Ismaïl KADARÉ (Albanie)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Ismaïl KADARÉ (Albanie)

Message  gallo le Ven 14 Nov 2008 - 11:28

De : nimbus (Message d'origine) Envoyé : 31/05/2003 17:33
Ismaïl Kadaré : Le pont aux trois arches
Folio 2194. 151 pages.

Pour une fois, je trouve que la 4-ème de couverture présente bien le livre, sans trop en dire.La voici, car je ne suis pas capable de mieux faire:

" Mars 1377. Un inconnu a une crise d'épilepsie à l'endroit d'où partent les bacs qui permettent de traverser l'Ouyane maudite.
C'est un présage du Tout-Puissant, dit un voyant, qui annonce qu'il faut construire un pont.
Ce sera le premier pont de pierre de l'Albanie ancienne, dont l'édification, jour après jour, est rapportée par le moine Gjon. Belle chronique, ponctuée des ballades des rhapsodes, des prophéties de la vieille Aïkoune, des légendes du pays, dont certaines -comme celle de l'emmuré - ne servent qu'à camoufler des crimes.
Quant au malheur qui entoure la construction du pont, il n'est que la préfiguration de celui qui attend l'Albanie, menacée alors par l'immense empire Ottoman, qui exercera sur elle une tyrannie de plusieurs siècles "

C'est un bon petit livre, bien écrit, qui nous immerge dans une région rurale aux peurs légendaires et immédiates, telle l'extension de l'empire turc.

J'ai lu aussi un bon tiers de "Le grand hiver", ça représente environ 250 pages! Très interessant, mais pas passionnant!
C'est très informatif, idéal pour quelqu'un qui aime les romans historiques.
Hiver 1961, l'Albanie rompt ses relations diplomatiques avec l'URRS, et s'enferme sur elle-même.La dictature d'Enver Hoxha, la misère et la famine pour le peuple....
Sûrement un excellent livre! mais je n'accroche pas trop!


De : Ysla Envoyé : 23/10/2008 18:25
TROIS CHANTS FUNEBRES POUR LE KOSOVO - Ismaïl KADARE
Fayard, 118p

Un court texte qui a pour thème et point de départ la sanglante bataille du 28 juin 1389 entre une coalition balkano-chrétienne (Serbes, Bosniaques, Roumains, Albanais) et l'armée Ottomane du sultan Mourad. Cette dernière écrase les chrétiens mais le sultan est tué - probablement par les siens - et son sang reste sur la plaine du Kosovo ("champ des merles"), marquée dès lors par les tragédies jusqu'à celles encore récentes que l'on connaît tristement.
Présents sur les lieux de la bataille mais préservés grâce à leur statut de rhapsodes (bardes), un petit groupe de fugitifs s'enfuit à travers l'Europe. Malgré tout ce qu'ils viennent de vivre côte à côte, leurs chants témoignent toujours de l'hostilité ancestrale entre leurs peuples au sujet du Kosovo...
Lecture intéressante par son propos et agréable car relatée simplement via des personnages - les rhapsodes - emportés dans la tourmente et l'incompréhension des gens qu'ils rencontrent.
Ce livre laisse entrevoir à quel point la situation du Kosovo a été compliquée dès le départ.
J'aurais aimé trouver dans ce livre une préface un peu historique ou une bibliographie, afin d'avoir plus d'éléments en main cependant.

Ma note : 3,75/5



Ismaïl Kadaré auteur du mois juillet 2007

De : Foret_ (Message d'origine) Envoyé : 23/05/2007 17:31
Comme personne ne parle de Kadaré je me suis dit que peut être qu'avec une petite présentation il suscitera davantage intérêt

Ismail Kadaré est né en 1936 à Gfirohastër en Albanie. Il a débuté ses études à la faculté de lettres à Tirana et à terminé à l'institut Gorki à Moscou. Il devient journaliste et publie ses premiers poèmes. C'est en 1970 qu'il devient écrivain en lançant son premier roman "Général de l'Armée morte"(qui lui a valu la renommée en Albanie et ensuite à l'étranger) parallèlement il dirige la revue littéraire "Les Lettres albanaises". En 1990 pour fuir l'Albanie communiste il se réfugie en France en obtenant l'asile politique, à Paris il peut écrire en toute liberté. En France il accumule les honneurs, il est membre de l'Académie des sciences morales et politiques depuis 1996 et officier de la Légion d'honneur depuis peu, mais en Albanie ses livres ont longtemps été interdit.

Bibliographie

Le général de l’armée morte (1963)
La peau de tambour (1967, sous le titre albanais La noce)
Chronique de pierre (1970)
Les tambours de la pluie (1970, sous le titre albanais La citadelle)
L'hiver de la grande solitude (1973, aussi publié comme Le Grand Hiver), évoque la rupture des relations avec l'Union Soviétique en 1960
Novembre d'une capitale (1975)
Le palais des rêves (1981)
Le crépuscule des dieux de la steppe (1978)
La commission des fêtes (1978)
Le pont aux trois arches (1978)
La niche de la honte (1978)
Avril brisé (1980)
Qui a ramené Doruntine ? (1980)
Clair de lune (1985)
L'année noire (1985)
Le cortège de la noce s'est figé dans la glace (1985), qui a pour cadre la répression des manifestations de 1981 au Kosovo
Eschyle ou le grand perdant (1985, essai)
Concert en fin de saison (1988, aussi publié comme Le concert), rédigé en 1978-1981 mais censuré pendant sept ans, évoque les relations sino-albanaises dans les années 70
Le dossier H. (1989)
Le Monstre (1990), une version courte a d'abord paru en 1965, aussitôt censurée
Le firman aveugle (1991), rédigé en 1984
Invitation à l'atelier de l'écrivain (1991, essai)
La pyramide (1992)
La grande muraille (1993)
L'Ombre (1994), rédigé en 1984-86, a paru en français avant d'être enfin publié en albanais
L'aigle (1995)
Spiritus (1996)
Le Printemps Albanais (1997)
Trois temps (1997)
L'albanie, Visage Des Balkans (1998)
Trois chants funèbres pour le Kosovo (1998)
La ville sans enseignes (1998), œuvre de jeunesse rédigée à Moscou en 1959
Mauvaise saison sur l'Olympe (1998, théâtre)
L'envol du migrateur (1999), rédigé en 1986
Froides fleurs d'avril (2000)
Il a fallu ce deuil pour se retrouver (2000), Journal de la guerre du Kosovo
Le chevalier au faucon (2001)
Histoire de l'Union des Écrivains albanais telle que reflétée dans le miroir d'une femme (2001)
La fille d'Agamemnon (2003), rédigé en 1985
Le successeur (2003)
Vie, jeu et mort de Lul Mazrek (2003)


De : Foret (Message d'origine) Envoyé : 12/06/2007 22:27
Ismaïl Kadaré - L'ombre
258 pages

Résumé couverture
Un cinéaste, plus ou moins raté, est envoyé de temps à autre par son pays, l'Albanie, en mission à Paris. Ces voyages hors de l'enfer sont aussi séduisants que dangereux, mais ils sont gâchés par l'angoisse du retour. Le thème de l'isolement d'un pays, de ses habitants, de l'artiste doublement solitaire est ici traité dans une dimension majestueuse.

J'ai bien faillit abandonner ce livre mais comme il est assez court j'ai décidé d'aller jusqu'au bout. Je me suis ennuyé durant cette lecture, je n'ai pas du tout aimé le personnages principal et je n'arrivais à éprouver de l'intérêt pour ses doutes, ses angoisses, ses obsessions, ses pensées... je crois que le sujet de fond est un sujet intéressant mais la facon dont l'auteur nous le présente ne me plais pas du tout. Je ne crois pas que je lirais un autre livre de cet auteur.

1/5


De : didie152 (Message d'origine) Envoyé : 14/06/2007 11:24
Ismail KADARÉ : Récits d'outre-temps

Résumé
Prométhée : L'écrivain réalise un rêve en reconstituant les pièces manquantes de la trilogie d'Eschyle sur Prométhée.

La porteuse de songes : ce récit allie le tragique et le grotesque, ce qui lui donne une saveur unique.

Avant le bain : Sur le mode tragique, Avant le bain donne une vision de ce que peut être l' Enfer pour un illustre personnage de la littérature mondiale.

La nuit du sphinx : Il s'agit du prolongement en prose d'un poème écrit en 1967, qui s'intitulait Monologue du Sphinx. Le texte, énigmatique comme la figure qu'il étudie, reflète le rapport entre un tyran et un peuple, rapport fondé sur la peur, ce qu'en Albanie et dans le camp socialiste l'auteur a pu observer de près à de nombreuses reprises.

Mon avis

Ces quatre récits très courts sont assez intéressants même si parfois difficiles d'accès de part le sujet traité et par l'écriture. On est entraîné malgrè nous dans l'univers de Kadaré et on se surprend à vouloir en savoir plus, c'est pourquoi je suis un peu restée sur ma faim. Dans une volonté de faire court Kadare peu en décevoir plus d'un. J'avoue mon faible pour La porteuse de songes...

Ma note 2.75/5


De : Sahkti1 (Message d'origine) Envoyé : 18/06/2007 14:04
Ismaïl KADARE, La pyramide

L'édification de la pyramide de Chéops est l'héroïne de ce livre mais derrière elle, à sa place devrais-je dire, c'est surtout la dénonciation des totalitarismes et les rouages de la dictature qui sont exposés par Kadaré.
Très belle métaphore sur l’asservissement jusqu’à la mort, on devine derrière les barrières égyptiennes que Kadaré parle de lui, d’un peuple, d’un régime, qu’il dénonce l’insupportable en le glissant sous des airs de roman pseudo-historique.
Un roman qui effraie un peu, car les pyramides sont souvent associées à l’image de la beauté et on a tendance à oublier que pour arriver à cela, des dizaines d’hommes, cravachés à longueur de journée, y ont laissé la vie. Ces impressions colossales donnent une idée de la grandeur (et de la mégalomanie) de ceux qui ordonnèrent la construction de tels édifices, entraînant avec eux (et leur folie) tout un peuple. Un rêve fou, la plus haute pyramide du monde, tel est ce projet démentiel, à l’image en effet de ces bâtiments sinistres que l’on trouve en Albanie (ou ailleurs). Une œuvre qui met une population entière au travail, un travail d’esclave que Kadaré dénonce.
Sans doute pas le meilleur roman de Kadaré, il est lourd et pesant par moments mais cela est dû à cette ambiance d’oppression que l’on retrouve à chaque page. (4/5)


De : doriane99 (Message d'origine) Envoyé : 03/06/2007 06:23
Ismail KADARÉ : Le Dossier H
Folio, Trad de l'albanais par Jusuf Vrioni, 217p

4e de couverture :
Deux Irlandais de New York, Max Roth et Willy Norton, arrivent un jour à N..., petite ville du nord de l'Albanie, pour tenter de découvrir si l'Iliade et l'Odyssée sont bien une création originale ou si Homère n'a été qu'un vulgaire compilateur de légendes albanaises. Ils s'installent bientôt à l'Auberge de l'Os de buffle, au pied des Cimes maudites, pour recueillir les rhapsodes. Autour d'eux gravitent divers personnages : la femme du sous-préfet de N..., en mal d'aventures ; l'ermite Frok, qui tient leur magnétophone pour l'instrument du diable ; Dul Lasoupente qui envoie des rapports étranges à son chef, le sous-préfet ; celui-ci, enfin, jaloux du style de son indicateur... Un grand, très grand Kadaré.


Deux irlandais New-Yorkais, Homéristes, se rendent en Albanie afin d'y éclaircir "l'énigme Homère". L'albanie est le tout dernier pays où subsistent encore les rhapsodes, ces chanteurs d'épopées transmettant leurs fabuleuses histoires lors de veillées. Nos deux savants, armés d'un miracle technologique (le magnétophone) vont tenter de découvrir si Homère n'est en fait que le transcripteur de vieilles légendes ou s'il est le créateur de L'Iliade ou L'Odyssée.

Un livre qui se veut critique, d'un côté le peuple rêveur et ancré dans ses racines, de l'autre un pouvoir égoïste, naïf qui est représenté par le sous-préfet de N... personnage peu reluisant... J'ai néanmoins peiné dans ma lecture, me suis accrochée parce qu'il était court ! Je n'aime pas du tout à ce type d'ironie, tout me semble poussé à outrance (un peu comme dans Kourkov). Néanmoins, je suis persuadée que beaucoup se régaleront de la truculence du livre. Pour ma part, je n'ai apprécié que les trente dernières pages...
2,5/5



De : Philcabzi5 Envoyé : 27/06/2007 12:59
Comme quoi tous les goûts sont dans la nature...
Ismaïl KADARÉ: Le dossier H

Ed. Fayard, 1996, 174 pages

Note: 4.5/5

Résumé:

Daisy, la femme du sous-prefet de la ville de N... est dans tout ses états. Deux étrangers, des irlandais, débarquent dans la région pour soi-disant résoudre l'énigme d'Homère. Mais ces deux hommes n'en n'ont que faire de cette femme en mal de sensations fortes. Ils s'installent dans une auberge moyenâgeuse pour entendre et enregister les chants, les épopées des rhapsodes, ces conteurs/chanteurs en voie d'extinction. Mais tous ne voit pas de bon oeil les travaux des ces deux hommes...

Mon avis:

Encore une fois, j'ai adoré l'univers décrit par Kadare. Le monde des rhapsodes est si étrange et mystérieux que l'on ne peut que rester ébahis devant ce qui reste des grandes épopées dont l'Illyade et l'Odyssée en sont les dignes représentantes. Mais Kadare nous décrit aussi le monde très "européen" et bourgeois de la ville de N... C'est le contraste avec la vie rude et énigmatique des Montagnes qui est si interessante. Bien sûr, l'écriture de ce grand écrivain albanais et magnifique et le seul reproche que je lui fais est que c'est histoires ne sont pas assez longues!


De : Philcabzi5 (Message d'origine) Envoyé : 27/06/2007 13:21
Ismail KADARÉ : Récits

Le chant
Ed. Fayard, 1996, 4 pages

Note: 4.5/5

Plus le temps passait et plus son rêve l'obsédait, un rêve unique: q'un chant naquît un jour qui célébrât son nom ; un chant qu'il pût entendre lui-même, le soir, dans la montagne, sous un ciel envahi de nuages. Ce court récit (que j'appelerais nouvelle) est la quête d'un homme pour son immortalité. La façon dont Kadare a traité le sujet est génial. On sent le découragement de l'homme, malgré le peu de mots employés.

Les passages souterrainsEd. Fayard, 1996, 9 pages

Note: 4/5

Mais pourquoi les habitants de N... se mettent-ils à chercher frénétiquement des passages souterrains à certains moments, sans raisons vraiment apparente? C'est ce que le journaliste tente d'élucider mais il sera lui-même pris par cette psychose collective. Un Kadare tout en humour et très dynamique. Ici, on ne traîne pas en longueur ; le récit est court et direct.

Concours de beauté masculine aux Cimes maudites
Ed. Fayard, 1996, 38 pages

Note: 4/5

Les montagnards organisent, pour on ne sait quelle raison, un concours de beauté pour homme seulement. Même les hommes "reclus" dans les tours de claustration peuvent bénéficier d'une bessa et se rendre dans les montagnes. Dans ce récit on nous parles de tout les "types" d'hommes que l'on trouve en Albanie : ceux de la capitale, les bourgeois des villes, les montagnards, les reclus. Comme toujours, les détails relatifs au Kanun, m'ont fascinés ainsi que la vie vraiment particulière de ces gens.
avatar
gallo

Nombre de messages : 2598
Location : Pays-Bas
Date d'inscription : 29/10/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ismaïl KADARÉ (Albanie)

Message  gallo le Ven 14 Nov 2008 - 11:29



De : Profgéo (Message d'origine) Envoyé : 05/07/2007 20:29
Chroniques de la ville en pierre Ismaïl Kadaré 272 pages

Le narrateur, dont on ne saura jamais le nom vit dans une ville entièrement faite en pierre. Cette ville est vieille et pleine de ces histoires de petites villes où les ragôts courent vite et où les superstitions sont nombreuses. Le narrateur essaie de grandir au travers des multiples bouleversements que vit la ville, prise par les Italiens, les Grecs, les Allemands au hasard des mouvements des troupes. Il écoute ce que disent les adultes, essaie de comprendre et ne réussit pas toujours.

C'est un livre qui est surtout beau pour ses images. Le narrateur ne voit aps les choses comme on pourrait les voir. Pour lui, les gouttes de pluie se lamentent de ne plus voir le ciel du fond de la citerne, les eaux qui ruissellent jusqu'à la rivière essaient d'abattre le pont qui leur résistent farouchement et les rats sont les armées de Gengis Khan à l'assaut des plafonds. Le langage est imagé et poétique. Cela compense le fait que le livre est une chronique comme le rapporte le titre et donc qu'il n'y a pas vraiment d'hisoire. C'est une belle lecture, mais un peu lassante vers la fin.

Ma note: 3.25/5


De : Philcabzi5 (Message d'origine) Envoyé : 14/06/2007 13:02
Ismail KADARÉ : Avril brisé
Ed. Fayard (Tome 4 Oeuvres complètes), 1996

Note: 4.75/5

Résumé (Amazon):

La mort est intiment liée à la vie, c'est une évidence. Bessian, un écrivain avide de connaissances sur les coutumes qui régissent la vie des montagnards albanais, en est persuadé. Pourtant, alors qu'il entreprend avec sa femme Diane leur voyage de noces dans les lointaines contrées du Rrafsh, il imagine pouvoir garder ce regard extérieur qui les protégera du tragique. Or, le destin semble en avoir décidé autrement. Le couple ne tarde pas à croiser le chemin de Gjorg, un jeune montagnard qui, pour respecter les lois ancestrales du kanun, vient de venger son frère en tuant son meurtrier. C'est donc désormais à Gjorg de fuir celui, qui pour laver son honneur, doit à son tour lui ôter la vie...

Mon avis:

Imaginez mon désarroi quand j'ai découvert les lois du Kanun qui régissent la vie des gens du plateau Nord de l'Albanie alors que je ne savais même pas que ce pays existait! J'ai été littéralement soufflé par cet histoire et j'ai dû en parler avec toutes les personnes que j'ai croisé depuis sa lecture. J'ai ressenti l'angoisse du pauvre Gjorg mais je suis restée sans voix devant sa force de caractère et sa dignité. J'en voulais encore lorsque la fin du livre est arrivée, je voulais plus d'information sur ce pays mystérieux, aux coutumes étranges que Kadare décrit si bien. Il est arrivé à me montrer la "beauté" dans ces vendetta albanaises alors que de loin on n'y voit que du sang. Finalement je suis très contente d'avoir découvert cet auteur (merci Didie!)!!


De : louveloba Envoyé : 17/06/2007 22:14
Avril brisé a été adapté au cinéma par Walter Salles, mais déplacé d'Albanie au Brésil... j'avais adoré le film, peut-être est-il temps que je lise le roman original


De : joubjoub Envoyé : 10/07/2007 12:38
Ismail KADARÉ : Avril brisé

Ismaïl Kadaré nous plonge dans l'histoire de l'Albanie et de ses coutumes. Dans ce roman, l'auteur révèle les sombres mécanismes de la vendetta dans la région du Rrafsh en Albanie au début du XXème siècle.

Ce roman est une chronique d'une mort annoncée. Il nous raconte la vie d'un homme broyé, inexorablement, par le rouleau compresseur des vendettas, qui écrasent les individus depuis des générations.

Le style est sobre et juste. Le livre dégage une froide et morbide beauté, à rapprocher de la montagne albanaise toujours figée dans ses ancestrales traditions.

Cette tragédie d'individus en quête de liberté est poignante et possède une force incroyable.

Note : 4/5

P.S. : Merci de m'avoir fait découvrir cet auteur !


De : Chantal5500 (Message d'origine) Envoyé : 28/06/2007 15:03
Ismaïl Kadaré: CLAIR DE LUNE
Editions Corps 16 - 133 pages.

Marianne est jeune et belle, et travaille dans un laboratoire en Albanie, sous le régime communiste. Jalousée par Nora et ses amis(e)s, elle va devenir l'objet d'une rumeur qui va s'intensifier, pour devenir calomnie allant même jusqu'à la persécution...

Avec une très belle écriture très détaillée, très dense, Ismaïl Kadaré fait vivre au lecteur un récit de plus en plus intense, qui montre comment de vilaines rumeurs dans une collectivité "fermée" et avec l'aide d'un Parti moralisateur et défenseur de la "famille", peuvent petit à petit s'amplifier jusqu'à isoler une femme voulant mener sa vie librement. Ou comment un groupe d'individus vivant dans un système répressionnaire peut "écraser" un être humain. Très "Vrai".

4/5


De : liza_lou55 Envoyé : 04/07/2007 21:30
Clair de lune - Ismaïl Kadaré
(Fayard, 133 pages)

Sous l'Albanie communiste, une jeune femme est victime de murmures de la part de ses collègues de travail au sujet de sa prétendue "immoralité". De discrets et subtils chuchotements, ces rumeurs vont aller crescendo pour devenir de pénibles et graves accusions portées jusque devant les organes du Parti qui va alors organiser une réunion pour trancher sur ce cas.

Une descente aux enfers subtilement décrite par Ismail Kadaré : Clair de lune est en effet un récit particulièrement bien orchestré, mettant en scène Marianne, jeune employée d'une entreprise d'Etat strictement surveillée par le Parti communiste albanais. Il suffira de banales paroles échangées un soir de clair de lune pour que le quotidien de Marianne bascule du tout au tout. Avec une écriture simple et dépouillée, Kadaré réussit à restituer parfaitement l'histoire et à la rendre réelle. C'est en effet d'une sorte de déshumanisation totale, d'une mise au rebut terrible, d'une machination impitoyable qu'il est question ici. La réunion organisée par le Parti pour décider du "cas Marianne" est le point d'orgue du roman où chaque personnage est appelé à se prononcer au sujet de Marianne pour décider si oui ou non celle-ci est coupable des griefs dont elle est accusée.

Véritable dénonciation des pressions collectives au sujet de tout ce qui n'est pas conforme à la règle, Clair de lune est une splendide critique de la dictature communiste en place dans l'Abanie jusque dans les années 80. Un roman qui sonne vrai, d'autant plus qu'il fut interdit dès sa parution par les autorités albanaises en 1985.

Ma note : 4/5


De : Philcabzi5 Envoyé : 18/07/2007 12:56
Ismaïl KADARÉ: Clair de lune

Note: 4/5

Mon avis:

Malgré le fait que j'ai un peu moins aimé cette histoire, je suis encore fascinée par l'univers particulier de l'Albanie que nous dépeint Kadare. Ici, ce n'est pas les montagnes du Nord, mais bien la vie sous le régime qui nous est décrit, avec une bonne dose d'ironie et de sarcasme. Le texte fut d'ailleurs interdit de publication jusqu'à la chute de la dictature. Ce court texte gagne à être lu, pour son histoire mais surtout pour sa construction en particulier le coup de génie de la fin de l'histoire.


De : Sahkti1 (Message d'origine) Envoyé : 24/07/2007 11:17
Ismaïl KADARE, L'aigle

Max est employé de banque, sa vie semble sans soucis, si ce n'est qu'un jour, lors d'une réunion, il n'a pas dit ce qu'il aurait fallu dire. Et nous sommes dans un pays où le régime en place veut que l'on parle pour dire ce qu'il convient d'être dit, selon les règles édictées, dans le respect du pouvoir. Alors voilà, parce qu'il n'a pas pris la parole ni joué les moutons de Panurge, Max suit la même route que des milliers avant lui, celle qui le conduit d'en haut vers en bas, dans le monde des exilés. Un autre univers, une société qui s'est mise en place et a appris à vivre presque comme avant. Seulement ça ne sera jamais comme avant, parce qu'il y aura toujours quelque part dans la tête l'envie de là-haut.
On raconte que des aigles géants permettraient de s'échapper de ce monde du néant. Qui sait...

En filigrane, c'est tout un régime que Ismaïl Kadaré dénonce, celui de l'Albanie, de cette bureaucratie à outrance, de ce régime qui impose même la pensée à ses ressortissants. Max est le symbole d'un peuple qui ne commet aucun délit mais doit payer le prix fort, au nom des principes et autres idéologies. Alors bien sûr, face à tant d'oppression, il y a l'espoir. L'espoir complètement fou ici de grimper sur le dos d'un aigle pour retrouver des cieux plus confortables. Allégorie de la fuite, de l'exil, de la promesse d'un monde meilleur, ailleurs. Et pourtant... on voit les squelettes revenir sur le dos des aigles, le voyage semble sans fin, c'est un ticket de non-retour.
Kadaré évoque avec subtilité cet espoir aussitôt déçu, cette croyage dans une amélioration de la condition humaine qui passerait par le départ vers d'autres contrées.
A travers ce texte qui ressemble à un conte cruel, Kadaré dénonce avec force le régime de Hoxha et les milliers de personnes persécutées et tuées à cause de la folie et du puvoir. Avec cette conclusion effrayante: on a le choix, alors en Albanie, entre mourir et mourir.
Un texte à lire, à découvrir et à apprécier; une écriture forte et soignée, un grand auteur à savourer. (5/5)


De : lalyre7032 (Message d'origine) Envoyé : 03/06/2007 16:36
Spiritus - Ismail Kadaré
Poche 315 P.

Spiritus,c'est l'Occident qui s'est invité en Albanie via des délégués chargés d'enquêter sur les horreurs du communisme.Il est question d'un esprit capturé par la police politique de Tirana,une affaire ahurissante,un phénomène digne de ce pays qui aime les légendes.Il y a trois volets dans ce livre :Chaos-Révélation-Vestiges,chacun apportant des éléments nouveaux un peu comme un polar,il y a aussi un groupe de spirites avec ses mystèrieuses réunions et une pièce de Tchekhov interdite.
N'ayant pas du tout aimé parce que polar et surnaturel dans un seul livre,c'est beaucoup pour moi qui n'aime pas ces thèmes.Alors étant embarrassée pour mettre une note ,je m'abstiends.Je ne lirai sans doute rien d'autre de cet auteur qui est sans doute très bon mais que je n'ai pas apprécié.....
Lalyre


De : Sahkti1 Envoyé : 01/08/2007 17:52
Ismaïl KADARE, Spiritus

Spiritus ressemble à un conte, décomposé en trois actes: Chaos, Révélations et Vestiges.
Un équipe enquête sur les horreurs du communisme et les traces que ce régime a laissé dans les esprits des habitants ayant eu à supporter de telles années de souffrance. Nous sommes en Albanie, la délégation d'enquêteurs est à la recherche de phénomènes dits surnaturels qui auraient vu le jour dans les pays jadis soumis au joug communiste. Des phénomènes, il y en a eu, nombreux, mais un a retenu plus particulièrement l'attention de la population, du pouvoir en place et maintenant de ces hommes venus examiner les faits sur place. Nous nous trouvons en présence d'un message d'outre-tombe demandant à l'Occident, la France notamment, de venir au secours de l'Albanie et de son peuple. L'émoi est vif...

Une fois de plus, Kadaré utilise la forme du conte, de la fable, pour évoquer les problèmes de son pays. Cette fois, nous voguons entre le post-communisme et les années noires de Hoxha. Le lecteur se trouve confronté à la censure (la pièce "La Mouette" est interdite), au culte quasi divin voué au dictateur dans la peur et le désespoir, l'absurdité d'une bureaucratie étouffante, les espoirs déçus d'un peuple qui s'en remet à des mondes imaginaires et aux esprits dans le but de quérir une amélioration de la situation.
Tout en finesse, avec subtilité, poésie et aussi une bonne dose d'humour grinçant, c'est de la sorte que Kadaré dresse un bilan guère glorieux de l'état de l'Albanie après la chute du chef sanguinaire qui a régné sans pitié sur une population épuisée. La vision n'est pas réellement pessimiste mais elle n'est pas joyeuse, il n'y a ni fête ni sentiment de liberté, le pays est écrasé par la misère et la peur et les traditions ont la vie dure.
J'ai aimé ce roman, tout en lui reprochant de temps à autre quelques longueurs. Kadaré prend son temps pour pénétrer l'âme de ses personnages et il est intéressant de se glisser dans la peau d'un chef de sécurité ou agent de renseignement lorsqu'il se trouve face au miroir de la bêtise humaine et qu'il prend conscience de la folie d'un système. (3,5/5)


De : Cath_77 (Message d'origine) Envoyé : 01/08/2007 22:15
Ismail Kadaré - Vie, jeu et mort de Lul Mazrek

Les personnages du roman évoluent dans le contexte de la dictature d’Albanie, et plus précisément les efforts déployés pour freiner les exils illégaux d’albanais vers la Grèce. Lul Mazrek, jeune garçon ayant pour rêve de devenir acteur, se voit forcé de rentrer dans l’armée alors que de plus en plus, il rêve lui-même de s’exiler. Vjolicia Morina, jolie fille travaillant dans une banque, doit accepter une mission qui consiste à repérer des potentiels fuyards qui, avant leur départ, seraient portés à la confidence sur le bord de l’oreiller. Ces deux personnages principaux se rencontreront par hasard et s’ensuivra une histoire d’amour impossible.

J’ai pris du temps à embarquer dans le roman, soit avant que les différents morceaux se mettent en place et que les personnages se rencontrent – j’ai trouvé que la présentation des différents personnages était parfois un peu longue. J’ai par contre bien apprécié apprendre un peu de l’histoire albanaise dont je ne connaissais presque rien à la base – la manière à laquelle les gens sont amenés à servir l’état, amenés à croire au bien de ce qu’ils font même si cela va à l’encontre de ce à quoi ils croient vraiment. Par ailleurs, il est intéressant de voir les destins des deux personnages principaux se croiser, de voir à quel point leur histoire est belle et impossible à la fois.

4/5
avatar
gallo

Nombre de messages : 2598
Location : Pays-Bas
Date d'inscription : 29/10/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ismaïl KADARÉ (Albanie)

Message  lalyre le Mer 19 Aoû 2009 - 11:19


Le dîner de trop
Ismail Kadare
Fayard 2009
200 P.
Nous sommes en Albanie,Gjirokastër,une petite ville qui vit l'invasion des allemands .les soldats arrivent remontant de la Grèce qu'ils viennent d'envahir.Tout aurait pu bien se passer si des maquisards n'avaient ouvert le feu sur les éclaireurs envoyés par le colonel .En représailles,quelques dizaines d'otages sont désignés pour être fusillés,ils attendent alignés contre un mur .Pendant ce temps le docteur Guramet rencontre le colonel qui s'exclame et dit le reconnaître mais le docteur est sceptique et ce n'est que par les détails fournis par son interlocuteur lui rappelant les études dans le même établissement qu'il se laisse convaincre .Le docteur l'invite à dîner chez lui et ils font la fête avec musique,fenêtre ouverte comme si tout le monde devait entendre ce qui se passe........
Les otages attendent alignés contre le mur, tenus en joue par les soldats......Tous entendent la musique par la fenêtre ouverte......
Le docteur et le colonel donnent l'impression qu'un secret les lie car des paroles sont échangées sans que l'on sache de quoi il s'agit.....Il est un fait qu'à la fin de nuit ,ordre est donné de libèrer les otages....
Mais une fois la guerre terminée ,le pays est sous la domination des russes ,cette affaire du dîner refait surface et le docteur qui était considèré comme un héros va devoir s'expliquer ,car ne faisait-il pas partie d'un grand complot qui visait les pays socialistes ?? Que s'est-il passé entre les deux hommes pendant ce fameux dîner ?

La dictature,le fascisme et le communisme sont les thèmes principaux de ce roman...c'est aussi une véritable chronique de la ville natale de l'auteur .Une ambiance trouble de cette époque de l'invasion des armées et de la domination russe.Un pays que je ne connaissais pas sous ce jour ,un roman dur certes mais qui mérite bien un 4,5/5
Lalyre
avatar
lalyre

Nombre de messages : 4151
Age : 85
Location : Belgique
Date d'inscription : 01/03/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ismaïl KADARÉ (Albanie)

Message  frmwa le Mer 19 Aoû 2009 - 12:30

J'ai lu il y a un certain temps (avant la chute du Mur !) le Général de l'armée morte (dont on a également tiré un film, mais que je n'ai pas vu), Avril brisé, les Tambours de la pluie, le Grand hiver et plus récemment, "Qui a ramené Doruntine ?". La traduction de ce dernier, qu'on imagine l'œuvre d'un professeur d'un certain âge issu d'un ancien pays de l'Est et pratiquant un français parfait ajoute une petite note de charme.

frmwa

Nombre de messages : 106
Date d'inscription : 06/08/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ismaïl KADARÉ (Albanie)

Message  lalyre le Mer 19 Aoû 2009 - 17:45

frmwa a écrit:J'ai lu il y a un certain temps (avant la chute du Mur !) le Général de l'armée morte (dont on a également tiré un film, mais que je n'ai pas vu), Avril brisé, les Tambours de la pluie, le Grand hiver et plus récemment, "Qui a ramené Doruntine ?". La traduction de ce dernier, qu'on imagine l'œuvre d'un professeur d'un certain âge issu d'un ancien pays de l'Est et pratiquant un français parfait ajoute une petite note de charme.

Je vois que tu aimes cet écrivain
avatar
lalyre

Nombre de messages : 4151
Age : 85
Location : Belgique
Date d'inscription : 01/03/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ismaïl KADARÉ (Albanie)

Message  frmwa le Mer 19 Aoû 2009 - 18:23

À l'époque s'ajoutait l'exotisme de ce pays singulier, vivant en autarcie derrière ses montagnes sous régime communiste pro-chinois. Un des seuls états je crois où Dieu était expressément déclaré illégal. Avec une histoire tourmentée marquée par le choc de religions et les conflits de cette région explosive. Je l'ai un peu perdu de vue depuis, avant de renouer avec "Qui a ramené Doruntine ?" Un très beau conte tragique et magique qui pourrait plaire à Tim Burton.

frmwa

Nombre de messages : 106
Date d'inscription : 06/08/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ismaïl KADARÉ (Albanie)

Message  laurier le Mer 19 Aoû 2009 - 18:39

mmmh ! j'ai plusieurs ouvrages de cet auteur
pour le moment je me suis arrétée à Pyramide, je ne l'ai pas fini ..., je le reprendrai un jour mais j'avoue que c'était un peu comment dire ..longuet
je sais que c'est un très bon auteur, il faut juste s'y atteler Rolling Eyes
avatar
laurier

Nombre de messages : 589
Age : 63
Location : Alsace
Date d'inscription : 21/04/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ismaïl KADARÉ (Albanie)

Message  Ysla le Lun 2 Aoû 2010 - 14:33

AVRIL BRISE
Le livre de poche, 216p

Résumé : voir message de Philcabzi plus haut

Mon avis : Roman conseillé par une amie, qui m'en avait exposé le thème, à savoir le "Kanun" en Albanie (droit coutumier). J'étais donc déjà initiée à ce sujet en commençant ce livre, mais très partiellement. Au sujet du Kanun, voici un lien qui permet d'en savoir un peu plus sur la situation actuelle en Albanie : Kanun en Albanie (et qui critique très justement certains "journalistes" de télévision).

Revenons au roman : Avril brisé est un très beau livre, qui nous raconte le destin de trois personnages emportés par la tragédie : il y a d'abord Gjorg le jeune montagnard qui vient de venger son frère et bénéficie d'une trêve de 30 jours avant que la famille du mort se venge à son tour. Et il y a les jeunes mariés, l'écrivain Bessian Vorpsi et sa femme Diane, qui entreprennent un voyage de noces sur le haut-plateau du nord. Bessian est fasciné par le Kanun et semble vouloir transmettre cette passion à sa jeune femme en l'entraînant sur les lieux-mêmes où la loi s'exerce. Les déplacements de ces 3 personnages sur le plateau, dans un climat hostile, nous plongent dans une ambiance très particulière, grave et empreinte de règles séculaires. Ce roman est un véritable voyage dans un univers surprenant.

Ismaïl Kadaré dépeint très bien le Kanun et nous en explique les règles très clairement et sans juger. Le roman est très bien écrit et vraisemblablement très bien traduit. Cette histoire se lit toute seule.

Ma note : 5/5
avatar
Ysla

Nombre de messages : 1800
Location : Grenoble / France
Date d'inscription : 23/12/2008

Revenir en haut Aller en bas

Le Crépuscule des dieux de la steppe

Message  nauticus45 le Mer 11 Aoû 2010 - 10:36





  • Poche: 217 pages
  • Editeur : Gallimard (23 mars 1989)
  • Collection : Folio
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 207038134X
  • ISBN-13: 978-2070381340
Résumé:

Etudiant albanais en URSS, le narrateur partage sont temps entre l'institut universitaire Gorki et les différentes parties de l'URSS qu'il visite durant les vacances scolaires. Côté coeur il fréquente Lida, une jeune moscovite, mais leur relation, comme le contexte politique dans cette partie du monde, est tumultueuse. Pour autant, le narrateur se sent assez à l'abri des troubles politiques qui l'entourent et qui se répercutent malgré tout dans son université puisqu'elle accueille beaucoup d'étudiants étrangers. Mais la jeunesse ne protège pas de tout, surtout en URSS, ainsi l'affaire Pasternak éclate suite à la parution du "Docteur Jivago", puis une épidémie de variole apparaît à Moscou et enfin les relations diplomatiques entre L'URSS et l'Albanie se dégradent sérieusement.

Commentaire
:


J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans cette histoire, elle est bien écrite mais le noeud de l'histoire, c'est-à-dire le moment où le contexte politique rattrape le narrateur, arrive un peu tard, et la première partie, sur les états d'âmes du narrateur ne m'a pas passionnée. L'ensemble m'a un peu ennuyé finalement

3/5 pour la qualité d'écriture car le texte est quand même assez poétique
avatar
nauticus45

Nombre de messages : 1529
Age : 40
Location : Haut-Rhin, France
Date d'inscription : 27/10/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ismaïl KADARÉ (Albanie)

Message  géromino le Ven 17 Déc 2010 - 9:16

"Avril brisé" Le livre de poche 1981(?) 215 pages

Albanie fin des années 1920. A vingt-six ans Gjorg Berisha vient de tuer par balle Zef Kryeqyqe, pour venger la mort de son frère. Depuis soixante-dix ans la mort frappe alternativement les deux familles. Il faut dire que sur ce plateau montagneux, la vendetta est monnaie courante et ancrée dans les traditions. Plus encore, la vie quotidienne, les faits et gestes de chacun de ces rudes montagnards est régie, codifiée par une loi ancestrale: le Kannun.
Parrallèlement, voici qu'un couple de jeunes mariés se rend sur le plateau afin d'étudier les coutumes des habitants et notamment les crimes de sang perpétrés depuis des lustres et tolérés par les gouvernants, voire même encouragés.
Leur chemin croisera celui de Gjorg...

En suivant la plume de Kadaré, vous pénétrez dans un milieu dont vous ne soupçonniez même pas l'existence. Des histoires de sang repris, de code d'honneur, de tabous intransgressibles sous peine de châtiments.; où il est question de rubans noirs et d'impôt de sang, de sinistres tours de claustration.
Un livre terrible sur une société d'un autre âge, à peine imaginable.

Note: 4/5
avatar
géromino

Nombre de messages : 2743
Age : 53
Location : Finistère, FRANCE
Date d'inscription : 07/11/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ismaïl KADARÉ (Albanie)

Message  géromino le Lun 23 Mai 2011 - 8:19

"Invitation à un concert officiel" Le Livre de Poche 1990 317 pages (1ère éd. 1985)


En neuf nouvelles Kadaré effleure les thèmes qui lui sont chers: l'Albanie et son histoire mouvementée. De la domination Ottomane à l'époque communiste des années 60, les multiples facettes de ce pays sont abordées dans des textes d'une écriture "classique" sans réel raffinement, ni fioriture dans le propos; histoires passionnantes pour certaines, plus fades voire carrément ennuyeuses pour d'autres.

Prométhée
La caravane des férédjés
La commission des fêtes
Chronique séculaire des Hankoni
Le chant
Le crime de Suzana
A bord d'un train perdu dans la nuit hivernale
Pour que vive encore quelque chose d'Ana
Invitation à un concert officiel

J'ai été plus sensible à quelques unes:

"Prométhée" (dédié 'à tous les vrais révolutionnaires du monde'), en deux pages revisite le mythe d'une façon particulière: l'aigle qui lui dévore le foie s'absente longtemps, or le foie se met à grossir démesurément, menaçant de mort Prométhée. Il se sent sauvé lorsque revient l'aigle qui reprend sa becquée...

"La caravane des féredjés": un convoyeur est chargé d'acheminer dans les pays nouvellement conquis, des milliers de voiles noirs dont les femmes devront se couvrir le visage, selon les lois de l'Empire Ottoman. L'Albanie se couvre d'un voile de mort.

"La chronique séculaire des Hankoni" qui sur deux siècles retrace l'existence d'une famille et par là-même pénètre dans la vie, la culture, des villages des 18e et 19e siècles.

"La commission des fêtes" : un traquenard diabolique, à l'issue aussi cruelle que sanglante, mis en place par l'Empereur pour se débarasser des opposants au régime.

"Pour que vive encore quelque chose d'Ana", une jeune fille se croit atteinte d'un cancer, elle demande à un jeune homme épris d'elle de l'accompagner à son rendez-vous chez le médecin.

J'ai trouvé "Invitation à un concert officiel" (qui donne son nom au recueil) assez ennuyeuse. Cette nouvelle explique les rapports entre l'Albanie et la Chine à la veille de la mort de Mao. C'est lourd à lire, pas vraiment captivant. C'est plein de références politiques dont je ne suis pas parvenu à décortiquer la symbolique. Nicole Chardaire dans sa préface parle de "chef d'oeuvre d'humour noir où Kadaré donne libre cours à sa verve et à son goût pour la farce et la bouffonerie". Je n'ai pas su y trouver ses aspects.


Note: 3/5 pour l'ensemble
avatar
géromino

Nombre de messages : 2743
Age : 53
Location : Finistère, FRANCE
Date d'inscription : 07/11/2008

Revenir en haut Aller en bas

Le palais des rêves

Message  nauticus45 le Dim 13 Nov 2011 - 9:53






  • Poche: 189 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (9 mars 2006)
  • Collection : Biblio Romans
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2253064742
  • ISBN-13: 978-2253064749


Issu d'une des plus puissantes familles de l'empire ottoman, Mark-Alem est embauché, avec l'appui de sa famille, dans une des plus prestigieuses et puissantes institutions de l'empire, le Tabir Serail. Cette institution collecte, trie, interprète et archive l'ensemble des rêves des habitants de l'empire, le but étant d'utiliser les rêves le plus significatifs, les "maîtres-rêves", pour deviner l'avenir de l'empire et déjouer les complots de ceux qui veulent lui nuire. Au fil des jours Mark-Alem suit ainsi des centaines de rêves et progresse au sein de la hiérarchie du Tabir Serail. Mais l'un de ces rêves finit par concerner sa famille, et la progression tranquille du nouveau fonctionnaire va virer au drame familial...
Ce roman, baigné dune atmosphère à la Kafka, est intéressant mais une fois encore je me suis un peu ennuyée car même si le style est agréable, le rythme est vraiment lent. La puissance du Tabir Serail aurait mérité je pense d'être plus développée, ce qui aurait donné une atmosphère plus intense encore à l'histoire et l'aurait rendait peut être plus intéressante.


3/5
avatar
nauticus45

Nombre de messages : 1529
Age : 40
Location : Haut-Rhin, France
Date d'inscription : 27/10/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ismaïl KADARÉ (Albanie)

Message  wenesday le Lun 18 Mar 2013 - 17:49

Le crépuscule de dieux de la steppe.
Résumé: voir celui de Nauticus
Avis: excellent! Le lecteur se retrouve des les premières lignes dans l'ambiance, la pesanteur délètère générée par la dictature. Un "détail" intéressant est largemlent mentionné: la russification forcée des peuples hallogènes!
5/5
avatar
wenesday

Nombre de messages : 261
Age : 48
Location : paris
Date d'inscription : 13/01/2013

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ismaïl KADARÉ (Albanie)

Message  lalyre le Jeu 28 Aoû 2014 - 16:14

Les tambours de la pluie       
Ismail Kadaré        
Fayard 2001      
   333 pages

Quatrième de couverture
Des remparts ensanglantés que des dizaines de milliers d'hommes tentent, malgré tout, d'escalader; un commandant en chef, dont le sort est dramatiquement lié à la prise de ces murs; une angoisse constante, sous un soleil torride. Les événements se déroulent au XVe siècle. Laplace assiégée est une citadelle albanaise. Elle évoque parfois Troie, avec ce cheval assoiffé, vivant cette fois, qui tournoie autour d'elle. Et elle rappelle à plus forte raison l'Albanie moderne des années 60, que les pays socialistes soumirent à un blocus implacable. Précise comme un procès-verbal, cette chronique impitoyable d'une succession de journées gorgées de chaleur, de cruauté et de mort, vous introduit lentement dans son angoisse, une angoisse étrange, pleine de soleil et d'une aveuglante lumière.

Mon avis

Les tambours de la pluie qui, dans la tradition militaire turque, annoncent l'arrivée des nuages : la saison des pluies qui sauvera donc les assiégés chrétiens dans la citadelle. C’est lors de la guerre Albano- Turque au XVème siècle, ce qui me fait considérer ce roman comme historique, puisque les armées étaient conduites par Kastriote-Skanderberg, un seigneur albanais adoré comme un héros  pour sa résistance à l’Empire Ottoman. Un pur roman de guerre, ardu à lire, sans autres personnages que les assiégeants et les assiégés. Ce n’est pas tellement mon genre de lecture, il est vrai que Kadaré n’est pas toujours facile à lire, mais je l’ai lu jusqu’à la fin par curiosité. C’est un bon livre pour les amateurs  guerre et de batailles…..4/5
avatar
lalyre

Nombre de messages : 4151
Age : 85
Location : Belgique
Date d'inscription : 01/03/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ismaïl KADARÉ (Albanie)

Message  Réaliste-romantique le Mar 8 Aoû 2017 - 22:02

Trois chants funèbres pour le Kosovo

Trois courts récits autour de la bataille du champ des merles de 1389, soit l’actuel Kosovo, entre l’armée ottomane et une alliance de soldats chrétiens, conclue par la défaite de ces derniers. L’histoire est entre autres racontée par des bardes qui ensuite s’enfuient vers l’Europe.

Le récit évoque la bataille plutôt qu’il la raconte et il fait des liens avec le futur de cette zone. Je manquais toutefois un peu de connaissances pour bien apprécier ce livre, j’ai eu l’impression de me faire raconter une histoire un peu floue.

3/5

RR

_________________
Lectures en cours : Allah n'est pas obligé (Ahmadou Kourouma)  Les vagues (Virginia Woolf), Le rêve des forêts (Gérard Klein)
De la bibliothèque : Désir   Hitonari Tsuji
Commentaire en attente : Falling angels (Tracy Chevalier)
avatar
Réaliste-romantique

Nombre de messages : 1903
Age : 41
Location : Outaouais, Québec
Date d'inscription : 30/12/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ismaïl KADARÉ (Albanie)

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum