Sinan ANTOON (Irak)

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Sinan ANTOON (Irak)

Message  lalyre le Lun 20 Fév 2017 - 17:09

Antoon Sinan     
Seul le grenadier   
  Sindbad/Actes Sud  février 2017  
ISBN 798 2 330 05795 4     
  315 pages    

Quatrième de couverture
Jawad est le fils cadet d’une famille chiite de Bagdad. Son père le prépare à exercer la même profession rituelle que lui, celle de laver et d’ensevelir les morts avant leur enterrement, mais Jawad s’y refuse et rêve de devenir sculpteur. Après avoir fait ses études d’arts plastiques à la fin des années 1980, alors que Saddam Hussein est au faîte de sa puissance, il est cependant enrôlé comme soldat puis se retrouve peintre en bâtiment au service des nouveaux riches. Son père meurt en 2003, les bombes américaines s’abattent sur Bagdad, les corps déchiquetés s’entassent, multipliés par les guerres confessionnelles, et il est de nouveau forcé, dans une douloureuse solitude, de renoncer à ses rêves d’artiste pour poursuivre la carrière de son père.

Mon avis
C’est la traversée d’une partie de la vie de Jawad que j’ai lu avec intérêt, de son enfance, de la perte de son frère  Ammouri lorsque les Iraniens attaquent la péninsule d’Al-Faw, ce frère aimé avait  le projet de reprendre le salon de lavage des morts. Sans oublier que nous sommes à Bagdad que donc de nombreux versets du Coran sont évoqués, principalement lors du lavage des corps qui est tout un rite. Jawa quand à lui, dessine beaucoup, aimerait continuer ses études à l’Académie des Beaux- Arts, faire de la sculpture. Mais voilà c’est l’époque ou Georges Bush envahit l’Irak et que l’armée américaine chasse Sadam Hussein sans bien savoir ce que l’Irak allait devenir, une longue guerre qui par de terribles explosions ont fait énormément de victimes civiles. Bref c’est tout de même le devenir de Jawad qui m’a intéressée, il faut savoir qu’il aimerait passer en Jordanie  et j’ajoute l’explication du titre du roman, le grenadier se trouve dans le jardin derrière la salle de lavage, par un conduit et les eaux usées et le sang nourrissent l’arbre. Roman historique, sans aucun doute car hormis la guerre comme fond de l’histoire, il y a aussi les conflits violents entre sunnites et chiites, la politique, le fanatisme et les massacres qui ravagent le pays. Un roman dur, étrange comme ce grenadier qui boit les eaux de la mort et cependant ses branches s’élèvent vers le ciel, et lorsque le vent les caresse, il semble battre des ailes pour s’envoler. Mais c’est un arbre  et c’est son destin…4,5/5
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Re: Sinan ANTOON (Irak)

Message  lalyre le Sam 19 Mai 2018 - 16:06

Antoon Sinan 
     Ave Maria 
      Actes Sud 27 avril 2018 

181 pages 


Quatrième de couverture

Youssef est un vieil Irakien moyen de confession chrétienne. Célibataire endurci, très attaché à son mode de vie oriental, fidèle à ses amitiés multiconfessionnelles, il refuse obstinément de quitter Bagdad comme l'ont fait tant de chrétiens après l'invasion américaine de l'Irak en 2003. Par suite d'un attentat djihadiste, une proche parente, Maha, vient s'installer chez lui avec son mari, mais ne rêve, elle, que de partir loin, très loin, et le plus rapidement possible. La confrontation entre les deux principaux personnages du roman, Youssef et Maha, qui se relaient pour raconter leur histoire, oppose deux générations d'Irakiens, celle des nostalgiques d'un passé convivial, qui finissent par le payer de leur vie, et celle qui cherche par-dessus tout à fuir l'horreur du présent. Après Seul le grenadier, très bien accueilli par la presse en France comme ailleurs, Sinan Antoon poursuit dans Ave Maria son exploration de la violence qui s'est emparée de son pays, dressant ses composantes confessionnelles les unes contre les autres. Il restitue un moment particulièrement douloureux, celui où l'Irak était en train de se vider de sa communauté chrétienne qui y était pourtant enracinée depuis deux millénaires.

Mon avis

L’histoire de Maya et Youssef se relayant pour raconter la différence opposant leur génération, ce qui crée des confrontations révélant les nostalgies du passé de l’un, l’autre ne pensant qu’à fuir l’horreur du présent quotidien. A Bagdad, la violence de l’Irak opposant les différentes religions se vide de la communauté des chrétiens pourtant bien enracinée pour se réfugier dans d’autres pays, ce qui ssout beaucoup de famille. Tout comme écrit l’auteur dans le livre ; L’Amérique ne nous aide pas. Au contraire la situation ne fait qu’empirer. En fin de compte, nous n’avons plus que Dieu et notre foi… Et il est vrai que chacun prie selon sa religion et ses croyances, cela aide sans doute aux moments les plus terribles de la vie comme cet attentat dans l’église pendant un office, qui devient aussi un grand moment d’émotion pour le lecteur lors de cette fin du livre. Que dire de plus, que l’auteur dénonce les horreurs, que les prières quel qu’elles soient laissent un peu d’espoir dans de telles situations dont on ne sait si on en sortira vivant. De beaux textes que ce soient de prières ou autres sont écrits en italiques, je peux dire que l’on soit ou non croyant, on peux franchement apprécier ce beau petit livre...4/5
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