Orhan PAMUK (Turquie)

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Orhan PAMUK (Turquie)

Message  Louvaluna le Lun 10 Nov 2008 - 13:57

De : Chantal5500 (Message d'origine) Envoyé : 09/01/2006 22:13

NEIGE
Gallimard - 485 pages
Prix Médicis du Roman Etranger 2005 - Traduit du turc par Jean-François Pérouse.

Kerim Alakusoglu, appelé Ka (comme ses initiales), est un journaliste-poète qui a vécu des années d'exhil politique à Francfort en Allemagne. De retour à Istanbul, son journal l'envoie à Kars, ville du Nord-Est de la Turquie, pour y suivre les prochaines élections municipales et enquêter sur le suicide de plusieurs jeunes filles voilées. Mais Ka y va également pour retrouver la belle Ipek, ancienne camarade de faculté, qui vient de se séparer de Muhtar, un islamiste candidat à la mairie de Kars. Et la tempête de neige arrive en même temps que Ka, isole toute la ville et va durer trois jours au cours desquels de nombreux évènements vont arriver et la vie de Ka s'accélérer....

Ce roman est à la fois très politique et très poétique : politique parce qu'y sont soulevés de nombreux problèmes contemporains de la Turquie tels que le port du voile, la pauvreté, les différents courants politiques en présence (nationalistes, marxistes, islamistes, laïques, militaires), les questions kurde ou arménienne.... ; poétique parce qu'il y règne toute une ambiance feutrée et quelquefois étouffante due à la neige et qu'il y est beaucoup question de poésie. La lecture ne m'a pas été particulièrement facile, je l'ai trouvée longue par moments, j'ai dû faire des recherches sur l'histoire de la Turquie pour mieux comprendre, mais je sors de celle-ci très contente, à la fois de l'avoir terminée mais aussi d'en savoir beaucoup plus sur ce pays, au moment où son intégration dans l'Union Européenne est en débat. En tout cas, voici un grand et courageux auteur turc que je relirai certainement.

3,8/5

Orhan Pamuk, né à Istanbul en 1952, est l'auteur notamment du "Livre noir" (1995), qui fut un grand succès international. "Mon nom est rouge" (2001) lui a valu le prix du meilleur livre étranger en France, en plus des nombreuses autres distinctions reçues dans d'autres pays, comme l'Independent Foreign Fiction Award ou le prix Impac. Orhan Pamuk intervient régulièrement dans la presse internationale sur des questions touchant la Turquie. Sa liberté de paroles lui vaut d'ailleurs actuellement un procès qui se déroulera en février 2006) . Le 12 octobre 2006, il est consacré par le Prix Nobel de Littérature.



De : gallomaniac Envoyé : 04/01/2007 09:42

Le château blanc, Orhan PAMUK, 1985 trad. Munever Andac 1996. Ma note 3/5
Gallimard Folio 2006, 259 pg.

Ce roman Turque se situe dans le regne du Sultan Mehmed IV (1648-1687). Un esclave Italien (le "Moi" narrateur du livre), refuse à 20 ans de se convertir et se dit médecin. Il est appelé à la cour d'un Pacha où il se trouve face à un savant, qui lui ressemble comme un double. Il est donné comme esclave a ce Maître. Ils sont effrayés, intrigués par leur ressemblance et pendant plusieurs decennies, tout en s'occupant de science, il s'épient, s'imitent, se partagent ou se volent leurs idées, cherchent leurs "moi", écrivent leur passé et changent petit à petit de personnalité. Ils font des recherches cosmologiques, ecrivent des histoires, expliquent des songes et sont obligés de faire des prédictions (qui selon eux sont des boufonneries). Après une période de peste, ils sont introduit chez le Sultan qui les confronte à un imitateur, qui les imite à tour de role pour faire voir à quel degré leur identités sont dejà mélangés. A la fin, la construction d'une puissante machine de guerre et une quête à ce qui est dans le cerveau des hommes, menée sous pression violente, sont des fiascos et le Maître devient sombre de rage et de déception. La machine, mis en action, fait défaut et le sultan mécontent fait couper pas mal de têtes. Le Maître et l'esclave d'un commun accord changent de vêtements et "Lui" part. Des années plus tard, "Moi" en position de Maître, écrit la fin de cette histoire: en Italie, "Lui" a parallelement écrit un livre sur eux deux. Le problème de l'identité continue.
Peut-être qu'il me manquent des clés pour bien positionner le livre. Le sujet de l'esclave catholique chez les muselmanes n'est pas tellement original, le sujet de la transformation de la personnalité n'est pas développé de façon pour en faire un livre profond. Même si le récit contient pas mal de détails sur la Turqui et sur la mode de vie d'un savant Turque, j'ai trouvé le livre un peu monotone et pauvre de sentiments.



De : odilette84 Envoyé : 13/10/2007 17:46

Le château blanc

Si vous ne voulez pas connaître l’intégralité de l’histoire, surtout ne lisez pas la 4 de couv…
Tout y est dit et il n’y a plus aucun suspense…

Quatrième de couverture :
Le narrateur est un Italien de vingt ans, féru d'astronomie et de mathématiques. Capturé par des marins turcs et jeté dans la prison d'Istanbul, il se dit médecin, et est offert comme esclave à un hodja, un savant. Le maître oriental et l'esclave occidental se ressemblent de manière effrayante, éprouvent une méfiance immédiate l'un pour l'autre. Mais ils ne se séparent pas, vivent ensemble, travaillent ensemble, quotidiennement, d'abord sur la pyrotechnie, ensuite sur une horloge, enfin sur une redoutable machine de guerre pour Mehmet IV, dit le Chasseur, sultan de 1648 à 1687. Ensemble encore, ils contribuent à l'éradication d'une épidémie de peste. Tantôt dominant, tantôt dominé, des années durant, chacun raconte sa vie à l'autre. Puis les deux doubles doivent s'engager, avec leur machine de guerre, dans la désastreuse campagne polonaise. Mise à l'essai sur un château blanc, la machine ne fonctionne pas. Craignant pour sa vie, le Maître usurpe l'identité, la personnalité et le passé du narrateur. Celui-ci reste à Istanbul, devient le Maître. Des années plus tard, il entend parler de l'Autre, comme d'un ancien esclave capturé par des marins turcs, et qui s'est évadé...

Ma critique
Je suis un peu déçue par ce roman. Il n’y a eu aucune surprise pour moi .
Très bien écrit, érudit, situé à une époque passionnante, en un lieu passionnant.
Un peu bavard parfois.
Je trouve le titre mal choisi, et les héros un peu trop cérébraux à mon goût…
Ma note 3/5
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Re: Orhan PAMUK (Turquie)

Message  Philcabzi le Mer 24 Déc 2008 - 3:17

De : Ysla Envoyé : 2008-12-16 13:39
NEIGE

Il m'a fallu trois semaines pour lire ce roman ! Pas seulement en raison du livre lui-même, c'est vrai (période de travail intense) mais quand même ! 486p, une écriture dense qui nécessite de la concentration et parfois la relecture de certains passages. Ce qui m'a un peu gênée dans l'écriture, ce sont les fréquentes allusions à ce qui va arriver après, sortes de flashbacks dans le futur, d'une part parce que je préfère ne pas trop en savoir à l'avance, d'autre part parce que je devais garder ces allusions en mémoire pour comprendre ou resituer les choses ensuite. C'est un des éléments qui rendait la lecture assez ardue.
Malgré cela, je n'ai pas lâché ce roman, car l'histoire, l'ambiance et l'intrigue politique sont prenantes. Je ne sais pas si je me suis attachée au personnage principal, Ka, que je trouve assez passif d'une certaine façon, il subit beaucoup je trouve, en négatif comme en positif.
Je pense que "Neige" est un bon roman et qu'il pose des questions importantes, comme celle du voile en tant que symbole politique de l'Islam et celle du génocide des Arméniens, principalement. D'un autre côté, les conversations récurrentes entre les personnages sur Dieu, l'athéisme, l'Islam, le voile m'ont un peu lassée. Certes intéressantes et éclairantes sur la façon dont le monde occidental peut être perçu par les islamistes, elles sont très longues et reviennent souvent.
La description de cette petite ville avec ses vieilles demeures, le poids de l'histoire, sa gazette, ses salons de thé poussiéreux m'a plu, ainsi que le côté oppressant de toute cette neige, le décor est bien planté, on imagine tout très bien et j'ai eu l'impression de faire un voyage hivernal en Turquie ! L'intrigue politique est bien menée et amène des questionnements : une telle histoire a t-elle pu exister en Turquie dans les années 90 ? Ka est-il un personnage réel ou fictif ?
Pour finir, un roman empreint de poésie puisque c'est aussi l'un des thèmes du livre.
Ma note : 3.75/5
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Re: Orhan PAMUK (Turquie)

Message  FilouDlidou le Dim 1 Mar 2009 - 16:24

Mon nom est rouge
1998 pour l'édition originale turque
sept cent trente quelques pages

Résumé :
À Istanbul au seizième siècle, un peintre inspiré mais sans réel talent rassemble, avec l'aval du sultan, une équipe de peintres talentueux pour confectionner un livre luxueux dans lequel sera incorporé des miniatures d'un genre nouveau, des miniatures qui incorporeront, dans une certaine mesure, la manière Européenne de peindre, avec ses lois de la perspective et sa représentation factuelle, à la méthode traditionnelle ottomane. Mais rapidement, des inquiétudes font surface : les Ottomans tentent de peindre les choses telles que Dieu les perçoit, leurs images sont toujours destinées à illustrer un texte et le style personnel, loin d'être encouragé, est perçu comme une faiblesse, alors que les Européens idolâtres sont tout à l'opposé : ils peignent selon les lois de la perspective (selon le point de vue d'un humain, donc), les peintures se suffisent à elles-mêmes et n'ont pas besoin d'un texte pour être comprises, et tout un chacun désire se démarquer des autres peintres en développant son style propre. Les peintres assignés angoissent : ne vouent-ils pas leur âme aux gémonies en se joignant à ce projet? le commanditaire inconnu de ce projet est probablement le sultan en personne, mais nul ne peut confirmer le fait; et puis, il y a ce nouveau prédicateur, venu d'une autre province, pourchasseur infatigable du démon, usant régulièrement de la manière forte lors de raid nocturnes. Puis survient le drame : l'un des peintres lié au projet disparaît, puis est retrouvé quelques jours plus tard au fond d'un puits, la tête écrabouillée. S'ensuivra une enquête que l'on suivra tout au long du livre, entre-coupée de nombreuses digressions sur l'art et ses multiples significations. Qui a tué Monsieur Délicat? En quoi le diable et la peur du diable ont-ils aidé à cet homicide? La réponse se construit lentement, subtilement, et ce faisant nous fait découvrir le monde surprenant de la miniature musulmane médiévale, ses règles et ses valeurs, les conflits et les joies qu'elle nourrissait en son sein, les engouements, les aspirations et les craintes de ses créateurs, la vie de ses ateliers et le sort de ses œuvres.

Mon opinion :
Chaque chapitre étant le fait d'un narrateur unique, mais souvent différent, nous avons droit à un florilège de points de vue, mais l'auteur, malgré cela, se débrouille fort bien pour ne pas nous perdre dans les méandres de cette histoire dense et riche d'érudition. La traduction est très soignée, le style vivant et la structure du roman fort intéressante.

Une autre très belle lecture pour moi, ça va bien ces temps-ci.

Ma note :
4,5 / 5
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Re: Orhan PAMUK (Turquie)

Message  Chantal le Lun 6 Avr 2009 - 12:50


ISTANBUL :
Folio - 547 pages

Avec "Istanbul", Orhan Pamuk nous "peint" le portrait de sa ville, à travers le récit de son enfance et de son adolescence. A partir de l'immeuble Pamuk où réside une grande partie de la famille et en nous racontant sa vie d'enfant (ses rapports avec ses parents, son frère, sa grand-mère, l'école, les promenades au bord du Bosphore, les virées entre copains, son premier amour, son désir de devenir peintre...), il immerge peu à peu le lecteur dans sa ville, lui faisant ressentir profondément une atmosphère triste, très mélancolique (qu'il nomme le hüzün), l'Istanbul des années 50/60 paraissant bien décadente par rapport à l'Istanbul triomphante de l'Empire Ottoman. Il nous peint une ville en noir et blanc (de nombreuses photos en noir et blanc jalonnent également le récit) avec les appartements familiaux très sombres, les ruelles grises aux façades décrépites, les konaks qui brûlent très souvent, le Bosphore où flottent les fumées des vapurs et où passent d'énormes bateaux de toutes nationalités. En même temps, il revient en arrière en nous présentant les oeuvres de Melling, représentant le Bosphore et des vues de la ville (ce qui est en partie cause de son envie de devenir peintre), les récits d'écrivains turcs, ou d'autres d'écrivains français comme Gautier ou Stendhal. Et le récit, malgré tous ses chemins successifs et différents, reste superbement clair, et nous fait un portrait d'une ville partagée encore aujourd'hui entre modernité et conservatisme, occident et orient, démocratie et dictature, laïcité et religion, une ville nostalgique de ses années glorieuses et en pleine mutation.

J'avoue que les 100 premières pages ont été un peu difficiles et longues. Mais ensuite ! J'ai été totalement envoûtée par ma lecture et je l'ai savourée complètement. J'ai eu énormément de mal à me détacher du livre une fois fini, à quitter cette ambiance. Ce livre m'a profondèment marquée et il m'a fallu quelques jours pour démarrer une autre lecture. L'écriture toute en sensibilité et en érudition d'Orhan Pamuk y est pour beaucoup.

Pour moi une très belle lecture : 4,5/5
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Re: Orhan PAMUK (Turquie)

Message  FilouDlidou le Mar 14 Avr 2009 - 20:16

Eh bien j'attendais depuis un peu plus d'un an de rencontrer quelqu'un qui ait lu ce livre qui m'attirait et m'intimidait à la fois. Je suis content de découvrir à la lumière de ta critique que je peux sans trop de crainte ajouter ce titre à mes lectures futures. Merci pour ta belle critique, Chantal.
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Re: Orhan PAMUK (Turquie)

Message  Chantal le Jeu 16 Avr 2009 - 18:09

Merci Filou. Je peux dire que ce livre m'a mise complètement dans l'ambiance stambouliote et m'a bien préparée à mon petit séjour. Prévois aussi le voyage à la suite ! Wink
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Re: Orhan PAMUK (Turquie)

Message  FilouDlidou le Jeu 16 Avr 2009 - 19:11

Chantal a écrit:[...] ce livre m'a mise complètement dans l'ambiance stambouliote et m'a bien préparée à mon petit séjour. Prévois aussi le voyage à la suite ! Wink
En quelles circonstances t'y es-tu rendue? Était-ce pour le travail ou un choix strictement personnel pour tes vacances? Je dois dire que ça m'intimide un peu comme voyage, mais si c'était pour l'ouvrage, j'y joindrais certainement l'utile à l'agréable en prolongeant un peu mon séjour. Autrement, je devrai avant de m'y mettre travailler un tantinet sur mes craintes du vaste monde où l'on ne parle pas ma langue et où s'entassent huit millions de gens sur quelques kilomètres carrés de terrain.
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Re: Orhan PAMUK (Turquie)

Message  Chantal le Ven 17 Avr 2009 - 21:17

Bonsoir Filou,

En fait, c'est le consulat turc de Strasbourg qui propose ce voyage à des enseignants de notre région : nous étions un petit groupe de 8, encadré toute la journée par un guide super, très érudit et parlant couramment le français, très gentil, qui était aux petits soins pour nous, et qui est devenu notre ami. Donc, tout pour apprécier totalement ce séjour, sans aucune difficulté ! Et ce n' est pas 8 millions, mais 20 millions, le nombre d'habitants d'Istanbul....!
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Re: Orhan PAMUK (Turquie)

Message  revolte le Mer 17 Fév 2010 - 17:02

C'est un auteur que j'ai une forte envie de découvrir. La vie nouvelle, neige et Istanbul étant ces romans qui m'intéressent le plus.
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Re: Orhan PAMUK (Turquie)

Message  Parch le Lun 24 Mai 2010 - 10:34

Ohran Pamuk, Le château blanc, 258 pages

Grande déception. L'histoire avait pourtant tout pour me séduire. La relation entre les deux protagonistes est fade. Les descriptions succinctes. Des dizaines d'années passent sans que ce rythme soit bien marqué. En un mot je ne m'attendais vraiment pas à cela de la part d'un prix Nobel. J'avais parfois l'impression de lire un livre pour adolescent. Un style simpliste...

Ma note : 2/5

_________________
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Accomplissement du challenge 2014 : ...
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