Jacques CHESSEX (Suisse)

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Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  Mousseline le Dim 9 Nov 2008 - 12:03

De : Sahkti1 (Message d'origine) Envoyé : 2006-03-02 14:30

Jacques CHESSEX, L'Eternel sentit une odeur agréable
Grasset, ISBN 2246666716
Littérature romande

Un ouvrage de Jacques Chessex qui nous livre un bouleversant hymne à la sensualité, en mêlant harmonieusement (et très subtilement) fiction et réalité, en faisant de Roger Vaillant un des héros de son histoire. Un procédé habituel chez Chessex qui l'a utilisé à plusieurs reprises, notamment à propos de son père, ne voulant pas tromper le lecteur mais le promener en sa compagnie au fil de ses pensées et de ses errances. Qu'est-ce qui est réel, qu'est-ce qui l'est-moins, est-ce vrai ? Mais le faux existe-t-il dans la littérature ? L'écrivain ne possède-t-il pas tous les droits à partir du moment où il choisit de raconter une histoire à sa manière ?
Jacques Chessex, sous un habile brouillard de soufre, a-t-il le droit de réveiller des morts pour les attaquer et où devrait-il placer des limites ?
Mêler fiction et réalité est un des jeux préférés de Chessex, il l’a fait dans d’autres textes , notamment à propos de son père. On sent chez l’auteur un besoin d’exorciser comme il peut/veut des tourments qui ne le quittent pas et ne le laisseront jamais tranquille. Avec humour, drôlerie et verve poétique.
Un écrivain qui aime manipuler la poudre, avec, peut-être, une volonté déguisée d'interpeller, voire de choquer, afin qu'on se pose la question de savoir si un écrivain a le droit de tout oser. Et si oui, comment.

Dans le cas présent, l'éditeur pense utile de préciser qu'il s'agit de l'utilisation de personnes réelles dans une fiction. Autant se protéger tant certaines susceptibilités pourraient être froissées par le récit de Jacques Chessex qui présente Vaillant et son épouse comme des pervers sexuels abusant de paysans candides. Ce n'est pourtant pas un secret (je renvoie ceux qui voudraient en apprendre davantage à la biographie d'Yves Courrière, ainsi qu'aux Mémoires d'Elisabeth Vaillant). Si les personnalités des Vaillant sont plus ou moins conformes à la réalité, le décor planté par Chessex sort tout droit de son imagination. A partir de faits avérés, il a construit une fiction, un monde bien à lui tout entier dédié aux mystères du corps et de la sensualité. Avec beaucoup de similitudes, d'allusions ou d'évocations très précises de la vie de Roger Vaillant : sa maison de campagne, son militantisme communiste, ses relations avec un évêque qui acceptera de monter une pièce de Vaillant avec l'aide de la troupe paroissiale, réserve appréciable de chair dans laquelle se serviront allègrement Vaillant et sa femme.
Voyeur ce récit ? Peut-être. L'histoire est narrée par un rescapé de ces folies sexuelles, Jules-Henri Mangin, un serrurier à la retraite, qui explique que si Roger Vaillant était un homme correct dans sa débauche, il en allait tout autrement de sa femme (Lisina), perverse de talent, menaçante et dominatrice. Une femme dangereuse qui peut conduire à la mort (on apprend qu'une jeune fille s'est pendue un soir d'excès, fiction selon Chessex mais le doute est introduit).

Chessex induit (volontairement ?) la confusion en parlant de son admiration pour l'écriture de Roger Vaillant mais sous la plume de son héros, Jules-Henri Mangin, on ressent nettement moins cette affection. Un peu comme si Chessex laissait parler tour à tour l'ange et le démon sur son épaule, comme si il faisait les questions-réponses dans un jeu savamment mené d'avocat du diable. Une dualité que l'on retrouve dans le corps du récit, mêlant spiritualité et sexualité.
La dernière page tournée, l'esprit reprend son souffle, troublé qu'il est devant les informations qui lui sont données. Si il est clairement établi que Mr et Mme Vaillant ont passé leur temps à soudoyer de jeunes ingénues campagnardes dans le but d'abuser d'elles, le personnage de Jules-Henri Mangin, celui qui dénonce tout ça, est une pure création de Chessex. Difficile dans ce cas de faire la part des choses sans émettre des doutes, quelques soupirs et pas mal de questions, d'autant que l'admiration que Jacques Chessex voue à Roger Vaillant est réelle et intense. Chessex est Mangin et vice-versa. Au lecteur de se débrouiller avec ça. Tout en appréciant à sa juste valeur la poésie érotique de Chessex qui nous livre ici quelques superbes passages de douceur et de sensualité.

Ma note: 3/5




De : Sahkti1 Envoyé : 2006-03-02 14:31

Jacques CHESSEX, Jonas
Grasset, ISBN 224638981X
Littérature romande

Un autre Chessex, un de plus, entre fiction et réalité. L'errance d'un écrivain vaudois, Jonas Carex, ancien marchand d'art dont l'écriture s'est éteinte et qui se rend à Fribourg. Pèlerinage de quelques jours, retour à la source originelle, celle qui l'a vue grandir et aimer. Il y retrouve, un peu par hasard, Anne-Marie, amour de jeunesse qu'il a quittée trente ans plus tôt. Jonas découvre qu'elle a eu un enfant, le sien et que ce garçon prénommé Etienne est mort à dix-sept ans. Retrouvailles douloureuses sur fond de volutes alcoolisées. Jonas boit. Il ne sait plus faire que ça. Dès le petit matin. C'est triste et désabusé.

Plongée en eaux profondes dans le désespoir d'un écrivain qui n'a plus goût à rien. Chessex nous dresse le portrait d'un homme assez insupportable. Un auteur en lutte avec une inspiration qui fiche le camp. Un homme qui passe beaucoup de temps à se contempler le nombril et à se cacher derrière un verre d'alcool. C'est vite énervant ce type qui ressasse ses malheurs et disserte sur une baleine et un mythe biblique. L'écriture de Chessex est lyrique et emportée, les digressions sont nombreuses et une certaine érudition relève le texte. Ce n'est pas vraiment elle qui m'agace, c'est plutôt le sujet abordé, cette histoire d'un auteur fini buveur invétéré qui aime maladroitement. Sur ce point, Chessex a réussi son coup, il a donné vie à Jonas Carex, au point que le lecteur finit par détester celui-ci et avoir envie de le frapper pour qu'il se remue un peu.
Je me rends compte en refermant le livre que je ressens chaque fois la même chose face à un bouquin de Jacques Chessex: malaise face à la réalité fictionnelle et colère contre un héros détestable. Ces thèmes sont un leitmotiv profondément ancré chez cet auteur suisse romand, il en joue sans aucune difficulté apparente.

Ma note: 2,5/5




De : Sahkti1 Envoyé : 2006-03-02 14:33

Jacques CHESSEX, L'économie du ciel

Grasset, ISBN 2246649919
Littérature romande

Pierre Chessex, le père de Jacques Chessex, est un notable, un homme qui peut commettre des horreurs et contre lequel on ne peut ou ne fait rien, justement parce qu'il est notable. On sait que Jacques Chessex a beaucoup souffert de la situation, notamment du souvenir de cris affreux d'une fillette battue et violée (lire de lui "Monsieur").
Comme un exorcisme de ce poids trop lourd à porter, près de cinquante ans après le suicide de son père, Jacques Chessex s'attèle à la rédaction de petits crimes imaginaires et supposés.

Le récit est étrange, il relate un secret longtemps caché, la mort d'une jeune ornithologue prénommée Claire, poussée dans le vide dans la région des Ormonts. Réminiscence d'un crime jamais avoué ni élucidé, une rumeur qui veut que Pierre Chessex ait, en 1942, défenestré une femme qui voulait le dénoncer pour avoir violé une réfugiée tchèque.
Pendant des années, Jacques Chessex a promené cette hantise du vide et du vertige, un besoin de s'affranchir et de raconter, un désir d'oublier, de continuer à vivre. Les relations torturées de Jacques Chessex avec son père l'étouffent. Quelle est la part de mystère et de vérité ?

C'est toute l'ambiguité de l'oeuvre de Chessex: jongler entre fiction et réel. A ce sujet, voir L'Eternel sentit une odeur agréable.
Cela peut paraître ennuyeux. Sans doute si l'on n'arrive pas à se placer dans la peau de Chessex. C'est autobiographique, beaucoup de sous-entendus et de non-dits, d'éléments inconnus auxquels l'auteur fait référence sans véritablement guider le lecteur.

Ma note: 3/5




De : gallomaniac Envoyé : 2006-11-30 06:50

Sahkti, tu parles bien d'exorcisme au sujet de Jacques Sessex.
J'ai suivi un temps cet auteur Suisse qui a eu le prix Goncourt 1973 pour "L'ogre". Dans ses livres les personnages principales ont leur consciences déchirés par la hantaise des interdits de la réligion et la soif de vivre jusqu'`a l'exces pervers: toute joie, toute beauté, tout désir est taché du noir du péché, du poids de la culpabilité et de l'angoisse de la damnation. Il y regne l'ambiance des "eglises des bas noires" selon une expression utilisé en Hollande (bas de laine, s'entend). J'avais aimé "L'ogre" et "Les yeux jaunes" pour leur originalité, et après j'ai suivi un temps cet auteur: La confession du pasteur Burg, Jonas, La Trinité, Judas le Transparent, Sosie d'un saint, L'ardent royaume. Morgane Madrigal. L'écriture de Chessex est bonne, il pose les recits joliment sur fond suisse, il jongle avec la psychologie interpersonnelle pour construire le récit, mais les esprits des personnages de Chessex sont trop tordus, et ça tourne trop autour d'obsessions réligieuses, sexuelles et funéraires; c'est pourquoi j'ai perdu l'envie de le lire.
Ta liste challenge 2007 d'auteurs Suisse A-Z est bien intéressante.




De : Sahkti1 Envoyé : 2007-10-23 13:01

Jacques CHESSEX, L'Ogre

Il y a toujours une vaste part autobiographique dans les romans de Jacques Chessex, même lorsqu'il part à la chasse aux faits divers et les réécrit à sa sauce.
Ici, Jacques Calmet, ça ressemble à Jacques Chessex, pas seulement les initiales, mais ces noeuds paternels à démêler, ce passé dans lequel il s'englue, ces longues errances de la pensée à la recherche de tourments qui pourraient nourrir cette tendance à la flagellation.
Jacques Chessex écrit bien, enfin je trouve. Je déplore simplement le fait que trop souvent, il aime à contempler longuement son nombril et monter en épingle des problèmes que d'autres ne soulèveraient même pas. Il y a une tendance à la dramatisation et à la victimisation qui peut agacer par moments. C'est encore le cas ici.
Il crée un personnage assez simple, presque banal, comme il en existe des milliers. Un prof qui apprécie son métier, la jeunesse mais n'aime pas vraiment la vie, qu'il subit passivement. Pour donner du relief à ce Calmet, Chessex utilise le syndrôme du père disparu, étouffant et castrateur. Un procédé qu'il visitera de nombreuses fois dans les romans qui suivront celui-ci.
Cela ne signifie pas que c'est mal écrit, Chessex a un certain charme de plume, mais malgré tout, je ressens de temps à autre avec lui un effet de supercherie qui m'irrite.
Malgré tout, le roman présente des qualités indiscutables, je le reconnais, mais je n'ai pas été séduite outre mesure, ce sont des choses qui arrivent! Smile (2,5/5)
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Un juif pour l'exemple

Message  Invité le Lun 2 Fév 2009 - 18:00

Un juif pour l'exemple Jacques Chessex Grasset 2009
102 P.

1942 à Payerne en Suisse,c'était une cité prospère,ville de charcutier ou le porc est roi,mais la crise est là il y a environ 500 chômeurs ce qui fait un dixième de la population.c'est cela qui va déclencher le drame car pour ces gens il y a les riches dont certains juifs font partie.Alors des paroles malfaisantes sont répandues par le pasteur Philippe Lugrin,un idéologue ,adepte de la Légation nazie à Berne.Le poison se répand dans la ville,justement ça va être l'anniversaire de Hitler le 20 avril ,ce serait bien de lui offrir l'assassinat d'un juif.Fernand Ischi ,un garagiste ,chef de bande,celui qui a imaginé la tuerie entraîne avec lui Robert Marmier ,paysan ruiné et Fritz Joss.Ils ont choisi la victime,ce sera Arthur Bloch,marchand de bétail,un homme qui est apprécié pour son honnêteté,il est à la foire ,blague ,boit un petit coup.Il se fait approché par les tueurs qui lui disent qu'une belle bête est à vendre pas loin de là.Sans se douter de rien,l'homme se laisse entraîner vers sa perte.Dans l'étable ce sera Fritz qui va l'assommer et le découper en morceaux,il a l'habitude puisqu'il a travaillé en boucherie.Les meutriers sont connus ,sont punis mais dès que le pasteur s'est rendu compte que les choses tournaient mal pour lui ,s'est enfuit en Allemagne.

Un petit livre terrible,les faits ont bien eu lieu lorsque l'auteur avait huit ans.L'atmosphère de ce livre nous fait ressentir la haine de ces gens revanchards,qui veulent du sang ,des gens fascinés par le nazisme ,entraînés par de sombres influences.
La dépouille de la victime a été inhummée au cimetière israélite à Berne.Sur sa tombe une inscription " Dieu sait pourquoi "
Sa femme devenue folle est décédée cinq ans après l'assassinat 5/5

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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  Invité le Lun 23 Fév 2009 - 12:37

Le vampire de Ropraz Jacques Chessex Livre de poche 22/02/09
87 P.
Au début du XXème siècle à Ropraz,un petit hameau de Suisse,dans les montagnes du Haut-Jora vaudois qui à l'époque était une région infestée de loups ,isolé de tout,entouré de forêts,mais pas très loin de Fribourg,pays de sorcelllerie.C'est à partir d'un fait-divers atroce qui a eu lieu dans ce village en 1903,que l'auteur a écrit ce livre.Rosa Gillièron,vingt ans.fille d'un juge de paix de la règion vient de mourir d'une méningite,deux jours plus tard ,on l'enterre dans le vieux cimetière,mais le lendemain,le fossoyeur fait une horrible découverte,la tombe de Rosa a été profanée et le corps violé et découpé en morceaux,certains étant disparus ou dévorés.Cette abominable affaire a un énorme retentissement dans tout le pays provoquant les peurs et dénonciations.Il faut absolument découvrir celui qui sans doute a des instincts de hyène et qui n'est qu'un ignoble vampire ,Et ainsi commence la chasse du monstre qui terrorise les gens pour lui faire subir un châtiment exemplaire......
L'auteur ne cherche pas à nous faire participer à l'enquête et l'on sait très vite qui a commis ce crime horrible et pourquoi ?....Personnellement je pense que ce livre est un peu comme une analyse de la société de cette époque.Les croyances,les prières de conjuration pour se protéger,un monde caché et isolé,cruauté,superstition ont créé pour moi des images d'un village rural,perdu dans le brouillard des montagnes.J'ai aimé ce petit livre qui fait réfléchir sur la solitude,la mauvaise conscience et la cruauté...
4,5/5

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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  lyana79 le Lun 23 Fév 2009 - 18:34

Si je ne devais lire qu'un seul livre de Chessex lequel me conseilleriez-vous? Very Happy
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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  gallo le Lun 23 Fév 2009 - 19:21

"L'Ogre" a eu le Prix Goncourt 1973, et du même genre il y a "La Confession du pasteur Burg" (1967). Ces deux romans, ainsi que "L'ardent royaume" (1975) et "Les yeux jaunes" (1979) ont pour sujet le pouvoir équivoque de la jeunesse sur des adults dans une ambiance de protestantisme noir.
Tu trouveras des relations entre adultes (mais toujours assez tordues, obscures, équivoques, pétries de réligion noire) dans ses livres plus récents: "Jonas" (1987), "Morgane Madrigal" (1990), "La Trinité" (1992). Ce dernier genre m'a moins impressionné.
Disons donc que tu pourrais choisir un livre du premier genre, notamment: "La confession du Pasteur Burg", "L'ogre", ou peut-être "Les jeux jaunes".
Chessex n'est pas un auteur superficiel, mais il est loin d'être un auteur plaisant.

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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  lyana79 le Lun 23 Fév 2009 - 20:54

Gallo a écrit:
Chessex n'est pas un auteur superficiel, mais il est loin d'être un auteur plaisant.

Tant mieux Very Happy je note "la confession du pasteur Burg".

Merci!
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Jacques Chessex

Message  Garanemsa le Dim 3 Mai 2009 - 13:20

L’ARDENT ROYAUME

Jacques Chessex



L’ardent royaume, c’est le corps de Monna, sa beauté insolente et douce et c’est aussi l’enchaînement des plaisirs, des joies et des folies que découvre là Maître Mange et qui vont le perdre.

Car c’est à la fois une histoire d’une joie immense et d’une déchéance banale : un homme de 50 ans, arrivé, bien marié, bon père, notable de sa ville, sent un jour le vide de son cœur et de ses mains comme disait Barrès. Il fait, et peu lui importent les moyens, la connaissance de Monna, qui a 25 ans et un passé tumultueux.

Alors il comprend que, dans sa vie, tout ce qui était tiédeur peut devenir feu et flammes ; tout ce qui était pénombre et gêne peut éclater au grand soleil, être jeté à la face du monde.

Du moins, le croit-il………………

Bof, personnellement, je n’ai pas aimé, alors un petit 2/5



Petit mot de l’auteur : il a publié « Confession du pasteur Burg en 67

« l’Ogre », prix Goncourt 73.

L’auteur, formé par une morale et un pays calvinistes, il oscille toujours entre bien et mal, société et révolte, famille et solitude, froideur des corps et fournaise charnelle.
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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  gallo le Dim 3 Mai 2009 - 17:05

Garanemsa, moi aussi, je n'ai pas tellement aimé L'ardent royaume.

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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  géromino le Sam 10 Oct 2009 - 11:46

" Un juif pour l'exemple " éd. Grasset 103 pages

En 1942, la Suisse n'est pas épargnée par la vague nazie. Payerne est une petite ville de tradition charcutière, une petite ville bourgeoise entre Fribourg et le lac de Neuchatel.
A la suite des années 30 et de la crise économique mondiale, le chômage présent apporte sur un plateau le responsable idéal: le Juif. Riche, opulent, le Juif prospère et mange à sa faim lorsque la population se débat dans la misère et les restrictions. Sans que personne ne l'avoue vraiment, on regarde vers l'Allemagne et ses mesures anti juives...
Fernand Ischi, garagiste de son métier, se voit déjà "Gauleiter" (chef de district dans l'administration nazie) quand la Suisse tombera elle aussi sous la coupe du Grand Reich. Un jour prochain, c'est inévitable. "L'avenir c'est la victoire allemande"; "C'est Hitler et le triomphe de l'ordre nouveau, sur une Europe débarassée de ses vers de terre et réunifiée en Grand Reich".
Il faut épurer, nettoyer. Pour cela, il faut un exemple. Ce sera Arthur Bloch, un Juif, marchand de bestiaux, un nanti. Jacques Chessex témoigne (né en 1934, il avait huit ans alors) de cette boucherie atroce qu'a été le crime d'Athur Bloch. Une plongée dans l'horreur et la haine.

Note 4/5
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Jacques Chessex est décédé brutalement le 9 octobre

Message  gallo le Sam 10 Oct 2009 - 13:03

Message transféré
rose 10 octobre à 10:56

Alors qu'il donnait une conférence en marge de l'adaptation d'un de ses livres au théatres ( La Confession du Pasteur Burg), Jacques Chessex, premier écrivain suisse à avoir reçu le Prix Goncourt en 1973 pour l'Ogre, est décédé d'un malaise cardiaque. Son oeuvre est empreinte de thèmes récurrents et profonds tels la mort, l'amour charnel et la culpabilité. Je vous encourage vivement à le lire, si vous le connaissez pas encore.

Je vais me replonger dans l'Ogre que j'avais lu en étant adolescente.

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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  rose le Mer 14 Oct 2009 - 19:13

Jacques CHESSEX, L'Ogre
Edition Grasset 1973




Roman en 4 actes se déclinant autour d’un des thèmes centraux de l’œuvre de l’auteur, la Mort : Le Crématoire, L’Esprit de Dionysos, La Jalousie et l’Immolation.

Jean Calmet, professeur de Gymnase à Lausanne a une vie très banale, ce qui nous permet de ressentir, à travers ses pensées, toutes ses souffrances et ses angoisses. Toute sa vie, il a été hanté, apeuré par son père, le Docteur, l’Ogre. Ce dernier lui a volé sa liberté d’être durant son enfance et alors qu’il vient de mourir, Jean n’est toujours pas libéré de son emprise. Il n’est débarrassé de ce sentiment de culpabilité ancré en lui depuis toujours.

Au fil du texte, les paysages romands défilent, les intertextualités mythologiques et bibliques et les notes bibliographiques s’entremêlent ;l’Ogre n’est pas mort, il hante la vie de Jean, qui semble le voir, le sentir. Jean n’arrive pas à aimer, à donner et à se trouver. Il erre dans sa propre vie et dans les cafés au milieu de ses jeunes élèves.

Au fil du texte , tapis dans l’ombre de drame central passent des petits animaux de la vie quotidienne, l’hérisson , « sortie de la terre intacte et puissante, la bête pure, merveilleusement innocente sous sa couronne d’épines d’argent, était le signe primitif que Jean Calmet attendait depuis toujours le symbole d’une liberté gaie et sauvage », le chat qui lui parle et qui le somme d’être et de prendre enfin des décisions, puis le rat sorti enfin des souterrains de la ville et qui meurt sous ses yeux écrasés par un bus.

Que de messages et de poésie parcourent ce texte si finement construit et qui permit à Jacques Chessex de recevoir le Prix Goncourt, lui ouvrant ainsi les portes des pays francophones.

C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai relu ce texte les jours qui ont suivis le décès de Jacques Chessex. Ce livre ma touché par son réalisme et la douleur de Jean est palpable tant elle est décrite avec précision. « Un drame existentiel se joue derrière la face brute des choses. L’Ogre est le livre d’une passion ». Journal de Genève, le 20 Novembre 1973

Un gros coup de coeur, que je regrette n'avoir découvert qu'aujourd'hui

Ma note 5/5
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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  Nathalire le Ven 16 Oct 2009 - 10:57

Belle critique Rose, merci beaucoup. C'est vrai que c'est triste de découvrir l'oeuvre d'un artiste au moment de sa mort, mais c'est aussi une fome d'immortalité pour eux et probablement le plus beau cadeau qu'on puisse leur faire
L'Ogre semble être un super roman, en tous cas ta critique donne envie, je vais sûrement le lire tout bientôt.
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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  Shan_Ze le Mar 12 Jan 2010 - 11:55

Le vampire de Ropraz de Jacques Chessex

Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois en 1903. La tombe de Rosa Gilliéron est ouverte et le cadavre de la jeune fille est violée et mutilée. Bientôt, deux nouvelles tombes subissent le même sort. La population est indignée et cherche un coupable. Et elle en trouve un…

J’ai été heurtée par les descriptions des mutilations et autres actes « barbares ». On est vite pris dans l’histoire et l’écriture de Chessex, on a envie de savoir qui a pu faire une chose pareille, si elle est humaine ou autre. Malgré certaines accusations, je ne suis pas toute à fait convaincue de la culpabilité du jeune homme qui fait pourtant des choses assez douteuses... Une histoire qui laisse une impression de malaise sur cette sombre société.

Cette histoire est tirée d’un fait réel.

Note : 4/5
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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  rose le Mar 12 Jan 2010 - 13:35

Merci Shan_Ze pour ta critique. Cela fait longtemps que ce livre est dans ma PAL, j'attendais qu'il sorte en poche. Cela me donne d'autant plus envie de le lire....

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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  Shan_Ze le Mar 12 Jan 2010 - 16:37

Je ne connaissais pas cet auteur mais maintenant j'ai bien envie d'en lire d'autres. Attention, Le vampire de Ropraz est assez noir... Mais peut-être est-ce une particularité de l'auteur ?
Je note L'ogre, tu as eu l'air de l'avoir beaucoup apprécié...
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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  DM29 le Mar 12 Jan 2010 - 19:19

Je me rapelle du livre Un juif pour l'exemple, un très mauvais moment de lecture, et avec ta critique Shan Ze, je vois que ses autres livres ont l'air aussi noirs. Il me fait penser à Teulé pour ça . (faits divers très sombres, et il raconte avec tous les détails sordides).

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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  rose le Mar 12 Jan 2010 - 21:34

Un Juif pour l'exemple, que je n'ai pas encore lu, a fait beaucoup parlé de lui dans la ville dans laquelle l'histoire s'est passée. Cela a même créé une polémique et un certain malaise. Il a été très mal perçu que Chessex ressorte cette vieille histoire que tout le monde voulait oublier.
Son nouveau livre paru après sa mort, Le dernier crâne de M. de Sade, créer aussi la polémique en ce moment car il est vendu en librairie sous célophane...qui aurait cru qu'un auteur si noir et provocateur puisse encore "choqué" à ce point après sa mort.

Je cite l'article du cite de la RSR (Radio Suisse romande) paru le 6 janvier:

Le roman posthume de Jacques Chessex, "Le dernier crâne de M. de Sade", sera vendu sous cellophane en Suisse dès jeudi, en vertu du droit suisse et pour protéger les mineurs. Achevé juste avant la mort du Vaudois, le livre narre les dernières années du marquis de Sade, écrivain scandaleux du 18e siècle.



"Le dernier crâne de M. de Sade" est jugé très cru, parfois même pornographique par les premières -rares- personnes qui ont pu le découvrir. Afin que l'ouvrage ne tombe pas dans les mains du jeune public, les librairies suisses le vendront sous cellophane et avec un avertissement "réservé aux adultes", comme ce fut le cas à la fin 2009 avec la bande dessinée de Zep, "Happy Sex" (lire ci-contre).
Scènes "sales"



Selon un juriste, au regard de la loi suisse, le livre devait être vendu sous cellophane en raison des scènes "sales", d'après les mots de Jacques Chessex lui-même, dont certaines impliquent un mineur, relève mardi Le Temps sur son site internet.

Les éditions Grasset à Paris croient au succès de ce dernier ouvrage, puisque le tirage initial s'élève à 25'000 exemplaires. Sur ce total, 10'000 ouvrages ont été réservés à la vente en Suisse. A noter encore que le livre sort en Suisse un jour après sa sortie en France, comme c'est généralement le cas.


Le nouveau roman de l'écrivain et poète vaudois compte 35 chapitres aussi courts qu'incisifs. Il y raconte les deux ultimes saisons de la vie du marquis de Sade, en 1814, puis l'exhumation de son corps, dont le crâne est remis à un médecin. Le récit bascule ensuite dans la fiction pour retracer les funestes péripéties amenant la relique dans les mains du narrateur.
Frissons garantis



Des lecteurs vont frissonner à l'évocation des jeux sexuels et cruels du marquis de Sade avec une adolescente ou aux descriptions d'un rayonnement surnaturel "incontestablement diabolique" entourant son corps. A 74 ans et au seuil de la mort, le marquis reste un personnage scandaleux. Même obèse et malade, le vieillard conserve une insatiable soif de jouir.

La seconde partie du roman s'intéresse au crâne qui semble avoir conservé un rayonnement et un "magnétisme maléfique". L'écrivain expose alors une demi-douzaine d'actes violents ou criminels perpétrés, ou subis, par ses détenteurs successifs.

Le marquis de Sade a eu une vie tumultueuse, jalonnée de scandales suscités par ses débauches et de sulfureux écrits tels "Justine" et "La Philosophie dans le boudoir". L'homme a passé plus de vingt-sept ans en détention, en plusieurs fois, dont quelques années à la Bastille de Paris. Il est mort à 74 ans en 1814.

L'oeuvre littéraire du marquis de Sade fut clandestine au 19e siècle. Elle est réhabilitée au 20e siècle, bien qu'objet de censure jusqu'en 1960. Sade est entré en 1990 dans la Bibliothèque de la Pléiade, une des collections de référence de l'édition française.




Oui j'ai beaucoup aimé l'Ogre, qui est un récit dramatique mais pas aussi noir que les deux romans dont vous parlez plus haut. J'hésite encore à lire celui qui vient de sortir. Je vais plutôt commencer par Un Juif pour l'exemple et le Vampire de Ropraz, merci pour vos critiques

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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  clarize le Mer 3 Fév 2010 - 17:04

Levampire de Ropaz de Jacques Chessex



né en 1934, Jacques CHESSSEX a eu le prix goncourt en 1973, il est décédé récement ( octobre 2009 ), il semble qui n'est pas toujours été aimé à sa juste valeur car jugé provoquant jusqu'au bout car son dernier livre , Le crâne de Sade, fait débat.
Personnellement j'ai lu ce petit livre de 86 pages d'une traite, inspiré d'un fait divers de 1903 relatant l'exumation de corps de jeunes femmes , il y a de quoi attirer ceux qui aiment ce genre. Mais il faut reconnaÏtre que c'est trés bien écrit , Jacques Chessex sait nous mettre, dans l'ambiance de l'époque, les croyances, les peurs et l'isolement, cela choque et c'est fait pour cela rien qu' avec le titre.

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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  Philcabzi le Ven 23 Avr 2010 - 10:59

Le Vampire de Ropraz
Ed. Grasset & Fasquelle (Livre de Poche 31080), 2007, 87 pages, ISBN 978-2-253-12281-4

Ma note: 4.25/5

Résumé:
1903. La belle et pure Rosa vient de mourir de méningite est enterrée dignement par sa famille. Mais son corps n'aura pas de repos; il sera retrouvé le lendemain violé, découpé, mordu, mâché, mangé, souillé. Le vampire s'est attaqué à cette belle jeune fille comme il le fera encore. L'enquête piétine, la colère gronde, et Favez entrera dans cette histoire pour n'en plus resortir.

Mon avis:
Est-ce que Favez était vraiment le vampire de Ropraz? Peut-être bien, qui sait? Cet enfant malmené, violenté et psychologiquement anéanti ne peut faire un meilleur candidat au poste de vampire... Dans ces déserts [dit le psychiatre qui a suivi Favez], le symptôme du vampire durera tant que cette société sera victime de la crasse primitive : saleté des corps, promiscuité, isolement, alcool, inceste et superstitions qui infestent ces campagnes et créeront d’autres foyers d’exactions sexuelles et d’horreur sans merci. Par cette chronique d'un fait divers, Chessex fera la critique de cette campagne du début du XXè siècle. L'écriture est superbe malgré le sujet horrible; elle s'adapte aux situations, suit le rythme de l'action. Certains passages sont difficiles à digérer, il faut prendre une pause mais on ne peut lâcher ce court récit avant la dernière page. Et quelle fin! Juste pour le dernier chapitre il faut lire cette histoire!

Merci Clarize pour ce cadeau de swap!

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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  Symphonium le Dim 25 Avr 2010 - 0:15

C'est court quand même!! 87 pages... pas beaucoup pour faire une impression aussi marquée. Entk, Philcabzi, ta critique m'intrigue énormément et je vais essyaer de trouver le livre! Beau travail!
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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  nitou le Mer 12 Mai 2010 - 9:34

Le vampire de Ropraz de Jacques Chessex
108 p
édit : Grasset

C'est le 1er Chessex que je lis et cela faisait longtemps qu'il me tantait. Voilà , lecture est faite.
Je ne reviendrai pas sur le résumé de l'histoire mais je vais vous donner mon impression générale :
j'ai aimé le talent de l'auteur à nous faire ressentir l'atmosphère oppressante et sombre qui pèse sur ce village abandonné de solitude.
Le climat de suspiscion qui s'instaure dans cette région isolée avant la découverte du prétendu coupable , nous glace.
Saurons-nous qui est le véritable coupable ? est-ce bien ce jeune homme à l'enfance malheureuse ? Dans tout les cas, le dénouement est innatendue.

Ma note 4/5
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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  Tortue Orange le Lun 17 Mai 2010 - 12:13

D'après ce que je lis sur lui, ça semble être mon genre d'auteur.
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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  rose le Dim 30 Mai 2010 - 20:17

Le Vampire de Ropraz
Le Livre de Poche, 2008, 87 pages

Quatrième de couverture:

En 1903 à Ropraz, dans le haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d'une méningite. Un matin, on trouve le cercueil ouvert, le corps de la virginiale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme. Puis, à Carouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Le nommé Favez, un garçon de ferme, est le coupable idéal. Condamné et emprisonné, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915. A partir d'un fait réel, Jacques Chessex donne le roman de la fascination meurtrière. Qui mieux que lui sait dire la "crasse primitive", les fantasmes des notables, la mauvaise conscience d'une époque?

Tout commes d'autres romans de Jacques Chessex, le recit part d'un fait divers. Jacques Chessex vit à Ropraz, sa maison jouxte le cimetière, et c'est de ce village qu'il écrit ses romans. Le fait divers est donc connu, les villageois se le racontent de générations en générations, pas étonnant, que l'auteur s'en empare pour nous le conter avec poésie et de manière crue. Très vite nous savons qui est le coupable, nous connaissons les faits, le mobile éventuel, les sanctions. Mais en sommes nous vraiment sûrs...? Il s'agit d'un fait divers, mais la fin nous laisse dubitatif...étrange...
C'est tout un univers propre à Chessex qui en ressort: la poésie, le vampirisme, l'esthétique du sale, le conflit entre le bien et la mal. L'époque rend ce recit d'autant plus criant de noirceur et de mystères:

"Les idées ne circulent pas, la tradition pèse, l'hygiène moderne est inconnue.Avarice, cruauté, superstition, on n'est la loin de la frontière de Fribourg (catholique) où foisonnent la sorcellerie. On se pend beaucoup, dans les fermes du Haut-Jorat" p.11

Un bon roman de Jacques Chessex, qui est certes noir, mais qui est aussi une lecture passionnante d'un fait divers, étayé de coupures de presse, qui se lit très rapidement.

4.5 / 5

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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  Ysla le Jeu 3 Juin 2010 - 18:23

LE VAMPIRE DE ROPRAZ

Un livre déjà pas mal critiqué dans cette discussion, surtout récemment, et qui se lit très rapidement, d'une seule traite en ce qui me concerne.

Pour moi, ce n'est pas vraiment un roman, plutôt le récit d'un fait divers avec diverses interprétations des évenements de la part de l'auteur.
Même si je trouve que c'est très bien écrit (style concis très efficace et agréable à lire), empreint de suspens et de mystère (est-ce lui ? n'est-ce pas lui ?), je n'ai pas été 100% emballée par cette lecture. Sur le moment, j'ai embarqué par curiosité et parce que ça se lit tout seul, mais après coup, il me manque quelque chose. Et la fin est tellement improbable !

Mais il faut reconnaitre que le décor est superbement planté (le premier chapitre crée une atmosphère froide et effrayante en quelques lignes magistrales) et que la restitution de l'état d'esprit de l'époque dans cette région isolée est parfaite.

En somme, j'ai beaucoup aimé découvrir le climat, le contexte, l'ambiance mais l'histoire ne m'a pas autant plu car je ne suis pas adepte des lectures mettant en scène ce genre d'événement.

Ma note : 3/5
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Re: Jacques CHESSEX (Suisse)

Message  Ysla le Mer 9 Juin 2010 - 18:19

L'ETERNEL SENTIT UNE ODEUR AGREABLE
Editions Grasset, 2004, 224p

Résumé : Ce livre fait revivre l'écrivain Roger Vaillant (dont je n'avais jamais entendu parler mais qui a reçu le prix Goncourt dans les années 50 et qui est mort en 1965). Cet écrivain avait une réputation assez sulfureuse de libertin et c'est essentiellement cette facette qui est mise en scène ici à travers le narrateur, jeune garçon orphelin élevé par un prêtre, qui se fait entraîner par Vaillant dans une sexualité particulière en même temps qu'une jeune fille de sa connaissance. Plus tard, ayant dépassé les 60 ans, le narrateur se rappelle et évoque celui qui fut son guide, son maître. Mais il se rappelle aussi les scandales et les drames qui ont suivi sa rencontre avec Vaillant.

Mon avis : Je n'ai pas tellement apprécié cette lecture, je m'y suis souvent ennuyée. C'est bien écrit mais l'histoire ne m'a pas plu. Les personnages ne sont pas du tout attachants (sauf peut-être le prêtre). La religion est très présente dans la vie du personnage et donc dans le livre et dans le cas présent, ça m'a vraiment été source d'ennui. La domination, physique d'abord puis morale pour toute leur existence, de cet homme pas très sain sur deux jeunes gens génère des situations glauques (à mon sens) pas très agréables à lire.
C'était ma deuxième rencontre avec Jacques Chessex et pour le moment, je suis dubitative. C'est dommage : j'aime son style, son écriture mais pas ses histoires... Je ne choisis peut-être pas les bons livres ?

Ma note : 2/5
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