Xavier HANOTTE (Belgique)

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Xavier HANOTTE (Belgique)

Message  gallo le Jeu 6 Nov 2008 - 19:38

De : 5859Chouette (Message d'origine) Envoyé : 13/09/2003 00:21
Xavier HANOTTE - Derrière la colline
Editeur : Belfond et Pocket (2000). 442 pages

Commentaire de "Alapage.com"
Novembre 1914. Sur le continent la guerre fait rage.
Comme des milliers de britanniques alors, Nigel Parsons s'engage. Pour ce jeune poète, c'est une manière comme une autre d'oublier ses échecs : sa fiancée s'est détournée de lui et son oeuvre poétique ne rencontre aucun succès. Rien n'a préparé Nigel à ce qui l'attend, et c'est bien l'enfer qui l'attend !
Cet enfer a pour noms "tranchées de Somme" et "colline de Thiepval". Nigel porte l'écusson du 16ème bataillon des Lancashire Fusiliers et il se terre dans un boyau pour se protéger des obus qui trouent la terre.
William Salter, son camarade de combat, son ami, son frère, est recroquevillé près de lui. Il est jardinier et ils se sont rencontrés il y a peu, à Londres, où William Salter entretient les allées de Hyde Park.
Ils sont rapidement devenus inséparables. Ils se sont engagés ensemble, et ensemble ils rentrent maintenant la tête dans leurs genoux afin d'éviter les éclats d'obus meurtriers. Ils attendent une accalmie du feu roulant des canons ou l'ordre d'attaquer. Pour eux, cela revient au même, car entre mourir au front et mourir au fond d'un trou, il n'y a pas de différence.
Ce n'est pas pour aujourd'hui car leur bataillon a droit à un jour de permission à l'arrière, dans une ferme de Bouzincourt. Le lieutenant Burrel, leur chef, aime ses hommes et il leur accorde un répit mérité, comme on offre une dernière cigarette au condamné. Le front c'est pour demain, en première ligne. Peut-être sauront-ils alors ce qu'il y a derrière cette maudite colline de Thiepval ?
Juillet 1948. Rescapé de la grande boucherie, William Salter n'est pas rentré en Angleterre. Il entretient les tombes de ses camarades morts en terre de France, et se souvient. Il se souvient qu'il s'appelait alors Nigel Parsons et qu'il fut sauver de la mort par William Salter qui s'interposa entre lui et la balle allemande qui lui était destinée. Prendre ensuite l'identité de William et se souvenir, c'était bien la moindre des choses.

Commentaire de Calou
Incroyable ! C'est tout simplement incroyable ! C'est simple, ce commentaire me fait le même effet qu'un marchand de voiture qui vante la carosserie d'une belle bagnole sans vendre ce qu'elle a dans le ventre !

Le décor est bien planté par Alapage, là c'est juste, mais ce qui m'a beaucoup plu dans ce roman, c'est tout ce dont ils ne parlent pas !

D'abord, ce n'est pas un roman historique. C'est un roman campé dans la guerre 14 - 18 certes, mais un roman qui va bien plus loin que cette horrible boucherie où on a compté quand même 60 000 tués et blessés en un peu plus de 10 heures...

C'est un roman qui a du ventre, du style, de la poésie, de la finesse, des analyses psychologiques voire philosophiques. C'est un grand roman. Un roman sur l'amitié entre hommes. Un roman sur le poids de l'histoire, sur le destin, sur l'identité.

Bref, je cesse de m'exciter sur mon clavier sinon je suis encore là demain matin, mais pour moi, c'est un roman qui se tient très hônètement jusqu'à sa 442ème page, sans jamais faiblir, et qui m'a fait beaucoup réfléchir sur le sens de la vie, sur la destinée.

Beaucoup de vérités, de poésie, de finesse d'écriture où certains disent retrouver des grands écrivains classiques (je les laisse maîtres de leurs écrits car je ne suis pas assez calée pour en parler).

Que ceux et celles qui n'aiment pas la poésie ne s'enfuient pas car elle est très simple, très douce et réchauffe vraiment le coeur.

Note : 5/5


De : 5859Chouette Envoyé : 13/09/2003 09:18
extrait de "Derrière la colline" de Xavier Hanotte:

à propos de poésie ...

"...Mais tant que ça fait des bons poèmes...
- Bons, c'est vite dit.
- Sincères, alors.
- Je préfère.
- Sincères, vécus, c'est des mots tout ça... Ce qui compte, c'est qu'en les lisant d'autres que toi puissent les vivre comme s'ils les avaient écrits eux-mêmes. Le reste..."

à propos de la mort ...

"Les vivants, on croit les connaître, bien ou mal. Mais les morts ? On ne connaît jamais les morts, Nickie. Jamais. Ils s'en vont avec les clefs des coffres qu'on n'a pas pris la peine d'ouvrir. C'est peut-être pour ça qu'on les regrette le plus ? Pour ça aussi qu'on se sent un peu coupable, un peu floué quand ils nous laissent tomber ?"

"A mon avis, on parle bien de ce qu'on perd, remarqua William. Dans la vie, la parole a sans cesse une longueur de retard. Elle fait du neuf avec du déjà vieux... C'est normal, note, puisque tout fout le camp, toujours et tout le temps."

"Faut-il trahir pour vivre ? La fidélité est-elle seulement possible, dès lors que la mort existe ? Un jour peut-être j'essayerai de répondre à cette question."


à propos de l'amitié ...

"Les véritables amitiés se passent fort bien de comptables et de mémorialistes : aussi longtemps qu'elles vivent, elles ne réclament ni bilan ni chronologies...
... L'amitié se tisse aussi de silences."


à propos de la parole et de l'amour ...

"D'avance, les mots me désespéraient. Avaient-ils jamais exprimé autre chose sinon la mesure de mon impuissance à émouvoir les gens qui comptaient pour moi ? Plaquée sur le silence et la surdité du monde, la parole ne sauvait rien ni personne."

"Tu sais, quand on n'a pas beaucoup d'amour à donner, il vaut mieux saupoudrer le peu qu'on a. Un petit coup par-ci, un petit coup par-là. Sinon ça finit par se remarquer et personne n'aime ça - on peut avoir le coeur comme un raisin sec, rarement s'en réjouir... Tu veux que je te dise ? Avec toi, ta béatrice, eh bien elle a grillé toutes ses munitions en une fois. Alors un beau matin, elle a compris qu'il ne lui restait plus rien dans les cartouchières, et elle a commencé à se tailler. Voilà... C'est des choses qui arrivent, quand on a pas les moyens de ses ambitions... On laisse l'ardoise et c'est l'autre qui paye..."


à propos des livres et de la poésie ...

"A part ça, ne compte pas trop sur les bouquins, poursuivait William. Ce qu'on leur demande se cache souvent entre les lignes. A toi de remplir les blancs. Arrête-moi si je dis des conneries, mais depuis que l'homme gratte du papier, on a sûrement dû pondre des traités de poésie au quintal. Et malgré ça, il y a sûrement plus de mauvais poètes que de mauvais jardiniers. Pas vrai ?"



De : 5859Chouette Envoyé : 26/09/2003 08:50
Xavier HANOTTE - Les Lieux communs
Ed. Belfond, 2002, 220 pages

Alors là, c'est bien simple, je suis sous le choc ! Je confirme que je viens de rencontrer un grand écrivain ! C'est une superbe rencontre !

Dans ce roman, on retrouve les thèmes récurents de Xavier Hanotte : la valeur sacrée de l'amitié et des serments, le poids du passé dans un présent amnésique et la douleur du désamour. Mais, attention, pas de sentimentalisme à la Harlequin, non c'est du grand art !
Moins dense que Derrière la colline, ce roman demeure remarquable.

Note : 4/5


De : Cryssilda_ Envoyé : 14/03/2004 23:52
Derrière la colline de Xavier Hanotte
Edition Pocket, 442 pages

L"hsitoire : l'amitié de deux soldats anglais en France pendant la guerre 14/18.

Je n'ai pas du tout aimé ce roman... Les récits de guerre et de batailles me laissent toujours de marbre, je m'y ennuie très vire très rapidement... et ce roman n'y a pas échappé...

Dommage parce que ca partait bien, mais dès que les personnages s'engagent dans la guerre... c'est à dire au bout de la centième page, ben c'était fouttu... Ennuie total... De plus, même dans le style ou l'écriture, je n'ai trouvé aucune originalité.

Ma note :1/5 (pour le début)

Cryssilda


De : Myanka_K9 Envoyé : 10/10/2007 19:16
Xavier HANOTTE - Manière noire
(Quebecor - 380 pages)

4eme de couverture:
« Je regardai par la fenêtre. La pelouse abandonnée courait sans conviction jusqu’à une pâle imitation de tonnelle. Les premières gouttes de pluie s’égrenaient d’un ciel couleur muraille et venaient creuser dans la poussière des carreaux de petits deltas sombres. Décidément, cette affaire n’avait aucun sens. Mais sans doute fallait-il faire semblant, sinon d’y croire, du moins d’y attacher quelque importance. Au royaume de la procédure, les formes sont reines. »

Ainsi commence l’enquête de Barthélémy Dussert, la trentaine, inspecteur de la police judiciaire belge et traducteur à ses heures du poète anglais Wilfrid Owen. Pour ce faux distrait, cet éternel mélancolique dont la vocation est née d’une déception amoureuse, la réouverture après plusieurs années du dossier Maghin, un terroriste qu’on croyait mort, tient de l’absurdité administrative. Mais, peu à peu, au fil de recherches qui le mènent de Bruxelles à Prague, l’inspecteur Dussert va se mettre à croire aux fantômes...

Avec ce premier roman, Xavier Hanotte signe une histoire toute d’atmosphère, aux limites du fantastique. Suspense, humour et onirisme composent une oeuvre singulière, où plus d’une fois la vérité se brise et la raison vacille...

« Il faut le lire. Pour sa finesse. Pour ses personnages éminemment attachants et plausibles. Pour son aptitude à marier poésie et travail policier, coups de feu et intelligence de la peinture, intuition et décodage méticuleux. Xavier Hanotte écrit avec style, intelligence, élégance. Ses comparaisons renouvellent le regard. Ses dialogues vont de la taquinerie incisive aux euphémismes les plus feutrés. » Laurent Laplante, Nuit blanche

J’ai beaucoup aimé le style, l’écriture de cet auteur. L’action ne se déroule pas à un rythme effarant mais il n’y a jamais de longueurs et les personnages sont tout simplement irrésistibles. Je n’ai toutefois pas trouvé qu’il s’agissait d’un suspense tel qu’indiqué sur la couverture. Tout au plus une enquête policière. C’est tout en indices, en codes qu’il faut décoder. Mélange de méthode, d’intuition et de chance aussi. Pour ce qui est de l’intrigue . . . plutôt embrouillée. Quant à la fin elle est absolument pathétique! Alors que l’auteur c’était tenu loin du style des polars à l’américaine, on nous balance tous les clichés des films d’action américains dans les 40 dernières pages avec poursuite en voitures, échanges (nourris) de coups de feu, et même la fameuse scène du face à face sur le toit d’un édifice!

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