Frank MAYER (États-Unis)

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Frank MAYER (États-Unis)

Message  Lacazavent le Ven 15 Nov 2013 - 21:17

Tueur de bisons de Frank Mayer
Phébus, Libretto / 112 pages

Publié aux Etats-Unis en 1958 à titre posthume, Tueur de bisons est, bien au-delà des mythologies véhiculées par le western, le récit de ce que fut la vie de Frank Mayer, né à La Nouvelle-Orléans en 1850. Cet homme « ordinaire » qui aura connu les guerres avec les Indiens et la ruée vers l'or, figure archétypale de l'aventurier des Grandes Plaines, laisse un témoignage effarant sur le carnage sans précédent de près de quinze millions de bisons. Il raconte, entre 1870 et 1880, le quotidien de ce business méthodique, de la façon d économiser les balles à la collecte des ossements pour les industries agroalimentaires de la côte est. C'est une autre histoire américaine qui se dessine alors, bien loin de celle transmise par l'imaginaire collectif...



Court récit sous forme de témoignage d' un homme Frank Mayer qui durant quelques années à participer (activement) à l' une des plus grandes chasses jamais lancées contre les bisons.

« La plupart d' entre nous étaient des hommes de l' Ouest, et, comme je l'ai dit, des vétérans de la guerre civile. Tout désœuvrés, on cherchait l' aventure, et on se sentait claustrophobes à être coincés dans des maisons et dans des villes après l'aventure de la guerre. » (p21)

Si vous cherchez de l'angélisme, une ode à la nature passez votre chemin, cet homme était un tueur froid, méthodique pour lui pour eux la chasse ce devait d' être une activité rentable. C'est donc le récit d' un carnage sous ses balles des centaines de milliers de bisons ont été tué. Du regret, bien peu un témoignage à replacer à tout prix dans ses époques d'actions et d'écriture.  
L' ouvrage ne va pas plus loin c'est un peu dommage.   

«  Aujourd'hui, on me demande souvent comment je me sens d'avoir participé au nettoyage d' un noble animal américain, tel un délinquant juvénile armé d' une carabine à grande puissance. Je réponds toujours franchement. Je dis toujours que je ne suis ni fier ni honteux. À cette époque, ça paraissait la chose à faire. Pourtant, avec un peu de recul, j'en suis plus très sûr. Le massacre était peut-être une chose inévitable, une nécessité historique.

Ce  que je veux dire par là, c'est ça : le buffalo remplissait sa mission, accomplissait sa destinée auprès des Indiens en leur fournissant tout ce dont ils avaient besoin : de la nourriture, des habits, un toit, des traditions et même une religion. Mais le buffalo n' était pas vraiment adapté à la civilisation blanche en marche- il était pas adapté du tout, en fait. On ne pouvait ni le contrôler ni le domestiquer. On ne pouvait pas le garder dans un enclos derrières des barbelés. C'était un désaxé –misfit--. Alors il devait disparaître.

Et il y avait une autre raison, généralement pas si connu que ça. Vous la comprendrez mieux lorsque je vous aurai dit que le buffalo était chassé et tué avec la complicité, oui, la collaboration, du gouvernement lui-même. Je doute fort qu' on puisse le nier. Je pèse mes mots.   (...) » ( p26 et 27)


3/5

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