Matthieu MEGEVAND (Suisse)

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Matthieu MEGEVAND (Suisse)

Message  lalyre le Mer 4 Sep 2013 - 16:57

Ce qu’il reste des mots                 
  Matthieu Mégevand            
Fayard 4 septembre 2013       
                209 pages
Quatrième de couverture                                
 
Le 13 mars 2012, à Sierre, en Suisse, vingt-deux enfants décèdent dans un accident d'autocar. Le véhicule était en parfait état; le chau eur, sobre, respectait les limitations de vitesse; la chaussée était sèche et bien entretenue. Nulle négligence ne permet de comprendre le drame. Aucune faute. Aucun coupable. Aucune explication. Situation intolérable pour l'esprit. Face à cette aporie, Matthieu Mégevand refuse de s'incliner.
Il mobilise toutes les ressources de la pensée et de l'écriture dans une quête à la fois philosophique et romanesque. Il replonge dans d'anciennes lectures, se retire dans la solitude, taquine l'autofi ction, s'invente des interlocuteurs, contradicteurs ou complices, et des situations imaginaires qui pourraient l'éclairer. Les mots sont impuissants? C'est à voir. Avant de proclamer leur défaite, il faut au moins leur faire livrer bataille.
Envisager tous les recours. Quitte à admettre que grammaire et logique n'épuisent pas le langage, qui doit se transcender lui-même lorsqu'il s'agit de trouver la raison pour laquelle la mort nous est insupportable
 
Quelques passages du récit
Dans le prologue, un professeur de philosophie déclare au narrateur du récit ; Pour moi la mort est un événement physique comme un autre, et peu importe sous quelle description on meurt. Entre naissance et mort on peut avoir du bon temps et du mauvais temps, mais il n’y a aucun mal dans le monde. Ni aucun bien d’ailleurs. Le narrateur en est resté sidéré, abasourdi et encore plus certain de la nécessité de son projet, il me faut ajouter que le narrateur veut aller au-delà de l’enquête sur ce drame qui est terminée.
 
Qu’y a-t-il derrière les mots, lorsque les mots ne font plus rempart ? Que peut-on dire sur ce qui ne dit rien ? Sur ce qui échappe ? Que reste t-il du langage, quand le langage se désagrège ?
 
Lorsque le couperet tombe, et encore plus dans ce cas précis qui concerne des enfants, tout est fait pour qu’il y ait à la fois de la révolte et de la dépression.
 Que fait-on, lorsque l’on souhaite aider, accompagner les survivants ? Pour ceux qui restent, les blessés, les proches, qu’y a-t-il d’autre que l’horreur, l’épouvante et l’absurdité ? Que faire et que dire ?
 Nous ne sommes pas, mentalement, ni intellectuellement aptes à accepter cette dimension de l’existence et ce qu’il faut dire, avant toute chose, c’est que, en le sachant pertinemment, nous ne sommes pas équipés pour accepter la fin de la vie.
 
S’il doit y avoir un dieu, ce dont on peut raisonnablement douter au vu du drame de Sierre, ce ne qu’être un courant, une force, une onde qui sauve, qui dépasse l’absurdité ; quelque chose de plus puissant parce que plus constant, de plus puissant que le mal ; qui n’abandonne jamais, qui redonne toujours une chance à l’homme et fait sans cesse renaître l’espoir.
 
Mon ressenti

C’est sur ce mot “ espoir “que je termine ce relevé de passages très beaux dans ce récit philosophique. Un récit qui m’a apporté beaucoup sur l’accompagnement des proches qui restent mais aussi sur l’esseulement de celui qui part sans quelqu’un pour lui tenir la main. J’ai aimé le court texte sur Marie et le pauvre Joseph, disons qu’il se pose une question….Jésus était un homme cloué sur la croix, il souffrait, a appelé son père, a-t-il soulagé ses souffrances ?  Lui a-t-il répondu ? Voyez, tout cela est mon ressenti, des questions que je me suis posée en lisant ce livre. J’aime ajouter que Matthieu Mégevand n’est nullement larmoyant, il ne s’étend pas sur le drame de Sierre, cependant il me semble que si les proches des victimes de ce drame lisaient ce livre, cela les aiderait ou tout au moins ils sauraient que grâce à ce récit, l’on ne les oublie pas. Voila mon ressenti et ce serait bien que beaucoup de lecteurs le lisent ne serait-ce que par solidarité pour ceux qui restent. 5/5
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