Laura ALCOBA (Argentine/France)

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Laura ALCOBA (Argentine/France)

Message  Aurore le Sam 3 Mai 2014 - 11:08

Laura Alcoba a vécu en Argentine jusqu'à l'âge de dix ans.


Elle vit aujourd'hui à Paris et enseigne la littérature du Siècle d'or espagnol à l'université. Elle est l'auteur de Manèges (Petite histoire argentine), traduit dans de nombreux pays, de Jardin blanc et des Passagers de l'Anna C., publiés aux Éditions Gallimard.

Source : Gallimard

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Re: Laura ALCOBA (Argentine/France)

Message  Aurore le Sam 3 Mai 2014 - 11:33

Le bleu des abeilles - Laura Alcoba
(Gallimard, 2013, 120 p., coll. Blanche)


Le livre commence avec le départ de la toute jeune narratrice (âgée d'une dizaine d'années) vers Paris. Depuis quelques temps on l'avait préparé au français en lui inculquant des cours au pays. Son père est emprisonné tandis que sa mère a emménagé dans un appartement, avec une autre expatriée, au Blanc-Mesnil. C'est là que l'attend une nouvelle vie bien loin de son Argentine natale.

Quand elle arrive en région parisienne c'est la grande surprise car la petite fille s'était préparée à vivre et à parler de Paris. Mais la cité de la Voie-Verte, au Blanc-Mesnil, et loin de la carte-postale qu'elle se figurait. Dans le quartier c'est plutôt un melting-pot de populations avec des Espagnols, des Portugais et tous ces expatriés aux peu de moyens. L'appartement est petit, vide de meubles et le quotidien est difficile.

Ce qui m'a fait sourire dans ce témoignage c'est que l'auteur évoque la langue française avec une sorte de fascination mystique. Elle se prend d'amour pour les sonorités et récite les mots compliqués et les "u" qui lui résistent, devant son miroir. Peu à peu elle se met à avoir honte de son accent et conserve une discipline de fer pour se faire accepter et ne pas paraître "étrangère". Lorsqu'elle apprenait avec sa professeur de français d'Argentine, toutes les leçons étaient d'ailleurs assez archétypales. C'est ainsi qu'en arrivant en France le choc de la réalité a été rude.

C'est dans ce premier livre français que j'ai appris qu'ici, en France, tous les chiens s'appellent Médor, et les chats Minet. Et plein d'autres choses qui, à ce moment-là, me semblaient très utiles. (p.15)

J'ai beaucoup aimé ce court texte qui, à travers le découpage en épisodes distincts, relate la vie d'une famille dans un pays étranger avec la difficile épreuve de l'intégration. Mais il y a aussi dans le récit l'évocation de la correspondance de la fille avec son père, resté emprisonné en Argentine, qui reflète leurs lectures et c'est à travers elles que s'esquisse le titre (librement inspiré de Maeterlinck) ainsi qu'une incroyable discussion sur la couleur bleue.

4/5

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