HOREM Elisabeth (France et Suisse)

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HOREM Elisabeth (France et Suisse)

Message  noemiejardine le Dim 30 Nov 2014 - 13:58

le Chant du Bosco

Editions Campiche
 117 pages


quatrième de couverture
Sans doute y a-t-il eu plusieurs scènes de ce genre : deux hommes (parfois un seul) faisant le guet aux abords de son hôtel, attendant qu'il s'absente puis, le moment venu, poussant la porte, et le réceptionniste déjà là, surgi comme un mauvais génie près du palmier en plastique, rayonnant de zèle et de sueur en rendant compte à voix basse des allées et venues de Peter Vaart, ajoutant d'une voix implorante Si ces messieurs désirent voir la chambre... Des doutes avaient commencé à naître. De si petites choses au début, cela ne valait pas la peine d'y prêter attention : la fenêtre qu'il avait cru fermer tout à fait, mais il pouvait se tromper, le courant d'air qui passe sous la porte l'aura rouverte ; le rideau de plastique tiré à moitié devant le cabinet de toilette, qu'est-ce que cela prouve, la femme de chambre, peut-être... Un jour, la radio marchant en sourdine, il ne l'aurait pas laissée ainsi. Puis de plus en plus souvent des papiers dérangés dans son tiroir. Un mégot écrasé dans le verre à dents. Le doute n'était plus possible. Vaart quittait moins longtemps son hôtel, rentrait à des heures différentes, parfois juste après être sorti. Le réceptionniste ne lui souhaitait plus une bonne journée. Il ne se donnait plus la peine de se courber en deux. Il se contentait de l'accompagner de son sourire fielleux. S'installer dans un autre hôtel n'aurait rien changé à l'affaire, c'était partir qu'il fallait, bon Dieu qu'attendait-il ?
Un pays, peu importe lequel, une dictature, peu importe laquelle, et trois hommes emprisonnés arbitrairement. Aucun repère géographique ou historique précis n'est donné. Une variété de situations, d'images, de rêves, de fantômes, de souvenirs, d'assemblages de fragments, confèrent à ce roman un climat envoûtant. Un jeu constant entre l'imaginaire et la réalité, voire la cruauté, intrigue puis saisit le lecteur. Restera aussi la figure bouleversante de Mona, prête à tout pour sauver son amant.

Vraiment superbe, quelle langue, on déguste chaque mot, chaque phrase...
Me souviens d'avoir lu de Madame Horem, Jardins à Bagdad, très prenant aussi et intéressant d'apprendre quelle était la vie de ceux qui devaient y vivre et se protéger. Elle y a fait un séjour parce que son mari y était ambassadeur, à ma connaissance...

Bref, recommande très chaleureusement ce petit bijou
5/5


Née en 1955, Elisabeth Horem a fait ses études à Paris. Epouse d'un diplomate suisse, elle a séjourné dans plusieurs pays du Proche-Orient, ainsi qu'à Moscou, Berne et Prague. De ses années passées à Bagdad entre 2003 et 2006, elle a tiré le recueil de nouvelles Mauvaises rencontres ainsi que Shrapnels et Un Jardin à Bagdad , carnets de bord d'un quotidien vécu en recluse dans une ville assiégée. Ses textes sont empreints d'une fascinante étrangeté, d'une atmosphère souvent mystérieuse admirablement rendue par une écriture sobre et évocatrice. Son œuvre a été récompensée par de nombreux prix littéraires. Elisabeth Horem réside actuellement à Damas, où son mari est en poste. cf https://www.google.ch/#q=elisabeth+horem
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noemiejardine

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