ZENITER Alice (France)

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ZENITER Alice (France)

Message  Caro le Dim 9 Fév 2014 - 15:04


4ème de couverture :
Les Mandy habitent de génération en génération la même maison en bois posée au bord des rails près de la gare Nyugati à Budapest. Le jeune Imre grandit dans un univers mélancolique de non-dits et de secrets où Staline est toujours tenu pour responsable des malheurs de la famille. Même après l'effondrement de l'URSS, qui fait entrer dans la vie d'Imre les sex-shops, une jeune Allemande et une certaine idée de l'Ouest et d'un bonheur qui n'est pas pour lui.
Roman à la poétique singulière, tout en dégradés de lumière et de nostalgie, Sombre dimanche confirme le talent d'Alice Zeniter, révélée par Jusque dans nos bras.
 
Mon avis :
Je n'aurai jamais lu ce livre, si on ne me l'avais pas conseillé, je suis ravie de l'avoir lu, c'est un véritable coup de cœur.
J'ai surtout aimé la façon d'écrire de l'auteur qui a une façon de raconter le présent de ses personnages et doucement arriver à leur passé. Les personnages sont spéciaux et attachants comme je les aime. 
 
Ma note :
5/5
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Re: ZENITER Alice (France)

Message  Réaliste-romantique le Dim 9 Fév 2014 - 15:52

Ça m'intéresse, je le suggère à ma bibliothèque (il n'y a qu'un autre livre de cette auteure).

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Re: ZENITER Alice (France)

Message  Réaliste-romantique le Mer 9 Avr 2014 - 21:53

Sombre dimanche

Imre grandit dans une petite bicoque enclavée parmi des rails de chemin de fer près de Budapest, dans une famille qui tait beaucoup de drames du passé. Il sera témoin de la chute du rideau de fer, de l’ouverture à l’occidental mais aussi de la déception de biens des Hongrois face à ceci. Il découvre les sex-shops et l’amour d’une Allemande, mais est-ce que sa vie s’en est trouvé améliorée?
 
Excellent récit qui, à partir des petites aventures du quotidien, raconte l’histoire récente de la Hongrie, des années 80 à 2003. La famille a aussi des secrets qui remontent à la révolution écrasée de 1955-1956, ainsi qu’à la Deuxième guerre mondiale. Un roman initiatique marié à un roman historique.
 

4,5/5

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Re: ZENITER Alice (France)

Message  Mandarine le Lun 5 Oct 2015 - 11:57

Juste avant l'Oubli



Le résumé (quatrième de couverture):

Il règne à Mirhalay une atmosphère étrange. C'est sur cette île perdue des Hébrides que Galwin Donnell, maître incontesté du polar, a vécu ses dernières années avant de disparaître brutalement, il se serait jeté du haut des falaises. Depuis, l'île n'a d'autre habitant qu'un gardien taciturne ni d'autres visiteurs que la poignée de spécialistes qui viennent tous les trois ans commenter, sur les « lieux du crime », l'oeuvre de l'écrivain mythique. Cet été-là, Émilie, qui commence une thèse sur Donnell, est chargée d'organiser les Journées d'études consacrées à l'auteur. Elle attend que Franck, son compagnon, la rejoigne. Et Franck, de son côté, espère que ce voyage lui donnera l'occasion de convaincre Émilie de passer le restant de ses jours avec lui. Mais sur l'île coupée du monde rien ne se passe comme prévu. Galwin Donnell, tout mort qu'il est, conserve son pouvoir de séduction et vient dangereusement s'immiscer dans l'intimité du couple.
Alice Zeniter mène, avec une grande virtuosité, cette enquête sur la fin d'un amour et donne à "Juste avant L'Oubli" des allures de roman noir.

Mon avis:

Très belle découverte pour moi que cette jeune auteur!
L'histoire est très bonne et originale; ce n'est pas quelque chose que vous avez déjà lu 30 fois dans votre vie. Non, au contraire, je dirais même que ce savant mélange d'ingrédients a priori classiques a pour résultat un roman unique en son genre. Plusieurs ambiances s'y mélangent: les relations amoureuses, une disparition mystérieuse, une ambiance de huis-clos sur une île battue par les vents, des intellectuels en perpétuelle compétition, un auteur de polars à succès qui obsède ses lecteurs, un jeune homme qui doute de son avenir dont il était pourtant si sûr,...
Le style est également excellent, sans cesse oscillant entre l'humour et le cynisme. Très réussi.

Donc, pour le style, l'histoire, et le plaisir de la découverte d'une jeune fille talentueuse, je note:

5/5 Smile
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Re: ZENITER Alice (France)

Message  myrtille le Ven 12 Jan 2018 - 18:12

ALICE ZENITER
L’ART DE PERDRE
FLAMMARION
506 PAGES

 

Je ne vais faire de résumé de ce livre : ce serait trop en dire. Je préfère vous laisser mes impressions de lecture.

J’ai beaucoup apprécié ce livre découpé en 3 parties qui font vivre les sentiments de 3 générations d’une famille kabyle de 1930 à nos jours. La narratrice est la petite fille et, dans ses interrogations, on retrouve celles de l’auteure.
On partage donc leurs souffrances, leurs amours, leurs vies.
Cette saga sur les conséquences de la décolonisation sur une famille kabyle montre que chaque génération va se retrouver séparée culturellement.
J’ai beaucoup aimé et appris des traditions du grand-père Ali sur la culture des oliviers et sur la vie de famille traditionnelle. Dès lors, on comprend mieux le fossé qui va se creuser lors de l’exil en France. On suit les efforts d’Hamid pour oublier l’Algérie et s’intégrer dans la société française. On partage les interrogations de Naïma qui voudrait tant comprendre et faire le lien entre les non-dits. Le voyage de cette dernière dans le village où tout a commencé sera un révélateur.
Cette belle fresque ne prend pas partie : elle expose simplement les faits : Ali pouvait-il agir autrement qu’en installant sa famille en France ?  Hamid pouvait-il faire autrement que de laisser l’Algérie au fond de sa mémoire ? Naïma pouvait-elle, pour sa propre « construction », faire autrement que de combler les vides ?

Alice Zeniter a donc mélangé son histoire personnelle avec celle de ses personnages.
L’écriture est simple, limpide. Le style direct.
Ce livre mérite le Goncourt des Lycéens 2017. Il permet de mieux appréhender la question identitaire qui se pose actuellement dans nos sociétés.
Un livre à lire, qui questionne et ne devrait laisser personne indifférent.
 

NOTE : 5/5 coeur
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Re: ZENITER Alice (France)

Message  kattylou le Sam 13 Jan 2018 - 11:11

L'art de perdre a été aussi plébiscité par pas mal de monde y compris  l'émission le coup de coeur des libraires .Ton avis me donne encore plus envie de le lire.(à la bibliothèque ou lors de sa parution en poche) .

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Re: ZENITER Alice (France)

Message  Mandarine le Dim 14 Jan 2018 - 16:18

Pareil, j'ai très envie de le lire!!! Merci pour ton avis, Myrtille!
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Re: ZENITER Alice (France)

Message  Awara le Mar 2 Oct 2018 - 12:44

L’ART DE PERDRE
Alice ZENITER -
Flammarion - 2017 - 510 pages

Alors que l’état se préoccupe de la situation des harkis qui ont été exilés de leurs terres, internés dans des camps pour être finalement oubliés par la République,  que les médias mettent leur histoire à la Une des journaux ces jours-ci, il faut lire le magnifique livre d’Alice Zeniter publié l’année dernière.
Un harki désigne au sens strict, un individu servant en Algérie coloniale dans une formation paramilitaire, une parka. Il vient du mot arabe qui signifie "mouvement"
Entre biographie et fiction, elle retrace l’histoire d’une famille dite de harkis ( le père a combattu pendant la guerre de 1939-45 aux côtés des français) des années 1930 jusqu'à nos jours. Venue en France des montagnes de Kabylie, lors de l'indépendance de l'Algérie,elle relate les tribulations et transplantations subies par la famille d'Ali.

Alice Zeniter décline son roman en trois parties qui lui permettent de reconstruire l’histoire de la  famille de Naïma, la narratrice.

La vie en Algérie française: Ali, le grand-père de Naïma est un paysan de Kabylie qui après s’être cassé le dos sur une terre aride, a pu sortir de la misère grâce à la découverte  miraculeuse d’un pressoir. Devenu aisé, il profite avec sa famille de l’opulence que lui procure sa plantation d’oliviers. Il a combattu pendant la seconde guerre mondiale sous le drapeau français et a été décoré pour cela. Il vit un peu loin des conflits qui surgissent sur sa terre natale. Effrayé par les méthodes sanguinaires du FNL, il n’a pas envie de se plier aux exigences de celui-ci. Et là, il semble que peu de choix s’offrent à lui. Il voit autour de lui des personnes torturées, massacrées et pour protéger sa famille, il accepte d’être emmené en France avec femme et enfants, en 1962 lors de l’indépendance de l'Algérie

Cette famille, exilée par nécéssité, est d’abord parquée dans le camp de transit de Rivesaltes. Un camp mis en place hâtivement, lieu où les républicains qui avaient fui Franco s’étaient retrouvés, après que le gouvernement de Vichy y ait parqué des juifs et des tziganes. Les conditions de vie y sont précaires. Ils sont ensuite déplacés dans le hameau de Jouques sur les rives de la Durance où le père va travailler pour l’office national des forêts et il doit affronter le racisme de la population locale. "L'Algérie les appellera des rats. Des traîtres. Des chiens. Des apostats. Des bandits. Des impurs. La France ne les appellera pas, ou si peu. La France se coud la bouche en entourant de barbelés les camps d'accueil" écrit Naïma, La famille est enfin envoyée à Flers en Normandie où Ali va travailler dans une usine.

Dans la troisième partie, Naïma est une jeune femme qui donne l’impression d’être complètement intégrée. Mais après les attentats de 2015, elle s’interroge sur son identité et ses racines qui lui sont inconnues. Son grand-père Ali est mort prématurément et elle n’a pas pu l’interroger. Humilié, brisé, lui qui avait servi la France, s’est muré dans le silence. Hamid, son fils, le père de Naïma, a souffert lui aussi du conflit algérien et de son exil et refuse de parler de l’Algérie de son enfance.  Naïma ne peut pas se tourner vers sa grand-mère qui ne parle que la langue arabe qu’elle ne comprend pas. Elle doit rechercher seule l’histoire de sa famille. Elle est amenée par son travail à se rendre en Algérie et peut aller dans montagnes de Kabylie d’où la famille de son grand-père est partie. « Ce qu'on ne transmet pas, ça se perd, c'est tout. Tu viens d'ici mais ce n'est pas chez toi », dit-elle à un artiste algérien. Ce voyage ne l’aidera pas à répondre à toutes ses interrogations, mais certainement à mieux se situer, être apaisée. Elle n'est arrivée nulle part, dit-elle, elle est "mouvement", sens originel du mot harki...
Le titre du roman vient d’un poème d’Elisabeth Bishop, une poétesse américaine, qui dit que l’Art de perdre est un apprentissage quotidien. Naïma a appris l’Art de perdre, à se détacher de ce qui la reliait aux racines de sa famille pour pouvoir être elle-même.

Alice Zeniter raconte la tragédie vécue par ces familles qui ont été appelées Harkis. Elle relate avec précisions cette sombre page de notre histoire nationale. Elle sait aussi traduire les mesquineries du quotidien et débusquer le racisme ordinaire.
C’est un livre magnifique écrit avec une plume maîtrisée et rayonnante, qui met en lumière les harkis, ces oubliés de notre histoire nationale, à travers une formidable saga familiale.

Note: 5/5  coeur

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Re: ZENITER Alice (France)

Message  dodie le Mar 2 Oct 2018 - 14:33

Merci Awara pour cette belle critique!
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Re: ZENITER Alice (France)

Message  Chantal le Mer 3 Oct 2018 - 7:22

Oui merci. Je vais tâcher de le réserver à la médiathèque. bounce
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Re: ZENITER Alice (France)

Message  Pistoufle le Sam 27 Oct 2018 - 18:52

L'Art de perdre

Résumé : voir plus haut + commentaire d'Awara très complet  Very Happy

Mon avis : une très belle écriture qui sert un roman bien documenté sur cette partie sombre de l'histoire de France. Alice Zeniter ne cherche pas à prendre partie, à accabler ou à justifier quoi que ce soit, elle se contente de nous emmener en Algérie d'abord, puis en France, et nous laisse observer les dommages collatéraux de la guerre d'indépendance sur ses habitants et sur les générations suivantes. Les mots sont justes et pertinents. Les personnages charismatiques et attachants. Un roman qu'il est difficile de lâcher une fois lancé. Une réussite.

Ma note : 4,5/5
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