Patrick MODIANO - L'horizon

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Patrick MODIANO - L'horizon

Message  La petite Bijou le Dim 1 Fév 2015 - 17:43

C’est le hasard qui avait réuni Jean Bosmans et Margaret Le Coz deux être inquiets dans le Paris des années soixante. Ils ont 20 ans et sont nés au sortir de la guerre, en 1945. Margaret, une française née à Berlin dans « les amas de décombres » traîne un passé lourd dont elle voudrait se défaire. Et avec lui une connaissance menaçante qui la suit partout où elle va. Elle trouvera en Jean un protecteur angoissé lui même tourmenté par des personnages inquiétant surgis du passé.  Mérovée, Boyaval, la femme aux cheveux rouges et le prêtre défroqué sont les figures de cauchemars auxquelles Jean et Margaret font tout pour échapper. Ils vivent d’expédients, occupent de petits boulots précaires qui peuvent disparaître au lendemain d’une absence injustifiée, habitent l’hôtel, déménagent souvent au gré des menaces réelles ou imaginaires. Les mauvais souvenirs peuplent leurs rêves, mais ils veulent espérer un avenir et un « horizon » ouvert et invitant puisque « sur les décombres, des lilas fleurissaient parmi les ruines au fond des jardins. » Des événements imprévus surviennent et bouleversent leurs plans et … « peu à peu, l’oubli avait repris momentanément le dessus. »
 
Il s’agit d’un roman bien typique de l’œuvre de Modiano avec tous les éléments chers à l’auteur. Pourtant, pour une fois, tous les protagonistes ne sombrent pas « dans la nuit froide de l’oubli ». Un espoir naît à « l’horizon ». Le temps n’efface pas tout, il prépare même le terrain, construit des poteaux indicateurs, des lignes de fuite : « Moi aussi, j’ai essayé de construire, au cours de ces dizaines d’années, des avenues à angle droit, des façades bien rectilignes, des poteaux indicateurs pour cacher le marécage et les désordre originels, les mauvais parents, les erreurs de jeunesse. Et malgré cela, de temps en temps, je tombe sur un terrain vague qui me fait brusquement ressentir l’absence de quelqu’un, ou sur une rangée de vieux immeubles dont les façades portent les blessures de la guerre, comme un remord. »
 
   
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La petite Bijou

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