Nadeem ASLAM (Pakistan/Royaume-Uni)

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Nadeem ASLAM (Pakistan/Royaume-Uni)

Message  Mousseline le Dim 26 Oct 2008 - 12:56

De : 2186Elfe (Message d'origine) Envoyé : 2006-07-27 05:01

La cité des amants perdus

Ce livre fut pour moi une merveilleuse découverte. Nous sommes dans le nord de l'Angleterre, là où se sont installés des immigrés pakistanais.

Il y a un an de cela, un couple d’amant pécheur , Jugnu et Chanda qui s'aimaient sans être mariés, disparaissait sans laisser de trace. Depuis, l’enquête n’a rien apportée . La situation devient vite étouffante.

En parallèle, nous plongeons au cœur de la famille de Jugnu composée de Kaukab la mère musulmane extremement croyante, de Shamas le père et frère de Jugnu, hindou pacifiste et de leurs 3 enfants, tous ayant quitté le foyer familial.


Le conflit des générations est très vif, et s'associe à celui des ethnies. La religion joue un rôle important, ainsi que l'honneur et la tradition. Chaque personnage tente de se libérer de ce monde étouffant.

C'est un roman fort interessant et très riche. Chaque personnage est dépeint avec minutie de façon à ce que nous comprenions ses motivations et ses doutes. Une grande beauté se dégage de ce texte, si poétique et faisant référence à des légendes et des mythes. LEs paysages sont magnifiquement décrits, et les odeurs nous emportent avec elles!!!
Un roman qui se lit doucement et avec beaucoup de délice!!

Ma note: 5/5





De : van1709 Envoyé : 2007-04-18 13:46

La cité des amants perdus

En Angleterre, Jugnu et Chanda d’origines pakistanaises ont disparu. Ils étaient amants, et dans cette communauté pakistanaise, cette relation n’était pas vue d’un bon œil. A travers les regards de Shamas, le frère de Jugnu, et sa femme Kaukab, on observe leur vie après cette disparition, et on tente de comprendre ce qui a bien pu arriver aux deux amants.

La religion est très présente dans ce livre. Il faut comprendre qu’au Pakistan, ils sont à majorité musulmans, il y a aussi des hindous. Mais pour ces deux religions, les relations avant le mariage sont mal vues, et les relations sans être mariés le sont aussi. De très nombreux interdits sont présents, et jouent donc un grand rôle pour cette communauté présente en Angleterre. Jugnu et Chanda n’étaient pas mariés, et ça jasait beaucoup sur leur compte. Personne n’approuvait cela, et nombreux sont ceux qui disaient haut et fort que si Chanda avait été leur sœur, ils n’auraient pas hésité à la tuer pour rétablir l’honneur de leur famille. Parce que Chanda a sali la réputation de sa famille. Au Pakistan, depuis longtemps elle aurait été tuée et ses meurtriers auraient été « acclamés ». Shamas et Kaukab aimaient beaucoup Jugnu. Shamas est tolérant, bien plus que le reste de la communauté, et au grand dam de sa femme Kaukab. Je dois dire que Kaukab est un personnage que je n’arrivais absolument pas à supporter. La religion tient une grande place dans sa vie, je comprends cela, mais ça en devient extrême : ceux qui ne sont pas musulmans sont des impies. Elle ne supportait pas la façon dont vivait Jugnu, elle n’a pas hésité à blâmer sa fille lorsque celle-ci a divorcé, sans tenter de savoir pourquoi elle l’avait fait. Tous ce qui importait c’était de marier ses enfants, mais sans chercher à savoir si ça les rendrait heureux ou pas. Les convenances ont bien plus d’importance. Son plus jeune fils a d’ailleurs quitté la maison, après un acte odieux qu’a commis sa mère sans réfléchir. Elle pense à son aîné comme à un eunuque lorsqu’elle apprend qu’il a fait une vasectomie et oh mon dieu il ne trouvera jamais quelqu’un de bien pour l’épouser maintenant ! Elle aime ses enfants et souffre de ne plus les avoir à ses côtés, c’est sur, mais elle veut qu’ils vivent sous des contraintes imposées par la religion, ou plutôt sous les contraintes qu’imposent les autres personnes de la communauté : que vont dire les gens ?

Je pourrais continuer longtemps comme ça, on en apprend encore plus dans cette lecture, et des choses pas jolies du tout, que des gens sont prêts à faire au nom de la religion, pour sauver leur réputation. Et malheureusement, ce sont les actes d’une poignée de gens, il ne faut pas croire que tous sont ainsi. L’auteur dénonce ces actes qui sont encore bien trop présents, qui sont fait pour préserver l’honneur, qui sont même largement accepté dans certains pays. C’est révoltant, mais à lire, pour voir ce que les gens sont capables de faire.

« Kaukab l’avait regardé droit dans les yeux : ‘Je m’intéresse à ce qu’est votre amour, c’est vrai, mais aussi à la façon dont le voient les gens.’ - Et moi, je ne m’intéresse qu’à ce qu’il est. »

« Le quartier est pleins d’intrigues byzantines et d’espionnage émotionnel, et quand deux personnes s’arrêtent dans la rue pour bavarder, leurs langues sont pareilles aux deux lames d’une paire de ciseaux qui s’affairent pour tailler les réputations en pièces. »

Note : 4.75/5
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Re: Nadeem ASLAM (Pakistan/Royaume-Uni)

Message  Elfe le Jeu 4 Mar 2010 - 8:33

La vaine attente



" Une des rares choses que l'on puisse affirmer avec certitude à propos de l'amour, c'est qu'il est suffisamment petit pour être enfermé dans un coeur, mais que si on l'étire, il est capable d'envelopper le monde entier."

Afghanistan, 2005, à l'ombre des monts de Tora Bora. Dans une maison aux murs ornés de fresques, aux plafonds recouverts de livres cloués, avec sa fabrique où l'on distillait autrefois des parfums, le vieux médecin anglais Marcus Caldwell pleure sa femme Qatrina et sa fille Zameen disparues, et désespère de retrouver son petit-fils Bihzad. Vers ce lieu, où l'amour régnait sous toutes ses formes, où les sens sont tous sollicités, convergent des êtres esseulés. La Russe Lara à la recherche de son frère, soldat de l'armée soviétique; l'Américain David, ancien agent de la CIA, sur les pas de Zameen et de son fils; Casa, jeune orphelin endoctriné par les talibans. Dans ce roman qui jette une lumière crue sur une région brutalisée, à travers les trajectoires de personnages aux destins liés qui apprennent à s'aimer et à faire revivre les êtres aimés, tout s'emboîte de façon inéluctable. A peine s'est-on réfugié dans la maison de Marcus que la sauvagerie du monde extérieur nous agresse. Nadeem Aslam met dans la balance la fragilité des liens humains, de la raison, de l'art, face à la domination de l'ignorance et de la cruauté étayées par une doctrine suffocante. La langue est chargée de parfums et de couleurs, la narration alterne sans répit entre passé et présent. Ce livre poignant et à niveau d'homme restera en mémoire par sa maîtrise impressionnante et l'émotion qu'il génère. On le referme le cœur battant. (4e de couverture)

Je vous mets la description de l'éditeur pour ce roman tant je ne saurais mieux en résumer la teneur.

C'est un livre poignant, qui se lit doucement, le temps de s'imprégner de chaque mot. C'est un véritable bijou de poésie. Mais c'est aussi la description d'un monde déchiré par la guerre, par la souffrance. Nadeem Aslam nous donne de nombreux détails sur l'histoire de l'Afghanistan et les terribles querelles qui opposent union soviétique et Etats-Unis. Il y a aussi beaucoup d'amour dans ce roman. C'est beau et c'est cruel. Malgré tout, même si je n'ai pu lacher ce roman avant la fin, je n'ai pas été vraiment passionnée. C'est un roman qui prend du temps et qui parfois m'a un peu laissé sur le côté...



4/5
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Re: Nadeem ASLAM (Pakistan/Royaume-Uni)

Message  lalyre le Mar 29 Oct 2013 - 17:20


Biographie      Vu chez Wikipédia
Nadeem Aslam, nait en 1966 à Gujranwala, au Pakistan. Il débute sa carrière d'écrivain à 13 ans, lorsqu'une de ses nouvelles en ourdou est publiée dans un journal pakistanais. Ã l'âge de 14 ans, il émigre en Angleterre avec son père communiste (alors poète et metteur en scène, devenu agent de voirie et ouvrier), fuyant le régime du général Muhammad Zia-ul-Haq pour venir s'établir à Huddersfield, dans le Yorkshire. Il débute des études de biochimie à l'université de Manchester, qu'il abandonne après trois ans pour se consacrer à l'écriture.
Le jardin de l’aveugle            
Nadeem Aslam     
Seuil 22 août 2013      
          412 pages

Quatrième de couverture
Dans les mois qui suivent les attentats du 11 septembre, deux jeunes gens, Jeo et son frère adoptif Mikal, l’un étudiant en médecine, l’autre rompu au maniement des armes, quittent leur bourgade du nord pakistanais et se rendent clandestinement en Afghanistan pour porter secours à leurs frères musulmans. Jeo laisse derrière lui Naheed, la beauté qui est devenue son épouse, et son père Rohan, veuf inconsolable qui perd peu à peu la vue. Seul réconfort : son jardin magnifique. Fondateur d’une école, Rohan en a été chassé par les islamistes qui préparent les élèves au djihad. Mikal, amoureux fou de Naheed - une passion partagée - a préféré s’éloigner d’elle par respect pour Jeo. Mais très vite, Mikal et Jeo sont séparés, engloutis dans la spirale des affrontements qui opposent Américains et talibans et dont profitent les seigneurs de guerre sans scrupules. Dans Le Jardin de l’aveugle, Aslam met en scène avec une empathie exceptionnelle ses personnages dans toutes leurs contradictions, des êtres bousculés, malmenés par le destin. La mort est omniprésente mais la vie aussi, vibrante de couleurs, de parfums et d’amour. Il n’y a qu’une leçon à retenir, celle de vivre à tout prix.


Mon avis
Pakistan et Afghanistan, deux pays ou s’affrontent des musulmans modérés et des fanatiques, principalement après l’attentat terroriste du 11 septembre lorsque les américains ont envoyés leurs troupes pour éliminer les talibans et les fanatiques islamistes. Nadeem Aslam a très bien décrit l’ambiance et les personnages à travers la violence et les tortures. Jeo et Mikal, son frère adoptif quittent leurs parents sans dévoiler ou ils se rendent, ils seront piégés par l’avidité du seigneur de la montagne, ce sont ces deux jeunes gens que le lecteur va suivre durant le roman, mais aussi Rohan, le père, un homme émouvant condamné à la cécité, qui, toute sa vie, a œuvré au rapprochement des communautés et dont l’école a été confisquée par les islamistes prônant le djihad. Naheed qui s’est mariée avec Jeo un an plus tôt, les deux jeunes gens là-bas qui vont être pris dans un engrenage incompréhensible. Avec ce roman de mort, de tension, d’émotions et d’amour on plonge au cœur de l’horreur et la violence qui embrasent e au sort peu enviable des femmes encore dans ces régions. Un livre que j’ai beaucoup apprécié par le côté sombre de la guerre mais aussi par la beauté de la nature qui insère des faits liés aux croyances musulmanes. 5/5
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Re: Nadeem ASLAM (Pakistan/Royaume-Uni)

Message  Van le Ven 29 Nov 2013 - 13:10

Merci pour cette critique Lalyre. Je note, surtout que j'aime bien cet auteur.
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Re: Nadeem ASLAM (Pakistan/Royaume-Uni)

Message  lalyre le Mer 14 Fév 2018 - 12:53

Aslam Nadeen
Le sang et le pardon
Editions Seuil 4 janvier 2018 
ISBN 978 2 02 133409 8
363 pages

Quatrième de couverture
Aux abords de la ville de Zamana, lorsqu’une fusillade éclate entre des tueurs pakistanais et un espion américain, la vie de Nargis bascule. Pris dans les tirs croisés, Massud, son mari, architecte comme elle, épris de beauté et de justice, meurt avant qu’elle ait pu lui avouer son terrible secret.
Menacée par un officier des services du renseignement qui la somme d’accorder son pardon au meurtrier américain, Nargis craint que la vérité sur son passé n’éclate au grand jour. Car depuis quelque temps, du haut des minarets de la ville, un inconnu dévoile l’intimité de certains habitants. Dans un pays où les accusations de blasphème sont monnaie courante, ces dénonciations anonymes sèment la terreur parmi la population.
Nargis prend alors la fuite en compagnie de deux jeunes gens, Helen, la chrétienne, et Imran, le mystérieux Cachemirien, à la recherche d’un îlot de paix et d’amour, loin de la violence et de la folie des hommes. Par la magie de cette prose lumineuse qui caractérise le style de Nadeem Aslam, le passé et le présent du Pakistan, marqués par la corruption, l’intolérance, mais aussi la résilience et l’espoir, se reflètent dans un même miroir.
Copié dans les remerciements de Nadeem Aslam
Bien que des faits et des personnages paraissent faire partie de l’Histoire, Nadeem Aslam spécifie bien que son livre est une œuvre de fiction. Il nous dit que tous les personnages, événementset organisations décrites sont de sa création Que toute ressemblance avec des personnes vivantes ou disparues, avec des événements et organisations passés sont purement fortuites.


Mon avis
Cependant je considère ce roman comme étant historique car tellement de passages me paraissent très réalistes, ayant lu un article récent ou il est écrit, que dans plusieurs provinces, les femmes n’existent pas en tant que personnes, que dès la puberté , elles doivent se cacher derrière leur voile et n’ont pas le droit de sortir de chez elles. Revenant au roman, c’est à travers les péripéties des personnages que l’auteur nous fait ressentir l’ambiance et la situation dans laquelle se côtoient chrétiens et musulmans. J’ai ressenti la haine, le fanatisme religieux, le pouvoir corrompu, les injustices et la violence à travers une situation inextricable comme le décrit si bien l’auteur dans ce livre. Cependant j’y ai décelé des trésors de poésie, la réparation des livres sacrés au fil d’or, une tentative de culture face à l’ignorance. J’ai frémi lors de la chaîne humaine pour sauver des livres sacrés alors qu’un tir a lieu, faisant des victimes, le libre-arbitre n’y a pas place et les femmes sont les premières victimes d’une dictature ; Nadeem Aslam par son écriture courageuse, lance un cri pour faire comprendre le rôle que la littérature peut mieux faire connaître le monde ou les djihadistes sont toujours menaçants car la haine ne cesse de remonter le temps. Un roman que je recommande, un gros coup de coeur...5/5
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Re: Nadeem ASLAM (Pakistan/Royaume-Uni)

Message  géromino le Mer 14 Fév 2018 - 13:42

En lisant ton commentaire Lalyre, je viens de découvrir un auteur qui pourrait bien m'intéresser... Que ce soit pour ce livre-ci ou les autres plus haut (Elfe, Van), vous avez titillé ma curiosité; je note l'auteur. Merci  bienvenue2 !!

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Re: Nadeem ASLAM (Pakistan/Royaume-Uni)

Message  Awara le Mer 14 Fév 2018 - 16:18

Ma curiosité également.

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