ILF et PETROV (Russie)

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ILF et PETROV (Russie)

Message  Franillon le Ven 15 Nov 2013 - 16:56

ILF et PETROV
Ilia Ilf (Odessa 1997 – Moscou 1937) et Eugène Petrov (Odessa 1903 – Sébastopol 1942) se sont connus au début des années 20 à Moscou, à la rédaction du journal Sirène. C’est là que leur vint l’idée d’écrire en commun. Leur premier roman, Les douze chaises (1928), violente satire de la vie quotidienne des Soviétiques au cours des années 20, eut un immense succès auprès des lecteurs mais attira les foudres de la critique officielle. La suite de ce roman parut trois ans plus tard sous le titre Le Veau d’or. Ces deux ouvrages ont été traduits dans la plupart des langues et salués unanimement par la critique de tous les pays. Par la suite, les deux auteurs ont été traités de calomniateurs.
 
Les douze chaises. Traduit du russe par Tatiana et Jules Médvédine-Ourcet. Le Club français du livre 1958. 395 pages.
 
Ce livre dont l’action se situe au début des années 20 a pour protagonistes principaux trois personnages : Hippolyte Matvéiévitch Vorobianinov, ci-devant maréchal de la noblesse et maintenant employé à l’état civil de N…, le père Fédor Vostrikov, dont le rêve était de posséder un jour une petite fabrique de cierges à Samara, et le Grand Combinateur Ostap Bender, jeune aventurier sans scrupules. Sur le point de mourir, Claudia Ivanovna, la belle-mère d’Hippolyte confie à son gendre qu’avant de quitter Stargorod, elle avait caché tous ses diamants dans une des douze chaises de Gambs. Le père Fédor, qui venait de confesser Claudia Ivanovna moribonde, regagne son domicile en proie à la plus vive agitation. Qu’a-t-il donc appris qui l’incite à se précipiter dans le rapide de Stargorod ? Après le lendemain de l’enterrement, Hippolyte Matvéiévitch se rendit comme d’habitude au bureau et de sa propre main, comme l’exigeaient ses fonctions, enregistra le décès de Claudia Ivanovna, domiciliée à N… et née dans le district de Stargorod de famille noble. Prenant ses quinze jours de congés, il partit pour Stargorod par le rapide n°7. Ostap Bender vient d’arriver à Stargorod et visite la ville en tenant un astrolabe à la main qu’il arrive à vendre pour trois roubles à un mécanicien intellectuel. Arrivé devant le numéro 28 de la rue Evénements de Lensk (anciennement rue Denissov), maison de belle apparence, portant cet écriteau
 
MAISON D’ENTRAIDE SOCIALE N° 2
 
il s’arrêta pour allumer se cigarette à celle du concierge assis sur le banc de pierre et engagea la conversation avec lui. Le vieux lui raconte sa vie d’avant, du temps de l’ancien propriétaire, avant que cette demeure devienne un asile de vieilles. Ostap réussit à se faire inviter par le concierge à passer la nuit dans la chambre de celui-ci, ce qui était une bonne aubaine pour ce jeune homme sans chaussettes, sans clef, sans maison et sans argent. Etendu dans la loge étouffante, Ostap Bender réfléchissait aux variantes possibles de sa carrière aventureuse, tandis que le concierge, Tikhone, marmonnait en évoquant son ancien maître. Et voilà que la cloche tremblota au-dessus de la porte d’entrée… Le vieux concierge se traîna en bougonnant pour ouvrir et recula comme foudroyé : devant lui se tenait son ancien maître, Hippolyte Matvéiévitch.
Passons sur les détails de la rencontre inattendue entre Hippolyte et Ostap. Après une longue discussion menée de main de maître par l’aventurier, le ci-devant maréchal de la noblesse lui confie les raisons de sa présence dans son ancien hôtel particulier : retrouver les chaises.
A partir de là, une poursuite à travers la Russie, de Stargorod à Moscou, puis à Yalta, en empruntant tous les moyens de transport imaginables, en finançant l’expédition par des moyens aussi originaux que peu orthodoxes. Les deux compères, associés pour l’occasion, en se chamaillant constamment, vont parfois rencontrer le père Fédor sur leur chemin, à la recherche de la même chaise, celle des diamants. En effet, les chaises, après avoir été réquisitionnée en 1919 par le Service du Logement, devaient être vendues aux enchères, justement au moment où nos compères commencent leur poursuite. Elles sont vendues et dispersées devant eux. Le tout est de les retrouver les unes après les autres et essayer de s’en emparer pour y retrouver le trésor…
 
Après cette longue présentation, je dois vous dire que c’est en préparant mes cartons de livres que je suis tombé sur ce roman d’Ilf et Petrov. Mon épouse l’avait acheté, comme de nombreux autres livres passionnants, au Cercle français du livre qui sortait de belles éditions de grands classiques de la littérature mondiale dans les années 50-60. Il était tout au fond d’une de nos bibliothèques et je ne m’en souvenais pas du tout. Mais je connaissais l’histoire pour avoir vu, il y a une quinzaine d’années, à Saint-Pétersbourg, le film qui en a été tiré. J’ai donc lu ce livre avec un immense plaisir, car c’est d’une drôlerie fabuleuse. Si un jour vous avez l’occasion de trouver cet ouvrage, n’hésitez pas. Il est d’un intérêt historique incontestable et je pense que les deux auteurs ont dû s’amuser énormément en l’écrivant.
 
Ma note : 5/5.
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