Woody GUTHRIE (Etats-Unis)

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Woody GUTHRIE (Etats-Unis)

Message  Shan_Ze le Mer 12 Fév 2014 - 9:32

La maison de terre de Woody Guthrie



Dans les années 30, au Texas. Tikey et Ella May sont un jeune couple qui viennent de s’installer dans leur cabane en bois. Mais celle-ci est fort délabrée et quelques bourrasques de vent manquent de la faire s’écrouler. Ella May est enceinte et elle rêve d’avoir une maison de terre après avoir lu un petit livre qui explique comment construire une maison en pisé.
 
J’avoue que le début m’a un peu rebuté avec le langage argotique des jeunes amants. Cependant, ce patois rend la peinture des protagonistes plus vrais, plus réalistes. Au fil des pages, leur grande complicité, aussi bien spirituelle que sexuelle, apparait. L’auteur n’hésite pas à décrire entièrement une scène d’amour pour montrer leur parfaite entente. Et même si parfois quelques disputes viennent émaillés le tableau, elles renforcent l’ensemble car on les sent bien soudés. Les dialogues sont remarquables car on saisit l’essence des personnages : ils jouent des rôles, se taquinent mais ils ont des rêves simples dans leur misère quotidienne : un abri pour eux et l’enfant qui arrive. 

Je ne connaissais pas Woody Guthrie (1912-1967) en tant que chanteur de folk et encore moins en tant qu’écrivain ! La postface de Douglas Brinkley et Johnny Depp m’a bien éclairée sur le contexte économique et social ainsi que sur le leitmotiv de Guthrie. Le Dust Bowl qui a frappé les Grandes Plaines des Etats-Unis a ravagé les espaces agricoles par la sécheresse. Woody Guthrie est un homme très engagé et cette maison de terre était pour lui la solution ; un abri facile à faire et très résistant. Il avait à cœur de le faire savoir dans ses chansons et dans cet ouvrage remis à jour dans la collection de l’auteur.

Il reprochait à Steinbeck le manque de réalisme dans le dialecte des Joad, il essaie de raconter sa propre expérience, celle du Dust Bowl, en essayant d’être plus prêt de la réalité que le célèbre écrivain. C’est très réussi, peut-être manque-t-il simplement un style plus prenant mais ces personnages ne manquent pas de tempérament.

Note : 4/5
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Re: Woody GUTHRIE (Etats-Unis)

Message  Aurore le Sam 22 Fév 2014 - 13:30


La maison de terre - Woody Guthrie
(Flammarion, 2014, 316 p.)



Cette maison de terre a bénéficié d'une promotion inattendue, mais qui pourrait en allécher plus d'une, d'un certain Johnny Depp qui assure la postface (avec Douglas Brinkley) de l'ouvrage. Quant à moi, l'évocation de Steinbeck qui aurait loué Guthrie, m'aura bien plus convaincue.

Nous sommes dans les années 30, dans le Texas où un couple d'agriculteurs, Tike et Ella May, tente de survivre sur une terre aride alors que la jeune femme est enceinte et que la maison menace de s'effondrer. La situation est dramatique car c'est l'époque de la Grande Dépression où le petit peuple vit dans la misère et où les récoltes sont maigres. De plus, le Dust Bowl, sorte de tempête de poussière, ravage la région. Woddy Guthrie est un familier du phénomène puisque lui-même a dû lutter pour sa survie et celle de sa famille. Il donne à ses personnages les traits du peuple, ceux qui gardent un mince espoir d'obtenir un lopin de terre pour y accueillir un foyer.

Pendant la plupart du récit, c'est l'accouchement de Lady (Ella May) avec Blanche, une sage-femme improvisée qui vient au secours d'un couple seul et désemparé. Alors qu'Ella May se refuse à donner le jour à un enfant dans la baraque de fortune, Tike vit des moments d'excitation, animé de grands projets pour leur fils, leur vie à trois qui assurément se fera plus florissante lorsque leur hypothétique future maison se construira.

Alors, il ne faut pas se leurrer, le texte est plein d'argot mais c'est représentatif du parler de l'époque. Tike m'a agacée à vouloir manger à tous les râteliers : il lorgne sur sa femme impotente puis envisage de se taper la sage-femme. Son air revêche de grand homme indispensable m'a énervée et je crois que je l'aurais tenu bien plus éloigné que ce qu'il n'était. Alors oui Tike est un manuel et c'est ce qu'a l'air de chercher Ella May mais ce genre de brutes épaisses qui se croient irrésistibles me répugnent plus qu'autre chose.

Pour la téléportation dans le Sud des années des années 30, pour le langage très fleuri, j'ai apprécié de suivre ces personnages quelque part voués à camper la misère, débrouillards autant qu'idéalistes.

- Et je, je, ohhh, mmmmhhhh, j'étais vraiment dedans la maison. Je l'ai sentie. Je l'ai vue. Et le blizzard se précipitait comme une vache cinglée, et venait exploser sa cervelle contre les murs qu'on avait montés, et les murs étaient costauds et durs comme la terre elle-même et ce blizzard, ha ha, il faisait Brrrzzzzzztttt. S'effritait. Il venait se cogner contre mes murs et était forcé de me contourner avant de poursuivre sa course, continuer à souffler comme un dératé hé hé. (p. 197)

4/5

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