t'en taper qu'un seul pour tâter le terrain, je te recommanderais Errances si tu aimes la psychologie, ou L'art du maquillage si l'histoire de la peinture t'inspirerait.
**

Je suis plus tentée par "errances "que je note de suite dans ma liste à lire! merci Very Happy
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KOKIS La gare

Message  Dora le Jeu 10 Sep 2009 - 13:39

"La gare" de Sergio Kokis

Un type de la capitale revient d`un voyage en région avec sa femme et ses enfants. Le couple est en chicane, et franchement, c`est tordant ; tâchez de profiter du talent Kokis pour vous amuser car, après, ses capacités à vous faire glisser dans la lourdeur prendra le pas.…
Imaginez-vous qu`un imprévu oblige le train dans lequel voyage la famille à faire un détour par un tronçon de chemin de fer oublié, vers une gare depuis longtemps hors service. Monsieur décide de sortir un peu et s`endort derrière la gare, pendant que le train repart.

Il est seul ? Non, cette gare désaffectée a toujours son gardien, un vieillard irascible, pointilleux, contrôlant, hyper responsable. Tiens, je sens que juste à penser à l`existence de pareils individus, vous fatiguez et vos nerfs vous lâchent… Continuez : tel qu`il est, vous finirez par le trouver sympathique, intéressant et attachant (ça vous donne déjà une idée du reste de la population?)

Notre touriste égaré se rend au village, il trouvera bien une chambre, et il téléphonera, n`est-ce pas, à sa famille, puis sortira de là dans peu de temps. Or, la ligne téléphonique ne fonctionne pas. Et le camion de livraison amenant des victuailles se fait rare, très rare.

Il y a toujours le « chemin vicinal » : c`est quasiment un personnage du roman. Vous ne savez pas ce qu`est un chemin vicinal ? Il vous hantera. Ne vous imaginez jamais prendre le chemin vicinal pour vous rendre à un gala.

Je serais portée à vous dire que la population ressemble à une tribu d`intra-terrestre. Et en même temps ils sont terriblement humains et complexes. Bon, un peu plus sombre que la moyenne. On plonge, avec notre squatter, dans l`ennui, la lourdeur, mais aussi les espoirs, les questionnements.

Fin surprenante. C`est quasiment un roman initiatique. Avec le gardien de la gare comme guide spirituel …
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Re: Sergio KOKIS (Brésil/Canada/Québec)

Message  Philcabzi le Jeu 10 Sep 2009 - 14:21

C'est très tentant ce livre! Merci Dora pour cette critique.

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Lecture du moment: Les âmes perdues de Dutch Island de John Connolly
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Re: Sergio KOKIS (Brésil/Canada/Québec)

Message  petitemartine le Jeu 10 Sep 2009 - 16:13

Un auteur qui semble bien intéressant mais que je ne connais pas encore...
Il y a deux mois, Errances est passé de la bibliothèque du salon à ma table de chevet.... c'est pour bientôt !
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Re: Sergio KOKIS (Brésil/Canada/Québec)

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