Août 2003: Le Parfum de Patrick Süskind

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Août 2003: Le Parfum de Patrick Süskind

Message  Prospéryne le Jeu 13 Nov 2008 - 19:51

De : Friisette (Message d'origine) Envoyé : 2003-08-12 00:28
Le Parfum

5/5 (et tous les émoticons que vous voulez tellement j'adore ce roman!!!)

Jean-Baptiste Grenouille est né avec une tare qui le suivra toute sa vie : il ne sent rien, absolument rien. Quoi de plus dramatique pour un homme doué d’un nez d’une extrême finesse et sensibilité. Il passera sa misérable vie à vouloir satisfaire son nez, sans faire la différence entre le bien et le mal. Il deviendra un parfumeur de grand talent et parviendra à capturer et à recréer quasiment tous les types d’odeurs et de parfums.

C’est la deuxième fois que je lis ce roman et la magie continue d’être présente. Je suis transportée par les descriptions de Suskind. Et pourtant… On ne peut pas dire que l’auteur ait une belle plume. Son écriture est des plus ordinaire, très sobre et sans rien de particulier, terne même. Et l’intrigue n’est pas très élaborée non plus, il ne se passe pas grand chose dans ce roman.

Vraiment, je ne sais pourquoi ce roman me touche autant mais la magie opère. J’ai été transporté par les descriptions d’odeurs, j’arrivais à les sentir.

Comme la première fois, une fois prise par le roman, c’est à peine si j’ai pu le lâcher!


De : wudji Envoyé : 2003-08-22 19:29
Koukou Salut

Le parfum:4/5

Je l'ai lu une première fois il y a une douzaine d'années..., j'aurais noté 3/5, j'ai fait l'effort de le relire...

Aujourd'hui, je donne un point de plus pour les déscriptions.
J'ai la chance de connaitre un peu Grasse, les parfumerie et les superbes musées des grandes maisons de parfumeurs, Fragonard, Molinard ...
Je me souviens avoir senti dans l'arrière pays grassois un matin au cour d'une balade un parfum très agréable au début mais ensuite ce parfum est devenu entêtant, enivrant saoulant à faire tourner la tête : c'était la récolte du jasmin, les fleurs étaient fraichement cueillies, étalées dans de grands et longs paniers en osiers pour qu'elles ne s'écrasent pas, belles images mais surtout quelle odeur!!!

A Grasse, on SENT avant de voir!!!

Les explications sur les techniques d'extractions et de fabrications de parfums sont très bien faites, très précises, on s'y croirait.Bravo monsieur Suskind.

Certaines personnes arrivent à influencer leurs entourages avec de "grandes phrases" ou de "belles images", pourquoi pas avec des odeurs!!? *
C'est vrai, en y réfléchissant, on est très influensable. Toutes ces odeurs quotidiennes qui nous entourent, le café nous réveille, le pain frais nous donne faim...quoi d'autre encore...(le reflex de Pavlov...je ne vous apprend rien)

Je trouve le style un peu lourd par moment un peu long, je n'aime pas la fin, aussi inattendue qu'ignoble...
Je ne commenterais pas les phantasmes de Grenouille Suskind, l'odeur de 25 jeunes vierges, c'est trop, quelle folie!!

*Ira Melanox ou la puissance des ténèbres de Serge Brussolo (fiction, très bon, édition fleuve noir, très dur à trouver!)


De : aud007 Envoyé : 2004-04-14 19:46
Pourquoi avoir attendu si longtemps pour lire ce livre?? C'est la question que je me pose depuis que j'ai tourné les premières pages. Le parfum est un livre qui éveille les sens par les descriptions et les images qu'on l'on se crée à sa lecture...une véritable expérience olfactive s'en découle. Pas toujours agréable cette sensation mais si présente qu'on ne peut renier l'effet. J'ai été charmé par la complexité du personnage de Grenouille...qui le rend somme toute plutôt intrigant et pas nécessairement sympathique.

Je n'ajouterai pas de résumé...d'autres l'ont fait avant moi.

Un très très bon livre que je note 4.5/5

Aud007


De : ElizabethCraig Envoyé : 2004-05-03 04:47

J'ai fini, il y a quelques jours, ce livre. J'ai eu la sensation dès les premières lignes de lire un très grand livre, un chef-d'oeuvre, mais néanmoins je trouve que la fin n'est pas à la hauteur du début époustouflant. Vers la moitié du livre, le propos est moins prenant et le livre perd de sa force, progressivement, comme un parfum fort qui s'évapore peu à peu. On part d'une essence très concentrée pour ne garder qu'un effluve. Je n'ai pas été - vous l'aurez compris - convaincue par la fin, je l'ai même trouvée grand-guignolesque et c'est un peu dommage. Certes, cela demeure une lecture forte. Je suis impressionnée par le travail d'écriture de l'auteur.
4/5


De : cuné Envoyé : 2004-08-06 02:27
Frisette : 5
Mimi : 5
Lagrande : 4,5
Margote : 5
Pico : 4,5
Petitelune : 3,5
Boogok : 5
Mélodie : 3
Sandrine : 4
Agnès 3
Nimbus 4
Mousseline : 4,25
Crystabel 3
Wudji 4
Aud 4,5
ElisabethCraig 4


MOYENNE : 4,14


De : Catzoe5 Envoyé : 2008-03-22 09:14
Il est vrai que Le Parfum puise dans tous les genres, aussi bien le roman réaliste au bord du naturalisme (la richesse extrême des descriptions), le thriller ou policier et le roman fantastique, j'ai retrouvé un arrière goût du Peter Schlemihl de Chamisso ou des aventures de la nuit de la saint Sylvestre d'ETA Hoffmann. (Si chez ces derniers, le personnage principal perd son ombre ou son reflet, Grenouille n'a pas d'odeur et va tout mettre en oeuvre pour se faire aimer malgré ce manque...)
Un superbe livre (où l'on apprend une tonne de vocabulaire quand on le lit dans le texte)
4.5/5
De : Catzoe5 Envoyé : 2008-03-23 10:27
Lorsque j'ai écrit le commentaire hier, il ne me manquait que les dernieres pages de ce roman génial. Il offre une reflexion sur la nature humaine! On pourrait en débattre des heures. J'ai trouvé dans cette quete de pouvoir une allusion au nazisme... On pourrait (le verbe pourrait à prendre avec toutes les nuances du monde) faire un rapprochement avec les gens qui veulent attirer l'attention sur eux en devenant des stars... Cela se retourne sur eux... (un peu comme à la fin du livre, en moins gore évidement...) Qu'en pensez vous?
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Re: Août 2003: Le Parfum de Patrick Süskind

Message  Prospéryne le Sam 15 Nov 2008 - 17:13

De : librairemimi Envoyé : 2003-08-12 01:05
Je te comprends Frisette

Moi aussi je trouve que son écriture n'est pas très élaborer mais non de dieu le senteur je les sentaient vraiment.

Voici donc ma critique

Le Parfum

Patrick Suskind

Ma note 5/5

Grenouille est laissé à lui-même lors de sa plus tendre enfance personne ne veut de cet enfant finalement quelqu’un décide de le prendre à sa charge. Grenouille à un flaire super développer. Lorsqu’il est plus vieux il va travailler pour un parfumier renommer. Lui dévoile le secret d’un parfum très renommer dans une autre parfurmerie pas très loin. Le parfumier en ai très fière, enfin il va pouvoir être riche mais grenouille tombe malade et est au seuil de la mort. Le pauvre parfumeur ce demande bien ce qu’il va advenir de lui.

Puis Grenouille décide de partir et se retire 7 ans dans une caverne. Au bout de ces 7 années il décide de sortir et se retrouve dans un village où les haut dirigeants de la ville crois au miracle lorsqu’il découvre que cette homme à survécu pendant tout ce temps dans la caverne et nourri par des militants enfin c’est ce que Grenouille à bien laisser croire. Puis Grenouille sent bien que les gens on une odeur et lui ne sent rien sur lui, il décide donc d’essayer de sans faire une. Plus tard lui vient l’idée de comètre c’est meurtre de jeune fille pour un total de 25 jeune fille pure et vierge. Mais pourquoi s’acharne-t-il sur ces jeunes filles qui sont si jolie? Qu’est-ce qu’on va faire de ce tueur ce meurtrier?

J’ai vraiment aimé ce livre je suis contente de l’avoir lu.

mimi


De : la-grande Envoyé : 2003-08-12 10:50
Le Parfum

Note: 4.5/5

Le parfum est un livre qui marque - c'est un des rares livres dont je me rappelais certains passages très clairement. Probablement parce que Jean-Baptiste Grenouille ne ressemble à aucun autre personnage - il est définitivement unique.

Les premières pages où l'auteur décrit les odeurs dans Paris sont absolument inoubliables.

Toutefois, je dois avouer que ma relecture, en anglais cette fois, du Parfum ne m'a pas laissé les mêmes impressions que la première fois. Peut-être parce que, comme Frisette le mentionnait, l'écriture n'est pas des plus poétiques... et l'anglais étant une langue plus "dure" que le français, je pense que c'est encore plus difficile de faire passer les émotions. Je ne voudrais pas le lire en allemand!!!!

Mais ça reste que c'est une histoire que j'aime beaucoup - à cause de Grenouille, à cause de sa passion et de son besoin pour les parfums et les odeurs - les personnages qui vont au bout de leur passion, peu importe les conséquences me plaisent!


De : margote Envoyé : 2003-08-12 13:44
J'ai été littéralement transportée par ce roman, je pense que ce qui m'a fasciné, c'est la neutralité de Grenouille, il vit dans un autre monde, celui des parfums, et rien d'autre lui importe, tout ce qui toucherait le quidam, Grenouille l'ignore, il aurait pu faire une carrière formidable dans la parfumerie par exemple, mais ça ne l'interresse pas, chez ce garçon toutes les valeures sont faussées, sans doute par une éducation dissolue. Il a ce coté animal, qui fait que le bien ou le mal, lui sont étrangés, c'est comme un extra-terrestre qui aurait forme humaine, c'est ni un homme, ni un animal, d'ailleurs, l'auteur le compare volontiers à une tique.
J'ai bien aimé aussi la description du Paris du XVIII ème siècle, toute cette crasse semble suinter des murs, et s'y déverser en flots ininterrompus.
Bref, je pense avoir succomber au charme de l'ultime parfum

5/5 sans hésiter

Heu...La Grande, il y a aussi des poètes en Allemagne !


De : lucepico Envoyé : 2003-08-12 15:05
Le parfum, Patrick suskind 4,5/5

J'ai beaucoup aimé ce roman.
Habituellement, je n'aime pas les descriptions. Ce roman fait exception car les descriptions qu'on y lit ne sont pas terre à terre, elles sont à un autre niveau, celui des odeurs. On ne nous décrit pas une ville, on nous décrit l'odeur de la ville. On ne nous décrit pas un homme, on nous décrit son odeur.
J'aime les personnages hors du commun, les différents. Grenouille en fait parti. Je n'ai pas pu le détester malgré qu'il soit dépourvu d'humanité. J'ai même adoré Grenouille et sa quête du parfum ultime. Quel être génial!
Je ne peux plus m'empêcher de sentir maintenant.... C'est donc un roman qui change un peu la vie.


De : petitelune18 Envoyé : 2003-08-12 20:41
Bon pour une fois que je ne suis pas dans les dernières à faire ma critique à moins que personne ou presque de l'aie lu.

Le parfum de Patrick Suskind

3,5/5

J'ai aimé le livre mais en même temps, je le trouvais plate. Peut-être qu'il y avait certain passage que j'aimais dû à l'action, mais les description à n'en plus finir, pas pour moi.

petitelune


De : boogok Envoyé : 2003-08-12 20:57
Seconde lecture du parfum pour moi également.

5/5

Les descriptions olfactives à elle seule valent le détour. Pas de poésie mais une écriture tranchante qui va dans le vif mais tout en étant pudique.

La description des meurtres est tout à fait adaptée au personnage de Grenouille: déshumanisée, insensible, aseptisée d'émotions. Et pourtant que de viande autour de l'os lorsqu'on nous décrit les odeurs.

En terminant ce livre, lors de la première lecture, je me surprenais à sentir les odeurs et tenter de les définir. Je n'ai à ce jour rien lu qui m'ait autant dépaysée.

Le parfum, c'est pour moi, comme une autre littérature.


De : melodie74 Envoyé : 2003-08-13 19:05
Ah, j'ai décidé d'abandonner...Mais je l'avais déjà lu il y a environ deux ans et je n'avais pas adoré et cette fois-ci, ça a été pareil. Je fais donc ma critique selon ma lecture d'il y a quelques temps (est-ce que j'ai le droit???).

Ma note : 3/5.

Pourtant, j'aime bien le début du livre, quand Grenouille naît puis grandit, visiblement très différent, mais quand on commence à avancer plus profondément dans l'histoire, je débarque. Même si j'aime bien les livres avec des belles et grandes descriptions, cette fois-ci, elles me laissent assez indifférentes, peut-être justement à cause du commentaire de Margote qui parle de neutralité. Tout est au neutre, pour moi, dans ce livre. Oui, c'est "beau", bien écrit, etc. mais il n'y a rien qui me touche. Grenouille est très unidimensionnel et on en revient toujours à la même chose.

Je pense que l'idée centrale du livre est vraiment géniale mais pour ce qui est de moi en particulier, ça n'accroche pas, mais je comprends très bien comment il peut toucher beaucoup de gens.

Bonne soirée,
Mélodie


De : Sandriine_1616 Envoyé : 2003-08-17 04:14
Le parfum


Ce livre c'est pas possible de s'en décrocher, c'est vraiment incroyable et après l'avoir lu on a encore pour longtemps des images récurrentes dans la tête! Je l'ai adoré sans toutefois apprécié la manière dont il est écrit comme si l'auteur avait réussi à trouver un parfum spécial a son livre pour pas qu'on puisse le lacher

ma note : 4/5


De : Agnès94 Envoyé : 2003-08-17 15:55
Pour ma part, je donnerai à ce livre 3/5
Car avant tout, il est curieux, très curieux. On est à Paris, mais pas le beau Paris, le Paris miséreux, puant, répugnant. Comme dirait Beaudelaire : "des ténèbres qui puent". Dès le départ, on assiste à une tentative d'enfanticide qui échoue, et de là survit un monstre. Un monstre qui naît dans les ordures et qui pourtant n'a aucune odeur, un monstre sans parents, sans repères, errant dans la ville et ayant pour seul objectif celui de survivre. Le personnage est en fait quasi inhumain, autant pour sa capacité à survivre que pour son flair animal. Il ne connaît aucune émotion, et agit en quête d'un idéal : celui de créer le parfum, l'odeur parfaite, absolue, et de se la mettre sur le corps.
Suit alors une série de meurtres de jeunes filles dont la beauté symbolique et la pureté de la virginité rendent leur parfum délicieux.
On assiste donc en fait à une certaine alchimie du don de plaire : l'homme trouve son prochain plaisant selon des critères parfois complètement arbitraires et inconscients : quoi de plus mémorable que le moment ou Grenouille, après s'être imbibé du parfum de ses victimes, semble aux juges tout à fait innocent de par son odeur!
De plus, lors de sa création de parfums sublimes, l'auteur s'amuse à montrer que Grenouille mélange les odeurs délicates et douces aux puanteurs, qui rendent le parfum encore meilleur!
Ce livre est curieux, mais il sait aussi très bien montrer le charme et l'envoûtement que peut créer un parfum, et son pouvoir étrange. On voit là une sorte de conception poétique du parfum et de son action sur l'homme.
Enfin, je dirais que la bestialité de Grenouille et sa quête de l'absolu parfum ne pouvait que se finir comme cela s'est terminé : des hommes aussi miséreux et bestials que lui l'ont mangé, comme pour obtenir ce parfum divin et le posséder en eux, tout simplement.


De : nimbus Envoyé : 2003-08-17 16:34
Je ne voulais pas donner mon opinion, parce que j'ai lu ce livre il y a plus de quinze ans, et ne l'ai pas relu depuis.Cependant, il s'agit d'un livre suffisamment fort pour que j'en garde une vision assez claire.
L'implication est tellement forte, qu'il me semble que certains évaluent Gribouille, le héro du roman, alors qu'il est question d'évaluer le romancier, sa fiction, et la façon dont il nous la livre!
En ce qui me concerne, c'est un livre qui m'a fait évoluer, je suis heureux de l'avoir lu!
Cependant, j'ai trouvé la fin décevante, car trop convenue et attendue!
Comme l'a dit souvent Polo, savoir terminer une histoire est très important, et probablement difficile!
Ma note: avec le recul: 4/5 (à l'époque j'aurais certainement mis plus!)
A vous!


De : Mousseliine Envoyé : 2003-08-17 21:50
J'ai lu ce livre ça doit faire 3 ans, je copie ici la critique que j'avais fait de ce livre:

Le parfum

À lire absolument, absolument...parce que c'est différent, complètement différent, c'est fou, bizarre par bout, et on sent, pour sentir oui on sent...et là faut le faire, quelle habileté de la part de l'auteur. Le personnage principal, Grenouille, est fou, monstrueux et j'adore la folie dans les romans.

Le premier tiers du roman est assez malodorant par contre, dérangeant, mais on finit par comprendre le personnage de Grenouille et là on ne peut faire autrement que d'être épaté! L'écriture est magnifique et très riche, on peut même dire que l'écriture est odorante. Smile

Mais c'est un livre qui m'a beaucoup dérangée...je ne sais pas trop comment expliquer mais ça me mettait mal à l'aise. Toutes ces odeurs me harcelaient.

Impressionnant!

Note : 4.25/5
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Re: Août 2003: Le Parfum de Patrick Süskind

Message  Prospéryne le Sam 15 Nov 2008 - 17:14

De : Crystabel Envoyé : 2003-08-20 21:42
Bonsoir,

Je suis extrêmement gênée parce que je viens de terminer Le Parfum et je n'ai pas été aussi emballée que la grande majorité d'entre vous. Suis-je normale ? J'étais emballée au départ, enivrée par toutes les odeurs et croyant posséder l'intrigue. Süskind s'est bien joué de moi. Le roman est en effet très curieux et très original par le sujet qu'il traite, mais mon intérêt a vite sombré lorsque le héros Grenouille est allé se "purifier" de l'odeur des hommes dans sa grotte, tout là-haut sur une montagne déserte. Qu'est-ce que ça vient apporter à l'intrigue ? Ne pouvait-il pas se rendre compte qu'il n'avait pas d'odeur auparavant, sans cette masquarade stylistique (assez faiblement réussie) du rite initiatique avec descente aux enfers et tout?? Je suis assez choquée, à vrai dire, comme si j'avais l'impression d'avoir perdu mon temps. Même lorsqu'enfin nous arrivons au paroxysme de l'intrigue, Süskind ne réussi pas à me garder en haleine. J'ai tout simplement eu envie de le finir "au cas où il se passerait quelque chose"... ce que je me suis désespérée d'attendre jusqu'à la toute dernière page. Le style me faisant "buter" sur les mots et relire les phrases qui glissaient mal dans ma tête. Difficile à expliquer, mais pour que j'apprécie un auteur, son écriture doit être fluide et couler d'elle-même. Petite parenthèse... le style de John Irving (que j'ai découvert avec L'oeuvre de Dieu, la part du diable) m'a également fait presque "sacrer" tant je butais sur ses longues phrases cahoteuses... mais une fois bien dedans... ce qui n'a pas été le cas avec Süskind. N'avez-vous pas eu l'impression que l'auteur faisait de la didactique ? Ses tournures de phrases sont très répétitives, ça m'a dérangé, tant que j'en ai lu un extrait à mon conjoint pour qu'il me donne son avis, pensant que j'étais folle ! À la page 26 (de l'édition du Livre de Poche), lorsque Grenouille est comparé à une tique, le mot "tique" y est répété 7 fois avec amples descriptions du comportement de cet insecte pour qu'on comprenne bien. Hé ho, j'ai saisi !!

Je retiens cette citation, tout de même, qui m'a paru comme le moment le plus "stylisé" et le plus poétique de l'oeuvre:

Car les hommes pouvaient fermer les yeux devant la grandeur, devant l'horreur, devant la beauté, et ils pouvaient ne pas prêter l'oreille à des mélodies ou à des paroles enjôleuses. Mais ils ne pouvaient se soustraire à l'odeur. Car l'odeur était soeur de respiration. Elle pénétrait dans les hommes en même temps que celle-ci; ils ne pouvaient se défendre d'elle, s'ils voulaient vivre. Et l'odeur pénétrait directement en eux jusqu'à leur coeur, et elle y décidait catégoriquement de l'inclination et du mépris, du dégoût et du désir, de l'amour et de la haine. Qui maîtrisait les odeurs maîtrisait le coeur des hommes. (p. 173)

Pour les descriptions (étonnantes et saisissantes) j'accorde un 3/5.

Crystabel
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Re: Août 2003: Le Parfum de Patrick Süskind

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