Jacqueline HARPMAN (Belgique)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Jacqueline HARPMAN (Belgique)

Message  gallo le Jeu 6 Nov 2008 - 20:14

De : nimbus (Message d'origine) Envoyé : 25/04/2003 21:27
Jacqueline Harpman. " Dieu et moi"
Edition Mille et une nuit. 91 pages.

Dans ce petit livre l'auteur se met en scène: morte à 80 ans, elle s'offre en tant que psychanalyste, écrivaine et athée un face à face avec le créateur en personne.
Médiocre!
Pas grand chose à sauver de tout cela!
L'auteure se donne le beau rôle, concèdant quelques petits défauts, et s'accordant de grandes qualités.
Ce ne sont pas les quelques jeux de mots faciles ( quand on est devenu äme il est difficile d'hausser les épaules ou de faire une crise de nerf!) qui sauvent le livre.

Note : 0.5 / 5

Jacqueline Harpman " L'orage rompu"
Livre de poche . 158 pages.

Je reconnais que c'est peut être un peu malhonnète de critiquer un livre dont on n'a lu que le tiers! Mais impossible de continuer!
Peut être dans la série Harlequin il aurait bien marché?
Un extrait de la quatrième de couverture:
"Un homme, une femme.Une rencontre de hasard dans le TEE Paris-Bruxelles.
Un tête à tête de deux heures, et des vies qui vascillent....
Psychanalyste, observatrice hardie des troubles de l'amour et du désir, la romancière démasque les peurs inavouées, les renoncements déguisés dont sont souvent faites nos vie. Où est le courage? où est la lacheté? mais d'abord qu'est ce que la passion? "
Bonnes questions! mais pour des réponses: s'adresser ailleurs!

Note : 0.5 / 5. On peut pas gagner à tous les coups!


De : Plaisir_des_Mots Envoyé : 27/12/2004 12:50
Récit de la dernière année - Jacqueline Harpman

Quatrième de couverture

Cinquante ans est une échéance difficile. Lorsque Delphine Maubert la voit surgir dans sa vie, elle se dit qu'il est temps de faire le point.

Son mari est mort onze ans plus tôt. Elle vit seule, elle est très proche de sa mère, Pauline, et de ses enfants, Mathilde et Paul. Comme c'est le temps des vacances, elle part pour l'Italie, où elle pense à sa vie, à sa jeunesse surtout... Au retour, une mauvaise grippe se déclare, guérit mal, et son médecin, François Letellicr, découvre un cancer du poumon avancé et irrémédiable.

La mort est conçue comme un scandale qui surgit indûment dans chaque existence. L'auteur accompagne l'héroïne de sa propre colère le long de ce dernier parcours. A côté de Delphine qui s'achemine vers la mort avec un courage étonnant, sa mère et ses enfants, mais aussi Letellier, qui va s'éprendre d'elle et la soutenir jusqu'à la fin. L'approche de la séparation ultime exacerbe les émotions. Les trois générations de femmes forment une triade où chacune tente de donner à l'autre tout ce qu'elle a été. Les hommes, plus timides, finissent par comprendre le jeu et par y entrer. On voit se déployer une sorte de folie amoureuse qui monte éperdument jusqu'à la cassure finale. Ce récit d'une agonie, construit comme une messe mortuaire, n'est jamais morbide : de bout en bout, c'est un cri de passion pour la vie. Un livre magnifique et terrible.

De : Plaisir_des_Mots Envoyé : 27/12/2004 12:53
Il y a des livres que l’on peine à lire, des livres dont la lecture est un véritable combat, des livres qui quelques fois même l’emportent : nous sommes alors bien obligés de rendre les armes, de les abandonner à leur triste sort, parfois même en plein milieu d’une page. Lectures décevantes…

A contrario, il y a des livres que l’on dévore, happés par l’intrigue, n’ayant de cesse d’en découvrir le dénouement. Lectures palpitantes.

Et puis, il y a les livres que l’on déguste, n’en lisant que quelques pages par jour afin de faire durer le plaisir de la découverte, ce qui offre également l’avantage de laisser les mots de l’auteur nous imprégner. Lectures vivifiantes !

Sans l’ombre d’une hésitation, c’est dans cette troisième catégorie que je classe Récit de la dernière année de Jacqueline Harpman, même s’il peut paraître surprenant de qualifier de vivifiante la lecture de ce qui au fond n’est rien d’autre que la chronique d’une mort annoncée. Et c’est vrai que si j’ai longtemps reporté la lecture des dernières pages, c’était bien sûr pour savourer le plus longtemps possible une langue toute en finesse et une approche psychologique des personnages toute en profondeur (Jacqueline Harpman n’est pas psychanalyste pour rien), mais c’était également parce que, connaissant par avance l’inéluctable fin, je voulais en reculer l’échéance au maximum. Indentification au personnage de Delphine, cinquante ans, condamnée par un cancer du poumon à une mort trop proche ? Sans doute, ayant pratiquement le même âge qu’elle, je ne puis m’empêcher, c’est exact, de partager ses craintes face au vieillissement et à la mort.

Nous tentons de ralentir le pas, et, terrifiés, nous découvrons que nous ne sommes pas maîtres du temps, il nous pousse par derrière, nous trébuchons, haletants, désespérés, nous cherchons quelque appui, il faut se raccrocher, résister, mais déjà la vague est sur nous et nous emporte hurlant vers le silence. (p. 7)

Mais si par moment Delphine m’est apparue en quelque sorte comme mon double, il en va manifestement de même pour l’auteure :

Delphine Maubert pleure et je pleure avec elle, car je ne sais plus ce qui est d’elle et de moi. (p. 151)

Et c’est certainement ce qui participe au charme de ce livre, cette implication récurrente de l’auteure dans la trame même de l’histoire :

Qui est cette Delphine Maubert qui vient de me tomber sur la plume ? (p. 14)

Alors, Jacqueline Harpman, Deus ex machina ? Pas vraiment :

Je ne la connais pas encore, je sens qu’elle requiert ma présence et que je ne suis pas en état de lui résister. (pp. 14-15)


On ne sait donc plus très bien qui du personnage ou de l'auteure mène l'histoire. En ce sens, on peut probablement dire que l’écriture de ce bref roman a dû servir de catharsis à son auteure. Mais c’est alors paradoxalement une merveilleuse leçon d’optimisme que l’on reçoit (ce n’est pas Delphine qui s’exprime ici, mais bien Jacqueline Harpman) :

Je serai une explosion de joie, l’univers en expansion pour l’éternité, je me dilaterai indéfiniment et il n’y aura plus jamais de silence, plus de mort. (p. 152)

Comme le dit très bien la 4ème de couverture : « c’est un cri de passion pour la vie. »

Il y a des livres qu’on a lus… et qu’on relira ! C’est certain !

Ma note : 5/5 sans hésiter !


De : lalyre7032 Envoyé : 06/02/2005 15:35

Jusqu'au dernier jour de mes jours - J.Harpman

Des nouvelles ou personnellement je n'ai aimé que les deux premières.Chacune est singulière, très différente des autres. Chacune trouve pourtant un écho dans l'actualité proche ou lointaine, que ce soit à la manière directe de la romancière ou de façon allégorique et, parfois, plus obscure.

Toutes mettent en scène une femme dont les sentiments ou ressentiments sont de ceux qu'induisent nos sociétés dans leurs événements ou découvertes récentes. Les faits sont, comme tels, anecdotiques, les situations imaginées. Les questions sont actuelles, participant de peurs, de refus, de désirs, d'inconséquences ou de haines que nous croyons reconnaître.

J'étais bien entrée dans le livre mais après les deux premières,là je suis très

déçue par la singularité des suivantes.

2,5/5


De : Claarabel Envoyé : 04/03/2005 10:23
Je viens calmer le jeu après l'enthousiasme débordant de Plaisir des mots...
J'ai terminé "Récit de la dernière année" de Jacqueline Harpman et voici mon commentaire :

L'histoire commence par un anniversaire, cinquante ans, une femme, Delphine, pense être à la moitié de sa vie. Elle part profiter du soleil de la Sardaigne, fait un bilan très pertinent sur elle-même, mais rentre fâchée d'avoir été importunée par le désir explicite de deux jeunes italiens... Puis Delphine apprend sa maladie, incurable, et le compte à rebours est lancé. Moins d'un an à vivre ! Au lieu d'en pleurer, elle décide d'offrir à la face du monde un sourire éclatant et un relativisme déconcertant.
Ce roman de Jacqueline Harpman révèle toute l'élégance de l'écriture de son auteur, notamment dans l'analyse de la femme confrontée à la cinquantaine. Tout sexe féminin se doit de lire ce chapitre, c'est très significatif ! Par contre, la suite du roman m'a déçue. Trop de réflexions ont semblé alourdir le récit, l'héroïne adopte souvent une philosophie surréaliste en pareille situation, pour ne pas friser la théâtralité vers la fin... "Déjà ? dit-elle. (...) Tout cela était donc vrai ? Ce n'était pas un jeu ? Je meurs ? Ah ! vous savez bien que je n'en ai jamais douté, d'où vient que je sois surprise ? Je ne sais pas ce que je sais."
Dommage, ça démarre sur les chapeaux de roue, et ça flanche.

Ma note : 3/5....


De : Felindra2775 Envoyé : 04/03/2005 10:33
"Récit de la dernière année" de Jacqueline Harpman

Dans l'ensemble, j'ai bien aimé le livre. Notamment la première partie, quand elle fait le bilan de sa vie avec une certaine lucidité et la fin qui est un moment très fort. Bien aimé aussi la complicité des trois héroïnes.

J'ai trouvé cependant quelques longueurs au milieu du livre où pour moi il ne se passait pas grand-chose et qui sont hors sujet.

Se retrouver face à sa propre mort est une chose terrible. Moment terrible où en fait on se rend compte que l'on ne contrôle plus sa vie ni son corps, plus rien,et que l'on a d'ailleurs jamais rien contrôlé, que tout ça n'est qu'une illusion. La mort frappe qui elle veut, quand elle veut et que personne n'y échappe.

Delphine veut garder toute sa lucidité jusqu'au bout et vivre pleinement sa mort et l'auteur l'a bien fait ressentir et c'est un moment très fort. (Pour moi en tout cas)

Clarabel, voici la critique que j'avais fait à l'époque quand je l'ai lu, cette à dire à la fin de l'année passée.

felindra


Réponse
De : Claarabel Envoyé : 04/03/2005 10:50
Ouiii !! c'est incroyable !! nous avons toutes les deux eu la même impression en lisant ce livre !... Par moments aussi je pensais que certains passages se détachaient de l'histoire en elle-même et du coup je lisais un peu "en diagonale".

Certains ont trouvé la fin, où les trois générations de femmes passent leurs dernières soirées à parler de l'histoire de la famille, très touchante, moi ça m'a un peu ennuyée !!!

Quelques longueurs, hein ?!

Par contre j'ai apprécié qu'on n'assiste à aucun bal d'hospitalisation, de traitements, etc... L'aspect médical est vraiment mis de côté, et même le médecin traitant devient un ami, un proche... un amoureux ! Je trouve que J. Harpman a mis en avant l'humain face à la mort, et basta le médical...


De : Claarabel Envoyé : 09/05/2005 14:09
En toute impunité, Jacqueline Harpman
Grasset, 294 pages

Le bonheur est dans le crime ...

Sous la coupelle de Barbey d'Aurevilly, le narrateur va confesser une bien étrange histoire dont il a été le dépositaire et l'observateur bien malgré lui ! Une nuit, cet homme tombe en panne de voiture, dans une campagne perdue, où il trouve refuge et dépannage dans une immense propriété, La Diguière, maison grandiose, au cachet important, sauf que le bâtiment est actuellement en plein état de délabrement.
Dans cette demeure, vivent des femmes, de mère en fille. Actuellement "la reine mère" est "en mission" à Vichy, dans un but matrimonial : trouver un mari aisé pour renflouer les caisses vides de La Diguière.
Le narrateur est spectateur tantôt ébahi, tantôt interloqué ou amusé de cette famille bourgeoise déchue, pour qui la passion d'une propriété fait bouillir le sang à plus de 90 degrés ! Et quand Albertine va rentrer, mariée à un certain Fontanin, les choses vont mal tourner...
Car entre sa première rencontre avec ce lieu éblouissant et sa seconde visite, un an passe. Les choses ont changé, mais les âmes de l'endroit sont fidèles à elles-mêmes, agissant "en toute impunité", soucieuses de préserver un lieu, un droit, un héritage de générations, à quel prix ?!...

Nouveau roman de Jacqueline Harpman, "En toute impunité" se base sur une ambiance noire des romans dont raffolait Barbey d'Aurevilly. Toutefois les personnages au centre de l'intrigue, les filles La Diguière, n'ont de "diaboliques" que la prétention, car leurs penchants avoués à demi-mots se basent sur un fanatisme échevelé et un tantinet abracadabesque, qui charme, étonne et agace, tout dans le même panier ! Ce roman a du potentiel mais contient quelques lourdeurs...

3.5/5


De : Arti77772 Envoyé : 23/06/2005 09:20
Le passage des éphémères, Jacqueline Harpman

Blonde, pâle, Adèle Salazine est une jeune femme hors du commun malgré un physique passe partout. Signe particulier ? Son âge. Elle parait 30 ans à peine, mais en vérité, elle a cinq siècles. Toujours en fuite, affublée d’identités changeantes, Adèle traverse le temps et observe ses contemporains mortels avec un regard impitoyable, voire cruel. Ces pauvres humains que nous sommes sont disséqués à la loupe à travers une galerie de personnages savoureux qu’on déguste d’une traite. Tout y passe, notre vanité, nos pauvres secrets, notre peur de vieillir, notre dépendance des médicaments, nos tourments amoureux, nos bassesses cachées. <o:p></o:p>

La romancière belge Jacqueline Harpman nous entraîne dans le sillage d’une créature immortelle avec ce roman épistolaire pimenté d’un humour féroce qui fait rire, mais jaune !

3.5/5 Arti


avatar
gallo

Nombre de messages : 2598
Location : Pays-Bas
Date d'inscription : 29/10/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Jacqueline HARPMAN (Belgique)

Message  gallo le Jeu 6 Nov 2008 - 20:23

De : marie2040 (Message d'origine) Envoyé : 2003-03-27 01:30
"La dormition des amants", Jacqueline Harpman

L'histoire se situe au début d'un 17 ème siècle imaginaire entre Maria Conception Infante d'Espagne et reine de France,et Girolamo,le narrateur.
Ce dernier,rescapé d'un bateau d'esclaves a été castré,et,gravement malade,ne survit que par amour pour la petite princesse qui s'éprend de lui et le soigne.Maria Conception est bien décidée à conquérir le pouvoir dont son père lui a donné le goût.

4/5

Ce roman est beau de par la profondeur des sentiments que l'on ressent en le lisant.Amour platonique mais combien puissant,complicité dans les regards ,dans les silences.Au fil des pages on se sent impliqué,on souffre avec Girolamo,on aime aussi.

J.Harpman:écrivaine et psychanaliste belge vivant à Bruxelles.Récompensée en 1966 par le prix Medicis pour son roman "Orlando"


De : Sahkti1 Envoyé : 14/07/2006 12:22
Jacqueline HARPMAN, La lucarne
Editions Labor Espaces Nord

Deux fortes présences dans ce recueil de nouvelles: l'écrivain et ses héros. L'écrivain que l'on sent à chaque page, révolté, rageur, désespéré, passionné face aux histoires qu'il raconte et dépendant de sa plume, de cette écriture qu'il n'arrive pas à abandonner, de ce récit qu'il veut à tout prix raconter. Oui, il y a cette présence invisible et pourtant si forte de Jacqueline Harpman au gré des mots, qui analyse chaque situation et la conduit à son extrémité, vers le point de non-retour. Est-ce sa formation professionnelle (psychanalyste) qui lui donne ce talent pour disséquer les choses sans pudeur et avec efficacité? Sans doute un peu, beaucoup, elle met tout en lumière ou plutôt ici, elle éteint les lumières, les unes après les autres.

D'où la seconde présence très forte, celle des héros. Des femmes. Qui se battent avec elles-mêmes, avec la vie, avec leur entourage, avec leur condition sociale. Des femmes que l'on devine désespérées et victimes d'une situation qui les étouffe. Femmes de tous les jours, femme de l'imginaire collectif. On retrouve par exemple Antigone, Jeanne d'Arc ou la Vierge Marie. Chacune raconte la légende qu'on a forgé autour d'elles à leur manière, c'est leur version parfois bien différente de la nôtre. Sur ce point par exemple, le récit de Marie est bien plus sensible et réaliste que ce qu'on nous a appris dans les manuels du cours de religion. Antigone brille également par son désespoir lucide, par sa force de caractère, par le regard noir qu'elle porte sur l'inceste et la société qui entretient cet état de fait.

Chaque nouvelle, il y en a dix, représente une vision faussée de certaines réalités, ce que l'on voit par la lucarne. Mais la lucarne, c'est aussi l'inverse, l'histoire vue de l'autre côté, une autre version, une vision plus dramatique et aussi plus attachante. A travers ces cris et ces appels règne un sentiment confus et douloureux de frustration. A chaque fois, on ressent une impossibilité règnante, un désespoir, l'envie de faire quelque chose mais l'impossibilité de le réaliser. Constat amer porté par un récit vigoureux parfumé de quelques touches d'humour bienvenu, Jacqueline Harpman surprend une fois de plus.

Ma note: 3,5/5


De : Sahkti1 Envoyé : 14/07/2006 12:23
Jacqueline HARPMAN, la vieille dame et moi
Editions Le Grand miroir

Etrange et savoureux récit que celui-ci dont ne déplore qu’une chose : qu’il ne soit pas plus long !
L’auteur nous raconte l’histoire d’une rencontre étonnante : elle se trouve dans son jardin en train d’écrire lorsqu’une dame d’un certain âge (plus de 80 ans nous apprendra le texte) apparaît de manière complètement incompréhensible sur une chaise longue en face d’elle.
Passé le premier étonnement, commence alors un discours violent et emballant, un véritable réquisitoire de cette vieille dame contre notre auteur. Tout y passe, le moindre défaut, les plus intimes secrets, les comportements inavoués, etc. Embarrassante aventure que celle-ci qui veut qu’un autre vous mette à nu et ne vous accorde aucune concession sur les erreurs de votre vie.
Magnifique texte avec cette apparition (est-ce un rêve ? La réalité ? La fin laisse planer le doute, cela ressemble à un songe, mais laisse des traces profondes dans l’esprit de Jacqueline Harpman) qui pourrait être notre inconscient révolté désireux de nous faire prendre conscience de ce qui est essentiel dans la vie. A travers le réquisitoire contre la narratrice, on apprend que celle-ci (comme presque chacun d’entre nous) s’inquiète avant tout de l’apparence que prend sa vie et de la manière dont elle l’a remplie. Accomplir de grandes choses, laisser des traces, se mentir de peur de reconnaître qu’on n’est pas parfait, voilà ce qui nous hante tous. Or finalement, le plus important est-il d’accomplir de grandes choses pendant sa vie ? N’est-ce pas plutôt d’être satisfait de sa vie, tout court, peu importe ce qui la compose. De même avec la personnalité. Ne vaut-il mieux pas savoir et accepter qu’on est un être minable ou méprisable ? Ou vaut-il mieux faire semblant d’être respectable et se voiler la face ?
Un texte qui remet les choses à leur place et nous pousse à réfléchir. Lecture incontournable !

Ma note: 4,5/5


De : Sahkti1 Envoyé : 14/07/2006 12:24
Jacqueline HARPMAN, Le placard à balais

La dédicace m'a fait sourire: "A Jacqueline Barthe, le professeur de français de mes quatorze ans, qui me rendit la rédaction qu'elle venait de corriger en disant, dédaigneuse: "A ce train-là, Mlle Harpman, vous écrirez des romans-feuilletons" et décida ainsi de mon destin".
La petite pointe d'acidité toujours bienvenue de Jacqueline Harpman, de quoi se plonger avec envie dans ce très court recueil ( 50 pages).

Qu'en ressort-il? Que Harpman manie bien l'évocation de la sensualité et du fantasme, qu'elle décrit avec gourmandise ses rêves et ses pensées secrètes, que ses héroïnes reflètent, comme elle le dit, les vies cachées qu'elle aurait aimé avoir. Et c'est tout. Courte nouvelle, sans grande originalité finalement, qui ressemble à s'y méprendre à une nouvelle académique et politiquement correcte du 19e siècle.
C'est dommage car je sais que Jacqueline Harpman peut beaucoup mieux faire et nous faire rêver, se noyer avec délice dans l'âme de ses protagonistes, nous faire rire et pleurer. Rien de tout cela ici, à peine un frémissement. L'écriture est toujours belle et élégante, c'est le fond qui ici m'a semblé faire défaut, ne jamais s'emballer ni s'élever.

Ma note: 2/5

De : Sahkti1 Envoyé : 14/07/2006 12:31
Jacqueline HARPMAN, La mémoire trouble

Géraldine, Charlotte, Bernard et Antoine sont quatre amis d'études. Un lien indéfinissable et profond les lie. Il y a aussi Octave, frère jumeau de Géraldine. Un drame se produit. Qui les brise. L'horreur s'installe dans leurs esprits, chacun fuit comme il peut mais ce sera peine perdue, ils ne peuvent que se mentir à eux-mêmes et tenter de cadenasser leur âme pour ne pas qu'un fantôme s'y installe trop cruellement.
Entre ce drame et le début du récit, dix années se sont écoulées. Charlotte, brillante scientifique, revient d'Amérique du Sud où elle a passé six ans. A essayer d'oublier. Sans succès. Mais oublier quoi ?
C'est là qu'entre en scène le génie de Jacqueline Harpman. A petites doses, avec des mots savamment choisis, elle mêle les voix des protagonistes à celle de la femme de Bernard, victime plus que bourreau, et à celle d'un mystérieux narrateur. Qui pourrait aussi être une narratrice, nous n'en savons rien et le vocabulaire est subtilement employé pour ne pas lever le voile. C'est peut-être Jacqueline Harpman qui reste fidèle à ses habitudes de nous raconter une histoire. C'est peut-être Octave qui descend contempler ses amis et calmer ses tourments par procuration en les voyant faire face aux leurs.
Au fil des pages, nous partons à la rencontre des ces êtres meurtris et découvrons à pas feutrés ce qui les a tant bouleversés, ce qui s'est passé dix ans plus tôt.
J. Harpman maintient la tension à son comble tout au long du récit, qu'il est difficile de résumer sans révéler une partie du secret qui les unit tous les quatre.
C'est un très beau texte, tout en sensibilité et subtilité, un des meilleurs, à mes yeux, de Jacqueline Harpman.
Ma note: 4,5/5


De : Sahkti1 Envoyé : 14/07/2006 12:34
Jacqueline HARPMAN, L'orage rompu

J'ai connu Jacqueline Harpman dans une meilleure forme, avec une plume plus en verve que cette fois.
Cette histoire, c'est celle d'un huis-clos entre un homme et une femme, sur la ligne TEE (qui deviendra Thalys) Paris-Bruxelles. Trois heures de voyage, elle souhaite manger, il reste une seule place au wagon-restaurant en face de cet homme, elle s'installe. Cornélie revient des funérailles de son ex-mari, un homme qu'elle pensait ne plus aimer et dont les traces refont douloureusement surface. En face d'elle, Henri Guérin, un homme d'affaires à la vie bien rangée, homme tranquille à l'allure distinguée.
La conversation s'engage, Cornélie se livre comme jamais, elle raconte ses souvenirs et ses fantasmes, ses histoires les plus intimes, comme sa première expérience sexuelle (une artériole qui se rompt, l'effusion de sang, une première fois qui sera la dernière avec ce garçon, Jacques), ses uniques émois lesbiens, son mariage, ses enfants, ses doutes, tout ce qu'elle conserve enfoui en elle depuis tant d'années. Le Clos-Vougeot aide à ces confidences, mais il n'y a pas que ça. Entre Cornélie et Henri, c'est l'alchimie, la fusion, la révélation des sens. En trois heures de voyage et de conversations, ils tombent en amour l'un pour l'autre, Henri lui propose de le suivre, de vivre leur folie toute entière, comme des amants s'il le faut, davantage encore si elle le souhaite. Mais voilà, Cornélie est une éternelle angoissée, apeurée à l'idée de prendre la moindre décision, malheureuse lors de son premier mariage et morte de peur à l'idée de souffrir à nouveau. Cornélie n'aime pas faire des choix, encore moins avancer vers l'inconnu. Elle a ainsi acquis de petites manies, comme choisir le premier plat qui lui plaît sur la carte, afin de ne jamais avoir à hésiter, consciente que ce sera une souffrance intolérable. Toute sa vie est bâtie sur ce mode. Il n'y a qu'avec les chiffres qu'elle s'entend (elle est statisticienne), car avec eux, tout marche droit.
Trois heures de discussion, la naissance d'une passion dévorante, la question de tout quitter pour vivre cette folie et la réponse, tant attendue, tellement courue depuis les premières lignes. Comment Cornélie qui a peur de tout pourrait-elle partir ? Léger agacement devant cette fin inévitable, j'aurais espéré davantage.
Ce roman ne m'a pas emballée. Il rassemble pourtant tous les éléments chers à Jacqueline Harpman, la narration à la première personne, l'impression grandissante quil s'agit d'une autobiographie, le portrait d'une femme tourmentée, l'aternance entre assurance et fragilité, une remise en question, un bouleversement final qui jamais ne se produit... Oui, tout était là mais la magie n'a pas opéré, trop plat pour moi. Un sourire cependant, l'évocation par deux fois de la ville belge dans laquelle je réside la moitié du temps, petite ville perdue sur une carte, dont jamais personne ne parle. Ce fut sans doute mon pincement au coeur, le reste m'a paru trop pesant.
Ma note: 2/5
avatar
gallo

Nombre de messages : 2598
Location : Pays-Bas
Date d'inscription : 29/10/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Jacqueline HARPMAN (Belgique)

Message  gallo le Jeu 6 Nov 2008 - 20:24



De : Sahkti1 Envoyé : 14/07/2006 12:37
Jacqueline HARPMAN, Récit de la dernière année

Il est rare que je referme un livre en pleurant, ce fut le cas cette fois.
Le "Récit de la dernière année" est celui d’une femme, Delphine Maubert, qui apprend peu après son cinquantième anniversaire, qu’elle a un cancer des poumons à un stade avancé et irréversible. De six mois à un an, voilà le délai et l’implacable vérité.
Il se passe un peu de temps avant que le lecteur, et Delphine, apprennent la terrible nouvelle. Jacqueline Harpman brosse d’abord un portrait détaillé et riche de cette femme qui se cherche, qui arrive au chiffre symbolique de 50 ans avec une certaine appréhension, beaucoup d’interrogations mais aussi un puissant espoir, celui de continuer à vivre en croquant la vie à pleines dents, de vivre pour les autres mais aussi un peu pour elle. Un anniversaire qui provoque une longue introspection, un bilan, un peu à la manière de Françoise Lefèvre dans "Se perdre avec les ombres".

"On ne peut pas renouer avec soi-même. Chacun de nos âges est intact en nous et définitivement emprisonné dans les coffres scellés de la mémoire, le parfum furtif des madeleines est une imposture, juste une illusion qui passe et que l’on recherche en vain, jamais on ne retrouve la réalité des voix qui résonnent et des bras qui enlacent." (page 34)

Delphine Maubert apprend de la bouche du médecin de famille qu’elle va mourir. La franchise et la brutalité des propos de Letellier, cet homme qui de consultant qu’on ne voit pas vraiment deviendra le confident des dernières semaines, font mal. Mais Delphine Maubert ne semble pas réagir. L’information reste bloquée quelque part, elle reprend ses habitudes comme si de rien n’était, ment et se ment.

"Je crois que je suis confusément choquée par le peu d’émotion. Elle pose les questions qui s’imposent sur le délai, les souffrances, on ne la sent pas trembler. Tremble-t-on tout de suite ? N’est-il pas naturel qu’une sorte d’obscurité se fasse dans l’esprit ? Peut-être la voulais-je immédiatement transpercée comme ces héroïnes de jadis qui s’évanouissaient si gracieusement aux émotions fortes…" (page 57)

Puis un jour, elle décide tout de même qu’il faut annoncer la vérité à sa famille. Ce sera le drame, le choc silencieux. Douleur de Pauline, une femme de 77 ans qui croyait dur comme fer partir avant sa fille. Douleur d’une mère qui voit dépérir son enfant, peu importe qu’elle ait 10 ou 50 ans, elle demeure sa fille, sa chair, une partie de soi-même qui s’en va.

"Voilà que cela me fera vivre au-delà de ma fille. Elle sentit poindre la douleur, comme on devine une tornade qui dévastera tout. Ah si mon cœur pouvait s’arrêter là, d’un instant à l’autre, par pure bonté, pour m’épargner de passer par les jours à venir. Pourquoi ne suffirait-il pas qu’on le veuille et l’absurdité de vivre cesserait?" (page 93)

Colère et révolte de la part de Mathilde, la fille de Delphine, qui interdit violemment le départ de sa mère, refuse qu’on lui vole toutes ces années à venir qu’elles auraient encore pu passer ensemble. Elle en veut à sa mère, elle se fâche, elle tempête… il est plus facile de s’en prendre à un être vivant qu’on a en face de soi que se bagarrer avec l’entité abstraite que constitue la Mort.
Paul, le fils, futur médecin, est partagé et silencieux. Divisé entre la rigueur qui doit être celle d’un toubib face à la maladie et la mort et l’émotion qui l’envahit à l’idée de perdre sa mère dans quelques mois. Sa peine est aussi forte que celle de sa sœur ou de sa grand-mère, il l’extériorise cependant moins.
Les semaines s’écoulent, Delphine ne sent rien venir, elle n’attend pas, elle vit comme si rien n’existait. une petite voix pourtant est là, des pensées, des gestes… mais c’est surtout le comportement des autres et la présence désormais quotidienne de Letellier qui lui rappellent qu’elle ne sera bientôt plus de leur monde.
Un jour c’est le choc. L’information est enfin parvenue à son cerveau et au central des émotions. Delphine s’effondre. Elle trouve bien entendu cela injuste, regrette le temps perdu, pleure devant ce qu’elle ne pourra jamais voir. Et là, elle commence à attendre. Une attente insupportable.

"J’ai cinquante ans et je vais mourir : ces mots-là désignaient deux états d’esprit qui lui semblaient incompatibles, car le premier implique d’inventer une nouvelle façon de concevoir son avenir et le second dit qu’il n’y a pas d’avenir. Elle aurait voulu en jeter un hors de soi, comment fait-on cela? Elle se sentait double." (page 77)

Au fil des jours, sa santé décline. Jusqu’au grand départ. Qui aura lieu dans une belle dignité après un partage impressionnant et intense d’amour avec les siens. Comme si il fallait à tout prix tout se transmettre, raviver les souvenirs, en créer d’autres, dresser un portrait avant qu’il ne soit trop tard.

"C’est ainsi qu’elle s’engagea sur ce chemin qu’on parcourt une seule fois. Elle pensa qu’elle s’absorberait dans chaque pas, qu’elle ne perdrait pas un instant de cet ultime trajet." (page 246)

Dans ce récit, Jacqueline Harpman fait preuve d’une sensibilité alliée à une certaine impudeur de l’âme, qui suscite mon admiration. Comme souvent, elle emploie le procédé de parler à deux vois, la sienne mêlée à celle de Delphine Maubert. Elle raconte une fin de vie avec beaucoup de douceur et de force à la fois, elle dit les sentiments tels qu’ils sont, elle se glisse parfaitement dans la peau de celui qui va bientôt partir. J’ai retrouvé intactes des phrases jadis prononcées, des pleurs versés ou des angoisses jamais totalement éteintes. Merci Madame Harpman. Peu de livres s’enfoncent aussi profondément en moi.

Ma note: 5/5


De : InaudibleAdeline Envoyé : 24/07/2006 16:07
Jacqueline Hsrpman: "Le Passage des Ephémères": une forme de roman tout à fait originale, les personnages s'envoient des courriers électroniques, bien plus rapides que les lettres envoyées par la poste; un roman" électroniquement épistolaire" dit une critique littéraire...J'ai trouvé ce roman passionnant...il est paru en poche n° 30569. L'écriture de J. Harpmann est remarquable, un peu désuète, un charme fou...à lire absolument.
Ma cote: 4/5 au moins


De : doriane99 Envoyé : 19/02/2007 16:09
La plage d'Ostende. Jacqueline Harpman
Livre de Poche, 317p

"Dès que je le vis, je sus que Léopold Wiesbeck m'appartiendrait. J'avais onze ans, il en avait vingt-cinq."

L'histoire de l'amour fou et inconditionnel qui unit Emilienne à Léopold. Elle ne vit que pour et par lui, elle échafaudra toute sa vie autour de lui, tout d'abord avec le but secret de le conquérir lorsqu'elle en "aura l'âge" puis, assurée de la réciprocité de son amour, elle n'hésitera pas à écraser sans vergogne tout obstacle qui se lèvera entre eux deux.

Au tout début, j'ai eu des difficultés à accrocher à l'écriture, certaines phrases me semblaient bien tarabiscotées, bizarrement construites, j'ai trouvé le style un peu "vieillot"... Puis je me suis laissée happer par cette histoire, par les mémoires d'Emilienne. Elle se confie sans concession aucune, reconnaît ses torts mais a choisi sa vie en pleine connaissance de cause, victime consentante de cet amour absolu.

"Pourquoi ne le peut-on pas ? ... quitter aujourd'hui et me réfugier, aveugle et sourde, dans les temps intérieurs, briser avec ce corps inutile, puisqu'il n'y vient jamais plus, ces yeux aveugles puisqu'ils ne le voient plus, ces oreilles mortes que sa voix ne fait plus jamais vibrer ? Qu'ai-je à faire de sentir, de toucher, si ce n'est plus lui ? Je suis amputée. J'ai mal à Léopold. Mon corpts est tranché en deux, une moitié est morte et l'autre crie de douleur"

Il n'empêche que je n'ai pu m'empêcher de ressentir un certain malaise devant cette femme obnubilée par son amour, qui ne vit que pour lui, au mépris de tout le reste et ne peut m'empêcher d'être persuadée qu'elle a vécu sa vie "en touriste", mais c'est ce qu'elle a voulu au plus profond d'elle-même.

4/5


De : Lyreek14 Envoyé : 26/08/2007 18:06
La dormition des amants - J. Harpman

Mon avis : J'ai beaucoup aimé ce roman. On suit avec plaisir et émotion le récit de la vie de Maria Conception, infante d'Espagne puis reine de France et de Girolamo, esclave que Maria a sauvé lorsqu'ils n'étaient encore que des enfants.
J'ai aimé le personnage de Maria, son ambition, sa soif de connaissance et sa modernité; mais ce qui est le plus touchant dans ce roman, c'est l'amour impossible qui unit Maria et Girolamo. J'avoue même avoir versé ma petite larme à la fin.

4/5
De : doriane99 Envoyé : 22/10/2007 18:31
La dormition des amants, Jacqueline Harpman
Livre de Poche, 344p

Dans une Histoire de France imaginaire, au XVIIe s, la jeune princesse espagnole Maria Concepcion de la Lloros devient l'épouse du roi de France : Edouard (Nous sommes après Henri IV mais avant l'accession au trône de Louis XIII). Maria est accompagnée par son ami de toujours : Girolamo, un jeune esclave castré qu'elle a recueilli enfant alors qu'il était mourant.

Ce livre est avant tout une histoire d'amour impossible entre la Reine et son ami Eunuque. Un contexte historique amusant, on ne peut s'empêcher d'admirer cette reine qui bouscule les mentalités : elle a soif de savoir (langues, médecine...), elle tient à occuper une place reconnue à la tête de l'Etat, fine stratège elle sait rabibocher protestants et catholiques, s'assurer fidélité tant du côté des têtes couronnées que des malfrats. Une reine comme on aurait rêvé d'en avoir !!! de petits clins d'oeil : la demeure royale est Vaux-le-Roy, le conseiller ministre des finances a de faux airs de Colbert...
A côté, l'histoire de cet amour inconditionnel, chaste (bien obligé !) mais une totale osmose entre deux êtres, voilà pourquoi on parle de "dormition" au moment de leur mort.
Un livre qui se dévore !
4,5/5


De : InaudibleAdeline Envoyé : 09/12/2007 17:52
"Du côté d'Ostende" de J. Harpman
paru chez Grasset et en poche n°30839.

Je retrouve avec plaisir les personnages de "La Plage d'Ostende" : ils ont vieilli...
Léopold, le peintre, grand amour d'Emilienne, est décédé depuis longtemps...Emilienne Balthus, la femme du monde,se meurt et lègue ses carnets de souvenirs à Henri. Henri Chaumont, l'ami de tous, l'homosexuel discret, nous livre les secrets du passé.
Une fois de plus, entre littérature et psychanalyse, J. Harpman parvient à me charmer par l'étude psychologique de ses personnages et par son style parfait...chacun de ses romans est un bijou...

Note : 4,5/5

De : gallomaniac Envoyé : 16/03/2008 19:12
La plage d'Ostende, roman de Jacqueline Harpman. Ma note 3,5/5.
Stock 1991, LP 2003, 317 pg.

La plage d'Ostende, c'est la couleur grise qui fait du tableau de ce nom le chef-d'oeuvre du peintre Léopold Wiesbek; c'est la couleur assortie à ses yeux, c'est la couleur qu'il a découvert grâce à la jeune fille Emilienne qui l'accompage à la plage de ce nom. C'est aussi le livre du même nom, dans lequel Emilienne, en approchant la cinquantaine, raconte son amour unique, excessivement possessif, mais pas du tout aveugle, qui a dominé toute sa vie de femme.
Le premier tiers du livre est très beau, avec le jeu des couleurs de peinture alternant avec les émotions amoureuses touchantes, jusqu'à la scène de séduction comprise, qui est pleine de tension émotive. Emilienne, tombée amoureuse à 11 ans de ce peintre 14 ans son ainé, prépare pendant 4 ans cette séduction, qu'elle réussit à 15 ans quand elle se dévoile dans sa beauté de femme fraichement éclose devant le peintre soudainement ébloui de cette vision. L'intrigue semble être fixé, le reste sent la repétition et le récit prend alors moins bien. Et dès là le récit traîne un peu en longueur, longueur voulu par l'auteure - la durée doit pouvoir faire son travail au plan émotif - mais pas moins longueur. Ceci dit, j'ajoute que l'auteure sait bien introduire de petits traits originaux et des déscriptions bien menés. Avec toute sa volonté Emilienne construit sa vie autour de vouloir posséder ce peintre artiste. Sa position qu'elle prend au milieu de son entourage, y compris les jalousies des femmes qui tournent autour du peintre, les mariages à motifs fallacieux, les personnages du roman qui meurent en série de mort naturelle: tout cela aboutit à un injuste retour des choses quand sa fille, à onze ans, semble avoir subi un même sentiment amoureux définitif.

On sourit là où l'auteure fait apparaître dans une phrase une "Jacqueline Harpman" bonne maquilleuse. Je me doute que cette phrase n'est pas venue sans raison et qu'elle pourrait avoir un image d'elle-meme comme "maquilleuse de textes", qui ajouterait des petites touches pour "faire plus beau". Je ne dis pas que cela soit, c'est sa phrase qui faisait naître chez moi cet image. Et pourtant, son style est plutôt traditionnel, sans franges mais de bonne expression. Ma note 3,5/5.

Le même éblouissement d'un peintre devant une jeune fille belle se trouve dans Le Chef-d'oeuvre inconu, de Honoré de Balzac.
avatar
gallo

Nombre de messages : 2598
Location : Pays-Bas
Date d'inscription : 29/10/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Jacqueline HARPMAN (Belgique)

Message  gallo le Jeu 6 Nov 2008 - 20:30

De : Garanemsa Envoyé : 09/07/2008 11:28
zou je ne connaissais pas cet auteur non plus, je vois que vous oui
j'ai trouvé une petite bio sur internet, je vous la passe avant de faire une petite critique de breve arcadie (elle n'y est pas encore)


Jacqueline Harpman, Romancière...
Avec la complicité de Paul MATHIEU

Les romans de Jacqueline Harpman ne puisent pas tant leurs forces dans les intrigues que dans les relations entre individus. Le trouble d'une passion (haine ou amour) justifie bien une double approche littéraire et psychanalytique.

De fait, l'écrivain ne cache jamais la psychologue, au contraire, la première paraît avant tout un prolongement (un trop-plein?) de la seconde. Et plus que de portraits, c'est de «scanners» qu'il faut parler : ce qui se passe dans la tête des gens, tout cela est filtré par le regard de l'auteur.

Évidemment, au hasard des histoires, il n'était pas question de proposer des rôles à des personnages quelconques. Tous les acteurs sont excessifs. Exagérés? A peine. Plutôt, bien cernés : certains reviennent hanter plusieurs romans successifs sous des avatars divers.

On a là un déballage de sentiments à épisodes où le docteur nous dit tout. Les pulsions, les phantasmes et les cris de cœur ne font pas toujours dans la dentelle, mais ils sont terriblement humains.

Biographie

Née à Bruxelles, Jacqueline Harpman a vécu de 11 à 16 ans à Casablanca. Épouse de Pierre Puttemans depuis trente ans, mère de deux filles, elle habite toujours la capitale belge.

Après avoir entrepris des études de médecine, elle les abandonne pour l'écriture à laquelle elle se consacre entièrement de 1959 à 1966. Elle travaille aussi pour le cinéma comme scénariste et dialoguiste : Pitié pour une ombre, de Lucien Deroisy, en 1968 (d'après Thomas Owen). A cette époque, la romancière reprend des études et mène à bien une licence en psychologie et, depuis 1976, elle fait partie de la Société belge de psychanalyse. Établie comme psychanalyste, c'est en 1986 que Jacqueline Harpman retombe dans son «péché mignon» : l'écriture.

En 1959, elle se voit décerner le prix Rossel et, cette année, son dernier ouvrage vient d'être couronné par le prix Point de mire remis par la RTBF

Bibliographie

- Brève Arcadie, Prix Rossel.
- L'apparition des esprits
- Les Astronautes, livret d'oratorio, 1962. Musique de David de Woestyne.
- Les bons sauvages
- La mémoire trouble
- La fille démantelée
- La plage d'Ostende, Prix Point de mire, 1992.
- La lucarne
- Le bonheur dans le crime
- Moi qui n'ai pas connu les hommes
- Orlanda


De : Garanemsa Envoyé : 09/07/2008 12:34
BREVE ARCADIE - Jacqueline Harpman

Quand j’ai commencé ce livre, bof, je me suis dit, un bête roman d’amour, puis j’ai continué, et bien m’en a prit.

Certes, il s’agit d’amour. Mais c’est plus un livre d’auto analyse et chacun peut y trouver une petite parcelle.

Un homme d’âge mûr épouse une toute jeune fille, non pas par désir familial, non parce que chacun sentait que quelque chose allait changer.

Cette jeune fille tout au long de ses pensées, se rend compte de l’importance que cet homme prend à ses yeux, de ce qu’il lui apporte, nous ne parlerons pas de choses sexuelles, non mais de l’esprit ; lui de même, blasé de tout, prenant la vie sans émotion, homme de finesse et de grâce.

C’est un long cheminement de l’esprit de chacun, une lente évolution, une analyse très poussée des divers sentiments.

Psychologique en sorte.

Tout est parfait semble-t-il dans le meilleur des mondes.

Puis un jour, elle ressent certaines choses, se posent mille et une questions, serait-elle amoureuse du jeune homme qu’ils fréquentent.

Viens alors la seconde partie pour moi,

Le cheminement de trois esprits alors

Elle vers le jeune homme, mais ayant tellement de respect et d’attachement vis-à-vis de son mari ; lui volage et jeune ne comprenant pas non plus ce qui lui arrive.

Le mari quant à lui, n’ayant jamais ressenti d’émotion, se rend tout d’un coup compte qu’il peut en éprouver et son esprit aussi s’analyse.

C’est superbement écrit. J’aurais pu copier pas mal de jolies phrases de ce livre

Tant on pourrait aussi les appliquer dans nos propres analyses de nos sentiments tant vis-à-vis d’un conjoint, d’un amant, d’un ami, d’une amie aussi.

Franchement j’ai été agréablement surprise.

Et pour cela un bon 4.5/5
avatar
gallo

Nombre de messages : 2598
Location : Pays-Bas
Date d'inscription : 29/10/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Jacqueline HARPMAN (Belgique)

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum