Pierre PEJU (France)

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Pierre PEJU (France)

Message  Louvaluna le Mar 11 Nov 2008 - 14:57

De : Chantal5500 (Message d'origine) Envoyé : 17/07/2004 21:44

LA PETITE CHARTREUSE (Pierre PEJU)
Folio N°3991 - 200 p.
Prix du Livre Inter 2003

4ème de couverture :
Sous une pluie froide de novembre, la camionnette du libraire Etienne Vollard heurte de plein fouet une petite fille en anorak rouge qui, affolée, courait droit devant elle, après avoir vainement attendue sa mère, jeune femme fuyante et transparente.
Désormais, cet homme va devoir vivre avec les conséquences de l’accident. Affublé d’une paternité d’emprunt, Vollard jusque là introverti et solitaire, commence à réciter à l’enfant plongé dans le coma des textes littéraires contenus dans sa mémoire fabuleuse. Lorsque l’enfant s’éveille, elle a perdu l’usage de la parole. Alors fuyant ses insomnies et ses angoisses anciennes, le libraire emmène Eva marcher dans les paysages de la Grande Chartreuse, lieu sauvage et splendide où vivent des moines qui ont fait vœu de silence. Un gros homme encombré de lui-même, une mère bien trop jeune, et une fillette précocement fracassée par la vie forment un étrange trio : le triangle des solitudes. Le narrateur de cette histoire, témoin de l’enfance et de la jeunesse de Vollard, exprime sa fascination pour ce libraire inoubliable. Mais ce roman-conte est aussi un hymne inoubliable à la littérature, une méditation sur le fragile pouvoir des livres.

J’ai lu cette histoire très vite, elle est belle et triste et raconte la rencontre de trois solitudes. Elle nous parle aussi de l’amour de la littérature, de l’amour des livres, amour qui peut quelquefois être un trop grand refuge et qui peut nous empêcher de vivre.
Mais je reste sur ma faim et je ne sais trop pourquoi : personnage de la mère pas assez « analysé » ? écriture pas assez « coulante » ? J’ai l’impression que ce roman aurait pu être magnifique et qu’il n’est que réussi…., ce qui est déjà pas si mal !
3,8/5



De : Flo7717 Envoyé : 18/07/2004 11:47

La petite chartreuse

Lu il y a pile un an
Cette histoire ressemble à un conte plein de poésie. Elle semble irréelle ; cette impression de songe éveillé m’a permis de traverser le livre sans ressentir d’émotions trop vives pour un livre souvent décrit comme triste. Pourtant c'est bien d'une tragédie qu'il s'agit... Les personnages sont touchants dans leurs faiblesses, leur fragilité. Mais au-delà des personnages humains, on ne peut éviter de considérer la montagne comme un personnage à part entière. Tout d’abord ce sont les montagnes qui cernent la ville qui donnent un sentiment d’étouffement à Vollard et à la mère d’Eva (ce que je comprend d'autant mieux que c ce que j'ai ressenti en arrivant à Grenoble il y qqs années!) ; ensuite c’est dans la montagne que Vollard se réfugie pour confier sa détresse. C’est encore dans là-bas, dans le massif de la grande Chartreuse, qu’Eva sera hospitalisée. Dans ce massif, décrit comme une bête, tout s’achève. La montagne est avide de vies humaines, telle un monstre, mais elle est aussi dangereusement fascinante. Enfin, il y a les livres ; bouées de Vollard mais aussi vraisemblablement boulets, tant sa mémoire prodigieuse lui échappe, mémoire aussi garde-fou contre ses cauchemars. Un livre riche donc sous sa simplicité. Un livre fort.

Bref j'avais adoré !

5/5

Ce livre a reçu le Prix du livre Inter en 2003, prix décerné par les auditeurs de la radio France Inter.

Sur l'auteur : Né en 46 dans une famille de libraires d'origine lyonnaise, Pierre Péju est aujourd'hui professeur de philosophie au lycée international Stendhal, à Grenoble, et directeur de programme au Collège international de Philosophie. Il est aussi l'auteur de plusieurs essais, romans, contes et nouvelles.



De : doriane99 Envoyé : 26/11/2005 09:57

Le rire de l'ogre
Gallimard 2005, 308 pages

L'histoire de deux enfants de la guerre : Paul et Clara. Paul est le fils d'un résistant français mystérieusement assassiné après la guerre, Clara la fille d'un médecin de la Wehrmarcht. Enfants de la paix, ils tentent de vivre avec leur lourd héritage...

Une première partie : alternance de deux histoires,
- l'une en 1963 : Paul lycéen français passe quelque temps chez Thomas, son correspondant Allemand, il y vit ses premières amours avec Clara.
- L'autre en 1841, en Ukraine, Le Dr Lafontaine, père de Clara, et son ami le Lieutenant Moritz participent aux atrocités de la guerre.

Seconde partie : la vie de Paul depuis son retour en France jusqu'en 2037, où il fait le bilan de son existence. Il y croisera à plusieurs reprises la vie de Clara.

Mon avis
J'ai été très secouée par ce livre... On voit se débattre Paul et Clara, lourds de leur héritage. S'ils n'ont pas connu la guerre, ils en supportent les effets. Malgré la paix environnante, ils n'arrivent pas à s'affranchir du passé de leurs pères. De très belles phrases, des passages poignants. Et la fin où Paul fait le bilan de sa vie est très émouvante. Un vrai coup de coeur

Ma note : 5/5



De : Lhisbei Envoyé : 29/11/2005 21:21

La petite Chartreuse

Quatrième de couverture
Sous une pluie froide de novembre, la camionnette du libraire Etienne Vollard heurte de plein fouet une petite fille en anorak rouge qui, affolée, courait droit devant elle après avoir vainement attendu sa mère, jeune femme fuyante et transparente. Désormais, cet homme va devoir vivre avec les conséquences de l'accident. Affublé d'une paternité d'emprunt, Vollard, jusque-là introverti et solitaire, commence à réciter à l'enfant plongée dans le coma des textes littéraires contenus dans sa mémoire fabuleuse. Lorsque l'enfant s'éveille, elle a perdu l'usage de la parole. Alors, fuyant ses insomnies et ses angoisses anciennes, le libraire emmène Eva marcher dans les paysages de la Grande Chartreuse, lieu sauvage et splendide où vivent des moines qui ont fait vœu de silence. Un gros homme, encombré de lui-même, une mère bien trop jeune, et une fillette précocement fracassée par la vie forment un étrange trio : le triangle des solitudes. Le narrateur de cette histoire, témoin de l'enfance et de la jeunesse de Vollard, exprime sa fascination pour ce libraire inoubliable. Mais ce roman-conte est aussi un hymne inoubliable à la littérature, une méditation sur le fragile pouvoir des livres .

Mon avis concernant ce livre est mitigé. C’est une ode à la littérature, un conte initiatique qui contient une réflexion sur le pouvoir des mots. Les silence de la petit fille, ceux de sa mère font écho au trop plein de mots du libraire hypermnésique. Seulement j’aurais aimé que ces mots et que la littérature aient aussi un pouvoir de guérison, d’apaisement des souffrances. Ce qui n’est pas le cas. Le pessimisme est présent tout au long du récit, pesant sur le lecteur qui frôle la dépression nerveuse. Et je dis non, je n’aime pas cette vision des choses : pas de happy-end, pas d’espoir possible, ta vie n’est que douleur et malheur. Le style est très travaillé, un peu trop pour moi. C’est un bon livre, bien écrit, mais je n’ai pas aimé. Je préfère croire que la littérature peut apporter du bonheur et je suis à l’exact opposé d’Etienne Vollard, un homme seul et solitaire qui se réfugie dans les mots écrits par d’autres pour s’évader de son malheur, de la vie qu’il ne sait pas vivre. La lecture est certes une activité solitaire mais ce n’est pas qu’un refuge, c’est aussi une façon de s’ouvrir aux autres et au monde, l’occasion de rencontrer des auteurs par de là le temps et l’espace grâce à leurs mots, d’appréhender de nouvelles idées. Le livre est aussi un lien social : les lecteurs se rencontrent (dans les bibliothèques, sur internet, au travail ou au supermarché – ça m’est arrivé au rayon livres d’un hypermarché, ne rigolez pas - bref dans tous les lieux inimaginables) et discutent de leurs dernières lectures, finissent par se prêter ou se conseiller des livres, vont rencontrer les auteurs sur des salons…Et la littérature a aussi le pouvoir de faire rêver, de chasser les idées noires, de faire rire, de faire réfléchir. Un vrai concentré de bonheur en somme. Et tout moment de bonheur est bon à vivre.

ma note 3,5/5
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Re: Pierre PEJU (France)

Message  flop-itude le Mer 23 Sep 2009 - 13:21


Il démarre très bien ce livre. L'explication à partir d'un cours de psychogéographie de ce qu'est la diagonale du vide est très poétique. Dans un aéroport un homme décide de larguer les amarres, d' abandonner son entreprise de packaging qu'il dirigeait avec un ami d'enfance mort brutalement quelque temps auparavant. Il roule sans but précis jusqu'aux confins de l'Ardèche et de la Haute-Loire pour atterrir dans un gîte un peu vieillot à la morte saison. C'est alors qu'apparait une blonde énigmatique, une randonneuse de la diagonale du vide qui marche mue par une la volonté de réaliser le désir d'un autre qu'un accident à cloué dans un fauteuil roulant. S'il n'y avait qu'elle encore, j'aurai peut-être été indulgente en me disant qu'il y avait en moi un fond d'antimilitarisme qui m'empêchait de comprendre cette mystérieuse militaire au comportement immature mais la deuxième femme du livre est presque pire. Elle se meurt et a des choses fondamentales à dire au narrateur qui lui ne veut pas comprendre alors que nous on sait déjà depuis un moment. Vraiment la deuxième partie est aux antipodes de la première, ça sonne faux avec cette espionne de pacotille et cette pathétique malade dont on regrette l'approche superficielle de Péju. Par contre, le personnage de la mère est bien campé et je m'interroge sur le fait qu'il n'ait pas exploité cette piste. Je vous épargne la description de Francis, celui pour qui la belle s'épuise sur ce chemin désert, il a quelque chose de superman ...J'arrête là mais ma déception a été grande, c'était si bien parti et puis la Petite Chartreuse était un tellement bon bouquin!

Si vous tenez à une note je mets 3



Pierre Péju

Né à Lyon, Rhône
Vit en Isère


Pierre Péju, origine lyonnaise, famille de libraires, études de philosophie à la Sorbonne, Mai 68, collabore dès 1971 à divers journaux et revues, enseigne la philo durant douze ans dans des lycées parisiens, avant de venir vivre au Chevalon, près de Voreppe. Il est actuellement professeur au lycée international Stendhal, à Grenoble, et directeur de programme au Collège international de Philosophie à Paris.
Il est l'auteur de récits, contes et nouvelles (comme "Premiers personnages du singulier"), d'un long roman de voyage ("La Part du sphinx"), écrit à la suite d'un "voyage en Orient" (rendu possible par une bourse de création littéraire du CNL). Mais il est surtout l'auteur de textes littéraires dans lesquels le travail d'écriture consiste à tresser notes autobiographiques et pensées rapides (comme "Vitesses pour traverser les jours" ou "La Vie courante" qui a obtenu en 1996 le prix Autres de Rhône-Alpes).
Pierre Péju est aussi l'auteur d'essais sur le conte, sur le récit et surtout sur le romantisme allemand. Son ouvrage "La Petite fille dans la forêt des contes" qui se présente comme une "poétique du conte" et combat toutes les interprétations réductrices du merveilleux, a eu cinq rééditions chez Robert Laffont.
Aux éditions Phébus, il a publié "L'Ombre de soi-même", qui est une biographie de E.T.A. Hoffmann et une réflexion sur le fantastique.
Aux éditions José Corti, Pierre Péju s'occupe de la Collection romantique (domaine allemand) où il a publié, préfacé et annoté des contes peu connus de Tieck, Bonaventura, Schiller et Chamisso. Il collabore à "La Quinzaine littéraire" et à quelques autres revues. Ses autres éditeurs sont Le Mercure de France et Aubier.
Pierre Péju a écrit des pièces de théâtre "radiophonique" diffusées plusieurs fois sur France-Culture (dont "La Nuit", interprétée par Michaël Lonsdale) et plusieurs de ses nouvelles ont été adaptées pour la scène.
En 1998, Pierre Péju a publié aux éditions Gallimard "Naissances", puis en 2003 "La Petite Chartreuse" qui a obtenu le Prix du livre Inter. Depuis ont paru "Le Rire de l'ogre" et "Coeur de pierre" chez le même éditeur. P.P.



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La petite chartreuse - Pierre Péju

Message  cecile le Mer 6 Oct 2010 - 17:55



La petite chartreuse
Pierre Péju
Gallimard
179 pages
2003

Mon avis :

Ce livre ayant été maintes fois commenté, je ne remettrai donc pas le résumé. Je l'ai lu en une après-midi, car il est aussi passionnant que court, et été d'emblée captivée par le récit de l'étrange vie d'Etienne Vollard. Un homme très humain et sympathique passionné par la littérature et qui va se retrouver embringuer dans une malheureuse histoire. Ce brave libraire m'a beaucoup ému. Le récit est très bien mené, les personnages attachants et la fin, que je ne dévoilerai naturellement pas, inattendue (du moins en ce qui me concerne). Je n'avais jamais lu de romans de Pierre Péju auparavant et vais donc m'intéresser de plus près aux écrits de ce romancier. Bien évidemment je suggère vivement, pour celles ou ceux qui ne connaissent pas cet auteur, la lecture de ce roman qui ne devrait certes pas les décevoir.

Note : 4,75/5
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Re: Pierre PEJU (France)

Message  Clochette le Mer 6 Oct 2010 - 18:57

J'ai lu ce livre il y a quelques années, et j'avais vraiment beaucoup aimé. Tout plein de poésie... Tu sais qu'il a été adapté au cinéma avec Olivier Gourmet dans le rôle du libraire.
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Re: Pierre PEJU (France)

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