Thomas SANDOZ (Suisse)

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Thomas SANDOZ (Suisse)

Message  noemiejardine le Dim 10 Aoû 2014 - 12:44

MALENFANCE



  • Broché: 160 pages
  • Editeur : Grasset (2 avril 2014)
  • Collection : Littérature Française
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2246851610
  • ISBN-13: 978-2246851615

quatrième de couverture:
Avril 1978. Un garçon de onze ans trouve un chaton blessé. Sous le coup de l'émotion, il rate le train qui devait le ramener chez lui. Il monte alors dans le premier convoi qui se présente et se retrouve dans une région inconnue. Lancé dans un trajet de retour qui, sous la plume de Thomas Sandoz, prend des allures d'errance effrénée, l'enfant doit batailler contre les obstacles naturels, dominer ses douleurs, affronter la forêt et la nuit. Une course déraisonnable rythmée par l'afflux de souvenirs, le temps qui fuit sous ses pas, des décors qui se succèdent, des rencontres troubles. Et Maman, et Papa, figures obsédantes de cette migration qui précipitera le jeune garçon hors de l'enfance. L'auteur imprègne l'atmosphère d'une telle tension, et les péripéties d'une telle fantaisie étrange que l'entreprise devient rêve, ou cauchemar. Un conte initiatique envoûtant, sorte d' « Alice au pays des merveilles » au masculin.

extrait:
Il court, mais le dernier wagon se confond déjà avec le ballast. Il s'arrête au bout du quai, le souffle rauque, ajuste son pantalon d'une main. Puis revient sur ses pas comme s'il suffisait de marcher sur son ombre pour dompter le temps.
La porte de la salle d'attente est ouverte. Sur le banc fixé au mur, une vieille femme tire sur ses bas de contention en maugréant. Elle le dévisage brièvement avant de laisser son regard se perdre entre les ballerines figées de l'automate à musique. Pouce hésite, s'assied à l'écart sans enlever son sac à dos. Il se courbe en avant pour entraver le tremblement de ses jambes.
Chez lui, il pourra s'occuper du chaton qu'il cache contre son coeur. Il vient de le trouver derrière une montagne de traverses en bois. Un miaulement l'a arrêté. Un appel, ténu et pressant. Couché sur le flanc, l'animal feule, remue une patte, se raidit. Ses vains efforts pour se redresser sont accompagnés de hoquets sourds.
Pouce recule jusqu'à l'accotement qui marque la fin de l'esplanade, prend appui un instant contre un portique de signalisation, la respiration brûlante. Les gémissements tapagent en lui. Il retourne alors vers la petite bête écharpée, s'accroupit, pose une main sur le pelage poisseux de sang, glisse l'autre en levier sous la chair fragile. Il enlace le chaton qui piaule à défaut de pouvoir se débattre. Il ne prête pas attention aux piécettes reçues pour son onzième anniversaire qui roulent hors de sa poche, happées par le vide.
Une rame s'immobilise sur la voie une. Pouce se lève, traverse le hall tête baissée, gravit d'un bond le marchepied en caillebotis. Trouve un compartiment libre et s'y blottit. Jamais il n'a eu la bouche aussi acide. Il plaque son front contre la vitre et se laisse ballotter par les aiguillages. Le chauffage est réglé au maximum, mais les fenêtres doivent rester fermées. Le ciel d'avril s'est marbré, l'après-midi s'effiloche.
Son bras s'ankylose. Il ouvre son blouson pour que les pans fassent écran et couche le chaton sur ses cuisses. Il noue ensuite les cordons de la ceinture fantaisie de son sweat-shirt. Ainsi contraint, le tissu forme un fourreau dans lequel il peut installer la pelote tiède. Une plainte d'inconfort avant que l'échiné s'arrondisse à nouveau. Tout ira bien.
Le train prend de la vitesse. Il y a d'abord un long tunnel, puis une plaine jalonnée de feuillus immenses qu'il ne reconnaît pas. Le convoi passe à proximité d'un complexe d'usines à l'abandon. Les cheminées de brique pâle menacent de s'effondrer sur des bâtiments en pattes d'araignée. La plupart des carreaux des fenêtres sont fendus ou cassés.

Thomas Sandoz est né en Suisse en 1967. Il est l’auteur de romans, d'essais et de monographies. Il a publié chez Grasset Même en terre (2012), couronné par le prestigieux Prix Schiller, et Les temps ébréchés (2013).


On comprend que cet préado est un peu perturbé par l'ambiance familiale: mère absente et père assez taciturne....
il a changé de domicile et peine à retrouver des repères.

le récit du périple est entrecoupé de souvenirs, c'est pas franchement gai....
mais bon, suis vraiment restée sur ma faim.....le récit a un goût d'inachevé, d'inabouti...
l'écriture est vive, enlevée, pas mal du tout, mais bref, pas un coup de coeur du tout
3.5/5
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noemiejardine

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