Bohumil HRABAL (Republique tchèque)

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Bohumil HRABAL (Republique tchèque)

Message  gallo le Dim 9 Nov 2008 - 17:58

De : PapillonY1 (Message d'origine) Envoyé : 29/08/2004 15:20
Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabal
Edition Points - 126 pages

4e de couverture
Depuis trente-cinq ans, Hanta écrase de vieux livres sous une presse hydraulique. Il écrase, il boit, il écrase, il soliloque en déambulant dans les rues de Prague. Cette culture qu’il est chargé de détruire, il s’est donné pour mission de la sauver. Dans l’avalanche de livres qui se déversent dans sa cave, il fait son choix, arrachant les uns à la mort, réservant à d’autres un traitement plus digne que celui auquel ils étaient promis. Ce faisant, il est bien loin d’atteindre les normes qui lui sont imposées…

Mon Avis :
L’écriture de Hrabal ruisselle comme une cascade : on commence une phrase et on est emporté jusqu’au bout de l’histoire… En chemin, on aura visité la cave où Hanta presse de vieux papiers en buvant de la bière, son appartement où les livres s’entassent au risque de l’écraser à son tour, le jardin de son oncle où tourne une vieille locomotive. Le style passe sans prévenir du mode le plus trivial au mode poétique, voire philosophique. Hanta écrase des souris, chasse les mouches en lisant Kant, en admirant le ciel étoilé et en voyant apparaître (sous l’effet de la bière) Lao-Tseu et Jésus.
Une trop bruyante solitude n’est rien d’autre que la longue méditation d’un vieil ouvrier qui s’interroge sur la disparition d’une certaine culture et voit venir la fin de son monde.

Ma Note : 5 /5


De : PapillonY1 Envoyé : 29/08/2004 15:26
Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabal

Extrait :
"Voilà trente-cinq ans que je travaille dans le vieux papier, et c’est toute ma love story. Voilà trente-cinq ans que je presse des livres et du vieux papier, trente-cinq ans que, lentement, je m’encrasse de lettres, si bien que je ressemble aux encyclopédies dont pendant tout ce temps j’ai bien comprimé trois tonnes ; je suis une cruche pleine d’eau vive et d’eau morte, je n’ai qu’à me baisser un peu pour qu’un flot de belles pensées se mette à couler de moi ; instruit malgré moi, je ne sais même pas distinguer les idées qui sont miennes de celles que j’ai lues. C’est ainsi que, pendant ces trente-cinq ans, je me suis branché au monde qui m’entoure : car moi, lorsque je lis, je ne lis pas vraiment, je ramasse du bec une belle phrase et je la suce comme un bonbon, je la sirote comme un petit verre de liqueur jusqu’à ce que l’idée se dissolve en moi comme l’alcool ; elle s’infiltre si lentement qu’elle n’imbibe pas seulement mon cerveau et mon cœur, elle pulse cahin-caha jusqu’aux racines de mes veines, jusqu’aux radicelles des capillaires. Et c’est comme ça qu’en un seul mois je compresse bien deux tonnes de livres, mais pour trouver la force de faire mon travail, ce travail béni de Dieu, j’ai bu tant de bière pendant ces tente-cinq ans qu’on pourrait en remplir une piscine olympique, tout un parc de bacs à carpes de Noël.»

Biographie de Bohumil Hrabal :
Né à Brno en 1914, Bohumil Hrabal est considéré comme l’un des écrivains tchèques les plus importants de la seconde moitié de XXe siècle. Il a commencé à écrire très jeune, mais n’a réussi à se faire publier qu’en 1963. Entre-temps, il a occupé divers emplois manuels. De 1954 à 1959, il a notamment été employé dans un dépôt de vieux papiers où il a connu celui qui devait plus tard lui fournir le modèle de Hanta. De 1963 à 1968, il occupe le devant de la scène littéraire tchèque. « Avec son humour, son art narratif qui récupère au profit de la littérature les affabulations fantastiques qui ont cours dans les brasseries populaires, Hrabal est un nouveau fleuron du génie plébéien tchèque ; il réussit l’exploit de faire entrer dans l’imaginaire populaire, à travers son œuvre, non seulement de bonnes doses d’avant-gardisme surréaliste, mais aussi l’héritage de l’expressionnisme existentiel tchèque beaucoup plus désespéré et considéré comme marginal, qu’il revendique haut et clair. »(Vaclav Jamek). Après 1968 et l’invasion de la Tchécoslovaquie par les russes, Hrabal est condamné pour pornographie et interdit de publication. C’est pendant cette période qu’il écrit ses plus belles œuvres, qui ne seront publiées qu’après 1990 et la « Révolution de velours ». Bohumil Hrabal est mort à Prague en 1997.

Bibliographie :
Moi qui ai servi le Roi d’Angleterre
La petite ville où le temps s’arrêta
Trains étroitement surveillés
La chevelure sacrifiée
Tendre barbareVends maison où je ne veux plus vivre
Les noces dans la maison
Lettres à Doubenka
Les souffrances du vieux Werther
Peurs totales : Cassius dans l’émigration
Les palabreurs
Les millions d’Arlequin
Les imposteurs et autres nouvelles


De : Mousseliine Envoyé : 23/10/2004 04:28
Une trop bruyante solitude / Bohumil Hrabal
Seuil (21 novembre 1997) Points - 125 pages

Hanta est pressier depuis 35 ans, avec sa machine il détruit des livres et du papier qui sont destinés au recyclage, il réussit à sauver un livre par-ci par-là. L'histoire se déroule à Prague, à l'époque de la deuxième guerre mondiale, du temps où les livres étaient censurés, par millier des chefs d'oeuvres de grands auteurs furent détruits.

Voilà un beau roman car tout est beau dans ce livre. D'abord l'écriture, chaque mot, chaque syllabe m'absorbait littéralement, j'étais ancrée profondément. Une plume fluide, poétique, intimiste. De plus plein de belles choses sont dites, des phrases juste pour la beauté des mots mais aussi des phrases pour la beauté des idées.

L'histoire est très touchante, je ne conçois pas qu'un lecteur puisse rester insensible à cet amour de Hanta envers les livres. Hanta, un homme ordinaire, sans éducation, qui a connu et aimé la littérature en détruisant des livres, dans un sous-sol avec sa solitude trop bruyante.

Aussi c'est tout à fait réjouissant tous ces auteurs cités, on a juste le goût de se garrocher dans la littérature de l'Europe de l'Est et de lire Goethe, Schopenhauer, Kafka, Schiller, Nietzsche, Hegel...

Je le recommande très fortement, un petit livre mais un grand roman!

Note : 5/5


De : Flo7717 Envoyé : 29/10/2004 17:02
Une trop bruyante solitude / Bohumil Hrabal

Hanta écrase des livres sous sa presse depuis 35 ans. Dans l’avalanche de livres qui se déversent dans sa cave, il fait son choix, arrachant les uns à la mort, réservant à d’autres un traitement plus digne que celui auxquels ils étaient promis. Et le lecteur de suivre Hanta dans ses journées entre travail, alcool, soliloques et délires divers. Mais quand je parle de délires, il s’agit la plupart du temps de dérives inspirées, témoin la scène entre Lao Tseu et Jésus (lisez, vous comprendrez !). Hanta a acquis grâce à ces livres une culture autrement inaccessible. Son regard sur les livres et sa façon d’orner les paquets de reproductions de tableaux est empreint de poésie. C’est typiquement le genre de livre dont on souligne compulsivement des passages entiers (et je sais que je ne suis pas la seule à avoir cette déviance !). Cela manque parfois de rythme, puisque le livre repose sur le fil de la pensée du héros, plus que sur des faits. Le final est très réussi. Un petit livre qui vaut le déplacement (et qui m’a donné grande envie de lire la Théorie générale du ciel de Kant – il faut le faire !)

4.25/5


De : sereinejulie1 Envoyé : 20/12/2004 16:12
Bohumil HRABAL : Une trop bruyante solitude

Dans ce roman, Bohumul Habral nous livre Hanta, seul et vieillissant dans le bruit de son monologue et de sa presse, dans le bruit du passé qu'il fait ressurgir à tout moment, qu'il resasse, dont il fait son compagnon, le mêlant au présent, alors qu'il se trouve confronté au vacarme d'une société tchèque en pleine évolution.

Roman très court, qui se lit en quelques heures, mais qui a une force incroyable, qui condense énormément de thèmes. Étonnant aussi, cet ouvrage résolument à part, impressionne par ses partis pris esthétiques radicaux grâce à un texte tout en nuances.

Avec ses nombreuses répétitions et ses phrases qui reviennent comme des leitmotivs, grâce à un style incantatoire, Hrabal finit par nous charmer malgré l'univers glauque qu'il décrit.
4.75


De : la-grande Envoyé : 19/09/2005 14:45
Bohumil HRABAL - Une trop bruyante solitude

Peut-être lu au mauvais moment, peut-être pas assez de concentration de ma part mais je n'ai pas réussi à me laisser émouvoir par le personnage et son histoire.

J'ai voulu me laisser émouvoir mais je n'y suis pas arrivée...

Note: 2/5


De : Friisette Envoyé : 22/10/2005 16:34
Une trop bruyante solitude - Bohumil HRABAL

Comme Lagrande, je n'ai pas été touchée plus que ça par ce roman. Est-ce parce j'avais de grandes attentes après toutes ces critiques dithyrambiques? Peut-être... Mais il reste que je l'ai lu de façon très détachée, sans m'attacher au héros.

Malgré tout, j'ai apprécié certains passages et références, comme sa peur face à ceux qui négligent la culture, qui la détruisent sans émotion, ou la tendresse qu'il a éprouvé pour sa petite tsigane.

Mais pour le reste, je suis restée froide malgré une belle écriture et de belles réflexions. Ça arrive parfois... La petite touche magique qu'on ne parvient pas à identifier n'est tout simplement pas là... Dommage.

3/5


De : Cocotte8017 Envoyé : 13/12/2005 00:59
Bohumil HRABAL: Une trop bruyante solitude

Hanta écrase de vieux livres sous une presse depuis trente-cinq ans. L'histoire se passe à Prague dans le temps de la deuxième guerre mondiale. Parmi les nombreux livres qui s'accumulent, Hanta parviendra à sauver quelques titres censurés.

J'ai été quelque peu déçue par ce livre. J'ai eu de la peine à le terminer même s'il ne fait que 125 pages! Certains passages m'ont plu surtout ceux qui me faisaient découvrir la culture tchèque, mais mon intérêt n'a pas été maintenu. Je décrochais de l'histoire souvent et perdais le fil.

Ma note : 3/5
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Re: Bohumil HRABAL (Republique tchèque)

Message  gallo le Dim 9 Nov 2008 - 17:59



De : Chantal5500 Envoyé : 27/01/2006 18:30
Bohumil HRABAL : UNE TROP BRUYANTE SOLITUDE

Hanta détruit des livres, c'est son métier. A longueur de journée, avec une vieille presse, il détruit, détruit...il est seul et il boit de la bière. Mais, amoureux des livres, il arrive aussi à en sauver des centaines, qu'il entasse chez lui dans tous les coins, jusqu'au-dessus de son lit. Et si c'était lui qui finissait écrasé par ces livres au-dessus de lui ?, se demande-t-il. Et le lecteur entre dans les pensées de cet homme seul, dans ses questions, ses réflexions, ses souffrances...

C'est un livre résistant. Il nous parle de l'écrit, de la littérature mais aussi des totalitarismes, de la résistance, de l'extermination des tsiganes par les nazis, de la fin du monde des petits ouvriers remplacés avec le progrès par d'énormes machines....
C'est sombre, pesant, mais très beau, très prenant et inducteur de plein de réflexions personnelles.
Une écriture très belle, un style très particulier que j'ai beaucoup appréciés.

4,5/5


De : Lhisbei Envoyé : 29/01/2006 14:11
Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabal
Points - 125 pages

Il y a 2 histoires pour ce livre : l’histoire racontée par le livre et l’histoire du livre.
Une trop bruyante solitude est un roman sur l’amour des livres, sur la censure et le totalitarisme et sur le désarroi d’un homme. Hanta est presseur de livres depuis 35 ans. Seul et malheureux il a sombré dans l’alcoolisme. Sa vie n’est qu’une suite de ratages en tous genres. Illettré son métier de croque mort des livres lui a permis de découvrir la littérature et le pouvoir des mots. Et il en est devenu un résistant. En 35 ans il en a sauvé des livres du pilon, des livres politiquement incorrects que la censure a envoyé dans sa cave à un rythme effréné. Détruire, éradiquer la culture, tuer les mots et maintenir le peuple dans l’ignorance et l’oppression, voici ce que dénonce Bohumil Hrabal dans son livre. Et la gigantesque presse décrite au chapitre 6, outil mécanique au service d’une idéologie politique destructrice, m’a donné des sueurs froides.
Le sujet du livre est horrible. Le personnage principal est détestable au début, puis on le prend en pitié et au final on finit par l’aimer. Le ton est grinçant, le lecteur oscille entre rire jaune et profond dégoût. Parfois le livre est drôle parfois il file la nausée. C’est un livre remarquable par la diversité des émotions qu’il procure et par la réflexion qu’il provoque.
L’histoire du livre est elle même aussi remarquable. Une trop bruyante solitude est un récit d'inspiration autobiographique. Bohumil Hrabal a travaillé pendant cinq ans comme presseur de papier dans un entrepôt de vieux papiers, rue Spalena, où est située l'action du roman. Hanta, était son collègue de travail. Une trop bruyante solitude a été publié clandestinement en Tchécoslovaquie. Bohumil Hrabal a été longtemps censuré sous prétexte de grossièreté et de pornographie et deux de ses livres furent envoyés au pilon. Son œuvre a toujours été surveillée par les autorités communistes. Une trop bruyante solitude a été adapté au cinéma et en BD.


Reponse
De : Mousseliine Envoyé : 09/03/2006 04:43
il a l'air drôlement bon ce livre, n'est-ce pas?

Les Noces dans la maison de Bohumil Hrabal
Claudia Ancelot

SDM
Roman achevé en 1985. L'oeuvre retrace la vie plutôt délirante de l'auteur, des années 1950 à la "normalisation" de 1963, à travers la vision (réductrice et caricaturale) qu'en a sa femme. La critique française a été très élogieuse. Une oeuvre tendre, malicieuse, prolixe (au moins, un peu trop abondante). Pour plusieurs critiques, il s'agit du chef-d'oeuvre de l'auteur tchèque.


De : lobadetolosa Envoyé : 07/09/2006 12:55
Une trop bruyante solitude - Bohumil HRABAL

Magnifique!!! Emouvant!!!!
Voilà un livre petit par la taille mais grand par son contenu, son écriture vibrante, son histoire qui prend aux tripes. Comme Fahrenheit de bradbury, ce livre parle de la destruction de la culture au travers des autodafés. L'homme qui doit les écraser et aussi celui qui a récupéré tout ce qu'ils disaient, leurs messages.
De plus, on y apprend beaucoup sur la condition des Tsiganes en République Tchèque. Le passage où le narrateur nous raconte son histoire d'amour avec la Tsigane est poignante, un amour simple.

ma note : 5/5


De : gallomaniac Envoyé : 29/01/2007 20:58
Trains étroitement surveillés, récit de Bohumil Hrabal (1965). Ma note 4,5/5
trad. du tchèque par François Kérel, Gallimard 1969, Folio 1984, 125 pg.

Un stagiaire de gare raconte avec une verve peu ordinaire mais de façon très humaine et poétique les périples dans cette gare à la fin de la guerre 40-45 juste avant et pendant le bombardement de Dresde. Le tout est constitué de petits traits variant du comique et du tendre au sérieux et affreux dans une suite de scènes burlesques, émouvantes, attendrissantes et saisissantes: quelques notions sur le passé, ensuite la vie de gare et ses collègues mèlés dans des affaires sexuelles peu ordinaires, et les trains qui passent: des trains de bêtes pour boucherie, des trains de soldats pour le front, un train aménagé en hôpital venant du front, les trains de l'armée étroitement surveillées, son premier chagrin d'amour, comment il devient un homme pour finir en héros.

Un petit récit d'un grand auteur pour être lu d'un seul trait. Quelques citations pour donner une impression:
"(...) et grand-père continuait d'avancer droit sur ce tank, il avait les bras tendus et par les yeux il injectait aux Allemands sa pensée, faites demi-tour et retournez d'où vous venez... et de fait le premier tank stoppa, toute l'armée s'arrêtait pile, grand-père touchait ce tank du bout des doigts en ne cessait d'émettre la même pensée...faites demi-tour et retournez d'où vous venez, faites demi-tour et retournez d'où vous venez, faites demi-tour... puis(...)"
"(...) nous regardions droit devant nous, occupés à peindre la clôture, chacun de son coté, toujours face à face, il y avait en tout cinq kilomètres de clôture, nous avons passé comme ça tous les jours, face à face pendant cinq mois et nous nous sommes tout dit, Macha et moi, mais il y avait toujours la clôture entre nous; un jour, après avoir peint deux kilomètres de cette clôture, (...)"
"Puis un Allemand se mit à pleurer si bizarrement (...); et ensuite cet Allemand pleura comme un être humain, et (...)"




De : gallomaniac Envoyé : 07/04/2008 13:59
Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabal.
Traduit du Tchèque par Max Keller. Ma note 4/5
Je n'ai pas pu trouver la date de la prémière édition -censuré- en Tchèchie.
Pour la traduction Ed. Robert Laffont, 1979, Points 1991, 126 pg.

Ce petit livre est d'inspiration autobiographique. Bohumil Hrabal (1914-1997), a fini ses études de droit après la guerre 1939-1945, il est agent commercial jusqu'en 1948, puis ouvrier dans une indistrie metallurgique, qu'il quitte en 1954 après une grave accident et il va travailler 5 ans dans un depot de vieux papiers. En 1959, il devient ouvrier dans un theatre et en 1962 il reussit d'avoir un petit pension qui le permet d'écrire des livres. Mais presque tous ses livres de ce premier temps vont être mis au pilon par le régime communiste après le printemps de Prague, 1968.
Un trop bruyante solitude est un long monologue d'un ouvrier et commence ainsi: "Voilà trente-cinq ans que je travaille dans le vieux papier et c'est toute ma love story."
Le narrateur presse des tonnes et des tonnes de vieux papier, y compris des livres d'art et de littérature; des bibliothèques entières y passent et il sauve parfois des livres, les entasse dans sa maison; ainsi il se fait une culture dont il parle dans son monologue (y compris, mais par détour, sur des choses qui choqueront le régime: Hitler, Auschwitz, des livres mis au pilon). Il ne voit que son chef qui le presse de travailler plus vite. Parfois il a des visions de personnages de livre. Les souris envahissent le depot, il asperge le depot pour que cela nourrisse les souris, dont plusieurs sont écrasés avec le papier. Il rêve de la retraite proche, s'inspire sur l'exemple de son oncle vieux machiniste qui a monté un circuit de chemin de fer dans son jardin et il veut achter le pilon qui presse le papier pour continuer après sa retraite: c'est toute sa vie. Mais la technique avance et un pilon géant a été développé: il va le voire et voit son avenir de petit ouvrier s'effondrer devant cette machine. Mais il reste, comme les souris, dramatiquement fidèle à son pilon.

Le sujet semble un peu monomane; le style est assez galopant avec des phrases qui se pressent à tout dire en peu de mots et en même temps s'allongent pour donner une avalanche d'images associatives et répétitives; la lecture n'est pas tout de suite agréable et il y a même des moments de dégout. Pourtant, le livre laisse une impression forte, puisque on ne peut pas le lire sans penser au contexte historique de la Prague de l'occupation Russe et de la vie de Hrabal. Ma note 4/5.
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gallo

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